Pourtant parmi les pionniers des robots humanoïdes dans le monde, la start-up californienne Figure AI n’était pas présente à la 10e édition du salon VivaTech à Paris. Or le fabricant fondé en 2022 par Brett Adcock, et valorisé 39 milliards de dollars, pourrait devenir l’« Apple » de la génération humanoïde.
VivaTech a beau vouloir être la « Samaritaine » de la tech, allant jusqu’à faire danser sur scène des robots humanoïdes d’Unitree Robotics (fabricant chinois et numéro un mondial dans ce domaine) au risque de provoquer des incidents (comme le 17 juin 2026 avec la chute d’écrans), il y a toujours de grands absents. Alors que l’intelligence artificielle et les robots humanoïdes étaient parmi les principales attractions de la 10e édition (17 au 20 juin) de ce grand rendez-vous co-organisé chaque année à Paris par Publicis et Les Echos-Le Parisien, la licorne américaine Figure AI faisait partie de ceux qui n’avaient pas fait le déplacement.
Pourtant, ce fabricant californien de robots polyvalents à forme et capacités humaines, fondé en 2022 par Brett Adcock (photo), aurait pu y faire sensation. L’entreprise basée dans la région de la baie de San Francisco est valorisée 39 milliards de dollars depuis sa dernière levée de fonds en septembre 2025 pour plus de 1 milliard de dollars, obtenus lors d’un tour de table mené par la société newyorkaise de capital-risque Parkway Venture Capital auprès d’investisseurs tels que Nvidia, Intel, Qualcomm, Salesforce, T-Mobile, LG ou encore les fonds Brookfield, Macquarie, Align et Tamarack.
Nvidia, Intel, OpenAI, Qualcomm, Jeff Bezos, …
« Figure est l’Apple de cette génération. Un goût et un design impeccables qui imprégneront chaque foyer. Vous ne voudrez pas d’un humanoïde bon marché, vous voudrez un Figure », avait lancé fin mai (1) l’investisseur et entrepreneur américain Andrew Kang, lequel venait d’être recruté comme PDG de RoboStrategy (FP Strategies), un fonds qui détient une participation minoritaire au capital de Figure AI – l’investissement le plus important de son portefeuille très orienté robotique et IA physique (2). Le tweet de Andrew Kang n’a d’ailleurs pas échappé à Brett Adcock, qui l’a republié auprès des plus de 167.560 abonnés à son compte LinkedIn (3). Faire de « Figure » e nouvel « Apple » de l’ère humanoïde est osé mais cette comparaison souligne l’ambition de ce fabricant qui est devenu licorne en février 2024 grâce à un premier afflux d’argent frais provenant de Microsoft, d’OpenAI, de Nvidia, d’Intel et même de Jeff Bezos via Bezos Expeditions (4). Figure AI fabrique des robots humanoïdes au (suite) design épuré (géométrie affinée) et esthétique (beau à regarder), avec des couleurs sobres – gris clair et noir. Comme les iPhone, les « Figure » offrent une simplicité d’utilisation, que cela soit à l’usine ou à domicile.
Design épuré et esthétique comme l’« iPhone 1 »
Le prochain modèle Figure 04 (F.04), dont le « gel du design » (full design lock) a été annoncé mi-mai pour un déploiement qui pourrait débuter d’ici la fin de l’année, a été présenté par Brett Adcock qui a lui-même fait référence à Apple : « Le Figure 04 va représenter de loin le plus grand bond en avant que nous ayons jamais réalisé. Nous en sommes encore vraiment au tout début. C’est comme si on était encore à l’ère des téléphones à clapet et qu’on entrait maintenant dans le moment iPhone 1. Je pense que le Figure 04 sera peut-être notre premier véritable « “moment iPhone 1” », a-t-il expliqué au média Sourcery de Molly O’Shea (5). Il pense aussi que les robots humanoïdes pourraient atteindre – « avant tout autre format » – une intelligence équivalente ou supérieure à celle de l’humaine, ou AGI (Artificial General Intelligence). Quant aux développements, ils se font avec des réseaux de neurones – plutôt que de coder manuellement chaque mouvement comme cela se faisait auparavant – pour une meilleure dextérité, une adaptation en temps réel, et une évolutivité via les données.
Autant jusqu’en 2024 avec Figure 01 le fabricant utilisait le modèle neuronal multimodal d’OpenAI (VLM), autant depuis 2025 avec les modèles Figure 02 et Figure 03 il a recours à son propre système d’IA – Helix – pour l’intelligence incarnée et le contrôle neuronal étendu aujourd’hui à tout le corps, grâce à son modèle humanoïde VisionLangage-Action (VLA). « Helix contrôle la boucle complète : perception, mouvement et raisonnement, à bord et en temps réel. Cela permet à la Figure 03 de considérer et d’exécuter des tâches seule, sans suivre un script », assure Figure AI (6). Brett Adcock a laissé entendre que le prochain Figure 04 est conçu pour fonctionner avec Helix 03 qui n’a pas encore été annoncé publiquement. Et la licorne, contrairement cette fois à Apple, ne fabrique pas en Chine ni à Taïwan : le fabricant d’humanoïdes polyvalents dispose de sa propre méga-usine de près de 10.000 mètres carrés, baptisée BotQ (pour robot et « Q » de quality) et implantée à San Jose (Californie), sur le campus de l’entreprise. Fonctionnelle depuis 2025, sa chaîne d’assemblage automatisée est capable de produire jusqu’à 12.000 humanoïdes par an. « Ce n’est que le début. […] Les robots humanoïdes de Figure seront utilisés dans notre processus de fabrication pour construire d’autres robots humanoïdes [robots building robots] », a précisé le fabricant, dont la cadence augmente pour parvenir à terme à la production de masse d’humanoïdes avec une capacité de production de 100.000 unités par an. Pour l’heure, les clients sont industriels tels que le constructeur de véhicules BMW ou le conglomérat Catalyst Brands (propriété de Brookfield) de marques grand public. Le modèle économique de Figure AI s’apparente à du Robot-as-a-Service (RaaS), ou leasing, plutôt qu’à de la vente simple, afin de maximiser l’utilisation et la collecte de données. « Cela inclut la collecte de données de vidéos humaines et d’entrées sensorielles multimodales, afin d’améliorer la compréhension et le fonctionnement des robots dans des environnements complexes et dynamiques. Ces ensembles de données réels sont essentiels pour faire évoluer les capacités de Helix », précise le fabricant.
Le PDG de Figure AI, Brett Adcock (40 ans), est un serial-entrepreneur (Hark, Cover, Archer Aviation, Vettery, Street of Walls ou encore Working.io), mais cette fois, avec Figure AI, il pense avoir trouvé la martingale technologique avec les robots humanoïdes. Le potentiel est énorme, selon lui : « La vision de Figure est de déployer des robots humanoïdes autonomes à l’échelle mondiale pour résoudre les défis de l’économie du travail. Nous imaginons un avenir où les robots humanoïdes seraient l’interface universelle dans le monde physique. Au début, notre humanoïde sera déployé dans la main-d’œuvre pour accomplir des tâches d’entreprise dans des zones où la main-d’œuvre est importante et les emplois indésirables ou dangereux. A plus long terme, les humanoïdes joueront un rôle important dans de nombreux domaines, tels que l’aide aux individus à la maison, le soin des personnes âgées et la construction de nouveaux mondes sur d’autres planètes » (7).
Chez Figure AI, les robots dépassent les humains
Côté chiffre d’affaires, Figure AI n’en a toujours pas communiqué – même si le fabricant est sorti de sa phrase « pre-revenue ». L’offre Robot-as-a-Service (RaaS) ou le leasing de Figure 3.0 puis de Figure 4.0 devraient porter leurs fruits à partir de 2026 et 2027, au fur et à mesure de la montée en puissance de la production et des déploiements plus larges auprès des industriels puis des particuliers. « Pour la première fois, les robots surpassent désormais les humains en nombre chez Figure », a signalé Brett Adcock le 19 juin dernier (8), précisant le 20 juin (9) que sur quelque 600 humains travaillant pour Figure AI à ce jour, « environ 314 employés sont salariés, le reste étant des collaborateurs horaires sous contrat ». Une révolution humanoïde est en marche. @
Charles de Laubier

Les mesures conservatoires prises à l’encontre de Meta Platforms sont exceptionnelles : « Il est vrai que nous n’utilisons pas ces pouvoirs très souvent. La dernière fois remonte à 2019. Lorsque nous [y] recourons, nous veillons à ce qu’elles soient nécessaires et à ne pas imposer de charge disproportionnée. Mais lorsqu’il s’avère indispensable d’y avoir recours, comme c’est le cas en l’espèce [envers Meta Platforms], nous le faisons. […] Les mesures adoptées aujourd’hui resteront en vigueur jusqu’au terme de notre enquête ou, au plus tard, jusqu’en juin 2029, soit dans trois ans », a précisé le 9 juin 2026 à Bruxelles Teresa Ribera (photo), vice-présidente exécutive de la Commission européenne, en charge de la transition propre, juste et compétitive.
Depuis que le rapport Draghi sur « l’avenir de la compétitivité européenne », publié en septembre 2024 (
Méga et gigaconstellations : obligations en plus