La vie en 3D

Hier soir, je me suis demandé comment étaient les films, les jeux, les vidéos et la plupart des images qui nous entourent aujourd’hui, avant la généralisation de la 3D. J’imagine que c’était un peu comme à la fin du vingtième siècle, quand nos parents, baignés d’images en couleur, visionnaient avec nostalgie les hésitations d’Ingrid Bergman prisonnière d’un Casablanca en noir et blanc. La 3D fait partie de ces inventions qui nous ont fait rêver si longtemps. Contrairement à l’Internet qui est apparu presque d’un seul coup au tournant des années 1990, la 3D nous vient du fond du 19e siècle, dès 1838, avec la naissance de la stéréoscopie, et nous accompagne depuis lors, puisque ce sont 250 films et émissions de télévision qui ont été produits en 3D tout au long du 20e siècle. Mais durant toutes ces années, ces films ont été relégués, au mieux au rang de curiosités comme La maison de cire (1953) d’André de Toth, et généralement aux archives de leurs maisons de production, comme ce fut la cas pour la version 3D du Crime était presque parfait (1954) d’Alfred Hitchcock.

« Depuis peu, la 3D est même
accessible sur des téléviseurs à prix
raisonnables et raccordés à des
réseaux très haut débits. »

Les producteurs de films demandent plus à Canal+

En fait. Dans un courrier adressé le 7 octobre 2009 au PDG du groupe Canal+, quatre organisations du cinéma refusent un « réaménagement à la baisse des obligations » de la chaîne cryptée dans le financement des films européens et français.

En clair. Les accords sur le préfinancement des films européens et français par le groupe Canal+, principal bailleur de fonds de l’industrie cinématographique en France à hauteur de près de 200 millions d’euros chaque année, arrivent à échéance en fin d’année. Quatre organisations du cinéma (1) et la chaîne cryptée doivent se retrouver à la table des négociations pour que les obligations de Canal+ soient renouvelées pour trois ans (2010 2012). Problème : la filiale de télévision du groupe Vivendi souhaite « moduler » ses obligations de financement – déclaration de Bertrand Méheut, le PDG de Canal +, au Figaro, le 26 septembre –, afin de prendre en compte la nouvelle concurrence audiovisuelle (TNT, VOD, Orange…). Il a profité d’une réunion « bilan d’étape » le 23 septembre avec les professionnels du cinéma pour « préparer le cinéma à des temps plus difficiles ». Il s’agirait de revoir à la baisse les 12 % du chiffre d’affaires que Canal+ doit verser au cinéma européen et les 9 % aux films français, ainsi que le « minimum garanti » par abonné chaque mois de 3,12 euros et la « prime au succès ». Mais les producteurs de cinéma ne l’entendent pas de cette oreille.

TF1 mise sur la diversification numérique

En fait. Le 23 octobre, la direction de la première chaîne de télévision française annonce par un communiqué laconique que « TF1 et [son DG] Axel Duroux ont décidé de se séparer d’un commun accord pour divergence de vues stratégiques sur la conduite de l’entreprise ».

En clair. Axel Duroux sera resté finalement moins de deux mois à TF1 en tant que directeur général. Reste seul maître à bord Nonce Paolini, à la tête de la chaîne depuis maintenant plus de deux ans. Le « différend » qui les a opposés est étroitement lié à la stratégie numérique à adopter. Pour Nonce Paolini, TF1 doit se diversifier pour compenser la tendance baissière de son audience (passée de plus de 30 % de part de marché il y a deux ans à 26,4 % aujourd’hui) et affronter une concurrence accrue des chaînes de la TNT et du Web. Pour Axel Duroux, TF1 devait au contraire de concentrer sur son métier historique pour retrouver les niveaux d’audience d’antan et ne pas se contenter des résultats actuels. Les deux dirigeants n’étaient pas d’accord notamment sur la diversification dans la radio numérique. En 2008, le groupe TF1 a déposé trois dossiers de candidature qui ont été retenus : LCI Radio, Wat Radio et Plurielles Radio. Au-delà du problème de partage de responsabilités entre les deux numéros un – le management à Nonce Paolini et les programmes à Axel Duroux (1) –, c’est tout l’avenir de TF1 qui est en question. Le système d’oligopole de l’ancien PAF (2) vole en éclats sous l’impulsion de la diffusion numérique et d’une concurrence des nouveaux écrans « délinéalisés ». L’audience télé se fragmente, y compris vers les ordinateurs et les mobiles. Après l’ancien tandem Le Lay-Mougeotte de TF1 qui n’avait pas cru à la TNT, Nonce Paolini veut rattraper le retard en rachetant pour 200 millions d’euros au groupe AB les chaînes gratuites TMC (3) et NT1. La veille de l’officialisation de l’éviction d’Axel Duroux, Nonce Paolini a décrit – lors d’un colloque NPA Conseil-Le Figaro – une « stratégie multi-supports » avec la télévision via le réseau ADSL (ou IPTV), les téléphones mobiles multimédias à l’aide du Player TF1 ou encore MyTF1 – déjà proposé sur la Bbox de Bouygues Telecom – pour des services de vidéo à la demande (VOD) ou de télévision de rattrapage (catch-up TV). Sans oublier les sites web à commencer par TF1.fr, mais aussi le site d’échange Wat ou encore Overblog. TF1, qui a lancé le 9 novembre un nouveau portail d’information – Excessif.com – sur le cinéma, les séries, les DVD et les jeux vidéo, est en passe de devenir un « groupe audiovisuel global » et de « dépasser la seule chaîne de télévision pour gagner la bataille des contenus sur tous les écrans ». @