Doublement empêtré en Italie, Vivendi espère un dénouement rapide pour lancer son « Netflix latin »

Président du directoire de Vivendi et président de Telecom Italia, dont Vivendi est le premier actionnaire, Arnaud de Puyfontaine cherche à sortir de deux conflits en Italie pour lancer « un géant latin des contenus » autour d’une alliance « Canal+Tim » et concurrencer ainsi Netflix et Amazon Video.

La présence du groupe français Vivendi dans le capital de Telecom Italia (Tim), dont il est le premier actionnaire à hauteur de 24 %, tourne à l’imbroglio politico-industriel. C’est même devenu une affaire d’Etat en Italie, où le gouvernement a ouvert une procédure contre l’opérateur télécoms historique italien Tim et indirectement contre son premier actionnaire le groupe français Vivendi, lequel est accusé de ne pas avoir notifié aux autorités italiennes qu’il en détenait le contrôle de fait.
Pour le gouvernement italien, cette omission est d’autant plus fâcheuse et contestable qu’il considère Tim et son réseau – qu’il exige d’être mis dans une entité séparée – comme un actif stratégique, et que l’Etat italien estime avoir été floué en dépit de ses pouvoirs spéciaux (golden power). Reste à savoir quel sera le montant de l’amende dont va écoper Vivendi. Bref, difficile de démêler l’écheveau de
ce conflit et Arnaud de Puyfontaine (photo), à la fois président du directoire de Vivendi et président de Telecom Italia, n’est pas au bout de ses peines.

Vivendi, actionnaire contesté de Tim et de Mediaset
A cela s’ajoute la bataille judiciaire que se livrent, toujours dans « La botte », Mediaset
et Vivendi sur une affaire connexe où le français s’était engagé à racheter 100 % du « Canal+ » italien, Mediaset Premium (1) avec participations croisées de 3,5 % entre Vivendi et Mediaset. L’objectif affiché était alors de concurrencer Netflix dans la vidéo à la demande par abonnement (SVOD). C’est empêtré dans ces deux affaires italiennes que Arnaud de Puyfontaine doit se démener pour tenter de faire émerger une stratégie européenne digne de ce nom, afin de faire contrepoids aux deux géants américains de la SVOD que sont Netflix et Amazon, ainsi qu’au poids lourd de la vidéo YouTube.
Car tel est bien le but de Vivendi depuis que Vincent Bolloré en a pris le contrôle et en assure la présidence du conseil de surveillance. Il y a près de deux ans, le 8 avril 2016, le patron milliardaire annonçait « un partenariat stratégique et industriel » avec le groupe Mediaset appartenant à la holding Fininvest du non moins milliardaire Silvio Berlusconi. L’ambition était clairement de donner naissance à un nouveau géant « latin » des contenus et des médias. Le projet a immédiatement été interprété comme étant un
« Netflix latin » destiné à concurrencer le numéro un mondial américain.

Un chemin semé d’embûches
Mais le partenariat des deux tycoons a tourné court, Vivendi étant revenu sur cet accord avec Mediaset – dans le capital duquel il est en même temps monté de manière hostile (2). La holding de Silvio Berlusconi, Fininvest, premier actionnaire de Mediaset, ne l’a pas entendu de cette oreille et a porté l’affaire devant la justice en réclamant au groupe de Vincent Bolloré un total d’environ 3 milliards d’euros de dommages et intérêts. Une audience est prévue le 27 février prochain devant le tribunal de Milan.
A moins que la querelle et les invectives ne se terminent par un accord à l’amiable
qui pourrait être trouvé in extremis, comme l’espérait encore le 31 janvier Arnaud de Puyfontaine. Depuis octobre dernier, Vivendi propose en effet un compromis à Mediaset qui consisterait en une somme bien moindre mais assorties d’actions, avec la possibilité pour Mediaset de rejoindre le projet de coentreprise dans les contenus annoncé il y a quatre mois entre, cette fois, Telecom Italia (contrôlé par Vivendi) et Canal+ (filiale de Vivendi). Autrement dit, si Bolloré et Berlusconi enterraient la hache de guerre dans un compromis susceptible d’annuler la procédure judiciaire, cela donnerait des chances pour Vivendi de pouvoir enfin lancer son projet de « champion latin des contenus ». D’autant que si les deux magnats se réconciliaient, Mediaset pourrait fournir des contenus audiovisuels à la future entité commune de Tim et Canal+ pour un montant
de 400 millions d’euros sur six ans (3). En contrepartie, Vivendi pourrait verser une compensation à Mediaset pour la rupture du contrat initial et réduire sa participation controversée. Avant l’audience du 27 février, il y a aussi la présentation des résultats annuels de Vivendi le 15 février. Le dénouement semble proche…
Cette joint-venture entre Canal+ et Tim avait été annoncée en juillet dernier dans le but d’acquérir des droits audiovisuels, dont sportifs, et d’investir dans la production ou la coproduction de films et séries (4), alors que Netflix – fort de ses 117 millions d’utilisateurs (dont 110 millions d’abonnés payants) – vient d’annoncer, le 23 janvier, qu’il va investir entre 7,5 et 8 milliards de dollars en 2018 dans des productions. Mais les mois passent et l’accord de principe signé avec Canal+ a expiré le 18 janvier dernier, donc devenu caduc, sans qu’il y ait eu d’accord définitif sur la création de cette coentreprise « Canal+Tim ». Mais la veille de cette échéance, Tim s’est fendu d’un communiqué pour tenter de rassurer sur l’avenir de ce projet dont « les négociations vont reprendre immédiatement afin de parvenir rapidement à une conclusion ». Et l’opérateur télécoms historique italien d’ajouter : « L’offre convergente de contenus vidéo est un des éléments clés du plan stratégique 2018-2020 de Tim ». Mais la procédure même engagée par ce dernier pour autoriser la cocréation de l’entité avec Canal+ est contestée en Italie, notamment par le gendarme de la Bourse italienne (Consob). De son côté, l’« Arcep » italienne (Agcom) avait – en avril 2017 – donné
un an à Vivendi pour se mettre en conformité avec la loi de la péninsule sur les concentrations, à savoir de réduire sa participation soit dans Telecom Italia, soit dans Mediaset. Vivendi avait contesté cette mise en demeure devant le tribunal administratif, où une audience avait été fixée au 7 février dernier avant d’être reportée au 4 juillet prochain. Le projet de Vivendi de faire de l’Italie sa tête de pont pour lancer en Europe, voire dans le monde, un « Netflix latin » devient un vrai sac de nœuds.
Autant dire que la crédibilité d’Arnaud de Puyfontaine se joue dans la péninsule. Il est épaulé par Amos Genish, un transfuge de Vivendi dont l’opérateur brésilien Global Village Telecom (GVT) – que ce dernier avait fondé et dirigé – fut une filiale jusqu’à sa vente en 2014. Il est directeur général de Tim depuis septembre 2017. Mais Vivendi n’est pas le seul maître à bord puisque l’Etat italien, fort de son golden power, veut couper en deux l’opérateur historique italien. Le 7 février dernier, Amos Genish a présenté au ministre italien en charge du Développement économique, Carlo Calenda, le projet – concocté avec l’Agcom – d’entité séparée sous contrôle italien pour accueillir le réseau que le conseil d’administration de Tim doit approuver le 6 mars. L’objectif est de soustraire cet actif stratégique de l’emprise de l’actionnaire Vivendi (5), à qui l’Etat reproche la mainmise sans autorisation sur Tim.

Amende et pression de l’Italie
Le ministre a aussi précisé que si Tim accédait à ses demandes, l’amende qui sera infligée à son premier actionnaire serait revue à la baisse. Encore faut-il que le Conseil d’Etat italien l’y autorise… Rome est actuellement en droit de sanctionner Vivendi à hauteur de 1 % du chiffre d’affaires, soit 300 millions d’euros selon la presse italienne, laquelle parle d’une décision qui pourrait être prise avant les élections législatives italiennes du 4 mars. La pression sur Amos Genish est telle que, fin janvier, Arnaud
de Puyfontaine a dû démentir la rumeur selon laquelle le directeur général de Tim était sur le départ. @

Charles de Laubier

L’année 2018 se présente sous les meilleurs auspices pour Amazon (Prime) Video

Lancé il y a douze ans aux Etats-Unis, la plateforme de VOD/SVOD du géant
du e-commerce s’est mise à produire des séries à tour de bras. En quête de reconnaissance à Hollywood comme à Cannes, Amazon Prime Video – ou Amazon Video, c’est selon – voudrait être plus qu’un produit d’appel.

« The Marvelous Mrs. Maisel », une production Amazon, a été désignée meilleure série comique lors des 23e Annual Critics’ Choice Awards dans la nuit du 11 janvier 2018. Lors de cet événement aux Etats-Unis, un deuxième trophée de la critique
a aussi été décerné à cette même série du géant du commerce
en ligne au titre de la meilleure actrice dans une série comique (Rachel Brosnahan). Quelques jours auparavant, la série « The Marvelous Mrs. Maisel » était récompensée lors de la 75e cérémonie des Golden Globes Awards : meilleure série comique ou musicale.

Jeff Bezos remercié aux Golden Globes
Amazon a ainsi fait mieux que Netflix, lequel s’est contenté d’une récompense pour
un meilleur acteur dans une série (Aziz Ansari dans « Master of None »). La productrice de la série « The Marvelous Mrs. Maisel » a même réussi à décrocher un rire du patron d’Amazon, Jeff Bezos (photo), présent aux Golden Globes. « Je veux remercier Amazon parce que leur soutien était complètement inébranlable à tout moment. Chaque chèque était accepté ! Nous ne pouvions pas avoir meilleur partenaire. Merci. Nous ne partons jamais », a déclaré Amy Sherman-Palladino, réalisatrice de la série. Cette consécration hollywoodienne est une étape importante pour le géant du e-commerce dans le cinéma à la demande. C’est qu’il n’y a pas que Netflix dans le monde des géants de la SVOD.
La firme de Jeff Bezos démarre ainsi sous les meilleurs auspices 2018, année qui pourrait consacrer son service Amazon Prime Video en quête de reconnaissance.
Ne s’y retrouve-t-on pas d’office abonné lorsque l’on devient client « Prime » (1) pour bénéficier avant tout du service de livraison gratuit et rapide (90 millions d’abonnés
aux Etats- Unis) ? Cet adoubement d’Hollywood et l’augmentation du budget de financement d’Amazon dans des productions originales – Original Movies et Prime Originals – devraient changer la donne cette année. D’autant que la firme de Seattle
a renoncé l’an dernier à lancer son bouquet TV Amazon Channels et s’est dite prête
à investir 4,5 milliards de dollars dans la production. En novembre 2017, le géant du
e-commerce a acquis les droits de production au niveau mondial d’une série « Le Seigneur des anneaux », ainsi que les droits de diffusion exclusifs de « Absentia »,
« American Gods » de Starzet et de la série française « Black Spot » (« Zone Blanche » du Groupe AB). Après ses propres productions telles que « Transparent » (cinq Emmys Awards et deux Golden Globe en 2015), « Mozart in the Jungle », « Man in the High Castle », « The Big Sick », « The Tick » (très regardée dans le monde) ou encore
« Crisis in Six Scenes » (série décevante de Woody Allen), Amazon Studios veut faire plus grand public selon les directives de Jeff Bezos. Il faut aussi faire oublier l’ancien patron de cette filiale de production, Roy Price, mis à pied en octobre 2017 pour harcèlement sexuel envers la productrice pour la série « The Man in the High Castle » d’Amazon (2) – en plein scandale « Weinstein » (remettant en question « One Mississippi », « I Love Dick » et « Jean- Claude Van Johnson »). Amazon a même
dû  « réviser [ses] projets avec la Weinstein Company » (deux co-productions, dont
« Happiness Therapy »).
En novembre dernier, accusé lui aussi de harcèlement, l’acteur Jeffrey Tambor quittait
« Transparent ». Pour un autre film financé par Amazon, « The Goldfinch », la société de production RatPac de Brett Ratner, lui aussi accusé, a été écartée. Ces scandales
à répétition auront-ils un impact d’audience des séries sur les plateformes numériques. Peu probable. Amazon Studios poursuit ses activités partout dans le monde. Isabelle Huppert sera dans une de ses nouvelles séries, « The Romanoffs », en ligne dès le second trimestre 2018.
Lors du 70e Festival de Cannes en mai 2017, Amazon était présent avec le film
« Wonderstruck ». Lors de la précédente édition en mai 2016, le géant du Net était
déjà en compétition. Entre les deux, il y a un peu plus d’un an, le géant mondial du
e-commerce lançait – le 14 décembre 2016 – son service de SVOD en France (3) (*) (**) et dans d’autres pays où il n’était pas encore présent (4).

Emergence en France malgré la déception Mais la profondeur du catalogue français déçoit : selon le CNC l’an dernier, seulement 558 titres (séries et films), contre près de 3.000 sur Netflix. Sa part de marché SVOD en France était alors de seulement 8,9 %, contre 37,3 % pour Netflix. Amazon Prime Video semble devenir progressivement
« Amazon Video », comme si la plateforme de SVOD prenait enfin son envol de façon indépendante des activités de e-commerce et au-delà de ses membres « Prime » (5). @

Charles de Laubier

Vous aimez déjà les GAFA américains ? Vous allez bientôt adorer les BATX chinois !

Google, Apple, Facebook et Amazon pour GAFA : les géants américains du
Net sont connus de tous. Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi pour BATX : leurs homologues chinois restent à découvrir. Edition Multimédi@ passe en revue
ces chinois qui se mettent en quatre pour conquérir le monde, dont l’Europe.

Les BATX sont valorisés ensemble jusqu’à 1.246 milliards de dollars, contre
2.895 milliards de dollars pour les GAFA (au 25-01-18). Mais Tencent dépasse la capitalisation boursière de Facebook et investit dans Spotify, Snap et Skydance.
La bataille de titans est engagée. Alibaba s’étend en Europe jusqu’en France. Xiaomi débarque en Espagne. Baidu, déjà présent à Amsterdam avec Baidu TV, arrive… en voiture autonome.

Le B de Baidu
Création : 18 janvier 2000. Siège : Pékin
PDG cofondateur : Li Yanhong « Robin » (photo) Principales activités : premier moteur de recherche
en Chine (le « Google chinois »), plateforme vidéo
iQiyi, contenus multimédias (musiques, films, séries,
jeux vidéo, …), publicité en ligne, cloud, etc.
Audience : 800 millions d’utilisateurs actifs
Chiffre d’affaires 2016 : 11 milliards de dollars
Résultat net 2016 : 2 milliards de dollars
Capitalisation boursière (au 25-01-18) : 89,2 milliards de dollars (« BIDU »
au Nasdaq)
Investissements ou partenariats récents : avec BlackBerry dans les voitures autonomes (2018), avec Microsoft dans la voiture autonome (2017), Continental
dans la voiture autonome (2017), dans l’intelligence artificielle, etc. @

 

• Le A de Alibaba
Création : 4 avril 1999. Siège : Hangzhou
PDG cofondateur : Jack Yun Ma (photo)
Principales activités : numéro un du e-commerce en Chine avec Alibaba.com (« Amazon chinois »), plateforme vidéo Youku Tudou (« YouTube chinois »), le microblogging Sina Weibo (« Twitter chinois »), place de marché d’enchères Taobao (Tmall.com, « eBay chinois »),
e-paiement Alipay, boutique 9Apps, cloud alias Aliyun, publicité en ligne, magasins en dur, etc.
Audience : 550 millions d’utilisateurs actifs sur mobile
Chiffre d’affaires 2017 : 24 milliards de dollars Résultat net 2017 : 6 milliards de dollars
Capitalisation boursière (au 25-01-18) : 500,7 milliards de dollars (« BABA » au Nyse)
Investissements ou partenariats récents : en France un centre de logistique (2018), Alibaba Cloud en Allemagne, avec Auchan/Sun Art en Chine (2017), etc. @

 

• Le T de Tencent
Création : 11 novembre 1998. Siège : Shenzhen
PDG cofondateur : Ma Huateng « Pony » (photo) Principales activités : messagerie instantanée QQ,
portail web QQ.com, application mobile de messagerie-réseau social-boutique WeChat (alias Weixin), plateforme de musique en ligne Tencent Music, éditeur de jeux vidéo comme « Honor of Kings », plateforme de gaming WeGame, etc.
Audience : Plus de 980 millions d’utilisateurs actifs sur WeChat
Chiffre d’affaires 2016 : 22 milliards de dollars
Résultat net 2017 : 6 milliards de dollars Capitalisation boursière(au 25-01-18) : 556,5 milliards de dollars (« 700:HK » Hong Kong)
Investissements ou partenariats récents : entrée au capital de Skydance (2018), ralliement de Google en Chine (2018), partenariat avec Carrefour (2018), participations croisées avec Spotify (2017), participation dans Tesla pour la voiture électrique (2017), participation dans Snap (2017), avec Ubisoft dans les jeux mobiles en Chine (2018), avec Lego dans jeux en ligne/réseau social (2017), dans la voiture autonome, dans le streaming musical avec Alibaba en Chine, etc. @

 

• Le X de Xiaomi
Création : 6 avril 2010. Siège : Pékin
PDG cofondateur : Lei Jun (photo)
Principales activités : cinquième fabricant mondial de smartphones (Mi Phone, Redmi Phone), fabricant ses propres microprocesseurs (le « Apple chinois »), fabricant de téléviseurs (Mi TV), et de « box » multimédia (Mi Box)
et d’ordinateurs ultraportables (Mi Notebook), fabricant d’objets connectés, cloud (Mi Cloud), etc.
Ventes : environ 110 millions de smartphones en 2017 (estimation sur 7,4 % de PDM) Chiffre d’affaires 2017 : 17 ou 18 milliards de dollars
Résultat net 2017 : au moins 1 milliard de dollars
Valorisation financière (introduction en Bourse en 2018) : 50 à 100 milliards de dollars Investissements ou partenariats récents : en Europe de l’Ouest avec une première implantation en Espagne (2017), malgré son échec pour y enregistrer sa marque de tablette « Mi Pad » (contestée par Apple), accord de licence de brevets avec Nokia (2017), accord de licence de brevets avec Microsoft (2016), etc. @

Alphabet aurait franchi en 2017 la barre des 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires

Alors que la maison mère Alphabet entérine en janvier la démission de Eric Schmidt de sa présidence et s’apprête à fêter en septembre les 20 ans de Google, son chiffre d’affaires 2017 – qu’elle dévoilera le 1er février – devrait dépasser les 100 milliards de dollars et son résultat net les 20 milliards.

Depuis la création il y a 20 ans de la startup Google, par Larry Page et Sergey Brin, le conglomérat Alphabet qu’est devenu aujourd’hui l’entreprise a passé un cap symbolique en 2017 : le chiffre d’affaire de la firme de Mountain View, consolidé au niveau de la holding Alphabet depuis plus de deux ans maintenant (1), aurait franchi sur l’exercice de l’an dernier la barre des 100 milliards de dollars. C’est ce que devrait confirmer Larry Page (photo), directeur général d’Alphabet, lors de la présentation des résultats financiers annuels le 1er février. En franchissant ce seuil symbolique de chiffre d’affaires annuel l’an dernier, Alphabet affiche encore une croissance insolente d’au moins 10 % sur un an. Certes, c’est deux fois moins que les 20 % de croissance du chiffre d’affaires enregistrés en 2016 (90,2 milliards de dollars) par rapport à l’année antérieure, mais cela reste une progression honorable à deux chiffres.

Google reste la vache à lait
Mieux : le bénéfice net d’Alphabet aurait franchi en 2017, et pour la première fois, une autre barre symbolique, celle des 20 milliards de dollars – contre 19,4 milliards de résultat net en 2016. Un troisième seuil symbolique a également été franchi l’an dernier : le cash disponible a dépassé depuis fin septembre les 100 milliards de dollars (contre 86,3 milliards à fin 2016). L’année 2017 aura donc été, comme les années passées, faste pour Alphabet qui tire encore plus de… 98 % de ses revenus de sa filiale Google, laquelle aurait donc généré à elle seule en 2017 plus de 98 milliards de dollars provenant de ses activités moteur de recherche Google, plateforme vidéo YouTube, Android, Chrome, Google Play, Google Maps ou encore Google Cloud. Alphabet, qui emploie plus de 70.000 personnes dans le monde, reste cependant très dépendant des recettes publicitaires qui pèsent encore plus de 80 % des revenus globaux du groupe. Quant aux « autres paris » (other bets), que chapeaute Alphabet et non plus Google, ils continuent de générer des revenus embryonnaires issus principalement de la vente de services Internet et TV via le réseau de fibre aux Etats-Unis (Google Fiber et Access), des objets et services connectés dans la maison (Nest) et des licences et la R&D dans les sciences de la vie et de l’esanté (Verily (2)). Alphabet mise aussi sur d’autres projets prometteurs ou incertains tels que les recherches sur la longévité de la vie (Calico), la voiture autonome et connectée (Waymo) ou des projets financés par ses fonds GV (ex-Google Ventures) et CapitalG ou encore X Development (3). L’année 2017 aura aussi permis à l’action Alphabet (4) de bondir d’environ 30 % en un an à plus de 1.000 dollars, pour une capitalisation boursière totale de 768,5 milliards de dollars au 11 janvier 2018. Ce qui rapproche un peu plus la firme de Mountain View de la firme
de Cupertino, à savoir Apple aux 886 milliards de dollars de capitalisation boursière. Google et Apple visent tous les deux les 1.000 milliards de dollars en Bourse ! Peu
de temps après son introduction de Google en Bourse en 2004, l’agence Reuters a rapporté le récit d’un ancien employé du géant du Net racontant que lorsque Eric Schmidt, alors PDG de Google, avait expliqué que l’objectif avec Larry Page et Sergey Brin était de « créer une société à 100 milliards de dollars » (selon le propos de Sergey Brin prononcé le 28 février 2006), un salarié lui avait demandé : « Vous voulez dire à 100 milliards de capitalisation boursière ou à 100 milliards de chiffre d‘affaires ? ».
Eric Schmidt lui avait alors répondu : « A vous de choisir ! ». Si cet objectif en Bourse
a bien été atteint dès fin 2005, il aura fallu attendre treize ans pour que celui du chiffre d’affaires à 100 milliards le soit à son tour. C’est dans ce contexte d’euphorie financière que Eric Schmidt quitte, courant janvier, ses fonctions de président exécutif d’Alphabet (5) pour devenir conseiller technique « sur la science et la technologie » après 17 ans passés au service du géant du Net. Il sera remplacé par un président non exécutif cette fois – comme chez Apple ou Microsoft.

Zones de turbulence fiscale
Le retrait de Eric Schmidt sonne comme une reprise en main d’Alphabet par le Russo-américain Sergey Brin (président) et l’Américain Larry page (directeur général),
à l’heure où le groupe fait l’objet de redressement fiscaux dans plusieurs pays.
Selon l’agence Bloomberg, qui a mentionné le 2 janvier dernier des documents réglementaires néerlandais, la maison mère de Google a transféré 15,9 milliards d’euros en 2016 des Pays-Bas vers une société écran aux Bermudes. Grâce au
« Double Irish » et au « Dutch Sandwich », Alphabet a ainsi évité de payer plusieurs milliards d’euros d’impôts (6). Et aux Etats-Unis, la firme de Mountain View n’a pas encore payé d’impôt sur les 60,7 milliards de dollars qu’elle détient « outre-mer ». @

Charles de Laubier

Les plateformes de vidéos en OTT grignotent inexorablement le marché mondial de la Pay TV

Le temps travaille pour les services vidéo en Over-The-Top (OTT), qu’ils soient par abonnement (SVOD comme Netflix), financées par la pub (AVOD comme Hulu), transactionnels (TVOD (1) comme Amazon) ou en téléchargement définitif (iTunes). Quant à la télé payante (Pay TV comme Canal+), elle décline.

Les plateformes vidéo sur Internet prennent de l’ampleur. Leur chiffre d’affaires cumulé au niveau mondial devrait atteindre 46,5 milliards de dollars en 2017, contre 37 milliards en 2016. C’est un bond en avant de plus de 25 % sur un an. Dans le même temps, les revenus de la télévision payante devraient quasi stagner à 202,3 milliards de dollars cette année, contre 202,1 milliards en 2016. C’est ce qui ressort d’une étude de Digital TV Research, qui chiffre sa prévision à l’horizon 2022 à 83,4 milliards de dollars pour l’OTT Video et à 199,7 milliards pour la Pay TV (voir graphique ci-dessous).

Pay TV : sous les 200 M$ en 2022
Selon Simon Murray (photo), analyste principal de cette société d’études londonienne qui s’est penchée sur ces deux marchés, la télévision payante va entamer un déclin global pour passer tout juste d’ici à cinq ans en-dessous de la barre des 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Pendant ce temps, toujours à l’horizon 2022, les plateformes vidéo en OTT devraient, elles, peser près de 30 % du marché total « OTT & Pay TV », soit près d’un tiers des 283,1 milliards de dollars de revenus cumulés dans cinq ans. Autrement dit, l’OTT Video pèsera alors l’équivalent de plus de 40 % des recettes de la Pay TV – alors que ce ratio n’est encore que de 23 % en 2017 (46,5 milliards pour le premier, 202,3 pour le second). « Le chiffre d’affaires de la télévision payante va décliner entre 2017 et 2022, bien que cette tendance baissière sera très lente », temporise Digital TV Research, qui souligne le leadership des chinois China Telecom, BesTV et China Radio & TV dans la Pay TV, loin devant les européens Liberty Global, Sky, Rostelecom ou Canal+. Et entre l’an dernier et l’horizon 2022, la vidéo en OTT aura alors vu ses revenus plus que doubler sur cette période. Ainsi, la SVOD de type Netflix, Amazon Prime Video, Now TV (Sky) ou iQiyi (Baidu), devrait générer à cette échéance plus de 41 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le monde – soit la moitié du total des revenus OTT, toujours en 2022. Elle sera suivie cette année-là par l’AVOD (2) de type Hulu, RTL ou ProSieben à 28,9 milliards de dollars. Et encore, ce segment-là ne prend pas en compte les revenus publicitaires de YouTube (ni de Dailymotion) car, nous précise Simon Murray, « nos prévisions portent seulement sur les programmes, séries et films, mais pas les contenus générés par les utilisateurs,
les UGC (3) ». Arriveront ensuite loin derrière le DTO (4) et EST (5) tels que iTunes, Amazon Prime Video ou encore Google Play à 8 milliards de dollars, et la location à 5,1 milliards de dollars.
En termes d’abonnements cette fois, la SVOD devrait atteindre l’équivalent de la moitié du total des abonnements de la Pay TV d’ici à 2022. La SVOD aura ainsi doublé le nombre de ses abonnements au niveau mondial, à 546 millions d’ici cinq ans, l’Asie-Pacifique dépassant entre temps en 2017 l’Amérique du Nord. Dans cinq ans, Netflix devrait avoir 131 millions d’abonnés (40 % de parts de marché mondial) et Amazon Prime Video 94 millions. Toutes les autres plateformes se partageront les 322 millions d’abonnés restants, c’est-à-dire la plus grosse part émiettée du lion. « La Pay TV n’est pas morte pour autant, puisqu’elle aura encore en 2022 plus de 1 milliard d’abonnés. L’Amérique du Nord perdra des abonnements, tandis que l’Europe stagnera. En revanche, l’Asie-Pacifique augmentera le nombre de ses abonnés Pay TV – la Chine (353 millions en 2022) et l’Inde (179 millions) comptant alors dans cinq ans pour la moitié du total mondial des abonnés à la Pay TV », prévoit Simon Murray. Quant à YouTube, UGC mondial qui n’est pas pris en compte dans les prévisions de Digital TV Research, il est en embuscade. @

Charles de Laubier

Universal Music pèse plus de 70 % de la valorisation de sa maison mère Vivendi : la Bourse en vue

Que vaudrait Vivendi sans Universal Music ? Le numéro un mondial des producteurs de musique dirigé par Lucian Grainge, atteint une valorisation de 23,5 milliards de dollars et compte pour plus des deux-tiers de la capitalisation boursière de sa maison mère. La mise en Bourse d’une partie de son capital est à l’étude pour 2018.

Par Charles de Laubier

Universal Music est maintenant valorisé 23,5 milliards de dollars, contre environ 20 milliards auparavant. Et ce, depuis que Goldman Sachs a publié fin août un rapport « Music in the air » qui revalorise la première major mondiale de la musique enregistrée – devant Sony Music et Warner Music. La banque d’investissement américaine justifie cette augmentation après avoir révisé à la hausse ses prévisions sur le marché global de la musique en ligne : le chiffre d’affaires mondial du streaming devrait bondir, selon elle, de 3 milliards de dollars en 2016 à… 28 milliards de dollars d’ici 2030, lesquels revenus seront alors générés en grande partie par 847 millions d’abonnés aux plateformes de musique en ligne (Spotify, Apple Music, Deezer, Amazon Music, …).
La major Universal Music, dont le PDG depuis 2011 est Lucian Grainge (photo), devance ainsi de 15 % la valorisation de la seconde major, Sony Music estimée à
20,1 milliards de dollars, mais surtout la plus grosse filiale du groupe français Vivendi pèse à elle seule plus de 72 % de la valorisation boursière globale de sa maison mère !

Première filiale et moitié des revenus de Vivendi
En effet, si l’on compare en euros à la date du 15 septembre, Vivendi était valorisé à la Bourse de Paris d’à peine plus de 27 milliards d’euros et sa pépite musicale aux labels prestigieux (Polydor, Capitol, Motown, Deutsche Grammophon, Blue Note, Island Records, …) de l’équivalent de 19,7 milliards d’euros. Vivendi considère depuis longtemps que sa propre capitalisation boursière est sous-évaluée au regard de la valeur de ses actifs, à commencer par sa « pépite » Universal Music qui détient 34 % de part de marché au niveau mondial sur la musique enregistrée (supports physiques ou numériques) et qui a repris le chemin de la croissance grâce au streaming et à ses abonnements.
C’est pour remédier à cette sous-évaluation que le groupe français songe à introduire en Bourse sa première filiale – première en chiffre d’affaires : 5,267 milliards d’euros
en 2016, soit presque la moitié des revenus de Vivendi ! Dépassant ainsi les 5,253 milliards d’euros de chiffre d’affaires de Canal+, Universal Music est aussi la première filiale en résultat opérationnel à 687 millions d’euros, contre 303 seulement pour Canal+.

Grainge, PDG « au moins jusqu’en 2020 »
Le président du conseil de surveillance de Vivendi, Vincent Bolloré, a confirmé le
1er juin dernier, lors de l’assemblée générale du groupe Bolloré (lequel contrôle de
fait Vivendi), qu’il étudiait une introduction en Bourse de la supermaison de disque :
« La tentation existe ; on l’étudie pour montrer la valeur d’Universal [Music] et des actifs de Vivendi. On verra bien le moment venu ; on choisira le moment le plus opportun ». Et le milliardaire breton avait ajouté ironique : « La question d’une introduction en Bourse c’est de savoir à quel moment c’est le mieux. C’est comme les soufflés au fromage, il faut les sortir au bon moment ! ». Depuis, le projet semble s’accélérer. L’agence Bloomberg a fait état début août de rencontres entre des conseillers financiers et Vivendi qui serait prêt à vendre 10 % à 20 % du capital de la major à l’occasion d’une introduction en Bourse envisagée pour 2018. Déjà, le 22 mai dernier, dans une interview au Wall Street Journal, le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, n’avait pas exclu qu’une part minoritaire du capital d’Universal Music puisse être mise sur le marché. « Ce n’est pas une vache sacrée », avait-il lancé. Lors de l’assemblée générale de Vivendi fin avril, il avait été aussi question d’une possible introduction en Bourse d’« Universal ». A l’époque, des analystes financiers tablaient même sur la vente d’une part du capital pouvant aller jusqu’à 49 %.
Outre le fait que cette opération permettrait à la maison mère d’Universal Music d’espérer mieux valoriser les deux groupes, cela limiterait aussi l’endettement – déjà
à 5,6 milliards d’euros fin 2016 – de Vivendi qui est en train d’acquérir l’agence de publicité Havas (1). Vivendi est sollicité de longue date par des banques pour céder ou mettre en Bourse sa pépite Universal Music, allant jusqu’à décliner une offre de rachat faite en 2015 pour un montant jugé alors insuffisant de 13,5 milliards d’euros. D’après l’agence Reuters, la marque d’intérêt venait de Liberty Media, le groupe du milliardaire américain John Malone. Selon le Financial Times, une première offre sur Universal Music avait été faite en 2013 par le groupe japonais SoftBank qui avait proposé – en vain – 6,5 milliards d’euros. Il y a deux ans, le fonds américain Psam (2) – très critique sur « le flou » de la stratégie de Vivendi (3) – avait demandé à ce que la filiale Universal Music soit séparée de sa maison mère pour mieux la valoriser. Vincent Bolloré avait assuré au printemps dernier qu’il ne comptait pas vendre son joyau. D’autant que les revenus du streaming ont transformé sa filiale musicale en vache à lait (4) du groupe, au moment où l’autre filiale Canal+ est à la peine. Outre le fait d’être actionnaire minoritaire – à l’instar des autres majors – de Spotify (5) et de Deezer pour mieux faire pression sur eux (6), Universal Music dispose d’accords avec plus de 400 plateformes de streaming (Apple Music, Pandora, iHeartMedia, …). Y compris avec Amazon Music qui vient d’être lancé en France ce mois-ci. La major de Vivendi, qui s’est en outre associé à Sony Music pour lancer un service de streaming low cost en Grande-Bretagne, se félicite de voir que les trois artistes les plus « streamés » en 2016 sont tous des talents du groupe : Drake, Rihanna et Justin Bieber. Près de 60 % de ses ventes sont réalisées par les répertoires locaux dans leur pays, comme par exemple les Beatles au Royaume-Uni ou Serge Gainsbourg en France.
Autant dire que Sir Lucian Charles Grainge (57 ans) va terminer en beauté son mandat de PDG d’Universal Music, qui a débuté en 2011. Ce Britannique – nommé en novembre 2016 « Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique » par la reine Élisabeth II et désigné au dernier Cannes Lions en mars « Personnalité média de l’année 2017 » – chapeaute les trois activités : musique enregistrée d’Universal
Music Group (UMG), édition musicale de Universal Music Publishing (UMPG) et merchandising de Bravado. Pour « accélérer la monétisation de la musique dans
le numérique, élargir la diffusion de ses contenus audio et vidéo en multipliant les partenariats avec des plateformes, et renforcer ses relations stratégiques avec les marques et les sponsors », Vivendi avait annoncé en juillet 2015 le prolongement
« au moins jusqu’en 2020 » des fonctions de Lucian Grainge. Pas question de s’endormir sur ses lauriers : « UMG tire aussi parti, avec l’aide de Vivendi, des nouvelles opportunités sur les marchés émergents (Chine, Russie, Brésil, Afrique). Dans certains de ces pays, l’évolution de la législation sur la protection du droit
d’auteur permet au groupe d’améliorer la monétisation de sa bibliothèque de contenus musicaux », est-il expliqué dans le dernier rapport d’activité.

Dailymotion, Initial et SpinnUp
Vivendi pousse aussi sa filiale musicale à se développer dans le live grâce à ses salles de spectacle et à ses partenariats avec les festivals. Et Universal Music va plus que jamais contribuer à alimenter en clips vidéo Dailymotion (7). Par ailleurs, pour la promotion de nouveaux talents, la major a lancé en septembre dernier une plateforme de découverte de jeunes artistes baptisée Initial Artist Services, ainsi que le site web SpinnUp (8) pour l’autoproduction et l’autodistribution de musiciens sur Spotify, Deezer ou iTunes. Car pas question pour la première maison de disque de se faire « ubériser ». @

Charles de Laubier

La stratégie de Vivendi reste dans le flou artistique

En fait. Le 25 avril, lors de l’assemblée générale de Vivendi à L’Olympia, les actionnaires ont voté à 82 % des suffrages exprimés pour la reconduction pour quatre ans de Vincent Bolloré comme administrateur du conseil de surveillance du groupe qu’il préside depuis 2014. Mais pour quelle stratégie ?

En clair. La stratégie du conglomérat français Vivendi n’est finalement pas plus claire depuis que Vincent Bolloré (photo de gauche) a succédé, il y a près de trois ans, à Jean-René Fourtou à la présidence de son conseil de surveillance. Pourtant, l’homme d’affaire breton, devenu actionnaire de référence de Vivendi (20,6 % du capital et 29 % des droits de vote), a été renouvelé comme administrateur pour une durée de quatre années. Certes, le groupe coté du bas de la liste du CAC 40 s’est bien délesté de ses activités télécoms (SFR, Maroc Telecom et GVT) avec l’ambition de devenir « un groupe mondial, champion français des médias et des contenus ». Mais sa stratégie reste encore floue (1) en termes de développements en Europe (participations dans Telecom Italia, Mediaset, Telefonica) et d’acquisitions réalisées (Gameloft, Dailymotion, …) ou futures (Ubisoft, Havas, …).

Vincent et Yannick Bolloré : « rapprochement à terme » Vivendi-Havas
Il y a un an, Vincent Bolloré avait par exemple annoncé « un partenariat stratégique et industriel » avec l’italien Mediaset (groupe Berlusconi) – dont Vivendi détient 28,8 % du capital – en vue de lancer notamment une plateforme de SVOD en Europe, un « Netflix latin » pour concurrencer le numéro un mondial américain. Mais Vivendi et Mediaset sont aujourd’hui en conflit ouvert.
De plus, reconduit par 82 % des actionnaires, le milliardaire et dixième fortune de France (patrimoine de 7,3 milliards d’euros en 2016, selon Challenges) renforce son emprise familiale sur Vivendi où son fils Yannick Bolloré (photo de droite) a été – après « cooptation » l’an dernier – élu à 71 % membre du même conseil de surveillance. Et voilà qu’il est question d’un « rapprochement à terme » avec le groupe publicitaire Havas, dont le fils Bolloré est PDG depuis 2013. Havas est contrôlé par le groupe Bolloré (2) et des passerelles existent déjà : le président de Vivendi Content et de Studio+, Dominique Delport, Lire la suite