Les chaînes nationales se tirent-elles une balle dans le pied en se faisant diffuser par les plateformes mondiales de streaming ? Leurs anciennes rivales sont devenues des partenaires, mais en pactisant avec Netflix, Amazon Prime Video, Disney+ et YouTube, les éditeurs TV prennent de gros risques.
Depuis le 19 juin 2026, les chaînes linéaires du groupe français TF1 ainsi que les contenus de sa plateforme TF1+ sont disponibles sur Netflix, pour lequel cet accord de diffusion de contenus télévisuels est une première. Le numéro un mondial américain de la vidéo à la demande par abonnement (SVOD) propose avec publicités les chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI, ainsi que les contenus délinéarisés de TF1+. Cet accord (1) de distribution n’est pas le premier du genre en France ni en Europe.
Deals chaînes-streamers multipliés en Europe
L’accord TF1-Netflix – limité à l’Hexagone pour des questions de droits – fut précédé en juillet 2025 par l’accord France Télévisions-Amazon Prime Video, lequel diffuse depuis France 2, France 3, France 4, France 5, Franceinfo et le catalogue de France.tv, ainsi qu’en janvier 2026 par l’accord M6-Amazon Prime Video qui diffuse M6, W9, 6ter, Gulli et les contenus de M6+. Dans le reste de l’Europe, les deals de contenu et de distribution entre plateformes de streaming mondiales et éditeurs européens de chaînes de télévision nationales se sont aussi multipliés entre 2025 et 2026. « Les décisions prises aujourd’hui (dans les conseils d’administration, dans les bureaux des régulateurs et lors d’événements professionnels) définiront la carte audiovisuelle européenne pour la prochaine décennie », a indiqué Christian Grece (photo), analyste à l’Observatoire européen de l’audiovisuel (OEA/EAO), organisation publique rattachée au Conseil de l’Europe à Strasbourg. Le 8 juin 2026, il était à Dubrovnik, en Croatie, où il est intervenu au New Europe Market (NEM), un événement annuel consacré au marché de l’audiovisuel.
• Disney+ a enchaîné – c’est le cas de le dire – les accords : en juillet 2025 avec (suite)
La bataille des agrégateurs TV bouscule le PAF – ce paysage audiovisuel français qui n’en finit pas de se délinéariser en streaming, bien loin des fréquences hertziennes de la TNT dont l’audience décline (
La vente par le groupe NRJ de sa chaîne Chérie 25 à CMA Média, filiale de l’armateur maritime CMA CGM (déjà propriétaire de BFMTV), s’est accélérée jeudi 24 juillet avec la signature d’un « protocole de cession, sous condition suspensive de l’obtention de l’agrément de l’Arcom ». Et ce, trois jours après l’obtention par la direction de NRJ d’un « avis favorable unanime » des instances représentatives du personnel. Pour la première fois depuis 20 ans – NRJ 12 ayant été la première chaîne du groupe à être lancée (en mars 2005) –, le groupe de Jean-Paul Baudecroux (photo), son PDG fondateur, ne devrait pas allumer la télévision pour la saison 2025-2026, du moins sur la TNT (
Bien que les deux fils du 47e président des Etats-Unis – Donald Trump Jr. (photo de gauche) et Eric Trump (photo de droite) – ont annoncé, de la Trump Tower à New York le 16 juin, le lancement de Trump Mobile et du smartphone T1, ce n’est ni The Trump Organization ni Trump Media & Technology Group (TMTG) qui opère cette nouvelle activité d’opérateur mobile. Il ne s’agit que d’un « accord de licence limité » de la marque « Trump » signé par la Donald Trump Trademark Management (DTTM Operations), filiale de la Trump Organization, avec la société T1 Mobile, créée début mai et enregistrée en Floride.
FCC, FTC, SEC, … au service du « Trump business » ?