Suppression de 1.700 postes : les syndicats de SFR dénoncent « un scandale social, économique et financier »

Sur les 9.500 emplois que compte encore le 2e opérateur télécoms français SFR, 1.700 postes vont être supprimés en 2021 sur la base du volontariat. C’est près de 18 % des effectifs « télécoms » de la filiale française d’Altice. Les syndicats, eux, sont vent debout contre ce projet « Transformation et ambitions 2025 ». Blocage.

Depuis la première réunion de négociation du 10 mars dernier entre les syndicats de SFR et la direction générale du 2e opérateur télécoms français, c’est le black-out total. Aucune date de nouvelle rencontre n’est prévue. « La direction a fermé la porte des négociations ; elle boude, c’est le blocage », regrettent le 18 mars les représentants syndicaux, contactés par Edition Multimédi@. La CFDT, la CFTC et l’Unsa Com ont dénoncé ce 10 mars « un scandale social, économique et financier ». Ils l’ont fait savoir dans un « manifeste pour la vérité« , dans lequel ils ont fait connaître « leur opposition à une négociation ouverte sur la base d’un tissu de mensonges travestissant la réalité économique de SFR » et « sur la base d’une construction artificielle et inacceptable de “nouvelles” orientations stratégiques ». Alors que SFR en est à son troisième plan social en moins de dix ans, dont 5.000 emplois supprimés en 2017, celui-ci – avec sa destruction de 1.700 emplois – ne passe pas.

Les télécoms pourtant préservées par la crise
« Cette invitation à la négociation d’une réduction des effectifs est faite alors que justement les excellents chiffres de la période, au contraire des autres entreprises françaises, auraient dû conduire SFR à organiser une discussion autour d’un partage des résultats », s’insurgent les organisations syndicales, rappelant que Patrick Drahi (photo), le patron fondateur de la maison mère Altice, s’était dit « sensible » au dialogue social au sein de l’entreprise. Au lieu de cela, les négociations démarrent, selon les syndicats, sur des « bases tronquées, anti-économiques et antisociales ». Et les syndicats représentatifs de SFR d’enfoncer le clou : « Il serait en effet particulièrement intolérable que dans un secteur préservé par la crise, les pouvoirs publics puissent faire preuve d’un “turbulent silence”, face à des suppressions d’emplois qui vont peser sur les comptes sociaux de la nation, alors que l’entreprise est prospère ». En croissance de 2,4 % sur un an, l’opérateur SFR est la vache à lait d’Altice France, dont il génère Continuer la lecture

Les fréquences 5G tout juste vendues en France n’offriront pas encore le très haut débit mobile

La cinquième génération de mobile (5G) existe déjà et n’a pas attendu les enchères des fréquences, dont la vente s’est terminée le 1er octobre avec près de 2,8 milliards d’euros empochés par l’Etat, pour expérimenter les services et contenus susceptibles d’en profiter. En attendant la « vraie 5G »…

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance

Depuis début 2018, l’Arcep tient un guichet « pilotes 5G » qui délivre des autorisations d’utilisation de fréquences 5G, « à titre transitoire et dans la limite de leur disponibilité ». Ces attributions ponctuelles de spectre électromagnétique pour des tests se sont faites dans la bande de fréquences dite des 26 Ghz (« bande pionnière » de la 5G), lesquelles ne sont pas concernées par les enchères qui se sont terminées en France le 1er octobre (rapportant 2,786 milliards d’euros à l’Etat) et qui portaient, elles, sur les fréquences de la bande 3,4 à 3,8 Ghz (« bande coeur » de la 5G). Dommage. La bande haute des 26 Ghz, qui sera utilisée bien plus tard en France, offre des fréquences très élevées dites « millimétriques », en référence à leur longueur d’onde courte dans des cellules de petites tailles mais avec des débits très importants.

« Fausse 5G », en attendant les 26 Ghz
Bien que sensibles aux obstacles, c’est elle qui offrira le vrai très haut débit mobile – voire de l’ultra-haut débit mobile – que tous les opérateurs mobiles nous promettent, alors qu’ils viennent d’acheter des fréquences de la bande moyenne 3,4 à 3,8 Ghz susceptibles de décevoir les mobinautes car elles se limitent à un « compromis » entre la couverture (leur rayonnement) et le débit (leur vitesse). Bref, de la « fausse 5G » ! Pour que le très haut débit mobile soit au rendez-vous et que les mobinautes en aient pour leur argent (1), il sera nécessaire de complétée la « bande coeur » – aux propriétés physiques acceptables et à la quantité de fréquences disponibles – par la « bande pionnière » seule à même de faire un véritable saut technologique. Ce n’est qu’à cette condition que la 5G sera digne de ce nom et donnera sa pleine puissance. Il y a cinq ans Continuer la lecture

OEil pour oeil, dent pour dent : Apple pourrait être la première victime collatérale du « Huawei bashing »

La marque à la pomme risque d’être la première grande firme américaine – un des GAFA qui plus est – à payer très cher l’ostracisme que les Etats-Unis font subir au géant chinois Huawei. Si la loi du talion est gravée dans la Bible, elle semble aussi être une règle non-écrite de la Constitution chinoise. Représailles en vue.

« Tu donneras vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, meurtrissure pour meurtrissure, plaie pour plaie », dit la Bible (1), qui n’est finalement pas si pacifique qu’on le dit. La Chine va faire sienne cette loi du talion en prenant des mesures de rétorsion à l’encontre d’entreprises américaines, au premier rang desquelles Apple. D’après le Global Times, quotidien proche du Parti communiste chinois au pouvoir, Pékin est prêt à prendre « des contre-mesures » ciblant des entreprises américaines. Dans un article publié le 15 mai dernier, complété par deux autres, Apple est cité en premier, suivi de Qualcomm, Cisco et Boeing. « La Chine prendra des contremesures, comme inclure certaines entreprises américaines dans sa liste d’‘’entités non fiables’’, imposer des restrictions aux entreprises américaines comme Qualcomm, Cisco et Apple, ou mener des enquêtes à leur sujet, et suspendre les achats d’avions de Boeing ».

L’Executive Order « anti-Huawei » prolongé d’un an
Le ministère chinois du Commerce – le Mofcom – a confirmé en mai la préparation de cette liste noire où Apple figurera en bonne place. L’Empire du Milieu est donc prêt à rendre coup sur coup, alors que son fleuron technologique Huawei – numéro deux mondial des smartphones en 2019 devant… Apple (4) – fait l’objet depuis près de dix ans maintenant d’une discrimination de la part de l’administration Trump, allant jusqu’à son bannissement des infrastructures 5G aux Etats-Unis il y a un an. Fondée en 1987 par Ren Zhengfei, suspect aux yeux des Etats-Unis pour avoir été un technicien de l’Armée chinoise de 1974 à 1982, la firme de Shenzhen est plus que jamais dans le collimateur de Washington. Xi Jinping (photo), président de la République populaire de Chine, semble donc déterminé à rétorquer à Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique (lequel a prêté serment sur la Bible) dans la bataille économique qui les oppose. Leurs Big Tech respectives sont Continuer la lecture

Réforme de l’audiovisuel et enchères 5G : reports

En fait. Le 18 mars, le gouvernement a présenté en conseil des ministres un projet de loi instaurant un « état d’urgence sanitaire » face au Covid-19 et un projet de loi de finances rectificatif pour 2020. Le calendrier législatif est chamboulé. Les enchères 5G, elles, ne se tiendront pas le 21 avril, nous confirme l’Arcep.

En clair. Le Covid-19 est le chamboule-toute de 2020. Les deux projets de loi (état d’urgence sanitaire et loi de finances rectificatif) sont en train d’être adoptés en procédure accélérée au Parlement. Résultat, « toutes les réformes en cours se[ont] suspendues » – dixit le président de la République lors de son allocution télévisée du 16 mars devant 35,3 millions de télé-spectateurs, selon Médiamétrie. Les deux plus importants projets de loi de son quinquennat sont déprogrammés sine die.
La réforme très contestée des retraites, pour laquelle le gouvernement avait décidé de recourir à l’article 49-3 à l’Assemblée nationale pour le « projet de loi ordinaire » (sans débat avec les députés (1)), est suspendue (alors que le texte devait arriver au Sénat en avril et que le « projet de loi organique » ne pouvait pas être, lui, soumis au 49-3). La réforme de l’audiovisuel, qui était le grand chantier d’Emmanuel Macron annoncé dès sa campagne présidentielle de 2017, est reportée. Ce projet de loi sur « la communication audiovisuelle et la souveraineté culturelle à l’ère numérique » a été examiné début mars par la commission commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale (lire p. 6 et 7), et devait être débattu en séances publiques à partir du 31 mars jusqu’au 10 avril. Mais l’urgence législative dans la « guerre » (dixit sept fois Emmanuel Macron) contre le Covid-19 a contraint le gouvernement d’annuler le calendrier des débats sur ce texte qui était pourtant lui-même en procédure accélérée depuis décembre (2).
Concernant par ailleurs les enchères des fréquences pour la 5G, dont l’Etat espère les vendre pour un minimum de 2,17 milliards d’euros (mise à prix), l’Arcep confirme à Edition Multimédi@ qu’elles ne se tiendront pas le 21 avril, mais qu’aucune nouvelle date n’a été fixée lors de la réunion de son collège le 19 mars. Des médias (Reuters, AFP, Les Echos, …) avaient annoncé dès le 17 mars le report de ces enchères. Mais le président du régulateur des télécoms, Sébastien Soriano, a dû aussitôt temporiser dans un tweet posté dans la soirée : « Calendrier #5G : aucun report n’est acté pour le moment. (…) Si un nouveau calendrier devait être défini, cela sera indiqué en temps utile » (3). @

Les opérateurs mobile virtuels (MVNO) ont 15 ans mais demeurent sous les 12 % de parts de marché

En France, les MVNO ont vraiment décollé en 2005 dans le sillage de trois pionniers – Transatel, Debitel et Omer Télécom. NRJ Mobile fut le premier à se déclarer en tant qu’opérateur auprès du régulateur. Depuis 15 ans, leur part de marché reste limitée, et Free n’en accueille toujours aucun.

Les derniers chiffres en date fournis par l’Arcep le montrent encore, 15 ans après leur apparition en tant qu’opérateur télécoms déclarés : les MVNO (1) peinent à s’acheminer vers les 12 % de parts de marché en France. A fin décembre 2019, les vingt-sept opérateurs mobile virtuels déclarés à ce jour auprès du régulateur des télécoms totalisent ensemble à peine plus de 8,4 millions de clients (2) sur un total de 74,5 millions d’abonnés (3) en France métropolitaine, soit actuellement une part de marché de 11,3 % seulement. La progression a été limitée à 0,4 points sur un an.

Condamnés à des marchés de niche
« Toutefois, malgré un nombre élevé de MVNO sur le marché, l’ensemble des opérateurs virtuels actuels compte tout de même moins d’abonnés que chacun des quatre opérateurs principaux », fait remarquer le courtier en télécoms Ariase. En effet, Orange compte 19,3 millions d’abonnés mobile, SFR 13,5 millions, Free Mobile 13,3 millions et Bouygues Telecom 10 millions. Les MVNO restent cantonnés à des marchés de niche, que cela soit auprès du grand public ou au service des entreprises. Au meilleur de leur forme, en 2014, la cinquantaine de MVNO d’alors affichaient 8,9 millions de clients, soit à l’époque 13 % du marché de la téléphonie mobile. Mais la montée en charge de Free Mobile lancée deux ans auparavant leur a coupé l’herbe sous le pied. Les trois opérateurs mobile historiques, eux, ont répliqué au « trublion des télécoms » en lançant leurs propres marques low-cost : Sosh d’Orange, B&You de Bouygues Telecom et Red de SFR.
Depuis les MVNO sont entre le marteau (les opérateurs de réseau mobile) et l’enclume (leurs marques low cost). D’une cinquantaine, les MVNO en France sont passés à une trentaine, en perdant au passage plus de 1 million de clients et deux points de part de marché. Il faut dire que les 2 millions de clients de Virgin Mobile (Omea Telecom, ex-Omer Télécom) ont été absorbés fin 2014 par SFR pour 325 millions d’euros, mettant un terme à l’aventure du premier MVNO français en taille (4). Carrefour a jeté l’éponge en 2012 en cédant ses clients à Orange (ralliés à Sosh) « Ceux qui réussissent à rivaliser avec les opérateurs historiques ou leurs marques low-cost se comptent sur les doigts d’une main. Tous les autres sont condamnés à la confidentialité, avec une clientèle très ciblée », constate François Le Gall, chef de produit chez Ariase. Au-delà du pionnier Transatel, que son président Jacques Bonifay (photo de gauche) a cofondé il y a 20 ans et qui est devenu il y a un an une filiale de l’opérateur télécom japonais NTT (voir encadré page suivante), d’autres MVNO se sont fait une place à l’ombre des quatre opérateurs mobile dominants. Il y a d’abord NRJ Mobile, CIC Mobile, Crédit Mutuel Mobile, Auchan Telecom (cédé par Auchan) et Cdiscount Mobile, tous faisant partie du groupe Euro-Information Telecom (EIT), filiale du Crédit Mutuel, qui a passé le cap des 2 millions de clients à l’automne dernier. Né en 2005 avec la marque NRJ Mobile, EIT s’appuie sur les réseaux d’antennes d’Orange, de Bouygues Telecom et de SFR ainsi que sur le maillage de distribution 4.455 points de vente des réseaux bancaires Crédit Mutuel et CIC, mais aussi sur du digital et de la grande distribution (enseignes Auchan et magasins indépendants), avec un service client de plus de 550 personnes.
De son côté, La Poste Mobile dispose aussi d’un réseau de distribution physique conséquent : 8.145 bureaux de poste. Ce qui lui a permis d’atteindre un parc total de plus de 1,5 million de clients. Si La Poste est majoritaire à 51 % au capital de la société La Poste Télécom, qui opère depuis ce MVNO public-privé, son unique opérateur de réseau hôte est SFR qui détient les 49 % restants. Le groupe postal avait créé cette coentreprise en 2011 avec SFR (devenu par la suite filiale d’Altice), en reprenant les actifs de Simplicime hérité d’un pionnier des MVNO français, Debitel (marque qui a disparu en 2008). Autre pionnier des opérateurs mobile virtuels : Coriolis Télécom, opérateur lancé en 1999 par Pierre Bontemps (photo de droite) qui avait créé Vodafone SA dix ans plus tôt, et MVNO à partir de 2006 en utilisant les réseaux hôtes d’Orange et de SFR. En 2014, au moment de lancer son offre 4G, Coriolis revendiquait 400.000 clients mobile, mais aucun chiffre n’est donné depuis. Il y a aussi Lycamobile, Prixtel, Kertel (IC Telecom), Budget Mobile (Sisteer), Afone, Nordnet ou encore Syma.

Free n’est l’hôte d’aucun MVNO
Près d’une trentaine d’opérateurs mobile virtuels (5) prospèrent tant bien que mal sur le marché français de la téléphonie mobile hyper compétitif. Le positionnement des MVNO sur le marché concurrentiel des télécoms est pour le moins inconfortable, puisqu’ils ne peuvent attaquer frontalement les opérateurs mobile qui les accueillent sur leurs réseaux, ni procéder à de la publicité comparative avec ces derniers. De plus, ces réseaux « hôtes » sont limités à trois puisque, contrairement à Orange, SFR et Bouygues Telecom, le quatrième opérateur mobile – Free – ne leur a pas ouvert son réseau. « Pour obtenir sa licence mobile, Free avait promis en 2008 à l’ART [l’Arcep de l’époque, ndlr] d’accueillir des MVNO. Mais lorsque nous l’avons contacté à la suite de son lancement en 2012, Free n’avait aucune envie d’accepter des MVNO sur son réseau et, d’ailleurs, ses prix d’accès à son réseau étaient prohibitifs. L’Arcep ne pouvait pas nous soutenir et nous avons dû renoncer », raconte Jacques Bonifay, le patron de Transatel, à Edition Multimédi@.

Orange, le réseau le plus accueillant
Le groupe EIT est le seul à recourir aux trois réseaux « hôtes » disponibles. Quatre MVNO – Coriolis Telecom, Netcom, Prixtel et SCT Telecom – se contentent de deux « hôtes », Orange et SFR. Cela ne veut pas dire que le client final peut choisir le meilleur réseau mobile dans son même forfait mobile (pas de multi-réseau), car son MVNO doit s’en tenir à un seul réseau lors de la souscription. « Seul Prixtel permet à ses abonnés de choisir gratuitement le réseau mobile Orange ou SFR qui sera utilisé sur leur ligne mobile Prixtel, au moment de la souscription », indique François Le Gall sur le blog d’Ariase (6). En dehors de ces partenariats multiples, une sorte d’exclusivité est de mise : ils sont douze à n’être que sur le réseau d’Orange (Cellhire, CTExcelbiz du groupe China Telecom, Cubic, Keyyo, Legos, Nordnet, Paritel, Sewan Communications, Syma Mobile, Transatel et Truphone), sept ne sont que sur SFR (ACN/JOI Telecom d’ACN Communications, Afone Mobile/Reglo Mobile du groupe Afone, Alphalink, Budget Mobile/Zero forfait Sim+ du groupe Sisteer, Kertel d’IC Telecom, La Poste Mobile et Vectone de Mundio), et uniquement deux sur Bouygues Telecom seul (Lebara et Lycamobile).
Parmi tous ces « telcos virtuels », très peu sont en réalité Full-MVNO, c’est-à-dire ayant accès au cœur du réseau « hôte » avec possibilité de fournir leurs propres cartes SIM. Le groupe EIT, Transatel et Coriolis sont dans ce cas, comme l’était Virgin Mobile aujourd’hui disparu. En général, les MVNO proposent des offres et des forfaits à des prix souvent plus attractifs que leur(s) réseau(x) hôte(s). Mais disposentils de la même qualité de couverture que l’opérateur du réseau utilisé ? « Il est tout à fait possible que le débit maximal d’un MVNO soit moins rapide par rapport à un opérateur de réseau si le contrat ne prévoit que de la fourniture de 4G sans agrégation de fréquences (4G+) », prévient le courtier Ariase (7). Quant aux accords de licence de marque, signés entre un opérateur télécoms et une entreprise tierce, ils permettent au premier de commercialiser une offre ou une gamme d’offres en exploitant la marque de l’entreprise partenaire et en proposant même des services en rapport avec l’activité de l’entreprise partenaire tels que l’accès à de la musique en ligne ou à des services bancaires. Dans tous les cas, l’opérateur de réseau reste responsable vis-à-vis des clients de la fourniture des services mobiles. Alors qu’en janvier dernier, Jacques Bonifay a été réélu en janvier président de l’organisation MVNO Europe basée à Bruxelles et que Pierre Bontemps (Coriolis) a pris la présidence de l’association Alternative Télécom à Paris, les opérateurs mobile virtuels espèrent beaucoup de l’avènement prochain de la cinquième génération de mobile. « Le développement et le déploiement de 5G transformeront sans aucun doute le secteur, affectant tous les acteurs du monde des télécoms. Les MVNO viseront à avoir accès à ces technologies afin de continuer à développer des applications innovantes adaptées aux besoins des utilisateurs finaux », a prévenu MVNO Europe.
Jacques Bonifay estime en tout cas que les MVNO en France sont mieux lotis qu’outre-Rhin, où 1&1 Drillische (United Internet) est l’un des rares MVNO. « En Allemagne, les trois opérateurs télécoms [Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica Deutschland/O2, ndlr] rechignent à accueillir des MVNO. J’œuvre pour que cela change, mais cela montre que le régulateur en France fait mieux son travail qu’en Allemagne », nous assure le président de MVNO Europe. En France, alors que l’échéance des candidatures à la 5G (fréquences 3,4-3,8 Ghz) est le 25 février, l’Arcep a prévu que « les engagements portent sur l’accueil des MVNO en 5G sur les réseaux des opérateurs, afin notamment d’encourager l’innovation » (8). La 5G annonce-t-elle le rebond des opérateurs mobile virtuels ? @

Charles de Laubier

ZOOM

Le MVNO Transatel, filiale du japonais NTT depuis un an
Il y a un an, le 28 février 2019, l’opérateur télécoms historique japonais NTT finalisait l’acquisition de la majorité du capital de Transatel. Cofondé en 2000 par Jacques Bonifay et Bertrand Salomon, cet opérateur mobile virtuel est à la fois MVNO (Mobile Virtual Network Operator) auprès d’une clientèle finale composée historiquement d’hommes d’affaires européens , de résidents étrangers et de transfrontaliers, Français ou pas , mais aussi MVNE/A (Mobile Virtual Network Enabler/ Aggregator), c’est-à-dire prestataire technique pour le compte d’opérateurs mobile virtuels sous-traitant auprès de lui gestion, administration et relation clientèle de leur activité. En vingt ans, Transatel opère ainsi en Europe pour le compte de tiers pas moins de 180 MVNO. Ses activités s’étendent aussi à la connectivité MtoM (Machine-to-Machine), avec des solutions de cartes SIM virtuelles – eSIM – proposées depuis 2014 sur les marchés de l’Internet des objets ou de la voiture connectée. @