Musique et présomption IA : le Snep et la macronie

En fait. Le 8 septembre, le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) a appelé à ce que la proposition de loi sur la « présomption d’utilisation » des contenus culturels par les IA – texte bloqué depuis juin 2026 par les macronistes – soit « urgemment débattues par l’Assemblée nationale ».

En clair. « La proposition de loi portée par la sénatrice Laure Darcos apporte des réponses nécessaires qui doivent être urgemment débattues par l’Assemblée nationale. Innovation et création ne prospèreront que dans un cadre transparent et respectueux des droits », a déclaré Alexandre Lasch, directeur général du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), à l’occasion de la présentation le 8 septembre dernier des résultats du marché française de la musique enregistrée sur le premier semestre 2026.
Or cette proposition de loi (PPL) pour l’instauration d’une « présomption d’utilisation [ex-exploitation, ndlr] des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle » (1) a été bloquée à l’Assemblée nationale le 11 juin 2026 en raison d’une obstruction orchestrée par la macronie (groupe Ensemble pour la République en tête emmené par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal) qui a déposé plus d’une centaine d’amendements, empêchant un débat et un vote en séance ce jour-là. La PPL veut introduire dans le code de la propriété intellectuelle une « présomption réfragable », à savoir qui peut être renversée par la preuve contraire, comme cela est préconisé au Parlement européen avec le rapport d’Axel Voss (2) – à la différence de la « présomption irréfragable », donc (suite)

La superintelligence artificielle (AGI voire ASI), cette super-Arlésienne du début de notre ère IA

« Welcome to the AGI era », a lancé Greg Brockman, président co-fondateur d’OpenAI en annonçant le 3 septembre 2026 le modèle d’IA baptisé Astra. « AGI has arrived », l’a félicité Jensen Huang, PDG de Nvidia qui lui fournit le matériel de calcul (GPU). Mensonges. Car l’AGI n’est pas encore là.

Les deux papes de l’intelligence artificielle, Greg Brockman (photo de gauche), président co-fondateur d’OpenAI, et Jensen Huang (photo de droite), PDG de Nvidia, veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. L’un et l’autre veulent, nous faire croire – à nous les Humains – que la super-IA générale désignée par AGI (Artificial General Intelligence), voire ASI (Artificial Superintelligence), est arrivée. Qui plus est avec le modèle GPT-6 Astra lancé le 3 septembre 2026 par OpenAI, près de quatre ans après avoir défrayé la chronique avec le coup d’envoi de la pionnière des IA génératives, ChatGPT.

Pour OpenAI et Nvidia, l’AGI est déjà là
Lors de la présentation de GPT-6 Astra, Greg Brockman a affirmé que lorsqu’à l’avenir nous regarderons en arrière, nous diront que « l’AGI fut créée à peu près à cette époque, et je pense que cela pourrait concerner ce modèle ». En assurant même : « Pour moi, personnellement, je pense que nous y sommes ». OpenAI qualifie même son dernier modèle en date de « modèle le plus intelligent et aligné au monde ». Et le PDG de du géant Nvidia, numéro un mondial des cartes graphiques (GPU) nécessaires à la puissance de calcul des IA génératives et premier fournisseur d’OpenAI, ne s’est pas privé de porter au pinacle le nouveau modèle de son très gros client, dont il détient en plus environ 3,5 % du capital : « L’AGI est arrivée. Félicitations @OpenAI team », étant entendu que GPT-6 Astra est entraîné sur la plateforme « Grace Blackwell NVLink72 » de Nvidia dotée actuellement de plus de 100.000 GPU et « prochainement » de 400.000 GPU (1).
Pour apporter de l’eau au moulin des deux dirigeants débordant d’enthousiasme, Greg Kamradt, président de la ARC Prize Foundation, une organisation californienne à but non lucratif dédiée à la création de benchmarks pour AGI – ou intelligence artificielle générale (IAG) en français – a (suite)

Ventes sans frais : eBay veut plus de particuliers

En fait. Depuis le 1er septembre, la plateforme américaine de commerce en ligne eBay ne fait plus payer les frais de vente aux particuliers résidant dans l’Espace économique européen (EEE) dont l’UE (comme c’est le cas en Allemagne depuis 2023). Elle s’aligne ainsi sur ses concurrents Leboncoin ou Vinted.

En clair. eBay, qui revendique environ « 136 millions d’acheteurs dans 190 pays », veut s’ouvrir encore plus au grand public. La plateforme américaine de e-commerce, fondée en Californie il a plus de 30 ans sous le nom de AuctionWeb par le Français Pierre Omidyar d’origine iranienne (1), entend y parvenir à travers deux leviers : « zéro frais, zéro effort ».
D’une part, eBay a supprimé depuis le 1er septembre 2026 les frais de vente (jusqu’alors de 10 % du montant total de la vente) pour les vendeurs particuliers résidant dans l’Espace économique européen (EEE), à savoir dans les Vingt-sept, en Islande, en Norvège et au Liechtenstein (2). Et ce, dans la limite de 150 annonces par mois. L’Allemagne (UE) a déjà supprimé ces frais depuis mars 2023 et le Royaume-Uni (hors UE et EEE) depuis octobre 2024.
D’autre part, eBay a (suite)

AI Overviews et AI Mode : les éditeurs de la presse française ne décolèrent pas contre Google

Depuis que Google a rendu disponible en France le 22 juillet 2026 les Aperçus IA et le Mode IA sur son moteur de recherche, les syndicats et organismes de la presse français (Apig, SEPM, FNPS, Spiil et Geste) ont fait part de leurs mécontentements. Edition Multimédi@ fait le tour des réactions

L’Alliance de la presse d’information générale (Apig), le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM), la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et le Groupement des éditeurs de services en ligne (Geste) sont montés au créneau cet été pour dénoncer « la méthode » de Google, « le non-respect de [ses] engagements » vis-àvis des droits voisins de la presse, la mise « devant un fait accompli » et le « modèle “zéro clic” ».

L’Autorité de la concurrence saisie
« Le lancement a été annoncé le 21 juillet au soir par Google [auprès de certains syndicats de la presse et quelques médias soumis à un embargo, ndlr], pour une mise en ligne dès le lendemain. Les éditeurs, eux, ont reçu le courriel les informant dans la journée du 22 – c’est-à-dire le jour même où le service devenait accessible aux utilisateurs », s’est offusqué le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM), tout en regrettant qu’« aucune discussion, d’aucune nature, n’a été engagée avec [lui] » et que ce lancement se soit fait « sans concertation, sans information préalable et sans négociation, en méconnaissance des engagements souscrits par Google devant l’Autorité de la concurrence », et « aucune intention de rémunérer ces nouveaux usages à leur juste valeur » (1). Sébastien Missoffe (photo), le patron de Google France, s’était contenté d’un courrier adressé le 29 juin dernier aux éditeurs de presse en les prévenant que le lancement dans l’Hexagone de AI Overviews et de AI Mode interviendrait « cet été » mais sans préciser de date.
Le flou est alors total, alors que Google tente de (suite)

Hors du Japon, Rakuten délaisse le e-commerce pour se concentrer sur les contenus et la publicité

Alors que la fermeture de son site de vente en ligne chez Rakuten France (ex-PriceMinister) fait polémique, le conglomérat japonais du e-commerce, des télécoms et des services numériques et TV poursuit ses autres activités en France et en Europe – mais en misant plus sur les contenus et la publicité.

Ce n’est pas la filiale Rakuten France du conglomérat japonais qui va fermer d’ici fin 2026, mais seulement sa place de marché et de vente en ligne, qui s’appelait jusqu’en 2018 PriceMinister, du nom de la plateforme française de e-commerce créée en 2000 par Pierre Kosciusko-Morizet et rachetée par Rakuten en 2010. La firme de Tokyo, fondée il y aura 30 ans le 7 février 2027 par Hiroshi Mikitani (photo) dont il est toujours le PDG à 61 ans, est loin de quitter la France et encore moins l’Europe.
Le groupe Rakuten, dont le nom signifie « optimisme » en japonais, réalise plus de 15 % de son chiffre d’affaires global à l’international : 389.149 millions de yens en 2025, soit l’équivalent de 2,1 milliards d’euros sur un total de 2.496,6 milliards de yens (13,4 milliards d’euros) réalisés l’an dernier. L’Europe, elle, pèse à peine 2,4 % du global (59.560 millions de yens en 2025, soit 323,6 millions d’euros). Les diverses activités du conglomérat de Hiroshi Mikitani ont généré près de la moitié (48,4 %) du total de ses revenus dans les services Internet, dont le e-commerce nippon avec Rakuten Ichiba et Rakuten Travel, ainsi que dans les activités internationales comme Rakuten Viber, Kobo et Rewards. Tandis que les services financiers (fintech), comprenant Rakuten Card, Rakuten Bank, Rakuten Securities, Rakuten Insurance et Rakuten Pay, ont contribué à hauteur de 34,5 % du total. Enfin, les télécoms avec Rakuten Mobile (dont Link), Rakuten Symphony et les services associés ont atteint 17,1 % du total.

2016, 2026 : deux restructurations en Europe
Le conglomérat japonais créé en 1997, avec sa division Rakuten International (1) créée en 2010 au sein de sa filiale américaine Rakuten USA Inc basée à San Mateo (Californie), compte dans une trentaine de pays 29.419 employés (au 31 décembre 2025), auxquels s’ajoute le personnel temporaire ou à temps partiel. Quant à la France, elle représente une part négligeable du géant nippon – qui serait bien inférieure à 1 % du chiffre d’affaires global. Et l’arrêt de la marketplace ex-PriceMinister en France, dont dépend aussi l’expansion en Espagne elle aussi concernée par cette fin d’activité de vente en ligne, n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan du conglomérat tokyoïte. Déjà, il y a dix ans presque jour pour jours (entre juin et fin août 2016), Rakuten avait (suite)