Le centre de gravité du Monde bascule dans le numérique : 53 % du chiffre d’affaires en 2025

Le Monde s’organise plus que jamais autour du numérique, qui, pour la première fois, a généré en 2025 plus de la moitié (53 %) du chiffre d’affaires du quotidien (47 % pour le papier). Sur Médias Pionniers, Louis Dreyfus a détaillé sa stratégie de conquête d’une « nouvelle génération » de lecteurs.

Louis Dreyfus (photo), le président du directoire du groupe Le Monde, l’a précisé le 20 mai 2026 à Edition Multimédi@, peu avant de présenter en interne les résultats financiers du journal : le numérique a généré, et pour la première fois, 53 % du chiffre d’affaires du quotidien Le Monde en 2025, contre 47 % pour son édition papier. Le chiffre d’affaires réalisé par le quotidien en 2025 s’élève à 190 millions d’euros, en légère baisse de -0,5 % sur un an. Les comptes 2025 du groupe Le Monde seront publiés – « sauf changement » – dans l’édition datée du 5 juin 2026 [finalement parus dans l’édition datée du 11 juin].

Objectif : 1 million d’abonnés d’ici 2031
En nombre d’abonnements, l’écart entre le numérique et le papier se creuse : à fin 2025, Le Monde comptait au total 670.000 abonnés, dont 600.000 sur le numérique (620.000 à fin avril) – le double par rapport à 2020 (1) – et 70.000 sur le « print » (l’édition imprimée), soit une augmentation globale de 4 % en un an. Louis Dreyfus s’est fixé comme objectif d’atteindre la barre des 1 million d’abonnés – digital et print confondus – d’ici la fin de son mandat, lequel a été renouvelé en juin 2025 pour six ans – jusqu’en juin 2031. « J’espère que Le Monde atteindra l’objectif de 1 million d’abonnés au cours de ce mandat. Nous faisons tout pour ! », nous a-t-il précisé.
Lors d’un long entretien accordé le 12 mai sur Médias Pionniers – un des rendez-vous organisés en mai et juin par la société de conseils Upgrade Media et diffusés sur LinkedIn (2) –, le patron du groupe Le Monde a indiqué que les revenus des abonnements numériques du quotidien Le Monde atteignaient plus de Continuer la lecture

IA, affaire Bolloré, Canal+ et audiovisuel public : à l’agenda de la ministre de la Culture Catherine Pégard

Successeure de Rachida Dati rue de Valois depuis un peu plus de trois mois, Catherine Pégard est méconnue des Français mais pas du microcosme politico-médiatique. La (nouvelle) ministre de la Culture doit affronter les défis posés par l’IA dans la création, mais aussi composer avec l’affaire Bolloré et l’audiovisuel public.

Jusqu’alors plutôt discrète dans le gouvernement « Lecornu II », où elle a été nommée ministre de la Culture le 26 février 2026, Catherine Pégard (photo) a été au cours du mois de mai sous les feux des projecteurs – pas seulement ceux du Festival de Cannes, mais aussi à l’Assemblée nationale où elle a été auditionnée par la commission des affaires culturelles et de l’éducation.
Ancienne journaliste durant 30 ans (1977-2007, dont 25 ans au Point), avant de basculer subitement en politique à l’appel de Nicolas Sarkozy qui l’avait nommée « conseillère politique du président » dès le début de son quinquennat en 2007 puis à la fin de ce même mandat présidente du Château de Versailles, elle est à l’aise dans ce monde politico-médiatique. Elle en connaît parfaitement le fonctionnement et le carnet d’adresses. On l’a même vue sur une photo de mars 2013 dans la Galerie des Glaces avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein au réseau tentaculaire révélé après sa mort (« Je n’ai aucun souvenir de ce moment » ou « Je ne savais absolument pas qui il était », s’est-elle défendue). La Cour des comptes avait vertement critiqué son maintien – par Emmanuel Macron – à la tête du Château de Versailles « au-delà de la limite d’âge ([après] mars 2021) et au-delà du troisième et dernier mandat autorisé ([après] octobre 2022) ». Elle fut finalement remplacée en mars 2024.

De Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron
L’année suivante, en septembre 2025, Catherine Pégard (71 ans) rebondit en retournant à l’Elysée pour être, cette fois, « conseillère culture du président », en l’occurrence d’Emmanuel Macron. Et c’est ce même locataire de l’Elysée qui, six mois après, la fera entrer dans le gouvernement « Lecornu II » comme ministre de la Culture – après un SMS que le chef de l’Etat lui avait envoyé du fort de Brégançon – une résidence présidentielle. « Maintenant, comme ministre elle s’impose vite, car elle est présente partout, travaille et ne la ramène jamais », a confié le 17 mai dernier le président de la République à La Tribune Dimanche (1). On dit de Catherine Pégard qu’elle a « le goût du secret ». Mais avec son maroquin culturel, l’ex-journaliste et ex-conseillère à présidents est sous les feux de la rampe et doit désormais rendre des comptes au monde de la création. D’autant que les industries culturelles sont sur le qui-vive avec (suite)

SpaceX en Bourse le 12 juin : X et Grok déchiffrés

En fait. Le 20 mai, Space Exploration Technologies Corp – SpaceX étant la marque et SPCX le symbole – a déposé son prospectus d’introduction en Bourse prévue le 12 juin (fixation du prix de l’action le 11). Pour la première fois, la firme d’Elon Musk dévoile ses chiffres, dont ceux de X et Grok dans « AI segment ».

En clair. Depuis le rachat de Twitter en octobre 2022 par Elon Musk pour 44 milliards de dollars, la société – devenue X Corp – n’est plus cotée en Bourse et évolue dans l’opacité la plus totale. Ses comptes ne sont plus publiés depuis quatre ans et sa dévalorisation – estimée entre -60 % et -80 % selon les analystes – n’a jamais été confirmée. Seule une dépréciation de 3,77 milliards de dollars a été enregistrée en 2023. En mars 2025, la société xAI, laboratoire d’IA fondé par le multi-entrepreneur et milliardaire Elon Musk, a acquis X Holdings (maison mère de X Corp). « Cette combinaison valorise xAI à 80 milliards de dollars et X à 33 milliards de dollars (45 milliards moins 12 milliards de dettes) », avait-il alors indiqué… sur X (1). En février 2026, la société xAI devient une filiale de SpaceX.
Quant au réseau social X, il (suite)

La propriété des derniers mètres de fibre clarifiée

En fait. Le 21 mai, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur la loi de « simplification de la vie économique » qui lui avait été soumise en avril. Si elle a été partiellement censurée, son article 41 – qui clarifie la propriété des derniers mètres de fibre optique – a, lui, a été validé. Au grand dam d’Orange.

En clair. Qui est propriétaire des derniers mètres de fibre optique jusqu’à l’abonné ? A l’opérateur télécoms ou au titulaire du raccordement FTTH qui, dans des millions de cas, peut être un particulier ? Le Conseil constitutionnel a validé l’article 41 de la loi de simplification de la vie économique, qui renvoie cette propriété aux opérateurs de réseaux. Concerné au premier chef, Orange a tenté – dans un avis daté du 21 avril 2026 et consulté par Edition Multimédi@ – de convaincre les sages du Palais-Royal de l’« inconstitutionnalité » de cet article 41, tout en le considérant comme « un cavalier législatif », ou comme des atteintes au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre. En vain.
Par sa décision rendue le 21 mai dernier (1), l’autorité constitutionnelle n’a pas retenu l’argumentation de la direction juridique d’Orange développée par le professeur de droit public Guillaume Drago (2). L’article 41 (ex-17 ter) de la loi de simplification de la vie économique est donc validé tel qu’il a été adopté en commission mixte paritaire (CMP) et voté définitivement par l’Assemblée national le 15 avril 2026. L’Association des villes et collectivités multimédias (Avicca), présidée par (suite)

Lancement de TF1 sur Netflix fin juin 2026 : le marché français de la télé en streaming explose

Sur le marché des plateformes de streaming des chaînes de télévision gratuites, désignées aussi Broadcaster Video on Demand (BVOD), la plus regardée d’entre elles – TF1+ (devant France.tv et M6+) – va passer à la vitesse supérieure en étant diffusée en plus par Netflix « à compter de fin juin 2026 ».

« A compter de fin juin 2026, nos chaînes linéaires ainsi que TF1+ seront disponibles – c’est une première mondiale – sur Netflix. Ce qui nous permettra d’atteindre les abonnés Netflix et de leur exposer nos contenus, plus facilement et plus largement qu’ils ne le sont aujourd’hui. La base d’abonnés de Netflix est significative, puisqu’on l’estime supérieure à 12 millions de foyers en France – sur les 30 millions que compte notre pays », s’est enthousiasmé Rodolphe Belmer (photo), PDG du groupe TF1, lors de la dernière assemblée générale du groupe TF1, qui s’est tenue le 16 avril 2026.

Pub sur Netflix et micropaiement sur TF1+
Après l’accord de distribution en juillet 2025 entre France Télévisions et Amazon Prime Video, lequel diffuse depuis France 2, France 3, France 4, France 5, Franceinfo et le catalogue de France.tv, suivi par l’accord en janvier 2026 entre le groupe M6 (M6, W9, 6ter, Gulli et M6+) et Amazon Prime Video également, le groupe TF1 est fin prêt pour se lancer d’ici fin juin. Le géant Netflix va diffuser les chaînes du groupe TF1 (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI) et les contenus à la demande de TF1+. « Dès l’été 2026, notre partenariat de distribution inédit avec Netflix permettra de toucher de nouveaux publics et d’élargir notre pénétration d’un marché de plus en plus fragmenté, explique l’entreprise cotée dans son document d’enregistrement universel 2025 publié le 13 mars dernier. Tous les abonnés de Netflix en France pourront regarder les chaînes du groupe TF1 et les contenus à la demande de TF1+, directement sur Netflix (1). Cette alliance sans précédent permettra au groupe d’augmenter sa couverture en touchant des audiences complémentaires à sa plateforme TF1+ et d’ouvrir de nouveaux horizons publicitaires ».
Les abonnés de Netflix pourront (suite)