La superintelligence artificielle (AGI voire ASI), cette super-Arlésienne du début de notre ère IA

« Welcome to the AGI era », a lancé Greg Brockman, président co-fondateur d’OpenAI en annonçant le 3 septembre 2026 le modèle d’IA baptisé Astra. « AGI has arrived », l’a félicité Jensen Huang, PDG de Nvidia qui lui fournit le matériel de calcul (GPU). Mensonges. Car l’AGI n’est pas encore là.

Les deux papes de l’intelligence artificielle, Greg Brockman (photo de gauche), président co-fondateur d’OpenAI, et Jensen Huang (photo de droite), PDG de Nvidia, veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. L’un et l’autre veulent, nous faire croire – à nous les Humains – que la super-IA générale désignée par AGI (Artificial General Intelligence), voire ASI (Artificial Superintelligence), est arrivée. Qui plus est avec le modèle GPT-6 Astra lancé le 3 septembre 2026 par OpenAI, près de quatre ans après avoir défrayé la chronique avec le coup d’envoi de la pionnière des IA génératives, ChatGPT.

Pour OpenAI et Nvidia, l’AGI est déjà là
Lors de la présentation de GPT-6 Astra, Greg Brockman a affirmé que lorsqu’à l’avenir nous regarderons en arrière, nous diront que « l’AGI fut créée à peu près à cette époque, et je pense que cela pourrait concerner ce modèle ». En assurant même : « Pour moi, personnellement, je pense que nous y sommes ». OpenAI qualifie même son dernier modèle en date de « modèle le plus intelligent et aligné au monde ». Et le PDG de du géant Nvidia, numéro un mondial des cartes graphiques (GPU) nécessaires à la puissance de calcul des IA génératives et premier fournisseur d’OpenAI, ne s’est pas privé de porter au pinacle le nouveau modèle de son très gros client, dont il détient en plus environ 3,5 % du capital : « L’AGI est arrivée. Félicitations @OpenAI team », étant entendu que GPT-6 Astra est entraîné sur la plateforme « Grace Blackwell NVLink72 » de Nvidia dotée actuellement de plus de 100.000 GPU et « prochainement » de 400.000 GPU (1).
Pour apporter de l’eau au moulin des deux dirigeants débordant d’enthousiasme, Greg Kamradt, président de la ARC Prize Foundation, une organisation californienne à but non lucratif dédiée à la création de benchmarks pour AGI – ou intelligence artificielle générale (IAG) en français – a (suite)

Edge, le navigateur Internet du gatekeeper Microsoft, n’est pas un point d’accès majeur en Europe

Le Tribunal de l’UE (première instance) confirme, la décision de la Commission européenne (prise en 2024) de ne pas désigner Microsoft comme étant un contrôleur d’accès pour Edge, son navigateur Internet. Il rejette donc le recours de Opera Norway, éditeur du navigateur Opera.

Non, c’est non. Du moins est-ce le jugement en première instance – susceptible de recours en appel – prononcé le 2 septembre 2026 le Tribunal de l’Union européenne (UE) à l’encontre de Opera Norway, l’éditeur du navigateur Opera, qui contestait devant lui – au Luxembourg – la décision de la Commission européenne du 12 février 2024 de ne pas désigner Microsoft comme « contrôleur d’accès » (gatekeeper) pour son navigateur Edge. Autrement dit, Edge ne constitue pas un « point d’accès majeur » au sens du règlement sur les marchés numériques (DMA).

Edge, mais aussi Bing et MS Advertising
Opera Norway, principale filiale norvégienne de la société Opera Limited – basée à Oslo et cotée au Nasdaq (1) –, ne semble pas vouloir faire appel devant la CJUE, apportant à Edition Multimédi@, par la voix de Michael Tegos, son responsable marketing produit, la déclaration suivante : « Le Tribunal a confirmé cette décision, maintenant ainsi le statu quo, et nous n’anticipons aucun impact sur nos activités. Il appartient désormais à la Commission européenne de garder ces enjeux au cœur de ses priorités et de réévaluer la situation lorsque cela s’avère approprié et en se basant sur la réalité des faits ».
L’affaire débute le 3 juillet 2023 lorsque le groupe Microsoft a adressé une notification à la Commission européenne pour l’informer qu’il atteignait les seuils fixés par le Digital Markets Act (2) en ce qui concernait, notamment, la catégorie « service de plateforme essentiel » dite SPE dans le jargon bruxellois, ou CPS (Core Platform Services). La firme de Redmond, dirigée par Satya Nadella (photo), a ainsi soumis quatre (suite)

L’Irlande, hub numérique et fiscal pour les Gafam et de nombreuses Big Tech, préside pour six mois l’UE

Jusqu’au 31 décembre 2026, l’Irlande préside l’Union européenne. Surnommé l’île d’Emeraude, cet Etat membre de 70.273 km2 a sur son sol – surtout à Dublin – les sièges européens de plus d’une quinzaine de grandes entreprises technologiques et numériques mondiales, surtout américaines. Conflits d’intérêts.

« L’Irlande s’offre un mois de revenus supplémentaire [comprenez l’équivalent d’un treizième mois, ndlr] en siphonnant l’assiette fiscale des autres Etats ! », avait pointé le célèbre économiste français Thomas Piketty fin décembre 2023 sur son compte X (1), en commentant un graphique posté par un non moins renommé économiste, franco-américain celui-là, Gabriel Zucman, portant sur les revenus de l’impôt sur les sociétés de l’Irlande par habitant – illustration extraite du rapport « Global Tax Evasion » publié cette année-là par l’Observatoire européen de la fiscalité (EU Tax Observatory), dont ce dernier est le directeur. Et celui-ci ajoutait : « Ça vaut le coup de détourner les profits du monde entier ! » (2).
Thomas Piketty, lui, conclu : « C’est sans doute la preuve la plus flagrante que rien de sérieux n’a été fait pour lutter contre l’évasion fiscale au sein de l’UE depuis 2008 : la situation s’est même, au contraire, détériorée ». L’Irlande, qui a pris le 1er juillet 2026 et pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne, y est largement considérée comme un « paradis fiscal », ou du moins un territoire fiscal très attractif au sein des Vingt-sept. Globalement, l’île d’Emeraude offre un taux d’imposition sur les sociétés de 12,5 %, parmi les plus bas de l’UE. Et encore le taux effectif peut être bien moindre pour les multinationales – Gafam et Big Tech en tête – grâce à des mécanismes d’optimisation fiscale comme le « Double Irish » (avec « Sandwich Hollandais » en option).

L’« Eire » profite à plein du profit shifting
L’Irlande capte ainsi une part disproportionnée des bénéfices européens via le profit shifting, comprenez : la délocalisation artificielle des bénéfices vers des pays où l’imposition est plus faible – au premier rangs desquels l’« Eire » (son nom gaélique), devant le Luxembourg et les Pays-Bas (sans parler de petits paradis fiscaux situés à côté de l’UE comme les îles Jersey, Guernesey et Man). Thomas Piketty, Gabriel Zucman et d’autres économistes relèvent qu’en Irlande les recettes d’impôts sur les sociétés sont très élevées par habitant : environ 4.500 euros par habitant, soit cinq fois plus environ qu’en France ou en Allemagne par exemple. Cette situation fiscale atypique de l’Irlande au sein de l’UE est (suite)

Société civile des auteurs multimédia (Scam), 45 ans : des perceptions 2025 record… sans l’IA

La Scam a collecté en 2025 un montant à nouveau record au titre des droits d’auteur (+ 2,6 %), à près de 128 millions d’euros. Du jamais vu depuis la création en 1981 de cet organisme de gestion collective. Près de 70 % viennent de l’audiovisuel. Le numérique accélère : en attendant les IA génératives.

« La Scam prend à bras-le-corps le tournant majeur qu’est l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) dans nos métiers : dans le secteur audiovisuel notamment, à son initiative, auteurices et producteurices disposent désormais de clauses types sur l’utilisation de l’IA à intégrer dans les contrats », ont assuré la présidente, Anja Unger, et le directeur général, Hervé Rony (photo), de la Société civile des auteurs multimédia (Scam), dans leur éditorial d’introduction du rapport d’activité 2025, lequel a été approuvé le 17 juin par l’assemblée générale de cette organisation de gestion collective (OGC) des droits d’auteurs.

IA : la Scam menace de saisir la justice
Car le nouveau grand défi de la Scam – comme tout le monde de la culture, de l’audiovisuel et de la création – est bien l’IA. Et la Scam a déjà prévenu que « si cela s’avère nécessaire, elle n’hésitera pas à faire appel à la justice comme d’autres OGC l’ont fait en Europe ». Pour l’heure, en Europe, seule la Gema en Allemagne – l’équivalent en taille de la Sacem en France (1) – a remporté une bataille judiciaire contre OpenAI (ChatGPT). Or, maintenant que la proposition de loi instituant une « présomption d’utilisation des contenus culturels par les systèmes d’intelligence artificielle » (2), a été renvoyée aux calendes grecques avant même d’avoir été examinée le 11 juin 2026, la Scam pourrait mettre sa menace judiciaire à exécution. Contacté sur ce point par Edition Multimédi@, le directeur général de la Société civile des auteurs multimédia, Hervé Rony, ne nous a pas répondu.
Surtout que cette proposition de loi « Présomption » était (suite)

Le centre de gravité du Monde bascule dans le numérique : 53 % du chiffre d’affaires en 2025

Le Monde s’organise plus que jamais autour du numérique, qui, pour la première fois, a généré en 2025 plus de la moitié (53 %) du chiffre d’affaires du quotidien (47 % pour le papier). Sur Médias Pionniers, Louis Dreyfus a détaillé sa stratégie de conquête d’une « nouvelle génération » de lecteurs.

Louis Dreyfus (photo), le président du directoire du groupe Le Monde, l’a précisé le 20 mai 2026 à Edition Multimédi@, peu avant de présenter en interne les résultats financiers du journal : le numérique a généré, et pour la première fois, 53 % du chiffre d’affaires du quotidien Le Monde en 2025, contre 47 % pour son édition papier. Le chiffre d’affaires réalisé par le quotidien en 2025 s’élève à 190 millions d’euros, en légère baisse de -0,5 % sur un an. Les comptes 2025 du groupe Le Monde seront publiés – « sauf changement » – dans l’édition datée du 5 juin 2026 [finalement parus dans l’édition datée du 11 juin].

Objectif : 1 million d’abonnés d’ici 2031
En nombre d’abonnements, l’écart entre le numérique et le papier se creuse : à fin 2025, Le Monde comptait au total 670.000 abonnés, dont 600.000 sur le numérique (620.000 à fin avril) – le double par rapport à 2020 (1) – et 70.000 sur le « print » (l’édition imprimée), soit une augmentation globale de 4 % en un an. Louis Dreyfus s’est fixé comme objectif d’atteindre la barre des 1 million d’abonnés – digital et print confondus – d’ici la fin de son mandat, lequel a été renouvelé en juin 2025 pour six ans – jusqu’en juin 2031. « J’espère que Le Monde atteindra l’objectif de 1 million d’abonnés au cours de ce mandat. Nous faisons tout pour ! », nous a-t-il précisé.
Lors d’un long entretien accordé le 12 mai sur Médias Pionniers – un des rendez-vous organisés en mai et juin par la société de conseils Upgrade Media et diffusés sur LinkedIn (2) –, le patron du groupe Le Monde a indiqué que les revenus des abonnements numériques du quotidien Le Monde atteignaient plus de (suite)