En plus de 30 ans d’Internet, l’échec de l’Europe

En fait. A septembre 2026, l’Union européenne n’a toujours pas réussi à créer un champion européen du numérique pour rivaliser avec les Gafam, Nvidia et autres OpenAI, ou même avec les géants asiatiques. Alors que le Commission européenne prépare sa prochaine période de programmation 2028-2034.

En clair. Alors que la Commission européenne planche sur son prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034, l’absence de « Gafam » européens depuis plus de trois décennies d’Internet se fait de plus en plus criante. La déferlante de l’intelligence artificielle accroît cette dépendance de l’Europe aux plateformes américaines et asiatiques. Dans une étude commanditée par la DG Cnect (1) à la société britannique Technolopolis, et publiée au début de l’été 2026 sur le « déploiement des capacités numériques critiques de l’UE au-delà de 2027 » (2), l’incapacité de l’Europe à faire émerger et conserver des champions du numérique est pointée à travers l’analyse des lacunes stratégiques de déploiement et de passage à l’échelle (scale-up). Si l’UE est plutôt performante pour créer des start-up technologiques avancées, au nombre de 20.000 en 2025 d’après ce rapport, une fraction infime d’entre elles (suite)

Ventes sans frais : eBay veut plus de particuliers

En fait. Depuis le 1er septembre, la plateforme américaine de commerce en ligne eBay ne fait plus payer les frais de vente aux particuliers résidant dans l’Espace économique européen (EEE) dont l’UE (comme c’est le cas en Allemagne depuis 2023). Elle s’aligne ainsi sur ses concurrents Leboncoin ou Vinted.

En clair. eBay, qui revendique environ « 136 millions d’acheteurs dans 190 pays », veut s’ouvrir encore plus au grand public. La plateforme américaine de e-commerce, fondée en Californie il a plus de 30 ans sous le nom de AuctionWeb par le Français Pierre Omidyar d’origine iranienne (1), entend y parvenir à travers deux leviers : « zéro frais, zéro effort ».
D’une part, eBay a supprimé depuis le 1er septembre 2026 les frais de vente (jusqu’alors de 10 % du montant total de la vente) pour les vendeurs particuliers résidant dans l’Espace économique européen (EEE), à savoir dans les Vingt-sept, en Islande, en Norvège et au Liechtenstein (2). Et ce, dans la limite de 150 annonces par mois. L’Allemagne (UE) a déjà supprimé ces frais depuis mars 2023 et le Royaume-Uni (hors UE et EEE) depuis octobre 2024.
D’autre part, eBay a (suite)

Les services de renseignement espionnent nos data

En fait. Au 24 juillet, il n’existe pas de projet de loi ou de résolution dédié à l’encadrement de l’AdInt (Advertising Intelligence), ni en France ni au niveau de la Commission européenne ou du Parlement européen. Cette fouille des data publicitaires par les services de renseignement des Etats inquiète.

En clair. « Malgré l’attention croissante des médias pour le renseignement basé sur la publicité (AdInt), les parlements européens commencent tout juste à se saisir des implications de ce mode de production du renseignement. Des questions cruciales se posent : les cadres juridiques nationaux encadrent-ils de manière adéquate l’acquisition et l’utilisation de données provenant de sources commerciales, et les organes de contrôle sont-ils suffisamment armés pour en garantir la responsabilité ? », alerte Interface (ex-SNV (1)), une organisation indépendante spécialisée dans les technologies de l’information et les politiques publiques, basée à Berlin (Allemagne).
Dans son étude publiée le 16 juin 2026 et intitulée « Données achetées, droits ignorés : l’utilisation par les services de renseignement européens de données d’origine commerciale », Interface démontre comment les services de renseignement de onze démocraties qu’elle a interrogés se servent des masses de données collectées par la publicité en ligne auprès des utilisateurs. Les « DGSE » (renseignement extérieur) ou les « DGSI » (renseignement intérieur) de ces pays-là peuvent (suite)

Protocole IPv6 : France en tête et prête pour la 6G

En fait. Le 16 juillet, l’Arcep a publié son 9e Baromètre annuel de la transition IPv6 en France. Ce protocole dispose d’une quasi-infinité d’adresses Internet par rapport à IPv4 saturé depuis 2019. La France est passée en tête des pays avec un taux d’abonnés IPv6 de 75,6 %, et elle est prête pour… la 6G.

En clair. Quel est le rapport entre l’IPv6 et la 6G ? Au-delà du chiffre « 6 » qu’ils ont en commun, le protocole Internet nouvelle génération et la sixième génération de mobile sont voués à un bel avenir ensemble. L’IPv6 est considéré comme un pilier essentiel pour le déploiement et le plein potentiel de la 6G, laquelle devrait être commercialisée avant la fin de cette décennie, d’après les travaux de l’organisme international de normalisation mobile 3GPP. L’approbation initiale de sa « release 21 » (1) – axée sur la 6G – doit intervenir mars 2027.
La sixième génération de mobile se positionne aussi comme la technologie sans fil à l’ère de l’IA. Fin juin 2026, le vice-président de Qualcomm, John Smee, a affirmé au Mobile World Congress de Shanghai que « la 6G fusionnera les mondes numérique et physique avec une IA contextuelle partout ». Le fabricant américain et numéro un mondial des puces pour smartphone haut de gamme table sur des puces 6G « en précommercialisation dès 2028, avec le (suite)

IA : la « tension » monte entre l’Arcep et la CRE

En fait. Le 2 juillet, lors des 20es Assises du très haut débit organisées par l’agence Aromates sur le thème des « infrastructures du numérique sous haute tension », deux régulatrices – Laure de La Raudière (Arcep) et Emmanuelle Wargon (CRE) – ont croisé leurs regards sur les enjeux de résilience des réseaux.

En clair. Pour la première fois se faisaient face, pour les 20es Assises du très haut débit et des infrastructures du numérique, le 2 juillet 2026 à la Maison de la Chimie à Paris : l’Arcep (1) pour les réseaux télécoms et la CRE (2) pour les réseaux électriques. Leurs présidentes respectives – Laure de La Raudière et Emmanuelle Wargon – ont échangé sur « leurs » réseaux plus que jamais interdépendants. « Les régulateurs travaillent ensemble, a assuré Emmanuelle Wargon. Les réseaux électriques sont très interdépendants du numérique, dans les deux sens. D’abord, le pilotage des réseaux électriques se fait de plus en plus avec le numérique, afin d’optimiser l’allocation de capacité électrique à un instant T. Ensuite, il y a le pilotage numérique de la consommation électrique du point du vue du consommateur, qui peut décaler ses usages selon les moments de la journée ».
Inversement, le numérique fonctionne à l’électricité. « En cas de panne électrique, rappelle Laure de La Raudière, si vous n’avez pas un petit onduleur chez vous, vous êtes isolé du monde jusqu’au rétablissement. Bien souvent, la raison du retard des opérateurs [télécoms] est liée à la non-disponibilité du raccordement électrique, comme pour les antennes mobiles. De même, pour l’installation des datacenters, c’est un enjeu considérable ». Les dépendances entre électrons et bits s’amplifient avec (suite)