Ce n’est pas la Trump Media & Technology Group (TMTG), société cotée en Bourse, qui a lancé le 16 juin 2025 la marque Trump Mobile assortie de son smartphone T1, ni même The Trump Organization. En fait, c’est la filiale DTTM Operations, gestionnaire de la marque « Trump », qui a octroyé une licence à T1 Mobile.
Bien que les deux fils du 47e président des Etats-Unis – Donald Trump Jr. (photo de gauche) et Eric Trump (photo de droite) – ont annoncé, de la Trump Tower à New York le 16 juin, le lancement de Trump Mobile et du smartphone T1, ce n’est ni The Trump Organization ni Trump Media & Technology Group (TMTG) qui opère cette nouvelle activité d’opérateur mobile. Il ne s’agit que d’un « accord de licence limité » de la marque « Trump » signé par la Donald Trump Trademark Management (DTTM Operations), filiale de la Trump Organization, avec la société T1 Mobile, créée début mai et enregistrée en Floride.
FCC, FTC, SEC, … au service du « Trump business » ?
« Trump Mobile, ses produits et services ne sont pas conçus, développés, fabriqués, distribués ou vendus par la Trump Organization ou l’une de leurs sociétés affiliées ou dirigeants respectifs. T1 Mobile LLC utilise le nom et la marque de commerce “Trump” conformément aux termes d’un contrat de licence limité qui peut être résilié ou révoqué selon ses termes », prévient le site web Trumpmobile.com, édité par la société T1 Mobile, tout en précisant : « Trump Mobile ne possède, n’exploite ou ne contrôle pas ces services et n’est pas responsable de leur disponibilité, de leurs performances ou de leurs conditions d’utilisation». Seule la société DTTM Operations, qui gère les marques déposées associées à Donald Trump – dont les marques « Trump Mobile » et « T1 » déposées le 12 juin dernier (1) auprès de l’Office des brevets et des marques des Etats-Unis (USPTO) –, a un lien contractuel avec la société tierce T1 Mobile. Enregistrée en (suite) Floride, son capital n’ayant pas été divulgué, celle-ci a signé un accord avec l’opérateur mobile virtuel Liberty Mobile Wireless, un MVNO (2) qui utilise, lui, le réseau de l’opérateur télécom T-Mobile US. Coté en Bourse et contrôlé par Deutsche Telekom qui détient 51,5 % du capital (aux côtés des 7,5 % de Softbank), T-Mobile US est le troisième opérateur du pays derrière Verizon et AT&T.
Il n’y a actuellement aucune information rendue publique sur les actionnaires de la société T1 Mobile, mais l’on sait qu’elle est basée à Palm Beach Gardens, soit à une vingtaine de kilomètres de… Mar-a-Lago, la propriété du président des Etats-Unis Donald Trump, elle aussi située à Palm Beach, la ville huppée de Floride prisée des milliardaires. On sait aussi que le gérant de T1 Mobile est un certain Stuart Kaplan, un ancien agent du FBI et surtout un avocat cofondateur du cabinet Kaplan & Sconzo (3), qui a souvent commenté les affaires judiciaires impliquant Donald Trump (4). Quant à Matt Lopatin, il est un homme d’affaires de Floride où il a créé en 2018 – à Sunny Isles Beach – Liberty Mobile Wireless, dont il est le PDG. Avant de créer ce MVNO, il s’était spécialisé dans les recharge et cartes SIM prépayées pour mobiles. Des faisceaux de présomptions permettent donc de supposer un lien direct entre Donald Trump et T1 Mobile qui exploite les marques « Trump Mobile » et « T1 », bien qu’officiellement il n’y en ait aucun avec le 47e président des Etats-Unis, ni de lien direct avec le conglomérat familial The Trump Organization ni avec le groupe de média TMTG. Ce ne serait qu’une question de licence de marques accordée par DTTM Operations. Cela n’a pas empêché les deux fils du chef de l’Etat américain – Donald Trump Jr. et Eric Trump, codirigeants de la Trump Organization – de payer de leur personne pour lancer T1 de la Trump Tower. Après l’immobilier, les luxueux hôtels, les terrains de golf, les médias (réseau social Truth Social compris), les cryptomonnaies ou encore la Bible, la dynastie Trump ajoute le mobile à sa galaxie. DTTM Operation a en outre déposé la marque « Trump » fin février (5) pour les mondes virtuels et biens numériques – incluant métavers, NFT et blockchain.
Mais selon le New York Times (6), la nouvelle activité Trump Mobile pose une nouvelle fois la question du risque de conflits d’intérêts avec Donald Trump lui-même, puisque le 47eprésident des Etats-Unis « régule » le secteur des télécoms, jusqu’au fréquences hertziennes. A cela s’ajoute le fait Brendan Carr est un proche et fidèle de Donald Trump, qui l’a nommé en janvier 2025 à la tête de l’autorité de régulation des télécoms et de la radiodiffusion, la FCC (7). En outre, le locataire de la Maison-Blanche a aussi nommé en début d’année un partisan, Andrew Ferguson, à la présidence de la FTC (8), régulateur notamment des réseaux sociaux. Entre les activités télécoms de la Trump Organization et celles de TMTG dans les médias et les réseaux sociaux, Donald Trump au pouvoir semble « juge et partie ».
Truth Social, Truth+, Truth+ TV, ETF bitcoin et ethereum, …
Depuis son premier mandat, une rumeur court toujours sur un projet de télévision « Trump TV ». Entre temps, TMTG veut transformer le réseau social Truth Social – lancé en 2021 par Donald Trump (9) – en média audiovisuel, notamment avec la plateforme de streaming de contenus Truth+ annoncée en août 2024 (chaînes et VOD), complétée par l’application Truth+ TV qui permet d’y accéder de n’importe quel terminal. Par ailleurs, TMTG s’apprête à lancer des ETF, sur le bitcoin et l’ethereum (10), une fois que la SEC – dont le président Paul Atkins a lui aussi été nommé en avril par… Donald Trump – lui donnera son approbation. @
Charles de Laubier
Jean-Baptiste Gourdin (photo) a pris le 10 février 2025 ses fonctions de président du Centre national de la musique (CNM), après y avoir été nommé par décret du président de la République, Emmanuel Macron (
Ce n’est pas gagné. La méga-acquisition d’Activision Blizzard annoncée le 18 janvier dernier par Microsoft pour 68,7 milliards de dollars pourrait ne pas aboutir en 2023. Car les obstacles s’accumulent, tant devant la justice que devant les autorités boursière et antitrust. Issu il y a quinze ans de la fusion entre Activision et Vivendi Games, l’éditeur de « Call of Duty » espère que la fusion devrait aboutir « au cours de l’exercice financier de Microsoft se terminant le 30 juin 2023 ».
Conflits d’intérêts et risques antitrust
Depuis la précédente cession d’Activision en 2013 par Vivendi et son introduction en Bourse, il y aura dix ans l’an prochain si la vente à Microsoft arrive à son terme, Robert Kotick alias Bobby (photo de gauche) et Brian Kelly (photo de droite) ont conservé ensemble une participation de près de 25 % du groupe. Le premier est encore directeur général d’Activision Blizzard, tandis que le second en est encore le président du conseil d’administration. C’est justement au sujet des administrateurs que des actionnaires – une demi-douzaine, selon le site Polygon.com (