Le français Deezer, enfin rentable en 2025, a perdu 717 millions d’euros depuis ses débuts

Il y a 20 ans, Daniel Marhely écrivait les première lignes de code de la plateforme musicale Deezer qu’il a cofondée avec Jonathan Benassaya. Le 18 mars 2026, la société française publiait son premier bénéfice net. Mais les pertes cumulées depuis ses débuts s’élèvent à 717 millions d’euros.

« Deezer aura coûté à ses propriétaires successifs autour de 717 millions d’euros nets. Ce chiffre n’apparaît nulle part dans les communications officielles de la société ; il se reconstruit à partir du poste de déficit cumulé du bilan IFRS (1) consolidé au 31 décembre 2025, qui s’établit à – 725,5 millions d’euros, auquel il convient d’ajouter le bénéfice net de 2025 (+ 8,5 millions d’euros) pour obtenir le cumul comptable réel depuis l’origine », a calculé MusicZone dans une analyse rétrospective publiée le 20 avril 2026.

Sous l’emprise des majors de la musique
Et « en l’espace de dix-huit ans, Deezer a levé environ 520 millions d’euros brut au cours de huit opérations, dont sept levées de fonds et une introduction en bourse, tout en faisant entrer à son capital les quatre majors du disque [Universal Music, Sony Music, Warner Music et, à l’époque, EMI, ndlr] – qui ont obtenu une participation collective de plus de 15 % pour une bouchée de pain lors de la signature des premiers accords de licence ». MuzicZone, lettre professionnelle éditée par le journaliste Philippe Astor, fait en outre remarquer que la structure des coûts de Deezer révélait un modèle sous contrainte permanente : les droits musicaux absorbaient encore 82 % de ses revenus en 2014, et le breakage – comprenez le montant des avances versées (suite)

Streaming musical : Tidal a 10 ans le 28 octobre

En fait. Les 28 octobre, la plateforme de musique Tidal fête ses 10 ans. Misant sur la qualité hi-fi, elle a été lancée en 2014 par la société norvégienne et suédoise Aspiro à partir de son premier service de streaming musical pour mobiles, WiMP. Depuis 2021, Jack Dorsey la détient via Block (ex-Square).

En clair. La plateforme de streaming musical hi-fi Tidal a été lancée le 28 octobre 2014 par la société scandinave Aspiro en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Canada, en plus de la Norvège, Suède, du Danemark, de l’Allemagne et de la Pologne où préexistait depuis quatre ans le service de musique pour mobile WiMP (intégré ensuite dans Tidal). Misant sur la qualité « haute-fidélité sans perte » (1) pour se différencier du suédois Spotify, du français Deezer et de l’américain iTunes (Apple Music), Tidal s’étend en janvier 2015 à l’Irlande, aux Pays-Bas, à la Belgique et au Luxembourg.
C’est durant ce même mois que le rappeur et homme d’affaires américain Jay-Z (alias Shawn Carter) a acquis Aspiro. Jay-Z y voir un double avantage. D’abord, il croit au son hi-fi avec les formats Flac (2), la qualité CD (44,1 Khz), ainsi qu’en la norme japonaise Hi-Res (24 bits/192 Khz) que le français Qobuz (3) a été le premier à adopter.

Web3/blockchain, le retour du numérique d’occasion

En fait. Le 21 février, Jérémy Benech, cofondateur de la plateforme Liwé, a indiqué à Edition Multimédi@ que le développement de la fonction « revente de livres numériques » est en cours de développement. Avec le Web3, les industries culturelles doivent se préparer à la légalisation du marché de l’occasion numérique.

En clair. N’en déplaise aux industries culturelles : le marché de l’occasion numérique revient, dix ans après que la société américaine ReDigi – pionnier de la revente d’occasion digitale de musiques, de livres, de jeux vidéo, d’applications et de logiciels – ait essuyé les plâtres judiciaires. Le label Capitol Records avait eu raison de la vente de musiques numériques d’occasion. Ce fut un procès fleuve pour violation des droits d’auteur, de la plainte à New-York en 2012 jusqu’au rejet du dernier recours de ReDigi (1) par la Cour suprême des Etats-Unis en 2019 (2). ReDigi a dû mettre la clé sous la porte.
Depuis, l’eau a coulé sous les ponts, et le Web3 – avec les chaînes de blocs (blockchain), les jetons non-fongibles (NFT) et les cryptomonnaies (tokens) – est apparu. Et cela change tout en termes de traçabilité des actifs numériques, d’authentification des détenteurs et d’inviolabilité des transactions. C’est dans ce cadre que s’inscrit la jeune pousse Liwé, basée à Saintes (CharenteMaritime), qui a lancé en mai 2023 la version bêta de sa librairie numérique du même nom. Son catalogue d’ebooks et l’autopublication sont disponibles, mais pas encore de quoi revendre des livres numériques d’occasion. « Il nous reste à développer la revente légale d’ebooks, notre principale innovation, qui sera disponible en septembre », indique à Edition Multimédi@ Jérémy Benech, cofondateur de la plateforme Liwé.