Les opérateurs mobile virtuels (MVNO) ont 15 ans mais demeurent sous les 12 % de parts de marché

En France, les MVNO ont vraiment décollé en 2005 dans le sillage de trois pionniers – Transatel, Debitel et Omer Télécom. NRJ Mobile fut le premier à se déclarer en tant qu’opérateur auprès du régulateur. Depuis 15 ans, leur part de marché reste limitée, et Free n’en accueille toujours aucun.

Les derniers chiffres en date fournis par l’Arcep le montrent encore, 15 ans après leur apparition en tant qu’opérateur télécoms déclarés : les MVNO (1) peinent à s’acheminer vers les 12 % de parts de marché en France. A fin décembre 2019, les vingt-sept opérateurs mobile virtuels déclarés à ce jour auprès du régulateur des télécoms totalisent ensemble à peine plus de 8,4 millions de clients (2) sur un total de 74,5 millions d’abonnés (3) en France métropolitaine, soit actuellement une part de marché de 11,3 % seulement. La progression a été limitée à 0,4 points sur un an. « Toutefois, malgré un nombre élevé de MVNO sur le marché, l’ensemble des opérateurs virtuels actuels compte tout de même moins d’abonnés que chacun des quatre opérateurs principaux », fait remarquer le courtier en télécoms Ariase. En effet, Orange compte 19,3 millions d’abonnés mobile, SFR 13,5 millions, Free Mobile 13,3 millions et Bouygues Telecom 10 millions.

Condamnés à des marchés de niche
Les MVNO restent cantonnés à des marchés de niche, que cela soit auprès du grand public ou au service des entreprises. Au meilleur de leur forme, en 2014, la cinquantaine de MVNO d’alors affichaient 8,9 millions de clients, soit à l’époque 13 % du marché de la téléphonie mobile. Mais la montée en charge de Free Mobile lancée deux ans auparavant leur a coupé l’herbe sous le pied. Les trois opérateurs mobile historiques, eux, ont répliqué au « trublion des télécoms » en lançant leurs propres marques low-cost : Sosh d’Orange, B&You de Bouygues Telecom et Red de SFR. Depuis les MVNO sont entre le marteau (les opérateurs de réseau mobile) et l’enclume (leurs marques low cost). D’une cinquantaine, les MVNO en France sont passés à une trentaine, en perdant au passage plus de 1 million de clients et deux points de part de marché. Il faut dire que les 2 millions de clients de Continuer la lecture

MVNO : Google Fi couvre l’Europe, dont la France

En fait. Le 10 décembre 2018, la firme de Mountain View a déposé un dossier d’enregistrement de la marque « Google Fi » auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO). Depuis, les spéculations
vont bon train sur le lancement du service MVNO-Wifi en Europe… déjà couverte.

En clair. C’est de Munich, en Allemagne, que Google a déposé le 10 décembre
– via son conseil en propriété intellectuelle Grünecker – sa marque « Google Fi » (1), laquelle remplace le nom de « Project Fi » lancé en 2015 aux Etats-Unis en tant qu’opérateur mobile virtuel – MVNO (2). Google Fi s’appuie actuellement sur les réseaux 4G – en attendant la 5G (3) – de quatre opérateurs mobile que sont les américains Sprint, T-Mobile USA et US Cellular, d’une part, et, depuis deux ans, sur l’européen Three, d’autre part. Ce dernier, propriété du singapourien CK Hutchison
(ex-Hutchison Whampoa), apparaît comme la tête de pont de Google Fi en Europe,
y compris en France puisque Three a passé des accords de roaming avec Bouygues Telecom, Free Mobile et Orange.
C’est ainsi que les utilisateurs américains de Google Fi – dont le nombre n’est pas dévoilé, mais probablement encore limité – peuvent profiter de leur forfait en Europe, pour peu qu’ils aient un téléphone mobile compatible (Google Pixel, Samsung, LG, Moto, OnePlus, et, en bêta, iPhone). Google Fi se sent pousser des ailes avec ses quatre opérateurs hôtes et le recours à plus de 2 millions  de hotspots Wifi. Le géant
du Net affirme ainsi déjà couvrir « plus de 170 pays et territoires en dehors des Etats-Unis », dont les pays européens – y compris la France (4). Et ce, moyennant les mêmes forfaits et tarifs valables partout dans le monde, « sans coût supplémentaire », insiste Google : à partir de 20 dollars par mois (appels vocaux sur Wifi et SMS illimités), auxquels s’ajoutent les appels téléphoniques hors Wifi (0,20 dollar par minutes), les données Internet consommées (10 dollars par Go, gratuites au-delà de 6 Go par mois) et les appels internationaux.
En outre, Google a installé dans ses smartphones Pixel (modèles 2, 3 et 3 XL) sa propre carte numérique eSIM, reconnue par Sprint aux Etats-Unis, Airtel et Reliance Jio en Inde, Truphone et Gigsky à l’international, EE (ex-Everything Everywhere, filiale de BT) en Grande-Bretagne, et – « bientôt », a annoncé Google le 3 décembre dernier (5)– Deutsche Telekom et Vodafone en Allemagne. En France, où Orange et SFR discutent déjà avec Apple pour ses eSIM intégrées dans les iPhone XS/XR et l’iWatch (EM@ 197, p. 5), aucun accord n’est encore intervenu. En conjuguant MVNO, Wifi et eSIM, la filiale d’Alphabet est parée pour devenir opérateur mobile mondial et fin prête pour la 5G. @

Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom : « Nous ne voulons pas être “uberisé” par l’Apple SIM »

Olivier Roussat était l’invité, le 29 octobre, de l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef). Face au « vrai danger » de l’Apple SIM et des GAFA tentés d’être « MVNO pan-européens », il en appelle à l’Arcep pour une régulation permettant aux opérateurs mobile de garder le contrôle leurs clients.

« Le vrai danger de la disparition des frais d’itinérance (roaming) est sur la capacité à offrir – lorsque vous êtes dans un pays européen – des services pan-européens, parce que l’itinérance
ne coûte plus rien. Le vrai danger, et nous l’avons expliqué à la Commission européenne, c’est la porte ouverte à la création de
très grands MVNO [opérateur de réseau mobile virtuel] avec des marques fortes – imaginons Facebook, Amazon, Apple, Google, … – qui peuvent se permettre d’être pan-européens instantanément avec des coûts de prix de reviens assez bas, juste des coûts d’achat à la minutes, et qui n’ont aucune contrainte d’investissement, seulement des coûts variables », s’inquiète Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom.

« Le vrai danger, c’est la porte ouverte à la création de
très grands MVNO avec des marques fortes – imaginons Facebook, Amazon, Apple, Google, … ».

L’Apple SIM et Google Fi en embuscade Devant l’Ajef, le 29 octobre, il s’est dit préoccupé par cette perspective et a fait état de discussions avec l’Arcep pour éviter que cela n’arrive en France. Demain, un nouvel entrant sur le marché mobile pourra commercialiser, de Grande-Bretagne par exemple, des services sur l’Hexagone sans
y être implanté et comme s’il était un opérateur mobile français. Et ce, avec des coûts très bas et sans surcoûts.
Aux Etats-Unis, Apple propose déjà sa propre « Apple SIM » intégrée à certaines de ses tablettes (iPad Pro, iPad Air 2 et iPad Mini 3 ou 4) en donnant à ses utilisateurs – dont la marque à la pomme se veut l’interlocuteur unique – le choix de leur opérateur mobile : pour l’instant AT&T, Sprint ou T-Mobile. En Europe, l’Apple SIM fait ses premiers pas en Europe grâce à des accords avec le premier opérateur mobile britannique EE et l’opérateur international de données GigSky. Mais la firme de Cupertino se défend de vouloir être MVNO, contrairement à son rival Google décidé, lui, à l’être pour surfer sur le succès de son système d’exploitation Android sur mobile (80 % des smartphones dans le monde). L’opérateur mobile et Wifi Google Fi n’a-t-il pas été lancé outre-Atlantique en avril dernier en partenariat avec T-Mobile et Sprint ?
« L’Europe est en train de mettre en place un système où des opérateurs qui ne sont pas européens, ayant des marques extrêmement puissantes, pourront fabriquer un service pan-européen de téléphonie, équivalents en prix de ceux des opérateurs mobile locaux. Sauf que la différence est qu’ils auront une autorité de marque telle qu’on leur permettra de le faire. Cela s’appelle ‘’Fleur bleue’’ ! », déplore Olivier Roussat. Selon lui, la Commission européenne ne comprend pas les problématiques économiques et
la qualifie de « Fleur bleue » à force de vouloir baisser les barrières en permanence… Car il estime que les GAFA ont mis en place une mécanique assez simple : ils vous prennent un profit qu’elle remontent aux Etats-Unis. Et donc chaque fois que la régulation européenne favorise « ces gens-là », elle est juste en train d’augmenter la masse de ce qui remonte aux Etats-Unis. « L’Europe est en train de faire en sorte que ce qui constitue l’économie de la connaissance et l’économie de demain remonte plus facilement aux Etats-Unis. Est-ce le plus intelligent que l’on puisse faire ? Sincèrement non ! Arrêtons de faire en sorte que l’argent du consommateur européen remonte uniquement outre- Atlantique ». Et d’ajouter : « Quand vous regardez bien ce qu’il se passe aux Etats-Unis, où il y a trois opérateurs mobile qui ont accepté un accord avec Apple (AT&T, Sprint et T-Mobile), vous voyez bien que les flux (financiers) circulent dans la même zone. L’erreur importante que commettent les autorités européennes, c’est de ne pas avoir cette vision de l’endroit où cela circule ».

« Nous travaillons avec l’Arcep sur toute la façon dont nous pouvons contrôler l’activation (de la carte SIM) des uns et des autres. »

Le patron de Bouygues Telecom a expliqué, pour la première fois, qu’il comptait bien sur l’Arcep pour mettre en place une régulation contre ces nouveaux entrants potentiels sur le marché mobile français, avec une force de la marque de type « super MVNO Apple en Europe » (dixit Olivier Roussat) : « Cela fait vraiment partie des sujets que
l’on discute avec l’Arcep. (…) C’est quelque chose que l’on peut contrer localement avec tout un tas de mesures. C’est ce sur quoi nous travaillons avec l’Arcep. C’est précisément ce qu’est en train d’essayer de faire Apple pour étendre son emprise. Nous, nous essayons de faire en sorte qu’il ne puisse pas l’étendre. Tout le travail
avec l’Arcep est justement de s’assurer que cela ne va pas exister ».

L’Arcep appelée à la rescousse
Il estime que, selon ses propres termes, ce n’est pas du tout l’intérêt de l’Arcep de
faire en sorte que les opérateurs (mobile) français – qui ont pris des engagements d’investissements – soient littéralement dépossédés du service. L’évolution souhaitée par un Apple est en effet d’être un point de passage obligatoire et de « désintermédier » les opérateurs mobile. « Chacun voit midi à sa porte et essaie de ramasser un peu plus en enlevant un peu plus aux autres ! C’est logique que cela soit l’intérêt d’Apple, du nôtre non… », ironise-t-il, tout en se défendant de vouloir lutter contre une évolution technologie qui, il en convient, va exister. « Mais il n’est écrit nulle par que les opérateurs mobile vont être”uberisés” jusqu’à l’extrême : il y a des moyens de régulation pour faire en sorte que nous gardions le contrôle de nos clients. Cette évolution technologique est inéluctable, mais à nous de travailler pour surfer dessus
et éviter d’aller se faire “uberiser“ par Apple. Ce n’est l’intérêt d’aucun des quatre opérateurs mobile [avec Orange, SFR et Free Mobile, ndlr]. Nous avons commencé
à nous occuper de nous-mêmes en France, puis nous verrons si nous pouvons porter la bonne parole au niveau européen », prévient-il.

La carte eSIM de la GSMA pour 2016
Comment ? Là, il n’a pas souhaité en dire plus pour ne pas dévoiler les mesures de protection envisagées et en cours de discussion avec le régulateur.
Face à l’insistance des questions de Edition Multimédi@ Olivier Roussat a été un peu plus disert mais sans plus : « Vous avez plein de chose dans la définition de qui est propriétaire de quoi en termes d’obligations sur les cartes SIM. C’est vraiment ce sur quoi l’on peut travailler dans le domaine de la régulation. La chance que nous avons
est que nous sommes dans un métier fortement régulé avec des mesures qui peuvent être imposées par le régulateur. Et donc nous travaillons avec l’Arcep sur toute la façon dont nous pouvons contrôler l’activation (de la carte SIM) des uns et des autres, afin que cette évolution technologique n’entraîne pas une disparition du rôle des opérateurs mobile et que nous soyons pas seulement un pipe. Dans ces conditions, il y a des mesures que la régulation peut mettre en oeuvre pour garantir que les choses ne se passent pas comme cela. C’est précisément ce sur quoi nous travaillons avec l’Arcep.
Il n’y a pas de fatalité ».
C’est pour ne pas être « uberisé » que Bouygues Telecom travaille en outre au niveau international – au sein de l’association internationale des opérateurs mobile GSMA dont il est membre aux côtés d’Orange, de Free Mobile et 800 autres opérateurs mobiles dans le monde – pour la standardisation d’une carte dite « eSIM ». Quèsaco ?
Il s’agit d’une puce pré-embarquées dans l’appareil, où elle est soudée et donc indélogeable contrairement aux cartes SIM classiques, et capables d’être activée par
le mobinaute sur son smartphone, sa tablette ou son portable, dès lors qu’il a choisi
son opérateur mobile parmi plusieurs. « Il est possible de mettre des SIM qui ne sont pas codées a priori, car on ne sait pas vers quel opérateur mobile le client va acheter
le téléphone mobile [et quel opérateur mobile il va choisir, ndlr]. Et donc, il faut essayer de mettre en place un téléchargement à distance de la SIM en fonction de l’opérateur », explique encore le PDG de Bouygues Telecom.
La GSMA y travaille déjà avec plusieurs opérateurs mobile – tels que Orange, AT&T, NTT Docomo, Telefónica, Telenor, ou encore Vodafone – et avec des spécialistes de la carte à puce comme Gemalto et Oberthur, ainsi qu’avec des fabricants de terminaux (Samsung, Apple, …). Cette eSIM interopérable est sur le point d’être normalisée et sera intégrée à de premiers terminaux dès 2016. @

Charles de Laubier

ZOOM

Olivier Roussat : un « ami » de 30 ans de Martin Bouygues devenu cost killer
Dans le groupe Bouygues, Olivier Roussat est à Bouygues Telecom ce que Nonce Paolini est à TF1. Deux « Bouygues Boy » plus que de simples hommes de confiance du PDG du groupe familial du BTP et de la communication, Martin Bouygues. Roussat est même presque interchangeable avec Paolini, à tel point que le nom du premier a longtemps circulé pour succéder au second à la tête de TF1 (le contrat de l’actuel PDG de la chaîne arrivant à son terme le 1er avril 2016). Il est d’ailleurs actuellement administrateur de TF1 (lire p. 4). Une fois diplômé de l’école d’ingénieur INSA à Lyon,
il commence sa carrière en 1988 chez IBM. Puis, à trente et un ans en 1995, il rejoint Bouygues Telecom à la direction des opérations réseau dont il prendra la tête. Il dirigera ensuite la production de services télécoms et informatiques, puis le pôle performances et technologies. A partir de 2007 les promotions s’accélèrent : directeur général délégué de Bouygues Telecom depuis le 20 février 2007, il en devient directeur général le 29 novembre 2007, avant d’être nommé PDG le 26 avril 2013. Bouygues Telecom employait jusqu’à plus de 10.000 personnes avant 2011, effectif réduit quelque 8.000 aujourd’hui après un vaste plan de restructuration. Et entre 2011 et 2013, 600 millions d’euros d’économies ont été réalisées, auxquels s’ajouteront 400 millions d’ici à 2016 : soit un total de 1 milliard ! Olivier Roussat est devenu un cost killer. @

La fin des Telcosaures ?

L’ère glaciaire des opérateurs télécoms n’est pas encore venue… Ces dinosaures, comme certains les appellent encore, sont toujours bien là. Ils ont même repris des forces
au moment où les besoins de l’économie numérique en bande passante n’ont jamais été aussi importants. Le désir de connectivité à très haut débit pour tous, à tout moment et en tout lieu, demande encore aujourd’hui des investissements gigantesques et continus que seuls sont capables de supporter des opérateurs puissants. A l’ombre de ces mastodontes qui se dévorent entre eux, notamment en Europe qui offre à leurs appétits une réserve de plus petits spécimens, se développent des opérateurs rapides et plus légers. L’histoire de ces lightoperators est jalonnée d’échecs et de succès. Ils occupent généralement des niches économiques particulières, celles des ruptures technologiques, du low cost et des faibles marges. Seuls quelques-uns, comme Free ou Vodafone ont su sortir du lot et grandir. Alors que la plupart apparaissent et disparaissent au grès des innovations techniques, des fusions-acquisitions et des nouvelles conditions de marché. C’est ainsi que les petits opérateurs d’aujourd’hui succèdent à une génération d’entreprises qui a été progressivement asphyxiée par la baisse tendancielle des prix (services voix, messagerie, haut débit) ou la progression des offres groupées, multi play et bundles en tout genre. Mais, loin des opérateurs historiques, de nouveaux entrants ont pris le relais en exploitant de nouveaux marchés viables. Ils apparaissent d’ailleurs dans un contexte déjà très dense, comme le montre le nombre des quelque 1.000 MVNO déjà recensés dans le monde en 2014. Le nombre élevé de ces opérateurs mobiles virtuels, louant leurs réseaux aux autres, prend en compte la prise de contrôle des plus importants d’entre eux par des groupes puissants. C’était le cas des MVNO dits complets (Full MVNO), comme Virgin Mobile en France ou Telenet aux Pays-Bas, maîtrisant l’essentiel des maillons clés, de la facturation aux fonctions de gestion de réseau – même si par définition ils n’étaient pas propriétaire de l’infrastructure radio.

« Ces light operators sont synonymes de low cost et de faibles marges, mais aussi de ruptures technologiques. »

Comme en réaction à ces forces qui tendent à faire disparaître les petits opérateurs fragiles ou fusionner ceux qui ont réussi, le mouvement continu de création de nouveaux acteurs ne s’est donc pas tari. Les investissements dans les réseaux de nouvelles générations fixe (fibre) ou mobile (4G et 5G) – associés aux mesures réglementaires et anti-concentration, ainsi qu’aux aménagements réguliers du spectre
– ont libéré des espaces favorables au lancement de nouveaux projets de start-up.
La niche du WiFi a également généré son lot d’opérateurs, qui, comme les nord-américains Republic Wireless ou TextNow, ont misé sur cette technologie pour proposer des services d’appels, de messagerie ou de données à des clients souhaitant utiliser leurs smartphones sans recourir aux contrats avec engagement des quatre opérateurs leaders. En France, par exemple, Osmozis s’est paré du titre ambitieux d’« opérateur de services WiFi global » en visant le marché des grands espaces que sont les campings et les ports de plaisance… A cela s’ajoute la possibilité de proposer des services de communication à des clientèles spécifiques, comme cela était déjà le cas par le passé : le britannique Lebara Group sur des cibles ethniques, les néerlandais Trined pour des personnes âgées et Helden Van Nu pour des PME, ou encore le français Sigfox pour du M2M. On ne compte plus aujourd’hui les light operators qui
ont tenté, parfois avec un certain succès, de se faire une place en lançant des services dédiés à destination des enfants, des adeptes de certains sports ou des personnes médicalisées. Plus récemment, des start-up ont proposé des services à destination
des animaux et de leurs maîtres, ou pour gérer ces véritables flottilles d’objets connectés qui nous entourent en permanence.
Condamnés à occuper une place limitée, pouvant aller de 5 % à 20 % du marché selon les pays, ces petits opérateurs sont la respiration nécessaire de l’écosystème. Ils maintiennent un minimum vital de concurrence sur des marchés de nouveau très concentrés, et alimentent le courant d’innovations indispensable à l’apport de nouveaux services de communication, pour nous les utilisateurs. @

Jean-Dominique Séval*
Prochaine chronique « 2025 » : Moi augmenté
* Directeur général adjoint de l’IDATE, auteur du livre « Vous
êtes déjà en 2025 » (http://lc.cx/Broché2025).
L’Institut a publié sur le même thème le rapport « Light operators :
Maturing, and putting on weight » par Christoph Pennings.

Virgin Mobile offrirait bien Netflix avec Videofutur

En fait. Le 25 février, Pascal Rialland, DG d’Omea Telecom (Virgin Mobile) nous
a indiqué qu’il serait intéressé si un accord entre Netflix et Videofutur devait intervenir. Pour l’heure, le premier MVNO français – dont la 4G sera lancée
au printemps – a perdu 6,2 % de clients sur un an, à 1,7 million.

Pascal RiallandEn clair. « Bien sûr », nous a répondu Pascal Rialland (photo), DG
de Virgin Mobile à notre question de savoir s’il serait intéressé par un éventuel accord entre Netflix et Videofutur, alors que des spéculations évoquent un rachat hypothétique de Netgem (maison mère de Videofutur) par Netflix pour entrer sur le marché français. Le premier MVNO français a lancé la Virgin Box il y a près de deux ans maintenant et distribue depuis trois mois la box de Videofutur (1).

Netgem (Videofutur) supporte déjà Netflix en… Scandinavie
Contacté, le DG délégué de Netgem et DG de Videofutur, Mathias Hautefort, nous a répondu : « Nous connaissons bien Netflix puisque nous intégrons – à leur demande –
leur service dans les box que nous fournissons à certains clients opérateurs en Europe. Concernant le marché français, nous considérons que la démarche, que semble entreprendre Netflix, confirme à l’évidence le potentiel de marché OTT [Over-The-Top, c’est-à-dire indépendant des fournisseurs d’accès à Internet (FAI), ndlr] qui est notre cible et qui fait l’objet de notre partenariat avec Virgin Mobile ». Président de Videofutur, Marc Tessier nous a indiqué que ‘Netgem supporte Netflix’ en Scandinavie où il est partenaire technologique de Viasat.
Netflix recherche actuellement la façon d’entrer en France d’ici septembre. Après que David Kessler à l’Elysée ait reçu début décembre David Hyman (General Counsel) et Christopher Libertelli (Vice President Global Public Policy), Netflix a rencontré des FAI début février à Paris. Parmi eux, Bouygues Telecom a confirmé à BFMtv.com l’avoir rencontré. Netgem n’a pas souhaité nous dire s’il y avait discussions avec Netflix. Du côté de chez Virgin Mobile : « Non, pas de rencontre à ce jour », nous a indiqué Pascal Rialland. Proposer Netflix pourrait permettre à la filiale française des groupes britanniques Virgin et Carphone Warehouse – présidée par Geoffroy Roux de Bézieux (2) – de renouer avec la croissance. Car pour l’heure, au 31 décembre 2013, Virgin Mobile a vu sur un an sa base de clients reculer de 6,2 % à 1,7 million (3) et son chiffre d’affaires chuter de 14,4 % (selon Carphone Warehouse sur les 9 premiers mois de son année fiscale qui s’achèvera le 29 mars). Le premier MVNO français avait franchi le cap des 2 millions d’utilisateurs fin 2011 : Free Mobile est depuis passé par là. De son côté, Videofutur revendiquait plus de 50.000 abonnés avant le lancement en novembre de la box éponyme qui en compte 20.000. @