A propos Charles de Laubier

Rédacteur en chef de Edition Multimédi@, directeur de la publication.

RNT payante : Naïve et Oui FM présents sur « ON »

En fait. Le 13 février, Edition Multimédi@ a pu obtenir l’information selon laquelle
le producteur de musique Naïve – créé par Patrick Zelnik – sera présent dans
le bouquet de RNT payants d’Onde numérique qui édite notamment Musicaa,
un service multi-thématique musical. Par ailleurs, Oui FM y sera aussi.

En clair. Pourquoi s’attarder sur deux des nombreux partenaires que compte déjà
la société toulousaine Onde numérique pour son futur bouquet de radio numérique terrestre (RNT) payant « ON » ? Car Naïve Records et Oui FM illustrent les deux
types de services audios qui seront proposés dans un an par cette offre de RNT payante sans précédent en France. « Nous lancerons le service en mars 2014 pour
une réception à domicile via ADSL et Wifi, puis sur smartphone et tablettes en 3G/4G, pour ensuite le proposer dans les véhicules en juillet 2014. Et ce, pour un tarif légèrement supérieur à 5 euros par mois à domicile et d’un peu plus de 10 euros par mois en voiture (ou moins si l’on est déjà abonné chez soi) », nous indique Franz Cantarano. Présenté comme un CanalSat de la radio, Onde numérique n’exclut pas une introduction en Bourse pour lever des capitaux et vise à terme 4 millions d’abonnés
– en s’inspirant de SiriusXM et ses 23,9 millions d’abonnés aux Etats-Unis.
Si Naïve n’apparaît pas dans les noms des partenaires qui sont listés dans la décision
du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) daté du 15 janvier et publiée au J.O. du
26 janvier, c’est que le label de Patrick Zelnik fait partie de la dizaine de fournisseurs du
« service multithématique musical » Musicaa édité par Onde numérique. S’y trouvent aussi RTL, NRJ Trace ou encore FG Radio. C’est ainsi le seul producteur de musique
à se lancer dans la RNT payante. Patrick Zelnik a créé Naïve Records en 1997, après avoir été président du Snep (1) de 1990 à 1992, puis de 1994 à 1997. Il fut aussi coauteur, avec notamment Jacques Toubon, du fameux rapport Création et Internet remis en janvier 2010 avec 22 propositions (2), dont la carte Musique en ligne qui fut un échec (3).
Quant à la radio Oui FM, elle sera présente non pas dans Musicaa mais en tant que « Oui 2 » sur le bouquet ON comme le seront aussi Europe 1, BFM, Euronews ou encore FIP. Or Oui FM est membre du conseil d’administration du Syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes (Sirti), lequel est farouchement hostile au lancement de « ce monopole de la RNT payante » et ulcéré du retard pris par le lancement de la RNT gratuite et pour tous (lire ci-dessous). « Cela ne remet pas en question notre présence au sein du Sirti », nous a assuré Emmanuel Rials, DG d’Arthur World Radio, société éditrice de Oui FM et de Oui Télé. @

Christophe Pingard, Solocal Group : « Nous devenons un groupe de communication locale 100 % digital »

Le directeur général délégué de Solocal Group nous explique pourquoi le groupe Pages-Jaunes a ainsi changé de nom et comment l’éditeur d’annuaires est devenu un géant de l’Internet de proximité, en « coopétition » avec Google, Microsoft, Facebook et Yahoo. Le mobile tire sa croissance.

Propos recueillis par Charles de Laubier

Edition Multimédi@ : Rebaptiser Pages Jaunes en Solocal, n’est-ce pas sonner le glas des annuaires papier au profit du Net ? Des départements n’ont
déjà plus d’annuaires Pages-Blanches. Arrêterez-vous d’imprimer ?
Christophe Pingard :
Aujourd’hui, notre groupe est le numéro 1 de la communication locale, que ce soit sur Internet, mobile ou imprimé. Notre axe de croissance
repose sur nos activités digitales qui représentent déjà
plus de 58 % de notre chiffre d’affaires (1) et devraient atteindre 75 % en 2015. Nous sommes véritablement la success story d’Internet en France ! Et cette transformation en un groupe 100 % digital se fait sans renier les annuaires imprimés (2). Nous adaptons leurs productions et diffusions selon les besoins : après Paris en 2011, les annuaires Pages-Blanches ont été arrêtés depuis 2012 dans les grandes villes comme Nice, Marseille ou encore Lyon, mais les Pages-Jaunes sont encore distribués sur toute la France. Plus de 72 % des personnes que nous avons interrogées en novembre 2012 nous ont répondu qu’elles souhaitaient recevoir nos annuaires imprimés. Solocal exprime de manière plus directe notre atout différenciateur par excellence qu’est le local, et de traduire de façon plus concrète notre métier : mettre en relation les professionnels et les consommateurs grâce aux contenus, solutions publicitaires et services transactionnels de nos 17 marques (Pages-Jaunes, Mappy, Keltravo, etc.).
A noter que filiale Pages-Jaunes garde bien son nom et reste l’un de nos actifs clés !

Jeux de société, le retour

peine ai-je rejoint mon fauteuil dans la salle déjà plongée dans le noir que j’entame une expérience cross media encore inédite entre cinéma et social gaming. Au cœur d’images immersives à couper le souffle, mon avatar va commencer une traditionnelle partie d’échecs avec l’acteur-titre du film. Tout autour de nous, les avatars des membres de mon réseau social retiennent leur souffle. N’est-ce pas
la survie de notre système solaire qui se joue à travers cette ultime partie ! Que de chemin parcouru en quelques années. Les jeux vidéo, qui envahissent toujours plus de domaines, ont très tôt su tirer parti du formidable tremplin que représentent les réseaux sociaux. Ce nouveau segment du social gaming, qui en 2012 pesait déjà 36 % du marché du jeu en ligne (soit 13 % du marché du jeu vidéo global), enregistre une croissance telle que, dès 2016, il dépassa la barre des 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires au niveau mondial.

« Finalement, il était temps que la dimension sociale
vienne aux jeux vidéo, tant le jeu se joue en société
depuis ses origines les plus anciennes. »

La feuille de route du gouvernement pour le très haut débit : le plan de la dernière chance

Pendant que le chef de l’Etat parlait le 20 février d’« ambition numérique de la France », le Premier ministre fixait à 20 milliards d’euros l’objectif de « connecter 100 % des foyers au très haut débit d’ici 10 ans ». La feuille de route numérique accélèrera-t-elle le déploiement de la fibre ?

Par Katia Duhamel, avocat, cabinet Bird & Bird

Les ministres Fleur Pellerin (Economie numérique) et Cécile Duflot (Egalité des territoires) ont réuni le 13 février 2013 les acteurs concernés (industriels, opérateurs, associations d’élus locaux et parlementaires, …) en prévision de la présentation de la feuille de route numérique définitive du gouvernement
le 28 février. Si les acteurs privés se font peu entendre, les représentants des collectivités ont d’ores et déjà largement commenté les propositions gouvernementales intitulées
« Stratégie nationale de déploiement du très haut débit ». L’accueil, généralement favorable, reste teinté de prudence. Car si les objectifs semblent clairs, les modalités de mise en oeuvre doivent être largement précisées.

TF1 : « Monétisation croissante de la vidéo en ligne »

En fait. Le 19 février, le conseil d’administration du groupe TF1 s’est réuni sous la présidence de Nonce Paolini (1) pour arrêter les comptes de l’année 2012 : le chiffre d’affaires est stable à 2,6 milliards d’euros, pour un résultat net en recul de 25,6 %
à 136 millions d’euros. Plus de payant en 2013.

En clair. La crise économique va continuer à peser sur les recettes publicitaires de TF1, qui prévoit une baisse de 3 % de son chiffre d’affaires cette année (2). Dans son rapport financier annuel 2012 publié le 19 février, la filiale de Bouygues dit vouloir « consolider
son offre gratuite » (quatre chaînes gratuites que sont TF1, TMC, NT1, et HD1) mais aussi « renforcer son offre payante » (Eurosport/Discovery, LCI, TV Breizh, TF6, Série Club, Histoire, Ushuaïa TV ou encore Stylia). Le rapport annuel indique notamment que
« la monétisation croissante de la vidéo en ligne » contribue – avec par ailleurs la hausse de la publicité sur les chaînes de la TNT et Eurosport – « à compenser le recul de la publicité sur la chaîne TF1 ». Mais le rapport ne dit mot sur l’offre de SVOD que prépare TF1 pour 2013 afin de contrer l’arrivée d’Amazon et de Netflix, voire de Hulu. « Nous y travaillons et nous rediscutons avec M6 et Canal » (3), nous avait indiqué Régis Ravanas, directeur général adjoint de TF1, en marge de la présentation de MyTF1 Connect le
17 janvier dernier.
Pour l’heure, le chiffre d’affaires vidéo de TF1 affiche une croissance des revenus de
7,4 % à 84,1 millions d’euros – notamment grâce à « la progression des ventes de VOD ». Le résultat opérationnel courant de TF1 Vidéo est légèrement positif à 300.000 euros
en 2012, après une perte de 11,7 millions d’euros l’année précédente. Quant à l’activité
e- TF1, elle enregistre une forte croissance de son chiffre d’affaires à 101,3 millions d’euros (+ 19,2 %) et un doublement de son résultat opérationnel à 18,3 millions d’euros. Et ce, grâce notamment à MyTF1 qui totalise sur l’an dernier sur son site web 658 millions de vidéos vues en replay (télévision de rattrapage), soit une hausse de 20,3 %. Depuis son lancement en janvier 2011, le succès de l’application MyTF1 se poursuit avec plus
de 4,5 millions de téléchargements à fin décembre 2012. Le site MyTF1.fr enregistre une hausse de sa fréquentation : 8 millions de visiteurs uniques en décembre 2012, soit une progression de 1,3 % par rapport à décembre 2011. « Ce succès tant en termes d’audience, de chiffre d’affaires que de rentabilité démontre à nouveau la pertinence de
la stratégie digitale de TF1. (…) Le groupe allie désormais l’efficacité du média de masse
à la proximité des médias numérique », se félicite le groupe dans son rapport financier. @