Musique par abonnement : 10 % des ventes en ligne

En fait. Le 26 février, la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI) a publié son Digital Music Report : les ventes mondiales de musiques enregistrées ont progressé – pour la première fois depuis 12 ans, de 0,3 % à
16,5 milliards de dollars – dont 5,6 milliards en ligne (+ 9 %).

En clair. C’est la croissance des services de musique en ligne par abonnement qui
retient l’attention : 20 millions de clients atteints dans le monde, soit un bond de 44 %
en un an, contre 12 % pour le téléchargement. « Pour la première fois, les abonnements ont franchi l’an dernier le seuil des 10 % du total des ventes de musiques numériques
[soit 560 millions de dollars, ndlr]. Ce taux est même plus élevé en Europe, environ 20 % grâce à l’explosion de la croissance en Scandinavie », constate la IFPI. Le succès de
ce que l’on pourrait appeler la SMOD (Subscription Music-on-Demand) – par analogie à
la SVOD pour le cinéma – tient notamment aux accords de bundling avec les FAI (1) et les opérateurs mobile. Exemples : Deezer avec Orange ou Spotify avec KPN. Les majors de la musique misent en outre sur les licences par abonnement. « Nous développons de nouveaux business en association avec des marques », a indiqué Pascal Nègre, patron de Universal Music France (2). L’amélioration des interfaces utilisateurs, l’intégration des réseaux sociaux et la variété des niveaux de prix ont aussi contribué à cette multiplication des services abonnements, qui sont au nombre de 30 dans le monde. Mais des disparités demeurent face à ces services aux revenus récurrents pour les ayants droits : si par exemple en France l’abonnement domine, ce n’est pas le cas en Grande-Bretagne où le téléchargement payé arrive en tête.
Avec plus de 5 millions d’abonnés dans le monde, Spotify arrive en seconde position
– derrière iTunes d’Apple – en terme de chiffre d’affaires généré par la musique en ligne, lorsqu’il n’est pas en tête dans certains pays comme la Finlande, la Norvège et, d’où il
est originaire, la Suède. Spotify indique que plus de 20 % de ses utilisateurs actifs se convertissent à son service premium. Quant au français Deezer, dont France Télécom est actionnaire minoritaire (11 %), il compte 3 millions d’abonnés à travers le monde. D’autres plates-formes de musique par abonnement se développent en Europe, comme
le suédois WiMP d’Aspiro ou le britannique Rara.com, sans parler des sites plus locaux tels que Music Me en France, Juke et Musicload en Allemagne, ou encore We7 en Grande-Bretagne. Aux Etats- Unis, Mog, Muve Music, Pandora Premium, Rdio, Rhapsody ou encore Slacker contribuent également à la montée en puissance de la SMOD. En Asie et en Amérique du Sud aussi. @

Bolloré derrière la révision stratégique de Vivendi

En fait. Le 26 février, Vivendi a présenté ses résultats 2012 : chiffre d’affaires
stable à 28,9 milliards d’euros (+ 0,6 %) et résultat net en chute à 164 millions d’euros (- 94 %), à cause d’une provision exceptionnelle (litige avec Liberty
Media aux Etats-Unis) et d’une dépréciation (Canal+ France).

En clair. Vivendi a toujours une idée fixe, depuis un an maintenant : « Nous voulons revaloriser le groupe dans son ensemble que la décote du conglomérat ne se justifie
plus », a redit Jean-François Dubos, président du directoire de Vivendi. Le cours de Bourse de la « holding » Vivendi oscille autour de 15 euros depuis un an. Mais Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance, est décidé à recréer de la valeur pour les actionnaires. Or, depuis le 10 octobre 2012, Vincent Bolloré est devenu le premier actionnaire du groupe de médias et de télécoms en franchissant le seuil des 5 % du capital et des droits de vote, après avoir cédé ses deux chaînes gratuites Direct 8 et Direct Star (1) à Canal+, filiale de Vivendi.
Et le 15 novembre, l’homme d’affaires breton a regroupé l’ensemble de sa participation dans Vivendi (66 174 684 actions) dans sa Compagnie de Cornouaille. Puis, sur proposition de Jean-René Fourtou, il a été coopté le 13 décembre pour entrer au conseil de surveillance de Vivendi – ce qui devra être ratifié lors de la prochaine assemblée générale (AG) du 30 avril.
Dans quelle mesure ce nouvel actionnaire de référence et membre du conseil de surveillance influence-t-il la « révision stratégique » du conglomérat, dont la feuille de
route devrait être clarifiée à l’AG justement ? Une chose est sûre, Jean- René Fourtou semble moins pressé de se débarrasser des télécoms pour se recentrer sur les médias
et les contenus (2). « SFR n’est pas à vendre pour l’instant », a insisté Jean- François Dubos, en ajoutant : « Rien ne sert de courir si l’on n’est pas pressé ». Et aucun commentaire sur l’intérêt que porteraient les actionnaires de Numericable – Carlyle, Cinven et Patrick Drahi – sur SFR (3).
C’est que l’esprit Bolloré, caractérisé par la prudence, semble influencer les autres membres du conseil de surveillance. Vincent Bolloré a l’habitude de se hâter lentement, surtout pour laisser le temps à son « portefeuille de participations » de 2 milliards d’euros de générer d’importantes plus-values. Ses 5 % dans Vivendi – et donc dans SFR – n’échappera pas à cette logique financière, à l’instar de ses 37,05 % dans Havas, ses 16,7 % dans Bigben interactive, 14 % dans Harris interactive, 9,6 % dans Gaumont, ou encore 6,4 % dans Aegis. Quitte à bousculer ses hôtes (Havas en 2005) ou à se retirer après un bras de fer (Bouygues en 1998). @

Cookies : le consentement des internautes doit se faire directement sur le site web, exige la Cnil

Selon nos informations, la Cnil demande aux professionnels de la publicité sur Internet et du marketing direct de ne pas déposer de cookies publicitaires lors
de la première visite des sites web, tant que l’internaute n’a pas poursuivi sa navigation, ni d’en déposer lors de la lecture d’e-mails.

Il y a près d’un an, en avril 2012, la puissante Union française du marketing direct et digital (UFMD) – regroupant plusieurs organisations et associations de la publicité ou du e-commerce (1) – publiait un « Guide de bonnes pratiques concernant l’usage des cookies publicitaires » destinés aux professionnels et au grand public (2).

Maurice Botbol, président du Spiil : « Ce sont les sites de presse innovants qui méritent d’être aidés en premier lieu »

Président du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) depuis 2009 et directeur fondateur de Indigo Publications, Maurice Botbol nous explique les propositions que lui et Edwy Plenel – reçus à l’Elysée le 28 février – ont faites en faveur de la presse numérique.

Propos recueillis par Charles de Laubier

MB

Edition Multimédi@ : Le Spiil s’est insurgé une nouvelle fois contre le taux de TVA à 19,6 % imposé à la presse en ligne, alors que la presse imprimée, elle, bénéficie du super taux réduit de 2,10 %. François Hollande a-t-il répondu à votre lettre ouverte du 26 février ?
Maurice Botbol : Non, le président de la République n’a pas encore répondu à notre courrier. Mais, avec Edwy Plenel, secrétaire général du Spiil, nous avons été longuement reçus le 28 février à l’Elysée par David Kessler, conseiller pour la culture et la communication. Nous lui avons notamment remis un mémoire juridique expliquant pourquoi la presse numérique estime être dans son droit en lui appliquant le même taux
de TVA que la presse papier (1). Il s’est montré très attentif à notre argumentation et nous a assuré de son soutien. Nous lui avons expliqué, et il en a convenu, qu’il était difficile de défendre le principe de neutralité fiscale pour le livre numérique, et pas pour la presse. Cette situation est d’autant plus paradoxale que les ministres Fleur Pellerin et Aurélie Filippetti (2) ont annoncé le 22 février qu’elles s’appuieraient sur le principe de neutralité fiscale pour défendre le taux réduit de TVA pour le livre numérique devant la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE). Nous avons annoncé, pour notre part que si les redressements fiscaux que subissent nos adhérents qui appliquent la TVA à 2,10 %
(Arrêt sur images et Dijonscope) étaient maintenus, nous poursuivrions l’Etat français devant la CJUE. Et nous utiliserions alors contre lui les mêmes arguments qui lui servent à défendre sa position sur le livre numérique !