A propos Charles de Laubier

Rédacteur en chef de Edition Multimédi@, directeur de la publication.

Timeline

15 novembre
• Stéphane Richard, PDG de France Télécom, au DigiWorld Summit (répondant à EM@) : « Nous avons réussi à ne pas étouffer les start-up Deezer et Dailymotion ».
• Jean-Ludovic Silicani, président de l’Arcep, au DigiWorld Summit : « La croissance du très haut débit [fixe] est ‘’faiblarde’’, avec 760.000 clients, dont 250.000 en FTTH ».
• Naguib Sawiris explique au « FT » vouloir racheter SFR.
• Netflix – Kelly Merryman, vice-présidente « Contenu » – au DigiWorld Summit (répondant à EM@) : « Pas de plan en France ; oui la chronologie des médias y est plus difficile ».
• Vevo lance son site de clips vidéo en France, Italie et Espagne.
• Viacom (MTV, Paramout, CBS, …) publie ses résultats annuels, clos 30-09-12 : 13,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires (-7 %) et bénéfice net de 2,3 milliards (+9 %).

14 novembre
• La FFTélécoms a envoyé le 25 octobre à la commission « copie privée » une proposition de nouveaux barèmes pour pour les box, les tablettes et les téléphones, révèle « PC Inpact ».
• Pascal Cagni, ex-Apple, au DWS : « L’écosystème d’Apple est certes fermé mais il a permis des innovations technologiques ».

Exaspération culturelle

Cette semaine, les médias bruissent de rumeurs concernant la restitution publique des conclusions d’un rapport consacré aux nouvelles orientations de la politique culturelle du pays. Le gouvernement en a fait la commande avec l’espoir, plus ou moins avoué et peut-être illusoire, d’enfin réconcilier promotion de la création nationale et mutation technologique. Cet énième rapport sera-t-il à son tour refermé à peine ouvert après avoir suscité d’âpres débats et fait monter au créneau les représentants des différentes parties prenantes ? Rejoindrat- il ces prédécesseurs, comme le célèbre rapport Lescure de 2013 qui devait déboucher sur une série d’ajustements limités de nombreux dispositifs en place ? Des réformes ambitieuses étaient pourtant attendues, les moins bien intentionnés parlèrent de « rustines » pour le dispositif Hadopi. Un rapport qui signa, quoi qu’il en soit, le passage à un « acte 2 de l’exception culturelle » à la française.

« Les Européens sont ainsi en train d’enrayer
la malédiction selon laquelle les cultures nationales fécondes et originales ne s’exporteraient pas. »

Le CSA propose une « exception culturelle » à la neutralité du Net

Pour le CSA et l’Arcep, leur rapprochement – si ce n’est leur fusion – faciliterait
la régulation de tous les acteurs, dont les OTT (Over-The-Top). Le principe de
« fréquences contre obligations » ne s’appliquant pas à tous les opérateurs,
le CSA prône une régulation « culturelle » des réseaux.

Par Winston Maxwell, avocat associé Hogan Lovells LLP

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes ont remis au gouvernement leurs recommandations quant à l’avenir de la régulation de l’audiovisuel et des communications électroniques. En filigrane,
est posée la question de leur éventuelle fusion. L’avis du CSA est
une occasion de rappeler l’incroyable complexité du dispositif réglementaire pour l’audiovisuel en France.

Les opérateurs télécoms financent-ils trop la culture ?

En fait. Le 31 octobre, la FTTélécoms a présenté sa deuxième étude annuelle réalisée par Arthur D. Little. Ses président et vice-président, Pierre Louette (Orange) et Geoffroy Roux de Bézieux (Virgin Mobile), ont à nouveau fustigé
la « sur-fiscalité » des opérateurs, dont celles en faveur du cinéma et la VOD.

En clair. « Nous ne sommes pas opposés au principe du financement de la culture par les opérateurs télécoms, mais à condition que cela se fasse de façon proportionnée.
Les revenus du Compte de soutien à l’industrie des programmes (Cosip) explosent ! »,
a lancé Pierre Louette, président de la Fédération française des télécoms (FTTélécoms), par ailleurs directeur général adjoint et secrétaire général du groupe France Télécom. Il met en garde contre notamment l’augmentation de cette taxe sur les services de télévision (TST) qui alimente le Cosip géré par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Pour les opérateurs membres de la FTTélécoms (dont ne font pas partie Free et Numericable), cette taxe – à acquitter car ils distribuent via leurs box IPTV les chaînes de télévision, mais que la Commission européenne souhaite modifier (1) – a augmenté de 7,9 % cette année à 150 millions d’euros. Tandis que les taxes pour la copie privée et sur la vidéo à la demande (VOD), elles ont bondi de 32,2 % à un total cumulé de 41 millions sur un an (voir tableau ci-dessous). Lors du colloque NPA le 6 novembre, le même Pierre Louette a mis en garde : « Le principe de proportionnalité doit être respecté, c’est-à-dire en proportion des usages fixes et mobiles, sinon ces taxes seront contestées ». Quant à la taxe dite Copé ou « taxe télécoms », instaurée pour compenser la fin de la publicité sur France Télévisions, elle est quasi stable à 235 millions d’euros mais elle devrait annulée en 2013 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Le gouvernement a provisionné 1,3 milliard d’euros pour rembourser les opérateurs télécoms. @

Source : Edition Multimédi@, d’après la FFTélécoms/Arthur D. Little.

Cris de guerre au DigiWorld Summit : «ATAWADAC ! »

En fait. Les 14 et 15 novembre s’est déroulée la 34e édition du DigiWorld Summit 2012, organisé par l’Idate (1) à Montpellier, sur le thème cette année de « Game Changers: Mobile, Cloud, Big Data ». Pour les internautes et mobinautes, cela
se traduit par « Any Time, Any Where, Any Device, Any Content ».

En clair. L’époque des usagers des anciens monopoles publics de télécommunications et des téléspectateurs des grilles de programmes des chaînes historiques de télévision est bel et bien révolue : les utilisateurs – qu’ils soient internautes, mobinautes, téléspectateurs auditeurs, mélomanes et même producteurs de contenus, voire tout cela à la fois – dictent virtuellement leur loi aux industries des télécoms, des médias et de la culture. Leur cri de guerre « ATAWADAC ! » commence à terrifier les opérateurs télécoms confrontés à la baisse de leurs revenus traditionnels et les groupes de télévision remis en question par la délinéarisation, ainsi que les industries culturelles bousculées jusque dans leurs modèles économiques.
Côté télécoms : « Le modèle européen s’épuise et les années de récession se sont installées, tandis que les revenus fixes des opérateurs télécoms baissent et la croissance du mobile ralentit », observe Yves Gassot, le DG de l’Idate. Côté télévision : « Bien que la part de marché des chaînes et des distributeurs reste élevée (…), on observe pour la première fois en 2012 une baisse d’audience de 3 minutes de la TV linéaire et une baisse des abonnés au câble », constate Gilles Fontaine, DGA de l’Idate (2). Résultat : l’écart se creuse entre les Etats-Unis dynamisés par ses « GAFA » (3), d’une part, et l’Europe dépourvue de champions sur un marché unique incertain et vampirisé par les OTT (Over- The-Top), d’autre part. Intervenant à Montpellier, la viceprésident de Netflix, Kelly Merryman, en charge des contenus, ou Ryan Shuttleworth, évangéliste technologique d’Amazon Web Services, voire Barak Regev, responsable de la plateforme Cloud chez Google, faisaient figures de nouveaux entrants – voire d’« intrus » – à la fois dans le monde des télécoms et dans le paysage audiovisuel. Même Rémi Tereszkiewicz, directeur général adjoint de Videofutur intervenant lors du séminaire consacré aux contenus dans les nuages informatique, démontrait que les OTT ne sont pas seulement américain. «Le passage dans le cloud menace de faire voler en éclats l’organisation actuelle », prévient l’Idate. Les détenteurs de droits, eux, peuvent envisager l’auto-distribution et se passer de partenariats avec les opérateurs télécoms, les fabricants de terminaux et les acteurs OTT. A Montpellier, dé-linéarisation a rimé avec « désintermédiation ». @