Arrivée fin 2019 à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE), après l’annonce choc du projet de cryptomonnaie Libra par Facebook (abandonné depuis), Christine Lagarde entend faire adopter rapidement l’euro numérique pour sauver la souveraineté monétaire de l’Europe à l’ère des cryptos et des x-pays.
L’ancienne ministre française Christine Lagarde (photo) est l’une des principales artisanes du futur euro numérique, mais elle n’est pas à l’origine des premières réflexions le concernant à la Banque centrale européenne (BCE) qu’elle préside depuis novembre 2019. Elle avait succédé à l’époque à Mario Draghi, sous l’autorité duquel Benoît Cœuré (1) – alors membre du directoire de la BCE et responsable des paiements – avait plaidé pour que les banques centrales en Europe explorent l’émission de monnaies numériques. Et ce, en réponse au défi majeur lancé en juin 2019 par Facebook avec son projet de cryptomonnaie Libra.
Depuis ce coup de semonce, l’Union européenne (UE) ne cesse de s’inquiéter du risque de perdre sa souveraineté monétaire face à la forte poussée des cryptomonnaies privées – qu’elles soient stablecoins (adossées à des devises internationales telles que le dollar ou l’euro) ou pas (volatiles) comme les bitcoins, ethers et autres solanas. Les banques centrales de l’Eurosystème – autorité monétaire de la zone euro également présidée par Christine Lagarde – entendent bien continuer à « battre monnaie » à l’ère du digital. Sous la houlette de la BCE, l’euro numérique pourrait être émis à partir de 2029 – soit dix ans après la nomination de Christine Lagarde à la tête de cette institution de l’UE basée à Francfort-sur-le-Main en Allemagne, mais son mandat de huit ans non renouvelable s’achèvera avant, en octobre 2027.
« Adopter rapidement le règlement européen »
La future devise digitale des vingt pays concernés s’inscrit donc dans la catégorie des monnaies numériques de banque centrale (MNBC), ou en anglais CBDC (Central Bank Digital Currency). « L’euro numérique sera un moyen de paiement numérique universellement accepté dans toute la zone euro. Il soutiendra également la concurrence et l’innovation dans l’écosystème des paiements. Il est donc essentiel d’adopter rapidement le règlement sur l’établissement de l’euro numérique », a pressé Christine Lagarde le 17 avril dernier, lors des Réunions de printemps (2) du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) – un rassemblement annuel qui se tient à Washington. La présidente de la BCE veut aller vite. Les Etats ne veulent pas perdre la main ni déstabiliser leur système monétaire face à la déferlante de la finance décentralisée (DeFi).
Face aux bitcoins, stablecoins et x-pays
Le Conseil de l’UE ayant adopté une position commune fin 2025, le Parlement européen – après avoir apporté le 10 février son « soutien à l’euro numérique, tout en préservant le rôle essentiel de l’argent liquide » (3) – est appelé à voter sans tarder. Or la commission des affaires économiques et monétaires (Econ) du Parlement européen devrait voter le 23 juin, à la suite d’un report de la date initiale du 5 mai. Lors d’un débat le 22 avril organisé par le Peterson Institute for International Economics (PIIE), Piero Cipollone (photo ci-contre), membre du conseil exécutif de la BCE et chef du groupe de travail sur l’euro numérique, a Continuer la lecture
L’Organisation des Nations Unies (ONU) fait un pas de plus vers son ambition de jouer un rôle primordial dans la gouvernance et la régulation de l’Internet, au moment où l’intelligence artificielle (IA) déferle partout dans le monde numérique. Les Nations Unies ont déjà à leur disposition l’Internet Governance Forum (IGF ou Forum sur la gouvernance de l’Internet), le Sommet mondial sur la société de l’information (WSIS) ainsi que le Global Digital Compact (GDC). Il faudra désormais compter avec le Défenseur mondial de la gouvernance numérique centrée sur l’humain, fonction nouvellement créée.
Cela restera comme une première historique depuis la naissance de l’Internet grand public au début des années 1990 : un des géants mondiaux du numérique – l’un des Gafam américains – a été ciblé et touché par un missile, frappe provoquant d’importants dégâts et perturbations. Le 2 avril 2026, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) – une organisation paramilitaire dépendant du Guide suprême de la révolution, le chef de l’Etat iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei (photo) – a revendiqué cette attaque contre Amazon Web Services (AWS), en pleine guerre déclenchée par les Etats-Unis avec Israël contre l’Iran le 28 février (
La publicité en ligne atteint un niveau jamais connu dans l’histoire de la réclame, laquelle est née au XIXe siècle. En 2026, elle devrait représenter près de 70 % (soit 687 milliards de dollars) du total des dépenses publicitaires mondiales, lesquelles vont franchir cette année – d’après le géant publicitaire Dentsu (
L’exigence d’accessibilité numérique a connu une nouvelle évolution avec l’entrée en application, le 28 juin 2025, de la directive européenne « Accessibilité » de 2019, fixant des « exigences en matière d’accessibilité applicables à certains produits et services ». Appelée aussi « European Accessibility Act » (EAA), cette directive s’applique immédiatement à l’ensemble des produits et services qu’elle énumère, mis sur le marché depuis cette date : ordinateurs et systèmes d’exploitation, terminaux de paiement, guichets de banque automatiques, liseuses numériques, services de communications électroniques et de e-commerce, accès à des services de médias audiovisuels, sites web, applications mobiles, livres numériques, etc (