Edge, le navigateur Internet du gatekeeper Microsoft, n’est pas un point d’accès majeur en Europe

Le Tribunal de l’UE (première instance) confirme, la décision de la Commission européenne (prise en 2024) de ne pas désigner Microsoft comme étant un contrôleur d’accès pour Edge, son navigateur Internet. Il rejette donc le recours de Opera Norway, éditeur du navigateur Opera.

Non, c’est non. Du moins est-ce le jugement en première instance – susceptible de recours en appel – prononcé le 2 septembre 2026 le Tribunal de l’Union européenne (UE) à l’encontre de Opera Norway, l’éditeur du navigateur Opera, qui contestait devant lui – au Luxembourg – la décision de la Commission européenne du 12 février 2024 de ne pas désigner Microsoft comme « contrôleur d’accès » (gatekeeper) pour son navigateur Edge. Autrement dit, Edge ne constitue pas un « point d’accès majeur » au sens du règlement sur les marchés numériques (DMA).

Edge, mais aussi Bing et MS Advertising
Opera Norway, principale filiale norvégienne de la société Opera Limited – basée à Oslo et cotée au Nasdaq (1) –, ne semble pas vouloir faire appel devant la CJUE, apportant à Edition Multimédi@, par la voix de Michael Tegos, son responsable marketing produit, la déclaration suivante : « Le Tribunal a confirmé cette décision, maintenant ainsi le statu quo, et nous n’anticipons aucun impact sur nos activités. Il appartient désormais à la Commission européenne de garder ces enjeux au cœur de ses priorités et de réévaluer la situation lorsque cela s’avère approprié et en se basant sur la réalité des faits ».
L’affaire débute le 3 juillet 2023 lorsque le groupe Microsoft a adressé une notification à la Commission européenne pour l’informer qu’il atteignait les seuils fixés par le Digital Markets Act (2) en ce qui concernait, notamment, la catégorie « service de plateforme essentiel » dite SPE dans le jargon bruxellois, ou CPS (Core Platform Services). La firme de Redmond, dirigée par Satya Nadella (photo), a ainsi soumis quatre (suite)

Maurice Lévy va transformer le statut de Solocal en « société européenne » pour rebondir dans l’UE

Lors de l’assemblée générale de ses actionnaires qui se tient le 5 juin 2025, Solocal (ex-PagesJaunes) va faire approuver son projet de transformation en « société européenne ». Ce statut devrait permettre à Maurice Lévy qui en est PDG d’aller chercher des relais de croissance dans les Vingt-sept, face aux Gafam.

Le président d’honneur du groupe publicitaire Publicis, Maurice Lévy (photo), est depuis dix mois maintenant PDG de Solocal (ex-PagesJaunes) et actionnaire majoritaire via sa holding luxembourgeoise Ycor Management (1). Il a cofondé ce family office en 2018 – notamment avec son fils Alain Lévy (vice-président tech et produits de Solocal) – pour investir dans des start-up spécialisées dans l’intelligence artificielle, la blockchain et la science des données (datascience) au service de la communication digitale et du e-commerce.
Depuis le 31 juillet 2024, Ycor contrôle Solocal à hauteur de 64 % du capital à la suite de la restructuration financière – réduction de dette comprise – de la plateforme de marketing digital local, tandis que Maurice Lévy en est à la tête. Solocal, qui édite toujours les PagesJaunes mais de façon entièrement numérique, se veut le pendant local des Gafam qui sont ses partenaires. Son métier est de conseiller quelque 237.000 entreprises clientes revendiquées (2), présentes partout en France (professionnels, TPE et PME), et de les connecter à leurs clients grâce à des services digitaux : présence relationnelle sur Pagesjaunes.fr, application mobile, sites web, e-commerce, publicité en ligne, … Présentés en février dernier, les résultats financiers 2024 du groupe vont être soumis à l’approbation des actionnaires lors de l’assemblée générale du 5 juin 2025 : 334,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, en baisse de 7 % sur un an, pour un bénéfice net de 119,9 millions d’euros – contre 45,9 millions de pertes nettes l’année précédente.

L’ex-PagesJaunes veut devenir champion européen
Aux salariés, passés de 4.500 en 2010 à 2.567 aujourd’hui, la direction leur promet de l’intéressement contre une renégociation de leurs conditions de travail. Ce « pacte d’engagement » a été présenté les 14 et 19 mai aux syndicats, d’après FO qui refuse de signer (3). C’est au cours de cette assemblée générale du 5 juin que Maurice Lévy va proposer, aux actionnaires de la société cotée à la Bourse de Paris depuis plus de 20 ans, de transformer le statut de Solocal en « société européenne ». Ainsi la société anonyme (SA) française deviendrait une société de droit européen (SE, pour societas europaea, selon la désignation latine qu’a donnée l’Union européenne en introduisant ce statut en 2004). « Cette transformation […] en société européenne permettrait au groupe Solocal, à la suite de la réalisation de sa restructuration financière en 2024 [la dette n’étant plus que de 80,6 millions d’euros au 31 décembre 2024, ndlr], d’ouvrir une (suite)