Musique en ligne : la rémunération minimale des artistes sur le streaming a du plomb dans l’aile

Depuis six mois qu’il a été signé par les syndicats de producteurs de musique et ceux des artistes interprètes dans la torpeur d’une nuit d’été, le 7 juillet 2017, l’accord instaurant pour ces derniers une garantie de rémunération minimale pour leurs musiques diffusées en streaming n’est toujours pas appliqué. Ubuesque !

Par Charles de Laubier

Depuis les accords « Schwartz » du 2 octobre 2015, du nom du médiateur Marc Schwartz (photo) à l’époque, qui instaurent en France le principe d’une garantie de rémunération minimale aux artistes, compositeurs et interprètes sur le streaming, ces derniers n’en bénéficient toujours pas – plus de deux ans et demi après. Cette redevance minimum venait pourtant de faire l’objet d’un accord avec les producteurs de musique dans la nuit du 6 au 7 juillet 2017 – à 4 heures et demie du matin ! – mais il avait aussitôt été dénoncé par plusieurs syndicats d’artistes le trouvant finalement « particulièrement injuste » ou « parfaitement inepte » pour leurs membres musiciens.
Formée par le Syndicat national d’artistes musiciens (Snam)/CGT, le Syndicat français des artistes interprètes (SFA)/CGT, le Syndicat national des musiciens (SNM)/FO, et le Syndicat national des artistes chefs d’orchestre professionnels de variétés et arrangeurs (Snacopva)/CFE, cette intersyndicale avait dénoncé les conditions de la signature elle-même et de la réunion où, selon elle, « la négociation ne fut pas réellement loyale ».

La balle est dans le camp du gouvernement
La loi « Création » de 2016 donnait jusqu’au 7 juillet dernier à la branche professionnelle de la musique enregistrée pour parvenir à un accord collectif (1), faute de quoi l’Etat imposerait par la loi une solution de rémunération des artistes interprètes pour l’exploitation de leurs musiques en streaming. Aussi, les partenaires sociaux se sont sentis obligés de signer un texte où le diable était en fait dans les détails. Selon nos informations, seule la CFDT qui exigeait plus de temps n’a pas signé cet accord.
C’est le 10 juillet dernier que plusieurs organisations syndicales d’artistes interprètes, alertés notamment par la Guilde des artistes de la musique (Gam), ont dénoncé les termes de l’accord et demandé la réouverture immédiate des négociations, ce que les producteurs ont accepté puisqu’une médiation a été ouverte le 20 juillet suivant pour « aménager l’accord ». Mais l’échec du Médiateur de la musique, Denis Berthomier, fut rapidement constaté, le 28 juillet. « Les producteurs refusent de Lire la suite

Mis au pilori par Adele et d’autres musiciens, le streaming est plus que jamais controversé

Adele a refusé que son nouvel album « 25 » soit sur les plateformes de streaming musical (Spotify, Deezer, Tidal, Apple Music, …). Cela ne l’a pas empêché de battre un record de ventes, tant physique (CD) que numérique (téléchargement). Un événement que l’industrie de la musique devrait méditer…

L’album « 25 » de la chanteuse britannique Adele (photo) a battu l’an dernier le record de ventes aux Etats- Unis : 7,44 millions d’exemplaires, détrônant l’album « Confessions » du chanteur américain Usher vendu il y a plus de dix ans à 7,98 millions d’exemplaires (1). Mes l’engouement pour le dernier opus d’Adele, publié en novembre 2015 avec le titrephare « Hello », devrait se poursuivre sur sa lancée
en 2016 – avec une tournée passant par Paris les 9 et 10 juin prochains – et conforter ainsi sa place de numéro un.

Streaming = «musique jetable »
Les plateformes de streaming – Spotify, Deezer, Tidal, Apple Music, … – n’y sont pour rien dans ce succès. Et pour cause : la « chanteuse soul qui fait de la pop » (comme elle se définit elle-même) a refusé catégoriquement de proposer son nouvel album en streaming ! Dans une interview publiée le 16 novembre dernier dans l’hebdomadaire américain Time, elle a tenu à justifier sa décision : « Le streaming c’est un peu comme de la musique jetable. Je sais que le streaming c’est l’avenir, mais ce n’est pas la seule façon d’écouter de la musique. (…) Pour moi la musique devrait être un véritable événement ». En évitant de mettre son album en streaming, cela a incité son public
à acheter l’album, physique ou numérique. Résultat, Adele est devenue la première artiste à vendre plus d’un million d’albums par semaine pendant deux semaines d’affilée depuis 1991 aux Etats-Unis, selon le décompte de l’institut Nielsen Music.
« 25 » a aussi battu un record au Royaume-Uni, où il s’est vendu à plus de 1 million d’exemplaires en dix jours, ainsi qu’au Canada. En France (voir encadré page suivante), le distributeur Beggars Group enregistre aussi ses meilleures ventes…
Ces records de ventes de « 25 » démontre de façon magistrale que le streaming – proposant en flux et sans téléchargement de la musique à la demande de manière illimitée – n’est pas un passage obligé, même s’il devient le premier mode d’écoute
(en flux) de la musique en ligne, au détriment du téléchargement et bien sûr de la
vente physique de CD. Cela prouve que le concept d’album garde encore de forts potentiels de ventes, face au rouleau compresseur de la vente à la découpe du streaming et du téléchargement titre par titre. L’industrie musicale, que Nielsen Music qualifie de « jeuniste », n’avait pas prévu ce succès historique obtenu grâce aux fans d’Adele, dont beaucoup sont dans la tranche d’âge des 50 à plus de 60 ans, avec un fort pouvoir d’achat – ceux qui ne sont plus dans le coeur de cible des maisons de disques. En outre, Adele est en quelque sorte la cerise sur le gâteau de la contestation contre le streaming musical et de son faible niveau de rémunération des artistes.
Le quotidien suédois Expressen a calculé que la diva londonienne touchait 7 dollars pour chaque album vendu, soit bien mieux que le 1 centime de dollar perçu pour chaque écoute d’un des morceaux de l’album si elle l’avait mis sur Spotify. « Nous adorons et respectons Adele, tous comme ses 24 millions de fans sur Spotify. Nous espérons qu’elle leur donnera l’opportunité d’apprécier ‘25’ très prochainement, comme ils le font pour ‘19’ et ‘21’ [ces deux précédents albums, ndlr] », avait réagit la plateforme suédoise lors de la sortie de ce dernier album. En juin 2015, son fondateur Daniel Ek s’était défendu de spolier les artistes en expliquant avoir déboursé plus de 3 milliards de dollars en droits d’auteur depuis son lancement en ligne en 2008. Ni Apple, ni Deezer, ni Tidal n’ont, quant à eux, commenté ce boycottage de la part d’Adele.

Ce n’est pas la première fois qu’un artiste met à l’index le streaming musical. Il y a plus d’un an, s’estimant financièrement lésée, la chanteuse américaine Taylor Swift avait décider de retirer tout son catalogue de Spotify lors de la sortie de l’album « 1989 ».
Ce qui ne l’avait pas empêcher de faire un carton, puis, d’annoncer en juin dernier
sa disponibilité sur Apple Music qui diffusera aussi en exclusive le film de sa tournée musicale.

Class action contre Spotify
Tout récemment, le 8 janvier dernier, la chanteuse et enseignante Melissa Ferrick (2) a déposé plainte à Los Angeles contre Spotify à qui elle réclame 200 millions de dollars pour diffusion non autorisée par l’artiste. Quelques jours plus tôt, le 28 décembre 2015, le musicien américain David Lowery (3) avait aussi demandé à un juge de Los Angeles d’accepter un recours collectif (class action) au nom de centaines de milliers de plaignants potentiels contre Spotify accusé, là aussi, d’avoir reproduit leurs musiques sans l’autorisation des auteurs. Il réclame, lui, 150 millions de dollars de dommages
et intérêts à la plateforme suédoise, tout en l’accusant de « pratiques commerciales déloyales » et de « faire baisser la valeur des droits auteur ».
La plateforme aux 75 millions d’utilisateurs, dont plus de 20 millions d’abonnés payants le service sans publicité, s’inscrit comme à son habitude en faux contre ces griefs, précisant seulement qu’il a provisionner suffisamment d’argent pour payer à l’avenir
les royalties des auteurs lorsqu’ils auront été identifiés avec l’aide des organisations d’ayants droits.

Les musiciens se rebiffent
D’autres artistes ont préféré prendre les choses en main. Madonna, Beyoncé, Daft Punk, Rihanna, Jack White, Chris Martin, Nicky Minaj, ou encore Kanye West, parmi une quinzaine de stars de la musique, sont devenus actionnaires de la plateforme de streaming Tidal lancée en novembre 2014 aux Etats-Unis et en mars 2015 en France par le rappeur et homme d’affaires américain Jay-Z (alias Shawn Corey Carter, mari de Beyoncé), qui détient aussi le label Roc Nation. Tidal, qui mise sur le son haute fidélité comme la plateforme français Qobuz tout juste racheté par la société Xandrie (lire en Une), est une façon pour les artistes de s’émanciper un peu des plateformes iTunes ou Spotify avec l’objectif de reprendre le contrôle sur leurs productions. Cela a même séduit la star américaine Prince qui avait lancé en 2010 : « Internet est complètement fini ! ». Dans une interview dans le quotidien britannique The Guardian en novembre 2015, il avait confirmé sa déclaration : « Ce que je voulais dire c’est qu’Internet était fini pour quiconque veut être payé, et j’avais raison. Donnez-moi un nom d’artiste devenu riche grâce aux ventes numériques. Mais Apple se porte plutôt bien non ? ». Prince s’est résolu a vendre ses derniers albums, « HITnRUN phase one » et « HITnRUN phase two », en streaming sur Tidal dont il fait depuis l’éloge… Même les ayants droits des Beatles (Fab Four, Universal Music/EMI) se sont convertis au streaming – les musiques de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr sont
sur Spotify, Apple Music, Slacker, Tidal, Groove, Rhapsody, Deezer, Google Play et Amazon Prime depuis fin décembre – après avoir boycotté ce mode d’écoute en ligne. « Come Together », du célèbre album « Abbey Road », a été le plus écouté sur Spotify… Les groupes Led Zeppeling et AC/DC ont, eux aussi, boudé le streaming avant de se résoudre à y aller. Toujours résistants, les chanteurs Neil Young et Thom Yorke (Radiohead) n’ont pour leur part pas encore céder aux sirènes du streaming.

Le streaming reste un moyen de diffusion musicale non seulement très controversé mais aussi très fragmenté et hétérogène. YouTube Music a été lancé en novembre dernier, aux Etats-Unis pour l’instant (et parallèlement à Google Play Music), soit cinq mois après la mise en service d’Apple Music qui a remplacé Beats Music (4). Facebook Music pourrait faire son apparition sur le numéro un des réseaux sociaux qui ronge son frein avec un nouvel outil de partage de musiques, baptisé « Music Stories », en lien avec Spotify et Apple.
Selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI (5)), les ventes mondiales de musique numérique ont égalé – pour la première fois en 2014 – les ventes physiques. Le bilan de l’année 2015 devrait marquer le dépassement, une première historique. @

Charles de Laubier

ZOOM

France : 18,7 millions de « streamers », dont seulement 3 millions d’abonnés
Selon Médiamétrie, ils sont en France 18,4 millions d’internautes, de mobinautes, de tablonautes, voire de télénautes, à écouter au moins une fois en un mois de la musique en streaming (flux sans téléchargement préalable), qu’elle soit gratuite ou payante. Autrement dit, plus de 4 personnes sur 10 (42 %) sont des « streamers ».
Parmi eux, 16,7 millions utilisent au moins une plateforme gratuite (YouTube, Dailymotion, Tune In Radio, …), contre 7,5 millions pour les payantes (Sony Music, Napster, Fnac Jukebox, …). Mais 5,6 millions de ces streamers adoptent une consommation mixte partagée entre les deux types de plateformes ou celles qualifiées de freemium (Deezer, Spotify, SoundCloud, …).
Mais selon le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) et sa société de perception des droits SCPP, ils ne sont que 3 millions à être abonnés à une offre de streaming. « L’ordinateur et le téléphone mobile sont les écrans de prédilection pour y accéder et sont plébiscités, avec respectivement 70 % et 50 % des streamers qui les utilisent. Ces deux écrans devancent largement la tablette (20 %) et le téléviseur
(9 %) », indique l’institut de mesure d’audience . @

Médiamétrie précise cependant que « les streamers
gratuits et payants ne privilégient pas les mêmes
écrans : si les streamers gratuits ont des niveaux
d’utilisation des écrans assez similaires à ceux de
l’ensemble des streamers, en revanche, du côté des
payants, le mobile (56 %) passe d’une courte tête
devant l’ordinateur (54 %) ».

Bruno Boutleux, Adami : « Il est temps de légiférer en faveur des artistes et musiciens interprètes »

L’Adami, société de gestion collective des droits des artistes et musiciens interprètes, fête ses 60 ans cette année et vient d’organiser les 15e Rencontres européennes des artistes. A cette occasion, son DG Bruno Boutleux explique à EM@ l’impact du numérique sur la rémunération et les mesures à prendre.

Propos recueillis par Charles de Laubier

Edition Multimédi@ : Vous dénoncez le partage
« inéquitable » de la valeur dans la musique en ligne, notamment pour le streaming. Que gagne un musicien lorsque sa musique passe sur Spotify, Deezer ou Qobuz ? Perçoit-il plus en téléchargement avec iTunes ? Bruno Boutleux : Un transfert de valeur de l’amont vers l’aval
au profit des géants du numérique s’est opéré depuis plusieurs années, remettant en question le partage de la valeur entre les différents acteurs. Pour un titre téléchargé sur iTunes, l’artiste ne touche que 0,04 euros sur 1,29 euros. Pour le streaming, la répartition est d’environ 90 % pour le producteur et 10 % pour l’artiste. Alors qu’elle est de 50-50 sur les diffusions radio. Au final, pour un abonnement streaming payé près de 9,99 euros par l’utilisateur, les artistes ne perçoivent que 0,46 euro à partager entre tous ceux écoutés sur un mois.

EM@ : Depuis le rapport « Phéline » de décembre 2013 sur la musique en ligne
et le partage de la valeur, espérez-vous toujours une juste rémunération des artistes-interprètes déjà évoquée par les rapports Zelnik, Hoog, et Lescure ? Etes-vous satisfait du projet de loi « Liberté de création » (1) à ce sujet ?
B. B. :
Le Premier ministre a annoncé que le projet de loi « Liberté de création » sera débattu au début de l’automne. Nous y croyons fermement. Le rapport Phéline, dit
d’« objectivation », a validé l’analyse et les propositions de l’Adami. Le partage inéquitable de la valeur est désormais irréfutable. Par conséquent, ce rapport donne une obligation. Après cinq rapports successifs, il est temps de légiférer. De plus,
ce sujet est devenu mondial : les artistes se mobilisent à travers tous les pays (2).
Le projet de loi « Liberté de création » n’est pas satisfaisant, nous l’avons dit, néanmoins nous avons face à nous un ministère [de la Culture et de la Communication, ndrl] à l’écoute et ouvert aux différentes propositions.

EM@ : Depuis 2009, une « contribution compensatoire » prélevée sur les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) est proposée par la Sacem et l’Adami. L’Adami était candidat pour en être le gestionnaire. Qu’en est-il aujourd’hui ?
B. B. :
C’est une proposition qui date du rapport Zelnik (3) que nous n’avons pas renouvelée depuis car elle n’a été retenue nulle part. Pour autant, le transfert de la valeur de la création vers les géants du Net reste un problème non résolu. Nous planchons dessus avec d’autres pour trouver des solutions, et c’est certainement vers les moteurs de recherche, les liens hypertextes ou le statut d’hébergeur qu’il faudra se tourner.

EM@ : Le 9 mars, l’Adami a cosigné avec une vingtaine d’organisations (Snep/SCPP, Sacem/SDRM, SPPF/UPFI, …) une mise en garde contre le pré-rapport de l’eurodéputée Julia Reda sur la réforme du droit d’auteur à l’ère
du numérique (http://lc.cx/DAPI) : quels points contestez-vous ?
B. B. :
Contrairement à ce que suggère le projet de rapport, le droit d’auteur et les droits voisins ne sont pas un obstacle à la création, mais un réel encouragement à l’innovation et à la croissance.
Les œuvres créent de la valeur dès lors qu’elles sont produites et échangées ; elles sont le noyau d’un système économique qui pèse en Europe 536 milliards d’euros et 7,1 millions d’emplois.
Selon quelle logique rationnelle devrait-on démonter ce qui marche aujourd’hui ?
La ligne de défiance adoptée par Mme Reda sert uniquement les intérêts des acteurs digitaux extra-européens. Les artistes ne peuvent pas admettre que la valeur de leur travail ne profite qu’à certaines catégories d’intermédiaires, lesquels refusent toute rémunération en contrepartie. Ce rapport est hors-sujet puisqu’il ne traite pas de la problématique centrale du bouleversement numérique : le transfert de valeur de la création vers les grands groupes du Net et l’absence d’une juste et équitable rémunération pour les artistes. @

FOCUS

Le Prix Deezer Adami a cinq ans
Depuis 2010, l’Adami et la plateforme de musique en ligne Deezer soutiennent et accompagnent de jeunes artistes talentueux de la scène française, tous styles confondus, comme ce fut le cas pour les groupes « Fakear », « Deluxe » ou encore
« Music Is Not Fun ». Le Prix Deezer Adami se veut un tremplin pour une nouvelle génération d’artistes. Cette année, les trois lauréats de la 6e édition seront dévoilés
le 15 avril prochain. Dix groupes ont été sélectionnés parmi les 1.500 candidatures.
En plus du Prix des pros et du Prix des VIP, un Prix du public sera décerné par les internautes qui ont pu voter en ligne sur le site prixdeezeradami.com. Les trois gagnants gagneront chacun : 10.000 euros d’aide de l’Adami ; une session enregistrée dans les locaux de Deezer ; un concert au Casino de Paris le 1er juin prochain. @

ZOOM

L’Adami trouve l’Europe trop « bienveillante à l’égard des géants du Net »
l’occasion du Conseil des ministres franco-allemand qui s’est tenu à Berlin le 31 mars dernier, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, a signé avec Heiko Maas, ministre de la Justice et de la Protection des consommateurs de la République d’Allemagne, en charge des questions de propriété intellectuelle, une déclaration conjointe pour la défense droit d’auteur.
Et ce, au moment où la Commission européenne veut « casser les silos nationaux
dans le droit d’auteur », dont le blocage géographique liés à la territorialité des droits (lire p. 8 et 9), pour tenir compte de l’ère numérique. Dans le même temps, le projet de rapport de l’eurodéputée Julia Reda est contesté par les industries culturelles. « Alors que l’approche de la Commission européenne se faisait jusqu’à présent sous l’unique prisme des grands groupes extra-européens du numérique, cette déclaration vient rappeler des principes essentiels », s’est félicitée l’Adami, présidée par l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau, qui trouve l’Europe trop « bienveillante à l’égard des géants du Net ». Il retient également « l’hommage rendu à la copie privée : ‘’modèle intelligent’’». La déclaration commune n’occulte pas la nécessaire adaptation du droit d’auteur au numérique : « Personne ne le conteste », assure l’Adami. @