Le marché mondial de la publicité va franchir cette année 2026 la barre des 1.000 milliards de dollars. Et le numérique pèse plus des deux-tiers de ces dépenses des annonceurs. Internet et les applications mobiles sont plus que jamais envahis, voire saturés, de bannières et vidéos publicitaires.
La publicité en ligne atteint un niveau jamais connu dans l’histoire de la réclame, laquelle est née au XIXe siècle. En 2026, elle devrait représenter près de 70 % (soit 687 milliards de dollars) du total des dépenses publicitaires mondiales, lesquelles vont franchir cette année – d’après le géant publicitaire Dentsu (1) – le niveau record des 1.000 milliards de dollars. Apparue avec les premières bannières il y a plus de 30 ans, la publicité sur Internet s’est rapidement généralisée sur les écrans des internautes et, via les « applis », des mobinautes.
Le banner blindness croit depuis 30 ans
La pub digitale – omniprésente, intrusive et dévoreuse de données personnelles et de profiles des consommateurs – investit aussi les espaces de vidéo à la demande tels que l’AVOD (2), le FAST (3) ou encore le BVOD (4). Résultat : les utilisateurs (« visiteurs » et « consommateurs ») en ont plein les yeux, plein des oreilles et « plein le dos » de cette prolifération de bannières et de vidéos publicitaires, voire de messages audios d’annonceurs et de sponsors. Sans parler des bandeaux de consentement préalable (cookie banner) qui surgissent constamment depuis le début des années 2010 – au nom de la protection, souvent théorique, de la vie privée (ePrivacy) et des données personnelles (RGPD). De nombreuses études montrent pourtant clairement la saturation et la fatigue des consommateurs en ligne.
Depuis la fin des années 1990, un phénomène psychologique est largement documenté : la « cécité à la bannière » (banner blindness), lorsque les utilisateurs (suite)
Le Conseil européen de la protection des données (CEPD) a finalisé l’analyse de sa consultation publique menée il y a un an (en novembre 2024), à la suite de son avis rendu (en avril 2024) sur le modèle de « Pay or Consent ». Basé à Bruxelles et présidé par Anu Talus (photo), le CEPD s’apprête à publier ses lignes directrices pour contrecarrer cette méthode controversée. Ce « contrôleur » européen des données, créé par le règlement général sur la protection des données (RGPD), va aussi tenir compte des résultats d’une autre consultation publique, terminée celle-là le 4 décembre 2025, sur « les lignes directrices conjointes concernant l’interaction entre la Digital Markets Act (DMA) et le RGPD » (
Les annonceurs publicitaires veulent à tout prix une « sécurité » ou une « protection » pour leurs marques lorsqu’elles s’exposent dans le monde numérique (réseaux sociaux, presse en ligne, …). Cette exigence de « brand safety » (protection de la marque) est de plus en plus doublée d’une demande de « brand suitability » (adéquation à la marque). Objectif des annonceurs : trier sur le volet – de façon automatisée pour la publicité qui est jusqu’à 90 % programmatique – les sites web ou les plateformes sur lesquels les publicités de leurs marques auront le droit de s’exposer, sans risque de se retrouver sur des contenus qu’ils jugent indésirables.
Surblocages provoqués par des mots-clés
« Il est important d’apporter des clarifications sur des croyances, ou peut-être des raccourcis qui sont faits, par rapport à la nature de YouTube – lequel est bien spécifique, bien unique et pérenne puisque cela faire 20 ans que nous accompagnons et soutenons la création. Et cela veut dire d’abord par commencer à la protéger, avec un modèle économique », a déclaré Justine Ryst (photo), directrice générale YouTube France et Europe du Sud, le 8 novembre lors des 35es Rencontres cinématographiques de L’ARP (
Le président d’honneur du groupe publicitaire Publicis, Maurice Lévy (photo), est depuis dix mois maintenant PDG de Solocal (ex-PagesJaunes) et actionnaire majoritaire via sa holding luxembourgeoise Ycor Management (