Président d’Orange : pas d’ancien pour Heydemann

En fait. Le 23 février, une source interne chez Orange a indiqué à Edition Multimédi@ que « la directrice générale Christel Heydemann s’oppose à tout ancien d’Orange » pour succéder à Jacques Aschenbroich, président du conseil d’administration depuis mai 2022, dont le mandat se termine le 19 mai 2026.

En clair. Christel Heydemann ne veut pas d’un revenant pour succéder à Jacques Aschenbroich à la présidence d’Orange. « La directrice générale s’oppose à tout ancien d’Orange à la présidence du conseil d’administration du groupe », indique à Edition Multimédi@ un dirigeant du premier opérateur télécoms français. De quoi contrarier les velléités de Pierre Louette, Bruno Mettling ou Stéphane Richard. Leurs noms font partie de ceux qui circulent comme candidats potentiels.
Pierre Louette, qui a quitté le 1er février le groupe Les Echos-Le Parisien de LVMH (1) au bout de huit ans (2018-2026), a été directeur général délégué et secrétaire général d’Orange (2010-2018). Bruno Mettling, lui, président du cabinet de conseil Topics qu’il a fondé, a passé plus de huit ans chez Orange (2010- 2018) où il a été successivement directeur emplois/compétences d’Orange Campus, directeur des ressources humaines d’Orange, puis directeur général adjoint du groupe et PDG d’Orange Moyen-Orient et Afrique. Quant à Stéphane Richard, associé du cabinet de conseil financier Perella Weinberg depuis 2022, il (suite)

Pas de network fees, Henna Virkkunen s’en explique

En fait. Le 10 février, Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie, a répondu à Edition Multimédi@ à propos de l’absence – dans son projet de Digital Networks Act (DNA) – de « taxe réseau » (network fees).

En clair. Henna Virkkunen a expliqué le 10 février à Edition Multimédi@ les raisons pour lesquelles cette « contribution équitable » – qu’auraient payée les Gafam lorsqu’ils empruntent les réseaux des opérateurs télécoms en Europe – ne figure pas dans le projet de règlement sur les réseaux (DNA) présenté le 21 janvier (1) : « C’était une idée qui a été avancée par certaines parties prenantes depuis quelques années et soulevée à nouveau lors des débats précédant l’adoption de la proposition du Digital Networks Act. Dans livre blanc de la Commission européenne intitulé “Comment maîtriser les besoins de l’Europe en matière d’infrastructures numériques ?”, adopté en février 2024, nous avons évalué les aspects liés à l’interconnexion IP et au peering, et nous avons conclu que le marché fonctionne généralement bien et ne justifie pas une intervention réglementaire », nous a confirmé la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie.
Et ce, quand bien même ce livre blanc (2) reconnaît que « ce point fait néanmoins l’objet d’un vif débat », dont la (suite)

Industrie de la musique : la France s’exporte mal

En fait. Le 10 février, Jean-Baptiste Gourdin a fêté ses un an en tant que président du Centre national de la musique (CNM), nommé par décret présidentiel. Le 6 février, lors du Midem 2026 à Cannes (dont c’était les 60 ans), il a montré que la France ne pesait pas lourd dans « le nouvel ordre musical mondial ».

En clair. La France est aujourd’hui le 6e exportateur mondial de musique enregistrée : son chiffre d’affaires à l’international a doublé entre 2018 et 2024, atteignant 162 millions d’euros, d’après les chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep). « Pourtant, nous représentons [à l’export, ndlr] encore moins de 0,5 % du marché mondial, a relativisé JeanBaptiste Gourdin, président du Centre national de la musique (CNM) lors du Midem à Cannes. Et notre rayonnement reste largement concentré sur l’Europe, alors que les marchés émergents (1) constituent les nouvelles frontières de croissance. Le potentiel est là. Reste à le saisir ! » (2).
Alors que le streaming a aboli les frontières, la France n’a pas pleinement trouvé sa place. « Dans ce nouvel ordre musical mondial […], les barrières à l’entrée qui caractérisaient la distribution physique sont tombées [et] l’export n’est plus réservé à quelques happy few bénéficiant de l’infrastructure logistique et commerciale de l’industrie du disque », constate Jean-Baptiste Gourdin. Au cours de sa keynote le 6 février au Marché international du disque et de l’édition musicale (Midem), lequel a célébré son 60e anniversaire du 4 au 7 février, il a évoqué le (suite)

Entre animation et jeux vidéo : le cinéma interactif

En fait. Le 26 janvier, lors de ses premiers vœux à la tête du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), établissement public qui fête cette année ses 80 ans, Gaëtan Bruel a prononcé un discoursfleuve. Il a notamment évoqué l’avènement du « cinéma interactif », entre animation et jeu vidéo.

En clair. C’est sans doute la plus grande révolution à venir du cinéma depuis que le 7e Art a été inventé il y a 130 ans. Il s’agit du cinéma interactif. Dans ses vœux, pourtant tout en longueur, le président du CNC – qui fêtera le 17 février ses un an à la tête de cet établissement public (1) – a effleuré cette perspective enthousiasmante du cinéma. « Il y a une convergence d’intérêts inédite entre […] l’animation et le jeu vidéo, qui partagent désormais les mêmes outils, avec les technologies du temps réel. Entre le jeu vidéo et le cinéma, avec l’horizon – passionnant – d’une réversibilité des œuvres, la cinématique des jeux vidéo devenant toujours plus ambitieuse, tandis que le cinéma pourrait demain devenir interactif », a-til évoqué sans approfondir. A part pour dire que « ces convergences ne sont pas une invitation à araser nos différences, [mais] plutôt à penser des alliances, pour répondre plus fortement aux enjeux qui sont les nôtres ».
Or ces convergences entre films d’animation, jeux vidéo et cinéma vont s’accélérer sous les coups de boutoir des moteurs de jeu et de l’intelligence artificielle (IA) (3) d’Epic Games, les frontières entre « jouer » (expérience interactive en temps réel) et « regarder » (cinématiques ou films photoréalistes) s’effacent au profit d’une expérience fluide. La cinématique et le gameplay se rejoignent et (suite)

Pourquoi Pierre Louette quitte le navire LVMH Médias

En fait. Le 1er février, Pierre Louette ne sera plus PDG du groupe Les Echos-Le Parisien – contrôlé par LVMH Médias (via la holding Ufipar de Bernard Arnault) – après presque huit ans. La rumeur le donnait partant depuis plusieurs mois. S’il a réussi à équilibrer Les Echos, il a échoué sur Le Parisien.

En clair. Si le quotidien économique Les Echos s’en tire à bon compte, avec en 2025 un « retour à l’équilibre » (dixit Pierre Louette, PDG du groupe jusqu’à fin janvier), il n’en va pas de même pour le quotidien généraliste Le Parisien-Aujourd’hui en France qui est resté chroniquement déficitaire depuis des années, avec 30 millions d’euros de pertes en 2024, et plus encore en 2025 d’après des estimations qui circulent – autour de 35 millions d’euros ou plus. Et ce, malgré les aides d’Etat dont Le Parisien-Aujourd’hui en France est le premier journal à bénéficier : près de 14 millions d’euros au total sur l’année 2024, soit bien plus que les 9,9 millions d’euros empochés par Le Figaro ou les 7,8 millions d’euros perçus par Le Monde (1). Cette manne publique fait les affaires du multimilliardaire, propriétaire de non seulement Le Parisien-Aujourd’hui en France, mais aussi Les Echos (aidés par l’Etat à plus de 2 millions d’euros), Paris-Match (plus de 2 millions d’euros), de L’Opinion (plus de 1,6 million d’euros), et de Challenges (plus de 1 million d’euros). Selon les calculs de Edition Multimédi@, la galaxie du premier magnat fortuné de la presse française (2) – a touché de l’Etat un total d’aides publiques de (suite)