Le Festival de Cannes veut faire « le lien entre le cinéma traditionnel et l’économie des créateurs »

Sur les douze jours que dure le 79e Festival de Cannes (12-23 mai 2026), le « Sommet de l’économie des créateurs » (Creator Economy Summit) ne dure qu’une demi-journée : le dimanche 17 mai au matin (conférences et tables rondes). Mais il a le mérite d’exister pour la première fois sur la Croissette.

Prenez comme participants YouTube, Meta Platforms (Facebook, Instagram, WhatsApp), Amazon Prime Video, le producteur et distributeur français de contenus audiovisuels Banijay, la société américaine Scalable spécialisée dans « le business de l’économie des créateurs », mais aussi le producteur indépendant français Vertigo Films, le producteur et exploitant français de cinéma Mk2, le tout en collaboration avec les studios français Abel qui accompagnent les créateurs : vous obtenez « le tout nouveau forum qui fait le lien entre le cinéma traditionnel et l’économie des créateurs ».

YouTube, Meta, Amazon, Abel, Banijay, Mk2
Et ce Creator Economy Summit (« Sommet de l’économie des créateurs »), qui vient d’être créé par le Festival de Cannes au sein de son Marché du Film, s’est tenu pour la première fois sur la Croisette le dimanche 17 mai 2026. « L’”économie des créateurs” – l’écosystème croissant de créateurs de contenu numérique qui construisent de larges audiences via des plateformes telles qu’Instagram, YouTube et TikTok – est en train de transformer rapidement la manière dont les histoires sont développées, financées et distribuées, à mesure que ces créateurs s’étendent à la narration longue durée et à la production cinématographique », justifie l’Association française du Festival international du film (AFFIF) qui organise l’événement du 7e Art à Cannes.
Organisé par le Marché du Film, sous la houlette de son directeur délégué Guillaume Esmiol (photo), cette première rencontre entre deux mondes très différents – les cinéastes et les influenceurs – n’a duré que la matinée du dimanche 17 mai 2026, mais elle a permis d’exposer à travers des conférences et tables-rondes les principaux enjeux qui se présentent. « De la distribution à la production, en passant par l’écriture, la gestion des talents et le financement, le cinéma traditionnel est redéfini par l’évolution du marché. Et si l’économie des créateurs était (suite)

L’Arcom prépare les esprits à la fusion de TF1 et M6

En fait. Le 24 avril, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a lancé – jusqu’au 15 juin 2026 – une consultation publique sur « l’avenir de la TNT et du média télévisuel ». En creux, la vente de M6 à TF1 – ou à CMA Media – suppose des « évolutions » réglementaires.

En clair. « Les questions posées concernent […] les évolutions possibles du cadre de la régulation de façon à permettre aux acteurs audiovisuels nationaux de faire face à la concurrence », indique notamment l’Arcom dans sa consultation publique – jusqu’au 15 juin 2026 (1) – sur « l’avenir de la TNT et du média télévisuel ».
Au-delà du sort des fréquences de la TNT (2), le régulateur de l’audiovisuel n’exclut pas de faire évoluer le cadre réglementaire pour « préserver le secteur audiovisuel, en permettant aux groupes industriels de faire face à une concurrence accrue », en particulier « la concurrence d’acteurs étrangers qui ne sont pas soumis aux mêmes règles » – comprenez les Netflix, les Amazon Prime Video et autres Disney+. Or, rappelle l’Arcom, « la tentative de rapprochement entre les groupes TF1 et M6, en 2022, répondait à [l’]objectif de créer une entité susceptible de rivaliser avec les acteurs mondiaux du numérique ». Mais l’Autorité de la concurrence (ADLC) avait vu dans ce projet de concentration horizontale d’importants risques concurrentiels dans la publicité télévisuelle et la distribution de services de télévision. Autre obstacle à la fusion (suite)

Navigateurs et IA : Microsoft viole-t-il le DMA ?

En fait. Le 9 avril, Linda Griffin, chargée des affaires publiques mondiales de Mozilla, éditeur du navigateur Firefox, a accusé Microsoft de pratiques anticoncurrentielles sur le marché des navigateurs web et de l’intelligence artificielle. Et pour la Browser Choice Alliance, il y a violation du DMA.

En clair. « Microsoft a récemment annoncé qu’il retirait Copilot de plusieurs de ses applications Windows essentielles – Photos, Notepad [bloc-notes, ndlr], Snipping Tool [outil de capture d’écran, ndlr] et les widgets. Revenir sur ces intégrations forcées d’IA est la bonne décision, mais ce n’est que l’exemple le plus récent de Microsoft allant trop loin sans le consentement des utilisateurs », a pointé Linda Griffin, chargée des affaires publiques de Mozilla, éditeur du navigateur Firefox, dans un blog daté du 9 avril 2026. Microsoft a en effet annoncé, le 20 mars, qu’il « réduis[ait] les points d’entrée inutiles de Copilot, en commençant par des applications comme Snipping Tool, Photos, Widgets et Notepad » (1). C’est une manière de moins favoriser son IA générative Copilot dans son écosystème dominant Windows, même si d’autres logiciels intégrés (Paint, File Explorer, Clipchamp, Outlook ou encore Teams) continue à la mettre en avant.
La firme de Redmond (Etat de Washington), dont le siège européen est à Dublin en Irlande, donnerait-il des gages aux autorités antitrust en Europe qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Microsoft se sait (suite)

L’Iran prend pour cible les Gafam (Amazon touché) et les entreprises de la tech américaine

Alors que le cessez-le-feu américano-iranien de deux semaines – conclu le 7 avril 2026 au Pakistan – expire les 21-22 avril, les Gafam et les entreprises de la tech américaine restent sous la menace de l’Iran. Avant la trêve, Amazon Web Services (AWS) avait été frappé à Bahreïn début avril.

Cela restera comme une première historique depuis la naissance de l’Internet grand public au début des années 1990 : un des géants mondiaux du numérique – l’un des Gafam américains – a été ciblé et touché par un missile, frappe provoquant d’importants dégâts et perturbations. Le 2 avril 2026, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) – une organisation paramilitaire dépendant du Guide suprême de la révolution, le chef de l’Etat iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei (photo) – a revendiqué cette attaque contre Amazon Web Services (AWS), en pleine guerre déclenchée par les Etats-Unis avec Israël contre l’Iran le 28 février (1).

AWS Health Dashboard (Bahreïn et EAU)
Auparavant, en mars 2026, trois data centers d’AWS avaient été touchés, non pas par des missiles mais par des drones : un centre informatique à Bahreïn, petit Etat insulaire d’Arabie, endommagé par deux fois (début et vers fin mars), et deux autres sites (atteints aussi début mars) aux Emirats arabes unis (EAU), fédération de sept émirats situés au entre le golfe Persique et le golfe d’Oman.
Il aura fallu attendre l’attaque du 2 avril – menée par une combinaison de missiles et de drones – contre le même site physique de cloud d’Amazon à Bahreïn pour que l’opération soit revendiquée le même jour par les Gardiens de la Révolution (ou Pasdaran, « gardiens » en persan). Les frappes ont causé des incendies et dommages physiques, ainsi que des perturbations prolongées (« hard down » sur certaines zones). Si ni la maison mère du géant du e-commerce ni sa filiale Amazon Web Services, dont le patron est Matt Garman, n’ont communiqué sur ces dommages provoqués par l’Iran en représailles de la guerre américano-israélienne déclenchée contre ce pays, seul le (suite)

L’avenir des autoradios dans les voitures neuves est entre les mains de l’Union européenne

Le sort des récepteurs de radio FM et DAB+ dans les véhicules neufs vendus en Europe dépend du futur Digital Networks Act (DNA), en cours d’examen au Parlement européen. Des constructeurs automobiles ont déjà remplacé les autoradios par des systèmes CarPlay, Android Auto ou autres.

« Les artistes-interprètes, les producteurs, les auteurs-compositeurs et éditeurs de musique appellent les autorités européennes, dans le cadre de l’examen du Digital Networks Act et de la révision du code européen des communications électroniques, à garantir la présence d’un récepteur radio FM et DAB+ dans tous les véhicules commercialisés dans l’Union européenne. Ils appellent également les autorités françaises à soutenir activement cette démarche », a déclaré l’industrie de la musique en France.

Tesla, Renault, Citroën, Fiat, …
Dans leur communiqué commun, daté du 17 mars, les syndicats français de producteurs de musique enregistrées Snep et Upfi, d’une part, et les organismes de gestions collective des droits d’auteur et droits voisins Adami, SPPF, Sacem et Spedidam, d’autre part, alertent sur le risque de voir disparaître les autoradios des voitures. « Le maintien de la radio dans les véhicules n’est pas seulement une question technologique : il en va de la préservation d’un média accessible à tous, qui est essentiel à la diversité musicale européenne et au pluralisme » (1).
Parmi les constructeurs automobiles qui ont décidé de retirer les récepteurs radio des nouvelles gammes de véhicules, au profit exclusif d’équipements connectés de type Apple CarPlay, Android Auto de Google, ou d’applications connectées comme Spotify, TuneIn, YouTube Music, ou liaisons Bluetooth avec les smartphones, l’américain Tesla est (suite)