Ce que l’Europe a répondu aux Etats-Unis suite au bannissement de cinq personnalités du numérique

Depuis que l’administration « Trump II » a interdit de visa cinq personnalités européennes jugées responsables ou complices de la régulation numérique dans les Vingt-sept, soi-disant au détriment des Gafam américains, l’Europe s’insurge et demande des explications. Bras de fer transatlantique.

« Le département d’Etat [américain] prend des mesures décisives contre cinq individus qui ont mené des efforts organisés pour contraindre les plateformes américaines à censurer, démonétiser et réprimer les points de vue américains auxquels elles s’opposent. Ces militants radicaux et ces ONG militarisées ont favorisé la répression de la censure par des Etats étrangers — dans chaque cas ciblant les orateurs américains et les entreprises américaines », avait lancé sans retenue Marco Rubio (photo), le secrétaire d’Etat américain à Washington (1), le 23 décembre 2025.

Le ministre Roland Lescure au créneau
Le Département d’Etat s’est aussi dit « prêt et disposé à élargir la liste actuelle », qui, pour l’heure comprend cinq personnalités européennes que sont (par ordre alphabétique) : le Britannique Imran Ahmed (fondateur et directeur général du Center for Countering Digital Hate), l’Allemande Josephine Ballon (directrice juridique de HateAid), le Français Thierry Breton (ancien commissaire européen à la Commission européenne), la Britannique Clare Melford (cofondatrice et directrice générale du Global Disinformation Index), l’Allemande Anna-Lena von Hodenberg (fondatrice et directrice générale de l’organisation HateAid).
Ainsi, parmi ces « militants radicaux et ces ONG militarisées » (dixit l’administration Trump II), celui qui suscite le plus de réaction est Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur de 2019 jusqu’à sa démission en 2024. Le dimanche 4 janvier, Roland Lescure, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a annoncé sur Franceinfo qu’« [il se] rendr[a] aux Etats-Unis, dans quelques jours [pour] rencontrer [son] alter ego, Scott Bessent [secrétaire au Trésor des Etats-Unis, ndlr] », en précisant : « Et je vais lui parler de ça. […] Je vais évidemment lui demander des explications sur cette mesure que je regrette, mais lui rappeler aussi que ce qu’on a adopté en Europe, eh bien oui, c’est différent de la manière dont les Etats-Unis voient la soi-disant liberté d’expression qui conduit à raconter n’importe quoi ». Dans la Commission « von der Leyen II », Thierry Breton fut un des artisans de (suite) la règlementation sur les services numériques – le Digital Services Act (DSA) critiqué par les Etats-Unis – ainsi que de la règlementation sur les marchés numériques – le Digital Markets Act (DMA) également dans le collimateur américain. « Notre première réaction face à ces événements, avait ajouté Roland Lescure sur Franceinfo, c’est qu’on ne reculera pas et qu’on continuera à appliquer une réglementation européenne qui est conforme aux valeurs européennes et qui, oui, contrevient à un certain nombre de convictions américaines aujourd’hui ». Le DSA est particulièrement contraignant pour les grandes plateformes numériques du monde entier, dès lors que ces « VLOP » (Very Large Online Platforms) et « VLOSE » (Very Large Online Search Engines), soit à ce jour une vingtaine de services en ligne (2), ont l’obligation de lutter a priori contre les contenus illicites. C’est sur ce fondement que le réseau social X (ex-Twitter) s’est vu infliger par la Commission européenne la toute première amende « DSA », de 120 millions d’euros, annoncée le 5 décembre 2025 pour « violation de ses obligations de transparence » (conception trompeuse de son “badge bleu de vérification”, manque de transparence de son dépôt publicitaire et refus d’accès aux données publiques pour les chercheurs).
« La DSA rétablit la confiance dans l’environnement en ligne », avait déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie. Cette première sanction financière prise au nom de DSA (3) aurait été, pour l’administration « Trump II », la goutte qui aurait fait déborder le vase. Selon Roland Lescure, les Etats-Unis auraient pris les mesures de « Visa ban » à l’encontre de cinq personnalités européennes, « c’est parce qu’on a fait des choses qui leur déplaisent ; on a frappé juste ».

La Commission européenne condamne
Quant à la Commission européenne, dans une déclaration publiée le 24 décembre 2025, elle a « condamn[é] fermement la décision américaine d’imposer des restrictions de voyage à cinq personnes européennes, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton », et elle a « demandé des clarifications aux autorités américaines ». Le ton reste très diplomatique, avec une mise en garde de circonstance : « Si nécessaire, nous réagirons rapidement et de manière décisive pour défendre notre autonomie réglementaire contre des mesures injustifiées ». Ce statement (4) n’est pas signé, ni par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ni par la vice-présidente Henna Virkkunen. Il réfute l’idée trumpienne que le DSA porte atteinte à la liberté d’expression par la censure, laquelle est au contraire « un droit fondamental en Europe et une valeur fondamentale partagée avec les Etats-Unis à travers le monde démocratique ». Et de défendre les DSA, DMA et autres RGPD : « Nos règles numériques garantissent un terrain de jeu sûr, équitable et équitable pour toutes les entreprises, appliquées de manière équitable et sans discrimination ». Et Henna Virkkunen d’abonder dans le sens de la légitimité de ces règles : « Notre législation numérique a été décidée démocratiquement par le Parlement européen et nos Etats membres » (5).

Des règles transposées par les Vingt-sept
En France, la ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, Anne Le Henanff, intervenait la veille de Noël sur Franceinfo pour bien préciser que « la réponse qui sera apportée, s’il y en a une – elle n’est pas de mon niveau – sera collective et européenne », tout en défendant elle aussi le DSA et en rappelant le soutien du gouvernement français à Thierry Breton (photo ci-contre), qui se voient – comme les quatre autres ressortissants européens – interdit de séjour sur le sol américain. « Le DSA a été démocratiquement composé, puisque les 27 membres ont choisi de l’appliquer dans chacun de leur pays et au niveau européen, a-t-elle rappelé. C’est un règlement qui est décidé par les Européens pour les Européens. C’est un texte que nous avons collectivement souhaité pour nous protéger des dérives et des risques que nous rencontrons parfois sur les grandes plateformes ou les moteurs de recherche, quelle que soit leur origine. On décide que chaque Etat, chaque entité, chaque entreprise qui décide de venir s’implanter sur le territoire européen, respecte nos règles » (6).
La veille, soit dès le 23 décembre 2025, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait posté sur X une déclaration prenant fait et cause pour le Français et les quatre autres : « La France dénonce avec la plus grande fermeté la restriction de visa prise par les Etats-Unis à l’encontre de Thierry Breton, ancien ministre et Commissaire européen, et quatre autres personnalités européennes ». Et le chef de la diplomatie française de mettre les points sur les « i » en faveur de l’Union européenne : « Le DSA a été démocratiquement adopté en Europe pour que ce qui est illégal hors ligne le soit aussi en ligne. Il n’a absolument aucune portée extraterritoriale et ne concerne en aucun cas les Etats-Unis. Les peuples de l’Europe sont libres et souverains et ne sauraient se faire imposer par d’autres les règles s’appliquant à leur espace numérique » (7). Thierry Breton, lui, a réagi à son bannissement des Etats-Unis en dénonçant le 24 décembre sur X « un vent de maccarthysme », et en rappelant que « 90 % du Parlement européen — démocratiquement élu — et les 27 Etats membres à l’unanimité ont voté le DSA » (8). Le Parlement européen a adopté le DSA par 539 voix (54 contre et 30 abstentions), et le DMA par 588 voix (11 contre et 31 abstentions). Quant à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, elle a été « roulée dans la farine » par un Donald Trump sans scrupules ni limites. L’Allemande avait été tout sourire avec Donald Trump lors de l’annonce, à Bruxelles le 27 juillet 2025, de l’accord conclu sur les droits de douane – l’« accord 15 % ». Mais une fois scellé le 21 août suivant, cet accord commercial transatlantique avait été aussitôt suivi – fin août (9) – par des attaques en règle lancées par Donald Trump lui-même contre l’Union européenne et ses taxes sur les services numérique (TSN), son DSA et son DMA.
Même le président de la Federal Trade Commission (FTC), Andrew Ferguson, avait écrit une lettre à treize patrons de Big Tech américaines – dont Apple, Google, Meta, Microsoft, Amazon, X, Signal ou encore Slack – pour dire tout le mal qu’il pensait du DSA qui, selon lui, « incite les entreprises technologiques à censurer le discours, y compris le discours en dehors de l’Europe » (10). La FTC s’est appuyé sur un rapport à charge publié le 25 juillet 2025 par les républicains de la commission judiciaire, présidée par le trumpiste Jim Jordan, à la Chambre des représentants. Son titre : « La menace de la censure étrangère : comment la loi sur les services numériques de l’Union européenne impose une censure mondiale et enfreint la liberté d’expression américaine » (11). En fin d’année 2025, le locataire de la Maison-Blanche, qui adore se faire appeler « président de l’Europe » par… certains dirigeants européens, avait fait préparer le bras de fer par son secrétaire d’Etat au Commerce Howard Lutnick, venu à Bruxelles le 24 novembre 2025 – épaulé par le représentant commercial des Etats-Unis Jamieson Greer – pour mettre à nouveau en cause la législation numérique européenne. Avec un chantage à la clé, sur l’acier et l’aluminium (12).

Plainte contre l’administration Trump
Ces attaques personnelles font suite à plusieurs offensives antérieures de l’administration « Trump II » à l’encontre du cadre législatif européen pour les services et les marchés numériques. Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio avait lancé les hostilités en demandant – par écrit le 4 août 2025 – aux diplomates américains en Europe de lancer une campagne de lobbying contre le DSA (13). Le Britannique Imran Ahmed (Center for Countering Digital Hate), qui vit aux Etats-Unis et sous la menace d’une expulsion, a déposé plainte le 24 décembre 2025 contre l’administration Trump. Le tribunal de New York lui a accordé une injonction temporaire empêchant son expulsion le temps de l’examen de sa plainte. @

Charles de Laubier

L’ultra-haute résolution (UHD, 4K, HDR, …) monte en puissance, malgré la confusion des formats

L’ultra-haute définition audiovisuelle poursuit sa croissance sur le marché mondial des téléviseurs et autres équipements (lecteur Blu-ray, écran d’ordinateur, vidéoprojecteur, console de jeu, smartphone, …). Mais les différents formats UHD, 4K ou HDR embrouillent les consommateurs.

Difficile de s’y retrouver dans la jungle des formats de UHD (Ultra High Definition), appelée aussi 4K (si 3840 x 2160 pixels), HDR (High Dynamic Range). Car il y a la résolution dite spatiale (le plus grand nombre de pixels possible), comme pour l’UHD 4K, et la résolution dite couleur correspondant à la palette chromatique et au contraste (les pixels sont optimisés), comme l’HDR10 ou le Dolby Vision. Sans parler de la résolution dite temporelle (nombre d’images par seconde), allant de 24 à 60 IPS (voire jusqu’au record de 500 IPS dans le gaming). La multiplicité des formats brouille les pistes.

Confus malgré les 10 ans de l’UHD Alliance
Le 5 décembre dernier, l’association UHD Partners France, présidée par Laurent Villaume (photo de droite), a dressé son état des lieux annuel de l’avancée de l’ultrahaute définition dans l’Hexagone. Si l’on peut regretter qu’elle ne fasse pas plus œuvre de pédagogie pour permettre de s’y retrouver dans tous ces formats et résolutions, sa présentation a le mérite de mettre un coup de projecteur sur la 4K ou ses équivalents. « En pratiquement moins de dix ans, l’UHD 4K est devenue une réalité incontournable : plus de 75 % des foyers français sont équipés de téléviseurs compatibles ; le son en haute résolution immersif poursuit son implantation rapide [Dolby Atmos ou DTS:X sur les téléviseurs, les barres de son ou encore les DVD Blu-ray, ndlr] ; les ventes de disques BD[Blu-ray Disc, ndlr] UHD 4K ont dépassé celles des DVD aux Etats-Unis ; la TNT commence à diffuser en UHD – avec France 2 et France 3 », s’est félicité Laurent Villaume. L’association qu’il préside, l’UHD Partners France dont le siège social est domicilié à Dreux, est en cheville avec l’organisation américaine UHD Alliance, basée, elle, en Californie à Fremont et présidée par Bill Baggelaar (photo de gauche), ex-directeur de la technologie chez Sony Pictures Entertainment pendant une douzaine d’années – où il a travaillé sur (suite) le 4K HDR et les fichiers IMF (Interoperable Master Format) pour l’UltraHD – et auparavant ex-ingénieur et responsable de la technologie chez Warner Bros. Entertainment durant treize ans (1). L’UHD Alliance a été créée il y a dix ans par les principaux studios hollywoodiens (Walt Disney, Twentieth Century Fox et Warner Bros., rejoints ensuite par Universal Pictures et Paramount), des fabricants d’électronique grand public (Panasonic, Samsung, LG, Sharp, …), des distributeurs de contenus (Netflix, DirecTV, …) et des sociétés technologiques (Dolby, Technicolor, …). L’objectif de ce consortium est de clarifier la norme UHD et de la normaliser avec le plus grand nombre de partenaires de l’écosystème audiovisuel et cinématographique, bien que Sony Pictures n’en soit toujours pas membre (2). Car il s’agit de ne pas réitérer les erreurs de communications et de normalisation qui avaient engendré de la confusion dans le grand public lors du lancement en 2005 – il y a vingt ans – des téléviseurs HD avec les « standards » HD Readyn, Full HD (720p, 1080i, 1080p, …), HD DVD et Blu-ray. Or, encore aujourd’hui, le cauchemar perdure avec l’UHD, alias la 4K « grand public » (3840 x 2160 pixels), la vraie 4K « cinéma » (4096 x 2160 pixels) et les différents formats HDR (HDR10, HDR10+, Dolby Vision, Filmmaker Mode, …). L’Alliance UHD tente d’harmoniser pour que les consommateurs s’y retrouve dans les ultra-hautes définitions et les 4K, d’une part, et dans les résolutions et les dynamismes des images, d’autre part.
Mais ce n’est toujours pas gagné ! Le consortium hollywoodien incite les industriels – fabricants de produits de divertissement à domicile, d’appareils mobiles et producteur de contenus – à apposer ses logo « Ultra HD Premium » ou « Mobile HDR Premium », dès lors qu’ils sont conformes aux « exigences de performance en matière de résolution, de plage dynamique élevée, de couleur et d’autres attributs vidéo et audio ». Ce qui est censé les rendre faciles à identifier et à acheter « en toute confiance pour les consommateurs » (3). Mais cela ne prend pas en compte tout le spectre des normes et standard de l’UHD, notamment Dolby Vision ou encore Imax Enhanced (Imax + DTS).Un marché mondial ultra-prometteur
L’enjeu d’une clarification de l’UHD et de la 4K pour le grand public est de taille, alors que la 8K commence à se montrer (au-delà de la 6K réservée à la production et au montage, mais pas dans la diffusion). Le marché mondial de l’UHD est estimé à environ 258 milliards de dollars pour l’ensemble des technologies 4K (TV, écrans, set-top boxes, smartphones, ordinateurs, consoles de jeu, etc.), avec une croissance annuelle moyenne prévue de 20 % jusqu’en 2035, selon Future Market Insights (4). Le seul segment des TV 4K UHD représente déjà plus de 80 milliards de dollars en 2024 et devrait dépasser 225 milliards de dollars en 2031. Le seul segment des TV 4K UHD représente déjà plus de 80 milliards de dollars en 2024 et devrait dépasser 225 milliards de dollars en 2031 d’après cette fois Global Info Research (5). Les streamers mondiaux Netflix, Disney+ ou encore Amazon Prime Video sont demandeurs de « 4K » et de HDR, et les studios d’Hollywood sont déjà en train de leur en faire voir de toutes les couleurs.

Disques : Blu-ray 4K UHD en hausse
Le marché mondial des disques optiques physiques en profite aussi, malgré le déclin des simples DVD. C’est le cas aux Etats-Unis : « Malgré la forte augmentation des modèles de streaming, le modèle de propriété EST [Electronic SellThrough, modèle où l’utilisateur achète définitivement un film ou une série en version numérique, ndlr] a connu une augmentation des revenus avec des ventes en hausse de 5 %. Les ventes de Blu-ray 4K Ultra HD ont connu une augmentation de 9 % pour le premier semestre 2025″, a expliqué le 5 décembre à Paris Victor Matsuda, président de la Blu-ray Disc Association (BDA), basée à Los Angeles. Rien qu’au premier semestre 2025, le Blu-ray Disc 4K UHD a généré 34,8 % du chiffre d’affaires des ventes aux Etats-Unis des packaged media, qui désignent les supports physiques vendus dans un emballage. Soit bien plus que les 28,9 % atteints sur toute l’année 2024 (voir tableau ci-dessus). La BDA constate que malgré la prolifération dans le monde des plateformes de streaming et du contenu destiné uniquement au streaming, « les studios continuent de sortir des titres sur Blu-ray et Ultra HD Blu-ray à un rythme régulier ». Rien qu’en 2024, 3.365 titres uniques ont été publiés en Blu-ray, 4K UHD Blu-ray, Steelbox ou encore Collections, d’après le site Blu-ray.com qui est indépendant de la BDA. « A fin novembre 2025, il y a eu 3185 références (SKU) lancées/ mises sur le marché (depuis le début de l’année) », a indiqué Victor Matsuda, les licences « BDA » de logiciels Blu-ray ayant augmenté de près de 20 %. Les fabricants de lecteurs jouent le jeu : Sony a sorti un lecteur 4K Ultra HD Blu-ray en mars 2025, tandis que Panasonic a sorti un 4K Blu-ray HDR10+ en janvier 2025. « Les amateurs de cinéma continuent d’aimer le Blu-ray Ultra HD. Une tendance similaire pour les aficionados de la musique continue de prendre de l’ampleur. Il y a une augmentation des activités de promotion musicale Blu-ray dans l’Union européenne en 2025, et cela va s’étendre aux Etats-Unis et au Japon en 2026 », a indiqué en outre le président de la BDA, laquelle a fêté son 20e anniversaire en 2024.
En France, selon le Syndicat de l’édition vidéo numérique (SEVN) présidé par Nathalie Graumann, la part de la 4K dans le chiffre d’affaires du marché de la vidéo physique est en progression constante, passant de 0 % en 2026 à 19 % en 2025 (cumul à mi-novembre) avec 2.139 références (voir tableau ci-dessous). Lors du précédent focus « 4K » effectué par Edition Multimédi@ il y a deux ans (6), le taux était de 13 % en 2023, pour seulement 1.548 références. Le prix moyen d’une nouveauté 4K Blu-ray s’établit à 34,27 euros en 2025, année où des titres de référence comme « Gladiator II », « Mission: Impossible – The Final Reckoning » ou encore le Star Wars « The Mandalorian – Season 3 » sont cités comme des succès du format 4K. @

Charles de Laubier

Le Français Yann LeCun (ne) retournera (pas) en France

En fait. Le 9 décembre marquera l’anniversaire des 12 ans du Français Yann LeCun chez Facebook (devenu Meta), jour où il a été nommé directeur du laboratoire de R&D en intelligence artificielle (FAIR), tout juste crée. Le 31 décembre 2025, le « frenchie » quittera Meta pour créer sa start-up.

En clair. « Je prévois de quitter Meta après 12 ans : 5 ans en tant que directeur fondateur de FAIR [Facebook AI Research] et 7 ans en tant que scientifique en chef de l’IA [Chief AI Scientist]. Je crée une start-up pour poursuivre le programme de recherche en intelligence machine avancée (AMI) que j’ai engagé depuis plusieurs années avec des collègues de FAIR, de NYU [New York University] et au-delà », a annoncé le 20 novembre le Français Yann LeCun, sur son compte LinkedIn (1).
Il veut aller au-delà des LLM (Large Language Model), qui ont atteint leurs limites, pour passer à ce qu’il appelle « la prochaine grande révolution dans l’IA » : les Advanced Machine Intelligence (AMI), « des systèmes qui comprennent le monde physique, possèdent une mémoire persistante, savent raisonner et planifient des séquences d’actions complexes ». Mais le « frenchie » (65 ans) ne quitte pas New York pour autant ni ne va servir la France dans sa quête de souveraineté numérique. Yann LeCun a indiqué qu’il (suite) va non seulement lancer sa start-up « AMI » en collaboration avec des collègues du labo FAIR et de l’Université de New York où il enseigne depuis 2003, mais aussi rester proche de la firme de Mark Zuckerberg. « Meta sera partenaire de la nouvelle société », a précisé l’informaticien diplômé de l’Esiee Paris (1983) et de l’Université Pierre et Marie Curie (1987), et devenu spécialiste mondial des neurosciences et du deep learning. Comprenez : l’ex-groupe Facebook sera l’un des investisseurs de sa start-up. « L’AMI aura des applications de grande envergure dans de nombreux secteurs de l’économie, dont certains recoupent les intérêts commerciaux de Meta, mais beaucoup non », a-t-il aussi indiqué, alors qu’il reste salarié de Meta jusqu’au 31 décembre 2025.
Concernant le labo FAIR, devenu Fundamental AI Research lorsque le groupe a été rebaptisé Meta Platforms en octobre 2021, il réduit la voilure d’environ 600 postes, selon CNBC (2), pour passer sous les 3.000 employés, lesquels sont répartis dans différentes implantations : New York, Menlo Park, Londres, Montréal et Paris. Les bureaux de FAIR Paris (3), installés il y a 10 ans, sont aussi impactés en proportion par rapport à plus d’une centaine de chercheurs. Le départ de Yann LeCun s’explique par la décision de « Zuck » d’investir plus sur la commercialisation de l’IA, comme son modèle Llama (4), au détriment de la recherche fondamentale. @

L’intelligence artificielle plane sur les nouvelles « Assises du livre et de l’édition » du SNE

Alors que les Assises du livre numérique changent de nom pour devenir, le 4 décembre 2025, les « Nouvelles Assises du livre et de l’édition » (organisées par le SNE), le spectre de l’IA plane sur les maisons d’édition – avec le groupe Meta comme épouvantail, accusé d’entraîner Llama avec des livres.

Le Syndicat national de l’édition (SNE), qui regroupe les grands groupes de maisons d’édition (Hachette Livre, Editis, MediaParticipations, Madrigall, …) parmi plus de 700 membres, a débaptisé ses « Assises du livre numérique » – qui existaient depuis 2008 – pour les renommer « Nouvelles Assises du livre et de l’édition ». Fini ce rendez-vous dédié aux ebooks, place aux questions sur le livre en général et à ses innovations en particulier. Le thème de la première édition de ces nouvelles assises (1) : « Le pouvoir des livres », au cours d’une journée entière prévue le 4 décembre 2025, sur le site FrançoisMitterrand de la Bibliothèque nationale de France (BnF).

Meta invoque le « fair use » aux Etats-Unis
S’il est désormais essentiellement question de l’avenir du livre en tant que tel, dans la société (« objet social et politique ») et sur son marché (baissier en valeur et en nombre d’exemplaires), ces « Nouvelles Assises du livre et de l’édition » ne pouvaient pas faire l’impasse sur le numérique, bien que désormais relégué au second plan d’un programme tous azimuts (2). D’ailleurs, ne cherchez pas « livre numérique » dans la programmation. C’est l’intelligence artificielle (IA) qui s’est invitée à ces assises du livre. « Convaincus de son rôle essentiel à l’ère de l’intelligence artificielle, les acteurs de l’édition se mobilisent pour garantir le respect du droit d’auteur en régulant ces nouveaux outils et en développant des solutions éthiques et innovantes », a prévenu le SNE en préambule de la présentation de son événement. Et ce, au moment où – avec la Société des gens de lettres (SGDL) et le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (Snac) – ce syndicat du boulevard Saint-Germain a porté plainte contre Meta Platforms au printemps 2025, devant la 3e chambre du Tribunal judiciaire de Paris. Ces trois organisations françaises reprochent (suite) à la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp « une utilisation massive d’œuvres sous droits, sans autorisation de leurs auteurs et éditeurs, afin d’entraîner son modèle d’intelligence artificielle générative ».
Le président du SNE, Vincent Montagne, par ailleurs PDG de Média-Participations, dénonce un « parasitisme » et entend « faire reconnaître le non-respect du droit d’auteur » (3). Pour le président de la commission numérique du SNE, Florent Souillot (photo), également responsable du numérique chez Madrigall (Gallimard-Flammarion), la France est « le seul pays où des représentants d’éditeurs et d’auteurs poursuivent conjointement un fournisseur d’IA – Meta – pour suspicion d’utilisation de livres piratés » (4). L’assignation en justice en France n’est pas la seule action contre Meta, puisque le groupe de Mark Zuckerberg est aussi visé, cette fois aux Etats-Unis, par un groupe de 13 auteurs publiés, qui, à partir de juillet 2023, ont poursuivi Meta devant la justice pour « violation du Digital Millennium Copyright Act (DMCA) et du droit d’auteur en formant ses modèles de langage Llama (LLM (5)) sur leurs œuvres sans autorisation ».
Toutes ces actions américaines contre Meta ont été consolidées dans l’affaire « Kadrey, et al. v. Meta Platforms » devant le tribunal du Northern District de Californie. Et comme l’indique Meta, « le 25 juin 2025, le tribunal a accepté notre requête sur l’usage loyal [“fair use”, dans le texte, en référence à ce principe qui existe en droit américain mais par en Europe, ndlr] » qui permettrait « l’utilisation [par Meta] de livres protégés par un droit d’auteur pour une formation de ses modèles d’IA générative » (6). Le fair use est une exception au copyright, qui, dans le droit d’auteur américain, prévoit une utilisation équitable et sans autorisation de l’auteur. Meta avait téléchargé des livres sur Library Genesis (LibGen) et sur Anna’s Archive, une compilation de « bibliothèques fantômes » comprenant LibGen, Z-Library et d’autres. La cour californienne, qui a ainsi donné raison à Meta pour l’instant, doit encore entendre les requêtes lors d’une prochaine audience prévue le 2 avril 2026.

En Europe, les exceptions au droit d’auteur
A défaut de fair use dans l’Union européenne, où Meta a son siège européen à Dublin en Irlande, les ayants droit de l’édition (éditeurs et auteurs) en Europe doivent agir dans le cadre du règlement européen sur l’IA (AI Act) et dans le respect des exceptions au droit d’auteur dispensant d’obtenir l’autorisation des ayants droit justement. Car la directive européenne « Droit d’auteur et droits voisins dans le marché unique numérique » de 2019, dite directive « Copyright » (7), prévoit une exception de « fouilles de textes et de données » – en anglais, Text and Data Mining (TDM) – qui garantit aux fournisseurs de systèmes d’IA le droit de « moissonner » – « à des fins de recherche scientifique » (8) – un grand volume de données librement accessibles afin d’entraîner leurs modèles d’IA. @

Charles de Laubier

L’éclatement de la « bulle IA » que tout le monde croit voir venir mais qui tourne à l’arlésienne

Fin octobre, les Bourses dans le monde étaient au plus haut à la suite du réchauffement commercial entre la Chine et les Etats-Unis, grâce à un deal conclu entre Xi Jinping et Donald Trump – notamment sur les terres rares de la tech. Mais la « bulle IA » tarde encore à éclater.

Les Bourses et les indices boursiers s’en sont donnés à cœur-joie à partir du 24 octobre 2025 en atteignant pour plusieurs d’entre eux des records en clôture. Cette euphorie des investisseurs – bien qu’un recul boursier ait été constaté début novembre – est intervenue dans un climat commercial apaisé entre les Etats-Unis et d’autres pays dans le monde, Chine en tête. Donald Trump (photo de gauche) et Xi Jinping (photo de droite) faisant la pluie et le beau temps sur les affaires, l’accord commercial conclu le 30 octobre (1) entre les deux premières puissances mondiales, y compris sur les terres rares indispensables à l’industrie de la tech, a redonné du baume au cœur aux marchés.

Les terres rares gonflent la « bulle IA »
Comme l’Empire du Milieu est le numéro mondial des terres rares, qui ne sont finalement pas si rares mais qui sont difficiles à extraire et à purifier (minage + raffinage + traitement), elle détient – avec ses près de 70 % de la production mondiale – une carte-maîtresse dans les technologies (électroniques et numériques). Les terres rares sont cruciales pour les aimants puissants (disques durs, moteurs électriques, éoliennes, …), les écrans et smartphones, les composants électroniques et semi-conducteurs, les cellules solaires et l’innovation énergétique, ou encore les technologies militaires. Les terres rares et plus largement les métaux rares (2) constituent donc un enjeu géopolitique majeur en tant que « pétrole du XXIe siècle ». Or l’intelligence artificielle (IA) est devenue l’épicentre de la demande mondiale en terres rares justement.
Si les IA génératives n’ont pas besoin en tant que telles de terres rares, les systèmes informatiques sur lesquels les systèmes d’IA fonctionnent sont véritablement « terravores » – selon le néologisme adapté par Edition Multimédi@. Les GPU (Graphics Processing Unit), ces processeurs à très haute capacité de calculs parallèles, que l’on retrouve sur les supercalculateurs et les serveurs des data centers, intègrent des terres rares. Des composants périphériques en ont aussi besoin pour leurs performances thermique, optique et électrique, que cela soit pour les systèmes de refroidissement, les disques durs, les alimentations et les convertisseurs ou encore les amplificateurs optiques et les interconnexions. En conséquence, (suite) un accord trouvé entre la Chine (3) et les Etats-Unis (4) – avec un volet sur les terres rares – a de quoi redonner de l’optimisme aux Bourses et aux indices boursiers du monde entier. L’annonce du deal sino-américain avait été faite par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, dès le dimanche 26 octobre 2025 sur ABC News (5) et sur NBC News (6).
En menaçant la Chine de lui infliger des droits supplémentaires de 100 % à partir du 1er novembre si elle imposait des restrictions à l’exportations de terres rares et plus largement de minéraux rares, Donald Trump a obtenu gain de cause… pour l’instant. « Ils [les Chinois] vont retarder cela d’un an le temps de réexaminer tout cela », a indiqué Scott Bessent. Pour la première fois de son second mandat de président des Etats-Unis, Donald Trump a ainsi rencontré le 30 octobre le président chinois, Xi Jinping, dans la ville de Busan en Corée du Sud, en marge du sommet de coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec (7)). L’accord (8) conclu par les deux plus puissants de ce monde gonfle encore un peu plus la « bulle IA », les deux pays étant engagés dans un bras de fer pour dominer le marché mondial de l’intelligence artificielle qui va s’imposer à tous les secteurs économiques de la planète. Les Etats-Unis ont ces dernières années limité l’accès des fabricants chinois aux semi-conducteurs de pointe américains (9), voire en bannissant du marché américain des entreprises chinoises telles que le géant Huawei (10). Mais la Chine entend prouver qu’elle peut acquérir une autonomie dans les micro-processeurs, jusque dans la réduction de leur gravure – de 7 nanomètres actuellement à 3 nanomètres dès 2026, selon les ambitions affichées de Huawei et Xiaomi.

La Chine veut devenir plus « intelligente »
Objectif de Pékin : rattraper son retard par rapport au taïwanais TSMC – géant mondial des puces – qui, selon DigiTimes, va produire en masse pour Apple et Nvidia des semi-conducteurs de seulement 2 nanomètres (11). La rencontre au sommet entre Trump et Jinping est intervenue une semaine après le quatrième plénum du 20e Comité central du Parti communiste (à Pékin du 20 au 23 octobre 2025), qui a mis « l’autonomie technologique » au cœur des priorités de la Chine. Cette nouvelle ambition est inscrite dans le 15e plan quinquennal (2026–2030), dont les grandes lignes ont été adoptées lors de cette session. Le communiqué officiel final publié par Pékin le 23 octobre (12) donne le ton : « L’indépendance et la puissance des sciences et technologies chinoises connaîtront une augmentation considérable. […] Il faut poursuivre l’édification d’une Chine numérique. […] Il convient de rendre plus indépendantes et plus fortes la recherche et l’innovation chinoises de haut niveau ». Lors de cette session, les dirigeants chinois ont souligné l’importance de renforcer l’autonomie technologique du pays, en particulier dans des domaines stratégiques tels que l’IA, les semiconducteurs et les technologies quantiques. L’armée chinoise est aussi priée de s’approprier « au plus vite » l’IA via « la fusion de la mécanisation, de l’informatisation et des technologies intelligentes ».

Bulle IA américaine et bulle IA chinoise
Aux Etats-Unis, la baisse des taux directeurs d’un quart de point – décidée le 29 octobre (13) par Jerome Powell, le président de la Fed (14) – avait été par ailleurs largement anticipée par les marchés. En diminuant de – 0,25 %, le taux des fonds fédéraux (Federal Funds Rate) – c’est-à-dire le taux d’intérêt auquel les banques américaines se prêtent de l’argent entre elles à très court terme – a un impact positif sur presque toute l’économie au travers des crédits immobiliers, des taux des cartes de crédit, ou encore des obligations d’Etat. Cette anticipation a ainsi contribué à favoriser les records des Bourses fin octobre.
Entre l’accord-cadre sino-américain incluant les terres rares et l’assouplissement de la politique monétaire étatsunienne, la bulle IA devrait en profiter aussi – technologiquement et financièrement. Car l’IA reste plus que jamais une affaire de gros sous : les infrastructures informatiques des centres de données sont dévoreuses de capitaux. A la question « Sommes-nous dans une phase où les investisseurs dans l’ensemble sont surexcités par l’IA ? » posée au PDG cofondateur d’OpenAI, Sam Altman (photo ci-dessus), par des médias américains parmi lesquels The Verge le 15 août 2025, celui-ci a répondu sans hésiter : « Mon opinion est oui. […] Lorsqu’une bulle se forme, les esprits brillants s’emballent à partir d’un noyau de vérité [une part de vérité, ndlr] ».
Le représentant de ChatGPT fait lui-même le rapprochement avec la « bulle Internet » (15) qui a éclaté en 2000, en mettant en garde contre les « financements à des valorisation aussi élevées » de start-up de l’IA : « Ce n’est pas un comportement rationnel. […] Quelqu’un va perdre une somme phénoménale d’argent. Nous ne savons pas qui » (16). C’est la première fois que Sam Altman évoquait ainsi la possibilité de l’éclatement de la bulle IA. Mais y at-il une bulle IA ou bien deux bulles IA : une bulle IA américaine et une bulle IA chinoise ? Aux Etats-Unis, la bulle IA s’est formée dans le sillage de la licorne (non cotée en Bourse) OpenAI valorisée jusqu’à 500 milliards de dollars et du fabricant de puces IA Nvidia (coté en Bourse) valorisé 4.741 milliards de dollars au 6 novembre (17). Le Wall Street Journal s’est demandé le 22 octobre si « la vague d’accords circulaires sur l’IA [était] une situation gagnant-gagnant ou le signe d’une bulle ? ». Pour le quotidien financier américain, les « Circular AI Deals » (18) – où les fabricants de puces et des Big Tech de l’informatique investissent dans des entreprises d’IA, comme Microsoft dans OpenAI ou Amazon dans Anthropic, pour que cellesci leur achètent leurs produits ou leur puissance de calcul – pourrait provoquer une réaction en chaîne aboutissant à l’éclatement de la bulle IA. La position dominante de Nvidia dans les processeurs graphiques GPU pour l’IA présente aussi un risque (19).
En Chine, la bulle IA s’est formée dans le sillage : du géant Alibaba (coté en Bourse) valorisé 404 milliards de dollars au 6 novembre (20), investissant des dizaines de milliards de dollars dans des puces IA/GPU via sa filiale T-Head (alias Pingtouge en chinois) ; de Cambricon Technologies, fabricant de puce IA/GPU parfois surnommé le « Nvidia chinois » et soutenu par Huawei et coté en Bourse avec une valorisation de 75 milliards de dollars (21) ; ou encore de la licorne (non cotée en Bourse) DeepSeek, valorisée de 3,4 milliards à… 150 milliards de dollars (selon les estimations incertaines), qui avait secoué la bulle IA étatsunienne en lançant la V3 open source de son IA générative low cost du même nom (22). Ces deux bulles IA – américaine et chinoise – risquent d’éclater à tout moment, successivement ou en même temps. OpenAI est le symbole de la bulle IA américaine : la licorne a levé un total de près de 58 milliards de dollars jusqu’en 2025 auprès de SoftBank, Microsoft, Nvidia, AMD ou encore Thrive Capital, entre autres, afin d’investir des sommes colossales pour faire fonctionner ses IA génératives (ChatGPT, Dall.E, Sora, …).

Quelle bulle IA va éclater la première ?
Mais l’entreprise semi-lucrative (23) de San Francisco perd toujours de l’argent : malgré ses 3.7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024 (près de 13 milliards attendus pour 2025), la licence de ChatGPT affiche une perte nette de 5 milliards de dollars en 2024 (9 milliards estimés en 2025). Son rival Anthropic ne fait guère mieux : 5 milliards de dollars de revenus pour autant de déficit. Rentables les IA génératives ? La bulle IA en Chine est moins développée que celle des Etats-Unis, mais l’autonomie technologique poursuivie par Xi Jinping – avec son 15e plan quinquennal (2026–2030) – devrait la renforcer. @

Charles de Laubier