Alors que le projet de règlement sur les réseaux numériques (DNA) est examiné au Parlement européen, des voix s’élèvent pour introduire la liberté de pouvoir choisir sa « box » (boîtier ou routeur Internet). Ce que ne permet toujours pas la France, contrairement à d’autres pays européens.
La Free Software Foundation Europe (FSFE), organisation européenne pour le logiciel libre, et la Verbund der Telekommunikations-Endgerätehersteller (VTKE), alliance des fabricants d’équipements terminaux de télécommunications, sont parmi les principales voix qui s’élèvent pour exiger que le futur Digital Networks Act (DNA) intègre la liberté de choisir sa « box » Internet. D’autres associations militant pour les droits numériques des consommateurs (Beuc, EDRi, FFDN, …) en font également la demande, à savoir : la « liberté du routeur » au niveau de ce que l’on appelle le point de terminaison du réseau (NTP (1)).
Libéralisation des « box » en Europe ?
Si des pays européens comme l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas ou encore la Belgique (mais aussi la Finlande et la Grèce) ont déjà tranché en faveur de la libéralisation du point de terminaison du réseau, permettant ainsi aux abonnés le choix de leur « box » (boîtier ou routeur Internet) indépendamment de leur fournisseur d’accès à Internet (FAI), d’autres Etats membres comme la France n’ont toujours pas déverrouillé leur marché des « box ».
Cela fait dix ans que l’Allemagne a adopté la liberté de choix du routeur (« routerfreiheit »), suivie par l’Italie en 2018, les Pays-Bas en 2023, puis la Belgique en 2023. Le projet européen de règlement des réseaux numériques relance le débat, existant depuis plus de dix ans, autour de cette question du « Router Freedom », d’autant que cela pourrait être l’occasion pour le Parlement européen d’aller dans le sens d’une harmonisation du marché unique numérique. Et comme le DNA vise notamment à réviser le code européen des communications électroniques, cette harmonisation pourrait aller jusqu’au NTP. Or la Commission européenne n’a rien prévu dans ce sens dans sa proposition du 21 janvier 2026 (2), laissant une forme de flou sur (suite) la définition exacte du point de terminaison du réseau et laissant une marge de manœuvre aux régulateurs nationaux comme en France. Contactée le 17 septembre par Edition Multimédi@, l’Arcep présidée par Laure de La Raudière (photo) n’a pas souhaité commenter à ce stade mais renvoie à la position favorable sur le NTP (3) exprimée en 2020 par l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (Berec) dont elle est membre. En France, où la « box » est née en 2002 à l’initiative de Free, le marché reste verrouillé et contrôlé par les quatre principaux FAI que sont Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR. Pourtant, le débat sur la « liberté de choix du terminal » ne date pas d’hier car cela fait plus de dix ans que la Fédération des fournisseurs d’accès Internet associatifs (FFDN) milite pour : si le FAI est libre d’imposer un modem précis, « la box, le routeur domestique, doit être au libre choix de l’utilisateur final » ; « il doit donc exister une offre sans la box, et cette offre peut contenir le modem, détaché de la box » (4).
Au niveau européen, deux organisations sont aux avant-postes pour défendre la « liberté du routeur », et elles sont toutes les deux allemandes (5) : la Free Software Foundation Europe (FSFE) et la Verbund der Telekommunikations-Endgerätehersteller (VTKE). « Dans la version précédente (2018-2020) de la réglementation sur les routeurs [via le code européen des communications électroniques ainsi que les lignes directrices, ndlr], l’UE a introduit plusieurs règles techniques qui ont fragmenté la mise en œuvre de la liberté du routeur [« Router Freedom » (6), dans le texte, ndlr]. En effet, elles permettaient aux régulateurs nationaux d’exclure ce droit pour certaines topologies de réseau au motif d’”exigences objectives”. Malheureusement, de nombreux Etats membres ont profité de cette occasion pour exclure les réseaux fibre du champ de la liberté du routeur. Aujourd’hui, le DNA offre l’opportunité de combler cette fracture en garantissant la liberté du routeur de manière cohérente et effective dans toute l’Union européenne », explique la fondation européenne pour le logiciel libre dans son appel du 18 février 2026 à l’UE (7).
Quant à l’alliance des fabricants d’équipements terminaux de télécommunications (VTKE), qui regroupe notamment les sociétés AVM/Fritz!, DrayTek/uniVorx ou encore Viprinet Europe, elle réclame dans le DNA une harmonisation européenne du NTP au « Point A » pour mettre fin à la fragmentation du marché unique qui pénalise la vente de routeurs grand public.
Le Berec va devoir revoir le « Point A »
Ce « Point A » correspond, dans la classification établie par le Berec, à la prise murale sur laquelle les tenants du « Router Freedom » veulent une liberté totale pour l’abonné. En janvier 2026, la VTKE s’est félicitée que le DNA prévoit une révision par le Berec, à une échéance qui reste à préciser, des lignes directrices existantes concernant la détermination du NTP (8). @
Charles de Laubier
« Je ne pense pas qu’Instagram soit addictif – je sais que c’est controversé de dire cela. En tout cas en anglais, je trouve qu’on confond souvent l’usage familier du mot “accro” [addicted]… comme quand on dit “Je suis accro à cette série et je la regarde en rafale, ce qui n’est pas bon pour moi” », a déclaré d’Australie le 10 septembre 2026 le directeur général d’Instagram, Adam Mosseri (photo), à l’occasion du lancement dans ce pays d’Océanie de sa série éditoriale « Algo Confessions ». La filiale de Meta – par la voix d’influenceurs et souvent de son dirigeant – s’y confie, justifie ou dévoile le fonctionnement de ses algorithmes qui sont par ailleurs très décriés et taxés de « boîte noire ». Et ce, au moment où justement le Premier ministre australien Anthony Albanese a annoncé le 8 septembre – dans une déclaration intitulée « My Feed, My Way » (
Avec l’option sans algorithme dans « Your Algorithm », ce choix reste définitif tant que l’utilisateur ne le change pas, même après avoir fermé et rouvert l’application. C’est là toute la différence avec le fil chronologique qui existe déjà sur Instagram mais que peu d’instagrameurs savent, y compris en Australie : s’ils tapent sur le logo d’Instagram en haut de leur écran, un menu déroulant propose soit « Suivi(e)s » pour un ordre chronologique inversé des comptes suivis par l’utilisateur, soit « Favoris » avec recommandations algorithmiques. Mais le flux revient à l’utilisation de l’algorithme lorsque vous fermez cette fenêtre ou rouvrez l’application. Adam Mosseri s’est dit prêt à améliorer cette discrète fonctionnalité au niveau mondial : « Je n’essaie pas de le cacher… Je pense qu’on peut le rendre plus visible. […] Instagram est trop compliqué […] Il y a beaucoup de choses à caser dans la page ; nous essayons donc de ne pas simplement ajouter plus de boutons pour tout. […] Il y a clairement de la place pour améliorer la découverte de ça ». Pour l’Union européenne (UE), malgré la liberté de choix prévue par le Digital Services Act (DSA), les 207 millions d’utilisateurs d’Instagram sont toujours privés de « désalgorithmisation », excepté aux Pays-Bas. En effet, dans une décision judiciaire rendue le 2 octobre 2025 (
Les deux papes de l’intelligence artificielle, Greg Brockman (photo de gauche), président co-fondateur d’OpenAI, et Jensen Huang (photo de droite), PDG de Nvidia, veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. L’un et l’autre veulent, nous faire croire – à nous les Humains – que la super-IA générale désignée par AGI (Artificial General Intelligence), voire ASI (Artificial Superintelligence), est arrivée. Qui plus est avec le modèle GPT-6 Astra lancé le 3 septembre 2026 par OpenAI, près de quatre ans après avoir défrayé la chronique avec le coup d’envoi de la pionnière des IA génératives, ChatGPT.