En fait. Le 9 décembre, l’Arcep a publié les chiffres du haut et très haut débit pour le 3e trimestre 2025 : « la fibre optique couvre 93,5 % des locaux », 6,5 % en étant exclus. Il reste encore près de 3 millions de domiciles ou de locaux à être « raccordables » (qui ne veut pas dire « abonnés ») au FTTH.
En clair. « De la Bretagne à Mayotte, de la Dordogne à l’Auvergne, le cap est fixé : en 2025 la France doit être 100 % fibre », nous promettaient encore en août 2021 Jacqueline Gourault, alors ministre de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités territoriales, avec son collègue Cédric O, à l’époque secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques.
L’objectif de ce gouvernement « Castex » (1) reprenait l’ancienne lancée par Emmanuel Macron en 2017 lorsqu’il fut candidat à l’élection présidentielle – « la fibre pour tous en 2025 » – et que le locataire de l’Elysée avait promise dans le cadre du Plan France Très haut débit. Il repoussait d’ailleurs de trois ans le même objectif fixé par son prédécesseur François Hollande du « 100 % fibre » en France d’ici… fin 2022 (2). On sait depuis plus de deux ans que (suite) l’objectif de la fibre pour tous est inatteignable à fin 2025, ce que l’Association des villes et collectivités multimédias (Avicca) ne manque pas de pointer – et encore le 9 décembre dernier (3) – en alertant les gouvernements successifs sur la fracture numérique dans l’Hexagone (4). Car le régulateur des télécoms, l’Arcep, a douché ce jour-là les espoirs de ceux qui croyaient encore y parvenir en publiant ses derniers chiffres, implacables, illustrant l’échec du Plan France Très haut débit en France : au 30 septembre 2025 (les chiffres au 31 décembre 2025 ne seront connus que le 12 mars 2026), le déploiement de la fibre optique atteint un taux de couverture de 93,5 %. « Sur les 45 millions de locaux recensés au niveau national, plus de 42 millions sont raccordables à la fibre optique, tandis que près de 3 millions restent à rendre raccordables », constate l’Arcep. Ces 6,5 % de non encore raccordables (voir tableaux ici) illustrent la fracture dans l’accès très haut débit qui ne sera sûrement pas résorbée d’ici la fin de cette année (sauf à croire au Père Noël), signe l’échec « 2025 » du Plan France Très haut débit créé en 2013 (5).
Et encore « raccordables » ne veut pas dire « abonnés », même si ce n’est plus le problème du Plan mais celui d’Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR : la France compte 26,3 millions d’abonnés à la fibre optique (26.340.000 précisément au 30 septembre 2025), sur le total des 42 millions de « prises » raccordables (42.044.000 exactement). Le FTTH est donc activé à « seulement » 62,6 %. @
Les 4.000 conseillers numériques financés depuis 2021 par le plan France Relance, sous la responsabilité du ministère de la Transformation et de la Fonction publiques (Stanislas Guerini), relèvent désormais du plan France très haut débit, au sein du ministère de l’Economie, des Finances, de la Souveraineté industrielle et numérique (Bruno Le Maire). Cette force vives a été lancée en pleine pandémie du covid pour venir en aide aux Français confrontés à la fracture numérique en général et à l’illectronisme en particulier.
