A propos Charles de Laubier

Rédacteur en chef de Edition Multimédi@, directeur de la publication.

Pour sécuriser sa messagerie, Signal prend son temps

En fait. Au 11 mai, la messagerie Signal – revendiquant un haut niveau de sécurité – n’a toujours pas déployé de solution pour contrer les campagnes de phishing menées depuis des mois sur son réseau. Fin avril, elle promettait d’y remédier… « dans les semaines à venir ». De son côté, Apple a corrigé une faille.

En clair. « Dans les semaines à venir, vous nous verrez déployer un certain nombre de changements pour aider à entraver ce type d’attaques », avait annoncé le 27 avril la Signal Technology Foundation qui exploite – sans but lucratif – la message instantanée et cryptée Signal via sa filiale Signal Messenger, les deux entités étant basées à Mountain View (Californie). Depuis plusieurs mois, Signal est la cible d’opérations d’hameçonnage (phishing) dont sont victimes plusieurs de ses quelque 80 millions d’utilisateurs dans le monde – aucun chiffre officiel n’étant divulgué par la fondation.
« Il s’agit effectivement d’un sujet de préoccupation majeure. […] Nous savons que la Russie, ainsi que d’autres Etats hostiles à Signal (l’Ukraine recourant largement à notre application) sont des régimes autoritaires qui ne voient pas d’un bon œil l’accès des individus à leurs droits fondamentaux », avait déclaré Meredith Whittaker, présidente de la fondation Signal, lors de son audition le 25 mars 2026, à l’Assemblée nationale, par la commission d’enquête sur « les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France » (1). Le rapport (suite)

Le rapport Alloncle/Patrier-Leitus sur l’audiovisuel public bâcle le numérique et les réseaux sociaux

Le rapport d’« enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », publié le 5 mai 2026, est indigent sur les enjeux du numérique, du streaming et des réseaux sociaux. Les auteurs Alloncle et Patrier-Leitus sont même méfiants envers les innovations technologiques.

Près de 400 pages. Bien que volumineux, le rapport des députés Charles Alloncle (photo de gauche) et Jérémie Patrier-Leitus (photo de droite) fait l’impasse sur les enjeux du numérique et des réseaux sociaux de l’audiovisuel public. Ce n’était pas la peine de mener six mois d’« enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » (1) pour ne pas traiter des vrais défis technologiques auxquels doivent faire face France Télévisions (2), Radio France (3), France Médias Monde (4), Arte France et l’Ina (5).

69 recommandations et 40 propositions
Très politique et idéologique plutôt que technologique ou industriel, le rapport Alloncle/Patrier-Leitus restera dans les annales de l’Assemblée nationale comme étant un coup d’épée dans l’eau sur l’avenir de l’audiovisuel public. Sur les 69 recommandations du rapporteur (Charles Alloncle), seulement 6 d’entre elles abordent le numérique, les réseaux sociaux ou les plateformes de streaming, mais sans aucune analyses stratégiques ni industrielles.
La n°1 recommande d’« appliquer effectivement aux salariés de l’audiovisuel public l’obligation de neutralité […], y compris sur les réseaux sociaux […], dont les expressions publiques à caractère politique sont susceptibles de sanctions disciplinaires au titre du devoir de réserve ».
La n°2 recommande de « supprimer Francetv Slash dont les contenus militants sont incompatibles avec les missions du service public audiovisuel », en ajoutant que « toute offre numérique à destination des jeunes adultes devra être réintégrée dans le périmètre éditorial des antennes existantes, sous le contrôle effectif de l’Arcom [(6)] ».
La n°4 recommande (suite)

Le Festival de Cannes veut faire « le lien entre le cinéma traditionnel et l’économie des créateurs »

Sur les douze jours que dure le 79e Festival de Cannes (12-23 mai 2026), le « Sommet de l’économie des créateurs » (Creator Economy Summit) ne dure qu’une demi-journée : le dimanche 17 mai au matin (conférences et tables rondes). Mais il a le mérite d’exister pour la première fois sur la Croissette.

Prenez comme participants YouTube, Meta Platforms (Facebook, Instagram, WhatsApp), Amazon Prime Video, le producteur et distributeur français de contenus audiovisuels Banijay, la société américaine Scalable spécialisée dans « le business de l’économie des créateurs », mais aussi le producteur indépendant français Vertigo Films, le producteur et exploitant français de cinéma Mk2, le tout en collaboration avec les studios français Abel qui accompagnent les créateurs : vous obtenez « le tout nouveau forum qui fait le lien entre le cinéma traditionnel et l’économie des créateurs ».

YouTube, Meta, Amazon, Abel, Banijay, Mk2
Et ce Creator Economy Summit (« Sommet de l’économie des créateurs »), qui vient d’être créé par le Festival de Cannes au sein de son Marché du Film, s’est tenu pour la première fois sur la Croisette le dimanche 17 mai 2026. « L’”économie des créateurs” – l’écosystème croissant de créateurs de contenu numérique qui construisent de larges audiences via des plateformes telles qu’Instagram, YouTube et TikTok – est en train de transformer rapidement la manière dont les histoires sont développées, financées et distribuées, à mesure que ces créateurs s’étendent à la narration longue durée et à la production cinématographique », justifie l’Association française du Festival international du film (AFFIF) qui organise l’événement du 7e Art à Cannes.
Organisé par le Marché du Film, sous la houlette de son directeur délégué Guillaume Esmiol (photo), cette première rencontre entre deux mondes très différents – les cinéastes et les influenceurs – n’a duré que la matinée du dimanche 17 mai 2026, mais elle a permis d’exposer à travers des conférences et tables-rondes les principaux enjeux qui se présentent. « De la distribution à la production, en passant par l’écriture, la gestion des talents et le financement, le cinéma traditionnel est redéfini par l’évolution du marché. Et si l’économie des créateurs était (suite)

La Commission européenne appelée à être plus sévère sur l’application du Digital Markets Act

Les eurodéputés ont appelé, le 30 avril 2026, la Commission européenne à renforcer l’application du règlement sur les marchés numériques sans céder aux « pressions politiques exercées par des pays tiers ». Alors que la première review de ce DMA n’aboutit à aucune révision législative.

« Notre examen a montré que, dès ses deux premières années d’application, le DMA a commencé à fournir des résultats tangibles et positifs, rendant les marchés numériques plus équitables et plus contestables, au bénéfice des entreprises et des consommateurs européens. Le paysage numérique évolue constamment. L’examen d’aujourd’hui [rapport publié le 28 avril 2026, ndlr] souligne que le DMA a été conçu pour être à l’épreuve du futur et s’adapter aux défis émergents, par exemple dans l’IA et le cloud », s’est félicitée Teresa Ribera (photo), vice-présidente exécutive de la Commission européenne, en charge de la transition propre, juste et compétitive.

« Pas nécessaire de modifier le DMA »
Le rapport de l’exécutif européen sur l’examen du règlement sur les marchés numériques, qui fait à peine une quinzaine de pages (1), conclut que « la Commission [européenne] ne voit donc actuellement pas la nécessité de modifier le DMA ». Il n’y a donc pas lieu de modifier les règles du jeu et obligations qui s’appliquent depuis le 2 mai 2023 aux gatekeepers (« contrôleurs d’accès ») désignés par Bruxelles : Alphabet (Google et YouTube) Amazon, Apple (App Store, Safari, iOS), Booking, ByteDance (TikTok), Meta Platforms (Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger), Microsoft (Windows, LinkedIn), …
Conformément au DMA, ce rapport de review devait être fait « au plus tard le 3 mai 2026 » pour être remis au Parlement européen, au Conseil de l’UE et au Comité économique et social. Pour les futurs rapports de révision du DMA, ils n’interviendront que « tous les trois ans par la suite » (2). Le prochain n’interviendra donc pas avant (suite)

Vérification de l’âge dans l’UE : la Commission européenne n’harmonise qu’à moitié le problème

La Commission européenne a adopté le 29 avril 2026 une recommandation sur « un cadre commun pour les technologies de vérification de l’âge à l’échelle de l’UE ». Mais elle n’harmonise pas les législations nationales sur l’âge de la « majorité numérique » (13 à 18 ans) ni les contenus indésirables.

Le marché unique numérique s’arrête là où commencent la « majorité numérique » et les « contenus indésirables ». La recommandation « sur l’établissement d’un cadre commun pour les technologies de vérification de l’âge à l’échelle de l’UE », que la Commission européenne a adoptée le 29 avril 2026, vise à harmoniser les moyens techniques de la vérification de l’âge. Mais elle ne va pas jusqu’à harmoniser les législations nationales des Vingt-sept sur l’âge légal d’accès aux réseaux sociaux – qui continuera de varier de 13 à 18 ans selon les Etats membres – ni sur la nature des restrictions – notamment sur les contenus considérés « illégaux ou nocifs » (violence, terrorisme, pornographie) ou « restreints » (pornographie, jeux d’argent) ou « à risque de contact » (cyberharcèlement, pédo-piégeage).

Un « schéma directeur » (blueprint) ouvert
« Après avoir finalisé les travaux techniques sur la solution européenne de vérification de l’âge, elle est désormais prête à être personnalisée et déployée par les Etats membres. Pourquoi cette solution est-elle importante ? Parce que cela aidera à garantir que tout le monde ait le même accès en ligne, selon les règles nationales. Cela permettra à chacun de continuer à naviguer sur Internet en toute confidentialité, tout en garantissant que les enfants n’aient pas accès à des contenus qui ne leur sont pas destinés », a expliqué Henna Virkkunen (photo), vice-présidente de la Commission européenne, en charge de à la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie.
Pour autant, il n’y aura pas de solution unique dans les Vingt-sept pour que l’utilisateur puisse prouver qu’il a plus de 13, 15, 16 ou 18 ans et sans avoir à révéler son identité pour préserver sa vie privée, tout en protégeant ses données. L’exécutif européen parle de « blueprint », que l’on peut traduire en français par « schéma directeur », ou « plan de conception », et qui occupe une place centrale dans cette recommandation du 29 avril 2026. L’objectif est que : (suite)