La « bulle Snap » du fantôme sera-t-elle éphémère ?

En fait. Le 3 février, la société californienne Snap – éditrice du réseau social
sur mobile de messages et vidéos éphémères Snapchat – a déposé son projet d’introduction prévue en mars à la Bourse de New York (Nyse mais pas Nasdaq). Mais les nouveaux actionnaires n’auront aucun droit de vote ! Doutes et dépendances.

En clair. Les nouveaux investisseurs qui deviendront actionnaires de Snap lors de l’introduction en Bourse prévue en mars n’auront pas leur mot à dire. Cette situation serait sans précédent pour une IPO (1) à Wall Street. En effet, les deux cofondateurs
– Evan Spiegel, le CEO, et Robert Murphy, le CTO – ne seront pas « dilués » dans le capital de Snap et conserveront ainsi le contrôle de leur groupe grâce à des actions spéciales leur assurant dix droits de vote pour chaque action détenue. Les nouveaux actionnaires apprécieront, eux qui n’auront pas droit au chapitre. « En conséquence,
M. Spiegel et M. Murphy, et potentiellement l’un d’entre eux seul, ont la capacité de contrôler le résultat de toutes les résolutions soumises à nos actionnaires pour approbation, y compris l’élection, le déplacement et le remplacement de directeurs
et n’importe quelle fusion, consolidation, ainsi que la vente de tout ou partie de nos actifs », prévient le prospectus remis le 3 février à la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain. Et ce, même si la société Snap devait cesser de travailler avec ces deux cofondateurs ! Cette concentration des pouvoirs entre les mains des deux cofondateurs est abordée dans les facteurs de risque (décisions et investissements tardifs possibles, prise de risque mettant en péril Snap, etc.). Mais cette mainmise sur le contrôle total des décisions pourrait éloigner certains investisseurs. La valorisation de Snap, qui affiche en 2016 une lourde perte nette de 514,6 millions de dollars (372,9 millions en 2015) pour un chiffre d’affaires
de seulement 404,4 millions de dollars (contre 58,6 millions en 2015), est estimée par des analystes entre 20 et 25 milliards de dollars.
Malgré cette « bulle Snap », certains s’attendent tout de même à ce que cette introduction en Bourse soit l’une des plus importantes à Wall Street depuis celle d’Alibaba en 2014. Mais Snapchat est entièrement dépendant des revenus de la publicité mobile, laquelle correspond à un marché mondial susceptible d’évoluer de
66 milliards de dollars en 2016 à 196 milliards en 2020 (source IDC). Le succès du réseau social « éphémère », revendiquant 158 millions d’utilisateurs quotidiens (2), dépend aussi très largement de la jeune génération des Millennials (18-24 ans) qui passent moins de temps à regarder la télévision au profit de leur smartphone. @

Alain Rocca, président d’UniversCiné, lève 100 millions d’euros pour créer un réseau de SVOD paneuropéen

Producteur de films (Lazennec & Associés), président d’UniversCiné, et trésorier de l’Académie des César, Alain Rocca est en passe de réussir son pari : trouver 100 millions d’euros pour financer le déploiement d’un réseau paneuropéen de plateformes de vidéo à la demande et par abonnement (SVOD). Il s’intéresse aussi à Filmo TV.

Vincent Bolloré en a rêvé ; lui va le faire ! « Il faut juste trouver un investissement de 100 millions d’euros pour faire un service de SVOD dédié au cinéma et à la hauteur des attentes des utilisateurs », assure Alain Rocca (photo) à Edition Multimédi@. « Il nous reste une quinzaine de millions à trouver », nous indique-t- il, confiant dans l’aboutissement de sa quête de fonds auprès d’investisseurs et de financiers pour lancer son projet de réseau paneuropéen de plateformes de vidéo à la demande par abonnement.
Fondateur de la société de production de films Lazennec & Associés, cofondateur en 2001 et actuel président de la société Le Meilleur du Cinéma (LMC), maison mère d’UniversCiné, plateforme française de VOD de films d’auteur lancée il y a dix ans maintenant à l’initiative d’une cinquantaine de producteurs et de distributeurs indépendants du cinéma, Alain Rocca a déjà commencé à poser des jalons dans différents pays européens.

Agence européenne des télécoms : une idée déjà vue, à nouveau rejetée par les Etats membres

La Commission européenne est revenue à la charge en proposant de transformer l’actuel forum des régulateurs des télécoms nationaux – l’Orece – en une véritable agence de l’Union européenne. Mais ce projet est vivement combattu par les Etats-membres, comme ce fut déjà le cas par le passé.

Par Katia Duhamel, experte en droit et régulation des TIC, K. Duhamel Consulting

Rappelons que lors des discussions qui ont précédé la révision du « Paquet Télécoms » en 2009, la Commission européenne avait initialement proposé de créer une autorité supranationale permanente des télécoms dotée d’un statut d’agence communautaire. A cette époque, cette Autorité européenne du marché des communications électroniques (AEMCE) aurait eu vocation à remplacer le GRE (Groupe des régulateurs européens) et l’Enisa (Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information), tout en renforçant le pouvoir de veto de la Commission européenne.

Projet de nouveau règlement sur la vie privée et la protection des données : top départ pour le lobbying

La Commission européenne veut que sa nouvelle proposition sur le respect de la vie privée et la protection des données entre en vigueur le 25 mai 2018 « au plus tard », en même temps le règlement général « Protection des données » déjà promulgué le 4 mai 2016. Le débat se le dispute au lobbying

Quel est le lien entre la nouvelle proposition de règlement sur le respect de la vie privée que la Commission européenne a présentée le 10 janvier 2017 et le règlement général sur la protection des données adopté le 27 avril 2016 ? La première vient compléter le second (1), tout
en garantissant le droit fondamental au respect de la vie privée en ce qui concerne les services en ligne.

Pourquoi le livre audio a encore du mal à se faire entendre (sinon écouter) en France

Le succès des livres audio tarde sur l’Hexagone, alors que dans d’autres pays comme aux Etats-Unis les « lecteurs » les ont adoptés. Les jeunes Français s’y mettent, le plus souvent sur leur smartphone. La génération Millénium pourraient convaincre leurs aînés et bousculer les maisons d’édition.

Il y a la notoriété et il y a l’usage. Si les livres audio sont connus en France par presque tous les jeunes – 93 % d’entre eux en ont entendu parler –, ils ne sont encore que 21 % a en avoir déjà écoutés. Pour ces derniers, ils écoutent encore essentiellement des livres audio sur CD (80 % ont écouté sur ce support). Tandis que 28 % d’entre eux ont déjà écouté un livre audio dématérialisé, à savoir sur la forme d’un fichier téléchargé, d’une application mobile ou sur un site web de streaming par exemple (voir graphique ci-dessous). Ils sont même 55 % à opter pour le livre audio dématérialisé lorsqu’ils sont au lycée ou ailleurs (post collège).