La pomme d’Apple écrasée entre Google et Samsung en 2014 ?

En fait. Le 7 janvier, le cabinet d’études Gartner a estimé que les ventes mondiales de smartphones, ordinateurs et tablettes fonctionnant sous le système d’exploitation de Google franchiront le milliard d’unités cette année. Ayant adopté Android, Samsung est le premier à tailler des croupières à Apple.

Tim Cook, CEO d'Apple

Tim Cook, CEO d’Apple depuis août 2011

En clair. La pomme va-t-elle se faire écraser en 2014 ?
C’est ce que l’on peut craindre, tant la firme de feu Steve Jobs semble victime d’une double peine : non seulement elle perd des parts de marché sur les ordinateurs et terminaux mobiles au profit des smartphones, ordinateurs et tablettes fonctionnant sous Android, mais en plus Samsung profite – comme d’autres fabricants qui l’ont adopté tels que HTC, Sony ou Motorola (1) – de cet engouement pour le système d’exploitation ouvert (open source) du géant du Net, Google.

Plus de 1 milliard de terminaux sous Android seront vendus cette année
Selon Gartner, les ventes d’Android devraient franchir allègrement sur cette année la barre du milliard pour atteindre 1,1 milliard de smartphones, tablettes et ordinateurs sous Android – soit une hausse de 26 % sur un an.
Apple sera loin derrière avec 344,2 millions d’appareils vendus sous sa seule marque (iPhone, iPad, Mac) – aucune licence n’étant accordée à d’autres fabricants, faut-il le rappeler. Et encore, Apple n’arrivera qu’en troisième position puisque Microsoft s’arrogera la seconde place avec 359,8 millions de terminaux sous Windows. Il ne fait aucun doute qu’il y a une équation du volume versus la valeur, avec les utilisateurs d’Android qui achètent aussi des terminaux moins chers comparés aux utilisateurs d’Apple », souligne Annette Zimmerman, analyste chez Gartner.
Résultat : Android détient le plus grand parc mondial d’appareils en service, avec 1,9 milliard d’unités utilisés en 2014, contre seulement 682 millions de terminaux estampillés Apple. L’engouement pour les smartphones et tablettes à des tarifs d’entrée ou de milieu de gamme, aux performances technologiques toujours plus grandes d’une année sur l’autre (loi de Moore) semble disqualifier la marque à la pomme traditionnellement plus chère et plus haut de gamme.
Comme les consommateurs – aussi bien dans les pays développés mais en crise que dans les pays émergents mais peu dépensiers – ne sont pas près de changer, c’est à se demander si Apple n’est pas en train de manger son pain blanc… Cette prime donnée à des appareils moins chers a encore été démontrée par GfK (lire ci-dessous) et la Consumer Electronics Association (CEA), organisatrice du CES à Las Vegas. En outre, Google va en plus accroître la pression sur Apple avec sa filiale Motorola qui va passer
à l’offensive des smartphones low-cost pour séduire le plus grand nombre. @

Les smartphones, plus forts que les ordinateurs

En fait. Les 8 et 9 juin se tiendra à Paris (Espace Cardin) la seconde édition de Buzzness Mobile, salon et conférences autour du marketing mobile, du paiement mobile et des solutions mobiles. Quelque 4.000 visiteurs y sont attendus. Reed Business décernera les « Mobile Awards » avec SFR Régie.

En clair. Le mobinautes font plus que jamais l’objet de toutes les convoitises. Les smartphones, longtemps inaccessibles par leurs prix, sont en train de se généraliser
et deviennent la cible publicitaire et marketing des annonceurs (1). Et ce, malgré la perspective de la contestée taxe Google de 1% prévue le 1er juillet sur la publicité en ligne. Selon une étude publiée le 19 mai par l’Association française du multimédia mobile (AFMM), les services mobiles en France ont généré plus de 1,2 milliard d’euros en 2010 – dont 800 millions dans la distribution de contenus ou de services via les téléphones portables et 430 millions dans la relation client, le marketing et la publicité mobile. Grâce aux smartphones et aux « applis », le Syndicat des régies Internet (SRI) a indiqué que la « m-pub » a fait un bond de 23 % en 2010, à 27 millions d’euros sur
le marché français (2) où l’on compte 63 millions d’abonnés mobile – dont près de 30 millions « multimédias ». Selon le cabinet d’études britannique Enders Analysis, les dépenses moyennes pour une campagne de publicité mobile vont de 11.500 à 15.500 euros au Royaume-Uni, contre 7.500 euros et 11.500 euros en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne. Aux Etats-Unis, ces dépenses moyennes atteignent 75.000 euros et au-delà en Asie. C’est dire le potentiel de croissance. Au niveau mondial, l’Idate prévoit que la m-pub représentera 14 % de la publicité en ligne en 2014 – soit
12 milliards d’euros. La publicité vidéo « in-stream » sur mobile prend de l’ampleur : d’après la régie publicitaire AdVideum qui publie un baromètre, plusieurs campagnes vidéo sur ce mois d’avril ont été accompagnées d’une campagne mobile. Et selon
une étude de Nielsen, les annonces sur iAd (plateforme de publicité mobile d’Apple) s’avèrent deux fois plus efficaces que celles diffusées à la télévision. Il en irait de
même sur AdMob de Google. Le salon Buzzness Mobile va ainsi démontrer que le smartphone – bien plus que les ordinateurs ou les tablettes – est, grâce à la géolocalisation, le média permettant de cibler, d’informer, de fidéliser ou de faire payer l’internaute là où il se trouve. Et selon nos informations, Médiamétrie va d’ailleurs intégrer pour fin juin les audiences mobiles – aux côtés de celle de l’Internet, de la télévision, de la radio, de l’affichage et de la presse – dans son étude annuelle cross media. Et en fin d’année, Médiamétrie prendra en compte le WiFi dans l’audience mobile. @

Sweet digital home

C’est la première fois que je rends visite à mon oncle
depuis que sa famille a emménagé dans l’un de ces nouveaux e-quartier, dont les luxueuses publicités envahissent nos écrans depuis quelque temps. Ma curiosité est à son comble ! Le portail d’entrée s’ouvre comme par magie à la seule vue de mon visage et au son de ma voix. Autant pour m’impressionner que pour jouer avec ses nouveaux gadgets, ma tante déclenche une véritable féerie zen : les murs et le plafond m’accueillent en s’éclairant d’une agréable lumière bleue, au son d’une de mes musiques préférées. A l’intérieur, l’écran est roi. Des écrans plats dans chaque pièce comme autant de fenêtres grandes ouvertes sur le Net. Des tablettes personnelles posées ici ou là, comme autrefois autant de livres en instance de lecture. Jusqu’aux miroirs des salles de bain qui affichent l’heure, la météo, une vidéo ou la retransmission d’un programme radio. Je ne parle même pas des systèmes de sécurité et de gestion domestique qui se sont faits oublier en œuvrant en silence, tandis que quelques robots spécialisés prennent en charge
des tâches domestiques répétitives. Mes hôtes, qui ne me font grâce d’aucun détail, tiennent à me présenter à ces personnages d’importance que sont l’aspirateur et la repasseuse.

« Avec l’aide d’une “box”, de WiFi et d’un peu de courant porteur, des millions de ménages ont pu faire l’expérience concrète de la mise en réseau d’ordinateurs, de téléphones et de téléviseurs »

Ce rêve technologique est devenu bien réel, même s’il ne reste accessible qu’à quelques privilégiés, tendance « bobo geek ». D’autant que s’il est un domaine dont l’évolution est lente, c’est bien celui de l’habitat soumis à maintes contraintes, au premier rang desquelles nos habitudes : une maison dans l’imaginaire collectif, c’est avant tout quatre murs, un toit et une cheminée qui fume. Longtemps, les maisons d’avant-garde sont restées un sujet de curiosité et de recherche. En 1957, une maison du futur fut construite au cœur du parc Disneyland qui proposait ainsi de visiter le foyer type des années 1980. Après avoir été démoli, elle a été reconstruite en 2008 en partenariat avec Microsoft, HP et Lifeware pour en faire une toute nouvelle attraction. Malgré ces visions futuristes, l’intelligence a mis beaucoup de temps pour passer du labo au foyer. Les décennies passèrent sans que ne soient tenues les promesses de
ce qu’il était convenu d’appeler la domotique. A tel point que durant les années 1990, nous n’osions plus utiliser ce vocable trop souvent associé à un vaste cimetière d’innovations. Pendant ce temps, s’ouvrait l’ère des automatismes domestiques. Composants, micromoteurs et capteurs ont permis le développement d’un réel marché, tout d’abord tiré par la gestion climatique et la sécurité (fermetures automatisées, vidéosurveillance). La nouveauté des années 2000 aura été le développement des premiers réseaux domestiques si souvent annoncés, et tant attendus car sans eux
rien n’est possible. Avec l’aide d’une box, de WiFi et d’un peu de courant porteur, des millions de ménages ont pu faire l’expérience concrète de la mise en réseau d’ordinateurs, de téléphones et de téléviseurs.
Une nouvelle guerre économique s’ouvrait entre les fournisseurs de solutions autour
de quelques questions clés. Où stocker les contenus ? Quel pilotage pour les solutions du foyer numérique ? Faut-il choisir entre la box et le téléviseur ? Finalement, le marché s’est d’abord organisé autour de solutions combinant terminaux, offres de services et contenus propriétaires, tandis que se développaient des solutions techniques permettant une meilleure interopérabilité au sein du foyer : soit par des terminaux interopérables, soit par un serveur multimédia central. Nous avons ensuite assisté à une montée en puissance progressive de l’intégration de services et de contenus au sein du terminal. C’est récemment que le basculement vient de se produire vers des solutions en ligne et qui se résume en une formule : le « home in the cloud ». Maintenant que les TICs ont envahi nos foyers, mon oncle, comme celui de Jacques Tati en son temps, trône au milieu d’un palais des Mille et une nuits de banlieue. Et je me pose avec lui cette question existentielle, presque vitale : ma maison tournera-t-elle sous Windows, sous Androïd, sous Linux ou sous le dernier OS d’Apple ? @

Jean-Dominique Séval*
Prochaine chronique « 2020 » : Le e-commerce
*Depuis 1997, J.D. Séval est directeur marketing et commercial de
l’Idate. Rapport sur le sujet : « Digital Home : le marché mondial
des équipements du foyer numériques », par Laurent Michaud

Copie privée et riposte graduée : ce que dit Thierry Desurmont, vice-président de la Sacem

En marge de la présentation, le 23 juin, du rapport d’activité 2009 de la Société
des auteurs compositeurs et éditeurs de musique, son vice-président Thierry Desurmont (chargé notamment des affaires juridiques) s’est confié sur la copie privée et la loi Hadopi.

Ironie du calendrier : la publication du rapport annuel de la Sacem est intervenue au lendemain de la réunion de la commission interministérielle copie privée (1), prévoyant de taxer les tablettes multimédias d’une part, et de la réception par la Sacem de la notification de la décision de la CNIL (2) l’autorisant à collecter les adresses IP des piratages du Net à l’aide des radars de la société TMG (3), d’autre part.

Copie privée : et les ordinateurs ?
Thierry Desurmont est, avec Pascal Rogard, le président de la SACD (4), le plus ancien, depuis 1986, de la commission pour la rémunération de la copie privée. Se retranchant derrière l’obligation réglementaire de confidentialité, il n’a dit mot sur les auditions des représentants d’Apple et d’Archos dans la perspective que soient taxées leurs tablettes, iPad en tête. Ni sur le fait qu’Archos va en être exonéré puisque les ayants droits ont accepté de placer ses terminaux multimédias dans la catégorie des ordinateurs.
Ces derniers ont en effet toujours été épargnés par la « taxe copie privée » sur volonté politique, notamment pour ne pas pénaliser l’équipement des ménages et résorber
la fracture numérique.
La commission Hadas-Lebel (5) a commencé de tenter de définir ce qu’est un ordinateur… Edition Multimédi@ a voulu savoir si Thierry Desurmont serait favorable
ou pas à l’assujettissement des PC. Il l’est. « Dans la mesure où un disque dur d’ordinateur est utilisable pour faire des enregistrements [d’œuvres], il a vocation
à contribuer à la rémunération pour copie privée comme cela a été décidé en Allemagne », a-t-il répondu. Mais de préciser que « ce n’est pas dans les priorités de
la commission qui a déjà beaucoup à faire ». Il a également indiqué que « les tablettes multimédias seront assujetties car elles sont utilisées pour de la copie privée ». Répondant en outre à notre confrère PC INpact, Thierry Desurmont a estimé que « il ne serait anormal de voir la rémunération pour copie privée augmenter si les échanges licites augmentent » sous l’effet de la loi Hadopi. Ce souci de « compensation » (6) se retrouve par ailleurs dans ce que la Sacem et l’Adami (7) ne cessent de prôner auprès des pouvoirs publics, bien qu’elle n’ait pas été retenue par la mission Zelnik, à savoir : une « contribution compensatoire », qui, moyennant par exemple 1 euro par abonné
et par mois pour les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), pourrait s’appliquer d’abord
à la musique, voire à l’audiovisuel ou au cinéma (lire EM@ 3 p. 5). « Le préjudice extrêmement important sur Internet est évident et les FAI qui en ont tiré profit doivent contribuer à le réparer », affirme Thierry Desurmont. Pour l’heure, la Sacem attend de voir les effets de la carte musique jeune qui sera disponible en septembre et de la riposte graduée qui se fait toujours attendre (lire EM@ 15 p. 7). Pourtant, le 10 juin dernier, la CNIL a bien validé « sans réserve » les modifications des quatre autorisations des ayants droits de la musique (SCPP, SPPF, Sacem et SDRM) pour qu’ils puissent activer les radars « TMG » sur le Net. Quant à l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, qui en est à sa première demande à la CNIL, elle espérait être fixée le 24 juin (8). Thierry Desurmont a précisé la portée de l’autorisation qui s’en tient – « par sécurité juridique », admet-il – à la décision du Conseil d’Etat, laquelle avait donné raison en 2007 aux ayant droit de la filière musical en annulant
un refus de la CNIL sur leur première demande. « Nous [la Sacem et sa SDRM, ndlr] avons conclu un accord avec TMP qui va rechercher les adresses IP utilisées lors d’échanges illicites. Et ce, à partir d’une base de 10.000 œuvres musicales de référence constituée par la SCPP, la SPPF, la SDRM et la Sacem, dont 5.000 titres standards appelés “gold” et 5.000 autres dans les nouveautés qui seront mis
à jour régulièrement. Concernant l’Alpa pour l’audiovisuel et le cinéma, la base de référence est de 200 œuvres », a-t-il détaillé.

Riposte graduée : et à part le P2P ?
Le vice-président du directoire de la Sacem, en charge des affaires juridiques et de l’internationale, a en outre confirmé que « l’autorisation ne concerne que les réseaux peer-to-peer » et que « TMG sera à même de fournir à l’Hadopi 25.000 incidents par jour pour la musique et 25.000 autres pour le cinéma, soit 50.000 incidents par jour [censés être traités avec des agents publics assermentés, ndlr] ». Quoi qu’il en soit, selon Thierry Desurmont, « plus vite la loi Hadopi sera opérationnelle, mieux cela
sera ». Pour 2009, la Sacem fait état d’une « relative stabilité » de ses perceptions de droits d’auteur (+ 0,85 % sur un an) à 762,3 millions d’euros, dont « seulement 1,2 % provenant de l’Internet » et 7,2 % de la… copie privée. @

Charles de Laubier

Cinéma, télévision, ordinateur et mobile : la création se plie en quatre

Les créateurs et producteurs d’œuvres audiovisuelles et de films adaptés aux différents écrans n’ont pas attendu la réforme du Compte de soutien à l’industrie des programmes (Cosip), pour aller chercher des financements privés et publics.

La création audiovisuelle et cinématographique est en pleine effervescence. Les auteurs et les réalisateurs ne raisonnent plus « mono diffusion » mais désormais
« plurimédia », « transmédia » ou encore « multi supports ». En attendant que la réforme du Compte de soutien à l’industrie des programmes (Cosip) aboutisse au
début de l’année prochaine, les producteurs d’œuvres multimédias voient les aides financières se multiplier. Signe que leurs productions répond à la demande d’un public de plus en plus connecté. Entre juillet et septembre, France Télécom a reçu quelque
72 créations mêlant la télévision, le Web, le mobile, le cinéma ou encore les jeux vidéo dans le cadre son premier appel à projets transmédias.

Orange veut jouer un rôle
Organisé par Orange Vallée et par la direction des contenus d’Orange, ce concours a finalement abouti à la sélection de cinq projets par un jury présidé par Xavier Couture,
le patron des contenus chez l’opérateur historique. On y retrouve, parmi les membres, Frédérique Dumas, directrice de la filiale d’Orange coproduisant des films, Martin Rogard, directeur général de Dailymotion en France, ou encore des représentants de chaînes de télévision (France Télévisions, TF1, M6, Arte). Selon Xavier Couture, il s’agit de « permettre à chacun de contempler le monde numérique comme un vaste terrain de jeu pour créer, inventer en fracassant les vieilles frontières ». Les lauréats
(1) ont ainsi été retenus dans le but d’ être accompagnés dans leur écriture et leur développement par le « Transmedia Lab » d’Orange Vallée dirigé par Jean-Louis Constanza (ex-dirigeant de Tele2 France passé en 2007 chez France Télécom).
« Les usages du public et des consommateurs changent en matière de consommation médias. Passant naturellement d’un média à un autre, ils suivent leurs univers de contenus favoris sur tous les écrans. Les technologies nouvelles et la démocratisation de ces usages doivent devenir une nouvelle source d’inspiration pour les auteurs », expliquent les deux dirigeants. Fiction, documentaire, jeu, événementiel… Tous les genres sont concernés par cette mutation vers les quatre écrans (cinéma, télévision, ordinateur et mobile). Le soutien de France Télécom ne s’arrête pas à Orange Vallée. En octobre dernier, l’opérateur historique a annoncé la création d’une bourse d’aide
à l’écriture de « formats innovants » avec la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) via l’Association Beaumarchais. Alors que l’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 6 janvier 2010, les premières bourses (de 7.000 euros chacune) seront attribuées en mars et avril 2010. « Ces bourses récompenseront une dizaine
de projets favorisant une écriture novatrice, mêlant interactivité, éléments linéaires ou non et multi supports », ont expliqué Orange et la SACD qui veulent ainsi encourager
le développement de nouveaux formats audiovisuels pour les réseaux de distribution numériques (2). « La multiplication des supports de visionnage, tels que la télévision,
la vidéo à la demande, Internet, le téléphone portable, le développement de techniques innovantes, le partage de contenus, ont transformé le rapport du public à la création et aux médias. Les usages ont évolué », constatent les deux organisateurs. Le ministre
de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, s’est félicité de la signature entre Orange et l’association Beaumarchais : « L’accès à la culture pour les nouvelles générations se fera largement par les réseaux et les nouveaux écrans. Et ce sont les créations de demain conçues pour ces nouveaux écrans que nous devons encoura-
ger ». Frédéric Mitterrand est d’autant plus concerné que, sous la houlette de son ministère, le Centre national du cinéma et de l’image animée (nouvelle dénomination
du CNC depuis juillet) a mis en place il y a deux ans ce mois-ci (décembre 2007) une aide à la création de contenus transmédias.

Le fonds du CNC à l’oeuvre
Ce « Fonds d’aide aux projets pour les nouveaux médias » aide les oeuvres multi supports, c’est-à-dire celles créant « des passerelles narratives entre le cinéma ou la télévision et les nouveaux écrans Internet ou mobile », ainsi que les projets destinés spécifiquement au Web ou à l’Internet mobile. Quelque 87 œuvres ont profité en deux ans de ce coup de pouce, à raison de 5.000 à 50.000 euros d’aide financière pour chacune. Huit projets ont été présentés par le CNC le 19 octobre dernier au Forum
des images présidé par Marc Tessier (3). « Notre paysage audiovisuel est entré en quelques mois dans une phase de profonde et rapide mutation. Plus que jamais auteurs et professionnels du cinéma, de la télévision et des médias interactifs doivent nouer des partenariats », a déclaré Véronique Cayla, présidente du CNC. @