S’infligeant une sévère restructuration, Solocal poursuit sa transformation numérique vers le « mobile first »

Depuis six mois que Pierre Danon (ex-Numericable) et Eric Boustouller (ex-Microsoft) dirigent Solocal, la restructuration de l’ex-PagesJaunes (4.500 emplois supprimés d’ici 2019, désendettement, économies, …) bat son plein. Le recul du search local – son coeur de métier – est compensé par la hausse du marketing digital.

Sur près de 52 millions de personnes en France qui se sont connectées au moins une fois à Internet en un mois, soit près de 83 % des Français, 28,5 millions d’entre elles sont allées visiter non seulement le portail Pagesjaunes.fr, mais aussi Mappy.com, Ooreka.fr ou encore Avendrealouer.fr. Cette audience de masse place le groupe Solocal (ex-PagesJaunes) en septième position du nouvel « Internet global » de Médiamétrie, dont la mesure d’audience s’appuie désormais sur un panel renforcé de plus de 30.000 internautes et mobinautes, dont plus de 13 % d’entre eux sont équipés de deux ou trois écrans (ordinateurs et/ou smartphone et/ou tablette). Résultat : Solocal se hisse en septième position des audiences Internet en France, derrière Google, Facebook, Microsoft, les sites du Figaro, Webedia et Wikipedia.

Double changement de paradigme
A lui seul, le groupe français de la recherche locale et de l’information géolocalisée génère en ligne l’équivalent de près de 60 % de l’audience de Google en France (plus de 50 millions de visites unique en un mois). Les 28,5 millions de visiteurs de l’ex-PagesJaunes sont en passe d’être majoritairement des mobinautes, lesquels génèrent actuellement 52,6 % des visites, toujours devancés par les internautes utilisant un ordinateur (60,1 %), tandis que les tablonautes représentent, eux, 19,7 % de l’audience – sachant qu’un utilisateur peut utiliser plusieurs écrans. Au rythme où va la croissance des visites en mobilité, l’audience de Solocal générée à partir de smartphones devrait arriver en tête des visites en 2018, coiffant au poteau l’ordinateur. C’est à un double changement de paradigme – être passé du print au digital et maintenant basculer dans le « mobile first » – que le groupe dirigé par le tandem Pierre Danon et Eric Boustouller (photo), respectivement président du conseil d’administration et directeur général depuis maintenant six mois, doit faire face. Le mobile apparaît comme Lire la suite

Pages Jaunes : des allures de médias face à Google

En fait. Le 4 juillet, le groupe Pages Jaunes – qui doit publier le 27 juillet ses résultats semestriels – a lancé un « profit warning » sur ses résultats 2011.
Ses objectifs annuels (stabilité des revenus et de la marge brute) ne seront
pas atteints, en raison d’une grève contre le projet « Jump ».

En clair. Le projet « Jump 2012 », lancé l’an dernier pour accompagner la mutation du groupe Pages Jaunes de l’annuaire imprimé vers la version numérique, laquelle génère déjà 60 % de ses revenus, a du mal à passer auprès d’une partie des forces vives (2.100 commerciaux et VRP sur plus de 4.700 personnes). Malgré l’alerte sur ses objectifs 2011, qui ne seront pas tenus, « les Pages Jaunes » dominent le marché de
la publicité locale face à l’omniprésent Google. Selon le Syndicat des régies Internet (SRI), ce marché de proximité – que se partagent Pages Jaunes et le géant du Net – est estimé à 870 millions d’euros en 2010. Le français et l’américain, parfois partenaires, sont d’ailleurs dans le collimateur de l’Autorité de la concurrence en raison de leur position dominante respective (quasi-monopoles). L’ancienne filiale de France Télécom, rachetée en 2006 par Médiannuaire, elle-même filiale du fonds d’investissement KKR (1), pourrait inspirer la presse en ligne. En effet, cet éditeur de «médias locaux » a réussi à se diversifier sur le Net, où il génère aujourd’hui près des deux tiers de son chiffre d’affaires (sur un total de 1,125 milliard d’euros en 2010). Il y a deux ans, c’était l’inverse ! Les recettes des annuaires numériques font ainsi plus que de « compenser » le déclin des annuaires papier. Alors que la presse sur Internet, elle, gagne à peine de l’argent avec ses sites web. D’autant que les petites annonces (PA) ont déserté les journaux, contrairement à Pages Jaunes où les PA locales ont toujours constitué le fond de commerce. Le groupe dirigé par Jean-Pierre Rémy prend de plus en plus des allures de média en ligne : il vient de créer avec l’agence Relaxnews une coentreprise baptisée Relaxevents pour l’actualité culturel locale. Rien que sur le mois de mai 2011, selon l’OJD, son site web affiche plus de 81 millions d’internautes visiteurs et arrive en troisième position derrière Le Bon Coin et L’Equipe (2) ; son appli mobile a reçu, elle, 7,5millions de visiteurs et arrive quatrième, derrière Le Monde, La Chaîne Météo (du Figaro), L’Equipe et Le Parisien (3). Les services géolocalisés, dont Mappy.fr, en font un fournisseur majeur de l’information locale pour smartphones. L’annuaire devient média : Pages Jaunes poursuit « l’enrichissement permanent des contenus ». Car, au-delà des nouveaux supports publicitaires comme la vidéo, des partenariats sont noués avec notamment Allociné, Michelin ou AutoPlus. Les utilisateurs peuvent donner leur avis et contribuer aux contenus. Annuaire, média mais aussi réseau social. @