Timeline

7 mars
• La CJUE
juge (affaire TVCatchup) que les chaînes de télé peuvent
interdire la retransmission de leurs émissions sur Internet.
• Facebook veut faire du « fil d’actualité » généré par les « amis »
un « journal personnalisé ».
• Google News s’adapte aux tablettes et revendique 6 milliards de
visites par mois !
• Lagardère, résultats 2012 : CA de 7,3 Mds€ (- 0,2 %), dont
1Md€ (- 3,9 %) pour « Active » et 2 Md€ (-1,2 %) pour
« Publishing », et retour au bénéfice net à 89 millions d’euros.
• Pandora Media se sépare de son PDG sur de mauvais résultats
2012/13 (clos fin janvier) : pertes nettes de 38,1 millions de dollars
(+ 91 %), pour un CA de 427,1 millions (+ 56 %).
• Mediapart, qui fête ses 5 ans, publie ses résultats 2012 : 65.000
abonnés, CA de 6 millions d’euros et bénéfice net de 700.000 euros.
• Beezik, musique en ligne gratuite de eBuzzing, s’arrête, révèle
« Frenchweb ».

6 mars
• Fleur Pellerin
prévoit « 300 millions d’euros par an » pour le
très haut débit.
• Microsoft se voit infliger une amende de 561 millions d’euros
par la Commission européenne pour entrave à la concurrence
dans le choix des navigateurs Internet.
•Time Warner, qui affiche pour 2012 un CA de 28,7 Mds$ (- 1 %)
et un bénéficie net de 3 Mds$ (+ 4,6 %), se sépare de Time Inc.
pour se recentrer sur la télé et le ciné.
• L’Adami inquiète des projets Google (projet de streaming audio
YouTube) et Apple (avec Beats).
• Le SNE et le CPE (écrivains) s’entendent sur un contrat cadre
d’édition à l’ère du numérique, annonce Aurélie Filippetti.
• Axel Springer (AuFeminin.com, Bild, …) publie ses résultats
2012 : bénéfice net de 275,8 millions (- 4,7 %) et CA de 3,31 milliards
d’euros (+ 3,9 %), dont 35,4 % en numérique.

Ineffables Phablettes

Que dites-vous ? Quoi ? Une phablette…? Non, je ne
vois pas ce que c’est ? Hum… attendez… Ah oui ! Je me rappelle maintenant, ces terminaux qui eurent leur heure
de gloire entre 2013 et 2015. C’est vrai qu’on les a oubliés aujourd’hui, mais ces objets hybrides, mi-phone mi-tablet, attirèrent l’attention, moins par l’innovation dont ils étaient porteurs que par l’annonce de toute une nouvelle génération de terminaux. En fait, ils comblèrent un vide évident entre
les smartphones, et les tablettes. Ces « superphones », téléphones intelligents disposant d’un écran compris précisément entre 5 et 7 pouces
de diagonale, avaient le simple mérite de pouvoir être considérés à la fois comme un grand téléphone et comme une petite tablette. Une avancée pour tous ceux qui trouvaient que l’écran d’un smartphone était décidément trop petit pour profiter pleinement des services de l’Internet mobile, ou encore pour ceux qui étaient gênés par la taille de la tablette bien trop grande pour pouvoir tenir dans une poche. Finalement, il s’agit bien
d’un simple aménagement de gamme conçu par des équipes marketing consciencieuses, qui trouva rapidement sa place dans un marché des terminaux pour l’Internet mobile en pleine expansion. Il se vendit ainsi dans le monde plus de 200 millions de ces phablettes en 2016.

« Relevant d’un épiphénomène, les phablettes
marquèrent néanmoins le début d’une révolution permanente dans les terminaux mobiles. »

L’accord entre Google et certains éditeurs de presse : un compromis bien imparfait

Le protocole d’accord conclu à l’Elysée le 1er février entre Google et l’Association de presse IPG soulève des problèmes financiers, commerciaux et concurrentiels, au risque d’être contesté devant l’Autorité de la concurrence. A moins que l’accord final prévu fin mars ne remédie à ces problèmes.

Par Christophe Clarenc (photo), associé et Céline Bonfils, collaboratrice, August & Debouzy

Depuis plusieurs années, les éditeurs de presse revendiquent et réclament un partage des recettes issues
du référencement par les moteurs de recherche des contenus publiés sur leur site internet. Ils estiment que les moteurs de recherche exploitent commercialement leurs propres contenus et tirent un revenu de cette exploitation, sans toutefois leur reverser une quelconque part de ce revenu.

L’économie mobile fait exploser le trafic, pas l’ARPU

En fait. Le 28 février, s’est achevé à Barcelone le 18e congrès annuel mondial de
la téléphonie mobile, le Mobile World Congress, organisé sur quatre jours par la GSMA. Les abonnés 4G devraient atteindre 920 millions en 2017, contre seulement 62 millions en 2012. L’explosion du trafic va poser problème.

En clair. Les opérateurs mobile vont devoir supporter l’explosion du trafic de vidéos et
de données sur leurs réseaux : selon un rapport de la GSMA, laquelle défend les intérêts de 230 opérateurs mobile dans le monde, et le cabinet d’étude AT Kearney, le trafic de données que les réseaux mobile devront acheminer chaque mois atteindra dans cinq
ans les 11,2 Exabits (1), contre 0,9 Exabit par mois en 2012. Imaginez : 11,2 milliards
de Gigabits par mois, c’est l’équivalent – chaque mois – de plus de 5 milliards d’heures
de vidéo en haute définition (fichier de 2 Gbits d’un film d’une heure). Cette explosion de
la data mobile se fera ainsi au rythme moyen de 66 % de croissance par an. Et l’année dernière a été un tournant puisqu’elle a cumulé un trafic sur mobile supérieur à celui de l’ensemble des précédentes années ! Les connexions mobile haut débit dans le monde ont été au nombre de 1,6 milliard en 2012 sur un total de 6,8 milliards de connexions mobile. Mais en 2017 ce haut débit mobile (3G + 4G) pèsera pour plus de la moitié des connexions : 5,6 milliards sur un total de 9,7 milliards. Actuellement, Facebook compte 680 millions de mobinautes actifs (2), Twitter 120 millions. Les utilisateurs de smartphones du monde entier passent en moyenne 25 minutes par jour sur Internet, 17 sur réseau social, 16 à écouter de la musique, 14 à jouer, 12 à passer des appels téléphoniques,
11 sur leurs e-mails, 10 sur leurs SMS, 9 à regarder des vidéos, 9 à lire des ebooks et
3 à photographier (et/ou filmer).
Bien que le chiffre d’affaires cumulé des opérateurs mobile dans le monde ait franchi la barre des 1.000 milliards de dollars en 2012 (à 1.002 milliards précisément), l’ARPU (3) des opérateurs mobile a baissé globalement de 8 % en moyenne de 19 dollars à 14 dollars par mois. « Les plus fortes réductions de l’ARPU ont été enregistrées en Afrique (- 10 %) et en Europe (- 7 %), ces baisses moyennes des tarifs mobile s’expliquant par la pression sur les prix, par la croissance des usages ‘’multi-SIM’’ (avec la seconde carte SIM à un prix moindre), et par le fait que les nouveaux utilisateurs bénéficient d’accès à moindre coût », explique le rapport GSMA/AT Kearney. Le bonheur des uns (les consommateurs) fait le « malheur » des autres (les opérateurs mobile). L’émergence du M2M (Machine-to-Machine) dans ces statistiques contribue aussi à tirer l’ARPU vers le bas. @

Feuille de route : et le dividende numérique alors ?

En fait. Le 28 février, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a présidé le séminaire gouvernemental sur le numérique et y a présenté « la feuille de route numérique » : 20 milliards d’euros sont prévus pour couvrir 100 % de la France en très haut débit d’ici à 2022 et « très majoritairement en [FTTH] ».

En clair. A force de privilégier le très haut débit fixe en général et la fibre optique jusqu’à l’abonné en particulier, autrement dit le FTTH (Fiber-To-The-Home) que le Premier ministre veut « très majoritaire d’ici à dix ans », le gouvernement a fait l’impasse sur le très haut débit mobile (4G) et sur les futures fréquences du nouveau dividende numérique. Un comble pour une « feuille de route numérique » censée « doter la France des infrastructures du XXIe siècle » au cours de la prochaine décennie !
Ce dividende numérique concerne en France la bande des 700 Mhz qui est libérée par la télévision passée au tout-numérique. C’est ce spectre qui permettrait de faire du très haut débit hertzien et qui suscite une rivalité entre les deux secteurs prétendants : l’audiovisuel et les télécoms. Le silence du gouvernement sur ces ressources spectrales est d’autant plus surprenant que les décisions internationales doivent être prises dès 2015 lors de
la prochaine Conférence mondiale des radiocommunications (CMR). Pour la France l’Agence nationale des fréquences (AFNR) organise à cet effet une conférence
« Spectre et Innovation » les 26 et 27 juin prochains.
Comme l’espéraient les députées Corinne Erhel (PS) et Laure de La Raudière (UMP),
« le séminaire gouvernemental sur le numérique [aurait dû] être certainement l’occasion pour le gouvernement de préciser sa position à ce sujet » (1). Il n’en fut rien. La feuille de route se contente de dire que « le développement des usages numériques sur les réseaux hertziens (mobile, TNT, etc.) soulève des enjeux industriels importants quant à la bonne utilisation de la ressource en fréquences, qui souffre aujourd’hui d’un trop grand cloisonnement entre les domaines d’utilisation du spectre ».
Il y a pourtant urgence si la France ne veut pas que le bras de fer entre l’audiovisuel et
les télécoms, voulant chacun profiter de ce nouveau dividende numérique, ne tourne à l’affrontement ! Les opérateurs mobile veulent les 700 Mhz que la précédente CMR de 2012 leur a accordés a priori pour faire face à l’explosion de l’Internet mobile et de la vidéo HD sur les réseaux 3G et 4G menacés de saturation. Les chaînes de télévision, elles, comptent bien sur la CMR de 2015 pour que la décision finale leur permette de garder cette bande pour généraliser la haute définition et l’introduction à l’ultra haute définition (UHDTV) ou 4K (2). @