Presse en ligne : les journalistes veulent 50 % des recettes du futur « droit voisin »

Google News, Facebook, MSN, Yahoo News et autres agrégateurs d’actualités vont devoir payer leur écot à la presse en ligne qu’ils utilisent. Mais, en Europe, les éditeurs seront titulaires de ce droit voisin – pas les journalistes qui recevront « une part appropriée » de ces revenus. La moitié ?

« Le principal syndicat des journalistes, le SNJ (1), d’abord hostile à l’instauration d’un droit voisin, y est aujourd’hui favorable », rappelle la députée (LREM) Fannette Charvier, membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale, selon ses propos rapportés dans le rapport du député (Modem) Patrick Mignola (photo) du 30 avril sur la proposition de loi sur la création
d’« un droit voisin au profit des agences de presse et des éditeurs de presse ».

Une « part égale » comme « part appropriée »
C’est sans compter sur le fait que le SNJ et la Fédération européenne des journalistes (FEJ), dont il est membre, ne veulent pas que ce droit voisin soit versé entièrement aux éditeurs de presse, lesquels devront reverser leur quotepart à leurs journalistes dans le cadre d’accords d’entreprises. Les journalistes – ils sont 35.047 dotés d’une carte de presse en France – sont déçus par l’article 3 de la proposition de loi qui prévoit en effet un « droit à une part appropriée et équitable de la rémunération », mais dont « les modalités de sa répartition entre les auteurs concernés sont fixées dans des conditions déterminées par un accord d’entreprise ou, à défaut, par tout autre accord collectif ».
Le compte risque donc de ne pas y être.
Avec le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes, la FEJ – représentant pas moins de 320.000 journalistes en Europe et elle-même membre de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) – et le SNJ appellent à « aller plus loin, en prévoyant dans la loi un partage égal entre les éditeurs et les auteurs du revenu administré dans le cadre d’un système de gestion collective ». Les organisations de journalistes demandent que soient « concomitantes (…) la détermination des clés de répartition de la rémunération entre plateformes et éditeurs d’une part, et entre éditeurs et journalistes d’autre part » (2). De son côté, le député (LFI) Michel Larive met en garde le 9 mai : « L’article 3 ne pose aucune condition permettant aux journalistes de percevoir un seuil minimal de
20 %, 30 % ou encore 50 % de rémunération » (3). Sur la même longueur d’onde,
la Société civile des auteurs multimédias (Scam) a regretté le même jour que « le Parlement [soit] sur la mauvaise voie ». Elle « s’inquiète vivement du sort que ce texte s’apprête à réserver aux journalistes, photographes, dessinateur-rices de presse ». Cette société de gestion collective, qui rassemble 40.000 auteurs, dénonce le fait que ce futur droit voisin ne soit envisagé qu’au profit des éditeurs de presse. « La part réservée aux journalistes serait, quant à elle, renvoyée à des accords collectifs (ou accords d’entreprise). Ce choix fragilise la situation des journalistes alors que les organismes de gestion sont les plus à même de gérer la part de rémunération qui leur revient », regrette la Scam présidée par Hervé Rony. Qui garantira aux journalistes un paiement équitable et en toute transparence d’une juste rémunération ? D’autant que la directive européenne sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique (4), publiée au JOUE du 17 mai 2019, prévoit que « les auteurs dont les œuvres sont intégrées dans une publication de presse devraient avoir droit à une part appropriée des revenus que les éditeurs de presse perçoivent des prestataires de services de la société de l’information pour l’utilisation de leurs publications de presse » (considérant 59).
Pour éviter que les journalistes ne soient les dindons de la farce, la député (LR) Constance Le Grip avait déposé le 26 avril un amendement pour éviter un « décalage » entre la proposition de loi française et la directive européenne. Elle a proposé que « la part des journalistes soit liée au niveau de la rémunération perçue par les entreprises de presse » et que « cette “part appropriée” [soit déterminée en prenant] en considération le montant des droits d’auteur perçus par les journalistes », et enfin
qu’« en l’absence d’accord, le pouvoir réglementaire pourrait fixer les niveaux de rémunération » (5). Mais lors de l’examen en commission des affaires culturelles et
de l’éducation de l’Assemblée nationale, le 30 avril, Patrick Mignola lui a demandé de retirer son amendement.

Journalistes : quel « mécanisme de secours » ?
Le rapporteur de la proposition de loi « Droit voisin » lui a expliqué que Laurence Franceschini – ex-directrice de la DGMIC du ministère de la Culture, actuelle médiatrice du cinéma et l’auteure du rapport de février 2018 remis au CSPLA (6) sur l’application du droit voisin des éditeurs de publications de presse – avait évoqué « la possibilité
que ce mécanisme de secours dans la négociation [entre les journalistes et leurs employeurs] s’insère dans le cadre de la Commission des droits d’auteur des journalistes (CDAJ) ». Le dialogue avec elle devrait donc se poursuivre. A suivre… @

Charles de Laubier

Alors que son fondateur Julian Assange est victime d’un harcèlement judiciaire, Wikileaks fait de la résistance

L’Australien Julian Assange, fondateur de Wikileaks, n’aura jamais autant défrayé la chronique depuis son arrestation le 11 avril à l’ambassade d’Equateur à Londres où il était réfugié depuis sept ans. Il est accusé de « piratage informatique » par les Etats-Unis qui demandent son extradition. Mais rien n’arrêtera Wikileaks.

Son fondateur Julian Assange (photo) aura beau être accusé, harcelé, arrêté, détenu arbitrairement, menacé d’extradition à la demande des Etats-Unis ou encore victime en Angleterre d’une condamnation « disproportionnée » (1) – comme l’a qualifiée le 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse, le comité des droits de l’homme de l’ONU –, cela n’empêchera pas le site « multi-national » d’informations Wikileaks de continuer à exister
et à révéler secrets, scandales, désinformations, corruptions ou compromissions. Créé en 2006 par l’Australien né Julian Hawkins (du nom de sa mère qui s’est ensuite remariée), le média indépendant le plus redouté des puissants de la planète continue à divulguer des données censées ne pas être rendues publiques – avec l’aide de lanceurs d’alertes préservés par l’anonymat et le chiffrement de leurs envois. « Wikileaks se spécialise dans l’analyse et la publication de grands ensembles de données de documents officiels censurés ou bien restreints concernant la guerre, l’espionnage et la corruption. Jusqu’à présent, plus de 10 millions de documents et d’analyses associées ont été publiés », indique Wikileaks sur son site web principal. Ses révélations ne cessent de déstabiliser et de provoquer des remous à travers le monde – surtout aux Etats-Unis.

« Wikileaks, j’adore Wikileaks ! » (Trump, en 2016)
Donald Trump, à qui l’on demandait le 12 avril dernier son avis sur l’arrestation la veille à Londres de Julian Assange, a dû botter en touche : « Je ne sais rien de Wikileaks, ce n’est pas mon affaire ». Alors que trois ans plus tôt, lors de la campagne présidentielle américaine, il s’était montré enthousiaste à la suite de la publication par Wikileaks – en juillet puis octobre 2016 – de plusieurs milliers de contenus d’e-mails embarrassants du Parti démocrate et surtout ceux du directeur de campagne d’Hillary Clinton : « Wikileaks, j’adore Wikileaks ! », s’était alors exclamé Donald Trump…
« Je suis juste un grand fan », avait-il ensuite tweeté en janvier 2017 une fois président des Etats-Unis. Jusqu’à ce que Wikileaks publie par la suite des documents compromettants pour la CIA, l’agence centrale de renseignements et d’opérations clandestines américaine, selon lesquels le Département de la Justice (DoJ) avait relancé secrètement une procédure contre Julian Assange pour « association de malfaiteur en vue de piratage informatique » – ce pourquoi le fondateur de Wikileaks a été inculpé en mars 2018 et fait maintenant l’objet d’une demande d’extradition afin d’être jugé aux Etats-Unis.

Caillou dans la chaussure de l’oncle Sam
La justice américaine l’accuse de conspiration en ayant aidé la soldat américano-britannique Chelsea Manning – ex-analyste informaticienne du renseignement militaire américain (3) – à obtenir un mot de passe de la Défense. Celui qui est toujours directeur de la publication (publisher) du site d’investigation le plus célèbre du monde n’est en revanche pas poursuit à ce stade pour publication de documents confidentiels ni pour espionnage. Pourtant, le directeur de la non moins célèbre Central Intelligence Agency – qui était alors Mike Pompeo, devenu il y a un an le 70e secrétaire d’Etat
des Etats-Unis d’Amérique (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères) – s’était emporté en accusant publiquement Wikileaks d’être un « service de renseignement
non étatique hostile » !
Le média en ligne de Julian Assange s’était déjà mis à dos le pays de l’oncle Sam
en publiant à partir de juillet 2010 des centaines de milliers de documents militaires classés secret-défense de la guerre en Afghanistan, puis des « câbles » (télégrammes) diplomatiques américains compromettants sur les activités et les bavures de l’armée américaine lors de la guerre en Irak (4). A la suite de ces divulgations sans précédent, l’Australien s’était réfugié en 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres pour ne pas tomber dans les mains de la justice américaine – prête à tout pour incarcérer le journaliste, qui refuse d’être extradé vers la Suède, laquelle pourrait à son tour le remettre aux Etats-Unis. « L’enjeu pourrait être une question de vie ou de mort pour Monsieur Assange », a prévenu le 2 mai Kristinn Hrafnsson, le journaliste d’investigation islandais et rédacteur en chef de Wikileaks depuis septembre 2018, après en avoir été le porte-parole. Le 7 mai, Julian Assange (47 ans) a eu la visite en prison de l’actrice Pamela Anderson qui a appelé à lui « sauver la vie ».
Outre son bras de fer avec la plus grande puissance mondiale, le cybermilitant a maille à partir avec Google à qui il reproche sa duplicité. En 2018, Julian Assange a publié
« Google contre Wikileaks. L’histoire secrète de ma confrontation avec le président
de Google [Eric Schmidt, ancien PDG de Google qu’il vient de quitter en mai, ndlr] », publié aux éditions Ring. Le différend remonte à 2012, lorsque que le géant du Net a permis aux autorités américaines d’accéder aux courriers électroniques de Kristinn Hrafnsson et deux autres journalistes de Wikileaks. Et ce, à la suite de mandats émis cette année-là – dont Wikileaks a publié les copies –, mais « contestables » au regard du Privacy Protection Act américain qui protège les médias des intrusions judiciaires.
« Consternés », les trois journalistes avaient reproché en janvier 2015 à Google d’avoir tardé à les en avertir (fin décembre 2014 seulement). Si, par ailleurs, le site web de Wikileaks mentionne toujours ses médias et organisations partenaires de la première heure (5), tels que Le Monde, Libération, Mediapart (France), Der Spiegel (Allemagne), The Guardian (Grande-Bretagne), El País (Espagne), L’Espresso (Italie), The New York Times, Washington Post (Etats-Unis), ainsi que Reporters sans frontières (RSF), beaucoup ont pris leurs distances par la suite. Certains journaux ont reproché au lanceur d’alertes d’avoir rendu publics des documents bruts au risque de mettre en danger des « sources » dans des pays.
Certains de ses confrères de par le monde semblent avoir oublié que Wikileaks a reçu dès 2008 le « New Media Awards » de l’hebdomadaire britannique The Economist et en 2009 le « Media Awards » d’Amnesty International. Julian Assange, qui a été proposé en 2011 (par le député norvégien Snorre Valen) pour le Prix Nobel de la Paix (6), a été désigné personnalité de l’année 2010 par le magazine américain Time (7) et a reçu la même année du quotidien Le Monde le Prix du choix des lecteurs pour la personnalité de l’année. Parmi d’autres récompenses, le patron de Wikileaks a reçu en 2013 le
« Courage Award for the Arts » de la part de la Japonaise Yoko Ono (8), la femme de feu John Lennon, le guitariste des Beatles.
Aux yeux du grand public, Julian Assange reste une icône de la liberté d’informer et
le plus emblématique des lanceurs d’alertes – avec Edward Snowden, Hervé Falciani
et bien d’autres de plus en plus nombreux. La fréquentation du site web principal – wikileaks.org, aux multiples sites miroirs afin de déjouer les tentatives de neutralisation – dépasse les 2 millions de visites par mois, selon le trafic relevé par Similarweb, dont 30 % provenant d’abord des Etats-Unis, 10 % du Royaume-Unis et 5 % de France.

Financement par dons et produits dérivés
Le modèle économique de Wikileaks, site web édité par l’organisation à but non lucratif Sunshine Press Productions créée en 2010 en Islande, ne s’appuie ni sur la publicité
ni sur des abonnements. Ses sources de revenus proviennent de dons (https://lc.cx/Donate) : « Vos dons financent les projets Wikileaks, le personnel, les serveurs et l’infrastructure de protection ». Ce que l’on sait moins, c’est que Wikileaks fait du e-commerce de produits dérivés à sa marque média (t-shirts, stickers, polos, coques de smartphone, etc.) via le site web wikileaks.shop géré par la société Courageous Merchandise, basée au Canada. @

Charles de Laubier

Le technophile milliardaire Serge Dassault a financé la numérisation et la diversification du groupe Figaro

Que serait devenu le groupe Figaro si Serge Dassault n’avait pas consacré depuis près de 15 ans une (petite) partie de sa fortune aux développements numériques et à la diversification de ce fleuron libéral de la presse française ? L’héritier milliardaire a misé sur la technologie, la politique et les médias.

« Soucieux de donner un espace aux idées libérales,
il soutint avec ardeur le développement du Figaro, emmenant le groupe vers la diffusion numérique et une diversification réussie, dans le respect du pluralisme ». Cet hommage appuyé à Serge Dassault (photo) – décédé le 28 mai 2018 à 93 ans – n’est autre que celui du président de la République. Comme Emmanuel Macron, ils sont nombreux à souligner les investissements numériques qu’aura permis l’industriel de l’aéronautique et homme politique en tant que
« président du groupe Figaro », en l’occurrence PDG de Dassault Médias, devenu Groupe Figaro. Y sont également administrateurs, entre autres : Nicole Dassault (son épouse), Olivier Dassault et Thierry Dassault (deux
de ses fils), comme le montre encore le début de « l’ours » du quotidien
Le Figaro. Dépendant de la holding familiale Groupe Industriel Marcel Dassault (GIMD), que présidait Serge Dassault, cette entité Dassault Médias inconnue du grand public – dont l’héritier de l’industriel Marcel Dassault était président du conseil d’administration – avait remplacé il y a sept ans
« la Socpresse ». Ce groupe avait été vendu en 2004 (70 titres (1), dont Le Figaro) par les héritiers de Robert Hersant – l’ancien « papivore » de la presse française – à Serge Dassault. C’est à partir de ce passage de flambeau que ce dernier – milliardaire qui aime sans compter (cinquième fortune
de France) – entamera – via Société du Figaro SAS qu’il présidait là aussi –
la modernisation du Figaro, sa numérisation et sa diversification.

« Passionné de technologie » tourné vers le digital
« Internet, le mobile, le premium, Figaro Live, les nouvelles formes de publicité : le passionné de technologie comprenait d’instinct les enjeux du futur. Il avait fait aussi le constat que, dans le monde si bouleversé des médias, Le Figaro devait s’appuyer sur une diversification forte, un portefeuille d’activités digitales en croissance. Avec l’acquisition de CCM Benchmark et de ses sites Internet [Journal du Net, L’Internaute, Copains d’avant, Comment ça marche, ndlr] qu’il avait personnellement souhaitée, le groupe Figaro est ainsi devenu en 2016 le premier groupe média digital français par son audience », ont écrit Marc Feuillée et Alexis Brézet, respectivement directeur général et directeur des rédactions du Figaro, dans leur édito de l’édition du 29 mai dernier – dont la Une fut parée de noir. Ce mardi matin-là, Serge Dassault leur avait donné rendez-vous – comme chaque semaine, « un rite » – pour évoquer avec eux l’actualité mais aussi parler « des affaires du journal : les ventes, la publicité, les développements futurs, les investissements… ».

Un groupe multimédia diversifié
Le père Marcel avait rêvé d’influence politico-médiatique avec Jour de France dans les années 1950 ; le fils Serge le fera avec Le Figaro après avoir tenté de le faire avec Valeurs Actuelles de 1998 à 2007 (2), quitte à user de pressions sur la rédaction sur fond de censures et de conflits d’intérêts au regard de ses multiples activités industrielles (ventes de Rafale, de Mirage
et de Falcone compris). En tant qu’ingénieur « qu’il n’a jamais cessé d’être » (diplômé de Supaero) et héritier des fleurons technologiques français que sont Dassault Aviation et Dassault Systèmes (fondés par son père respectivement en 1929 et 1981), le feu homme de presse a su accompagner financièrement la mutation de son groupe de médias vers Internet.
« Qu’il s’agisse de l’aéronautique, de la haute technologie numérique, de la communication, notre passion reste intacte. (…) Le groupe Dassault détient aujourd’hui le groupe Figaro, numéro 1 de son secteur en France, présent dans la presse quotidienne et les magazines, mais aussi sur Internet », écrit d’ailleurs le PDG défunt dans son éditorial encore en ligne sur le site web institutionnel (3). Par ailleurs, l’industriel décrit ainsi sa filiale média : « Le groupe Figaro est un éditeur multimédia, dont la production s’étend de la presse écrite aux contenus et supports numériques. (…) Le Figaro.fr est le premier site d’actualité en France, avec près de 7 millions de visiteurs uniques chaque mois. Il est également le premier groupe de presse sur les mobiles, avec notamment les applications chainemeteo.com et figaro.fr ». Celui qui fut directeur de la rédaction du Figaro de 2004 à 2007 témoigne de l’intérêt de Serge Dassault pour la chose numérique : « Serge Dassault ayant une formation d’ingénieur, il était attentif à toutes ces évolutions technologiques. Ayant des réflexes d’industriel, il a permis au groupe Figaro d’investir et de faire l’acquisition de sites web, pendant que j’étais là et ensuite – que ce soit dans l’info elle-même ou dans la transformation digitale de tout le métier des petites annonces, un des piliers du groupe », confie Nicolas Beytout (4) à Edition Multimédi@. Serge Dassault avait fait siennes les communications électroniques, en envoyant régulièrement e-mails et SMS à partir de son smartphone et de sa tablette. Ce polytechnicien à la fibre high-tech veillait autant au contenu libéral de droite de son quotidien Le Figaro, dans lequel l’ancien sénateur LR et ancien maire de Corbeil-Essonnes (5) se fendait d’un édito très politisé pour ses vœux de nouvel an (6), qu’aux développements numériques de son journal.
A force de diversification, le quotidien Le Figaro ne pèse plus que 20 %
des 550 millions d’euros du chiffre d’affaires du groupe en 2017, depuis la finalisation fin 2015 de l’acquisition de CCM Benchmark (7) – soit près de dix ans après avoir revendu le groupe L’Express au belge Roularta (lequel
le cèdera par la suite à Patrick Drahi).
En 2018, d’après les indications données mi-février par Marc Feuillée, directeur général du groupe Le Figaro, le chiffre d’affaires du groupe devrait atteindre 620 millions d’euros (en hausse de 13 % par rapport à
l’an dernier) et le résultat net (non dévoilé par le groupe) « devrait rester positif ». Le vaisseau amiral Le Figaro, qui vise 100.000 abonnés numériques payant (« premium ») d’ici l’an prochain, contre plus de 80.000 aujourd’hui, lancera au second semestre un nouveau site web Lefigaro.fr plus adapté à la mobilité. Selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM, ex-OJD), Lefigaro.fr arrive en deuxième position (derrière Orange.fr) des audiences de sites web d’actualité en France (versions fixe et mobile) avec 96,7 millions de visites sur le seul mois d’avril. Mais l’application mobile, elle, n’est qu’en sixième place avec 24,5 millions de visites (smartphones et tablettes). Son empire aéronautique avec Dassault Aviation s’étend, lui, jusqu’à la conception assistée par ordinateur : Dassault Systèmes est numéro un français des éditeurs de logiciels et numéro deux européen (3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 et 31,7 milliards d’euros de valorisation boursière au 04-06-18)).

Charles Edelstenne à la tête du Figaro
Maintenant que Serge Dassault est mort, la succession prévue depuis 2014 prévoit que ce soit Charles Edelstenne (80 ans) – depuis 2000 président de Dassault Aviation – qui prenne automatiquement la présidence de GIMD dont il était jusqu’alors directeur général. C’est lui qui est désormais président de Groupe Figaro (ex- Dassault Médias).
Quant à Olivier Dassault (61 ans), un des huit administrateurs du groupe média et par ailleurs aussi politicien (député LR) prendra-t-il à l’avenir le relais médiatique de son père ? @

                                                                                                      Charles de Laubier

Comment Arnaud Lagardère purge son activité « médias » et se recentre sur la production audiovisuelle et le digital

Le morcellement de Lagardère Active, l’une des quatre branches d’activité du groupe d’Arnaud Lagardère, laisse craindre pour ses quelque 3.200 salariés une vente de la presse à la découpe. Pour son président Denis Olivennes, il s’agit de tourner la page (exceptés Paris Match et le JDD) pour miser sur l’audiovisuel et
le digital.

Par Charles de Laubier

Les actionnaires du groupe Lagardère SCA – société en commandite par actions, dont Arnaud Lagardère (photo) est le gérant (1) – sont convoqués à la prochaine assemblée générale annuelle qui se tiendra le 3 mai au Carrousel du Louvre à Paris. Il s’agira notamment pour eux d’approuver les comptes consolidés de l’exercice 2017, lequel affiche un bénéfice net
de 178,8 millions d’euros, en hausse de 1,8 % sur un an, pour un chiffre d’affaires en baisse, lui, de 4,4 % à un peu plus de
7 milliards d’euros. Lors de cette grand-messe de ce groupe diversifié et de médias coté en Bourse, il sera proposé de leur verser un dividende unitaire de 1,30 euro par action, un niveau identique à celui de l’année précédente,
soit un montant global maximum pour 2017 d’environ 170,4 millions d’euros sur la base du nombre d’actions composant le capital social à ce jour. C’est toujours bon à prendre, étant donné le contexte incertain dans lequel évolue le groupe d’Arnaud Lagardère.

Médias et audiovisuel : plus que 12,3 % des revenus du groupe en 2017
Depuis la publication, le 8 mars dernier, de ses résultats annuels qui ont quelque peu déçu en termes de rentabilité et de trésorerie, le titre « MMB » – de l’ancien nom de société devenue Lagardère SCA en 1987 – a du mal à se redresser en Bourse après avoir chuté de plus de 7,7 %. Et depuis le pic du 5 mai 2017, l’action a perdu près de
20 %. Pas de quoi pavoiser. Des quatre branches d’activité du groupe – par ordre décroissant de revenus en 2017 : Lagardère Travel Retail (3,4 milliards d’euros), Lagardère Publishing/Hachette Livre (2,2 milliards), Lagardère Active (872 millions), Lagardère Sports et Entertainment (496 millions) –, c’est la troisième qui suscite le
plus d’interrogations et d’inquiétudes. Bien que cette branche historique « médias, numérique et production audiovisuelle » ne pèse plus que 12,3 % du chiffre d’affaires
en 2017 du groupe et ne contribue plus qu’à hauteur de 17,3 % de son résultat opérationnel, Lagardère Active provoque à elle seule un climat anxiogène sur l’ensemble de l’entreprise et une méfiance de la part des investisseurs. En interne d’abord, l’inquiétude est à son comble depuis que le groupe d’Arnaud Lagardère
a lancé une procédure dite d’information-consultation du comité d’entreprise sur
la réorganisation de son activité « médias ».

Arnaud Lagardère préside le pôle « News »
Lagardère Active chapeaute différentes entités telles que Hachette Filipacchi Associés (Journal du Dimanche, Paris Match, Télé 7 Jours, Télé 7 Jeux, France Dimanche, Ici Paris), Lagardère Digital France, Lagardère Publicité Hachette Disney Presse ou encore Plurimédia. Lors d’un comité d’entreprise qui s’est tenu le 20 mars, Denis Olivennes – président de Lagardère Active – a exposé aux représentants des salariés ce qu’il avait déjà présenté le 15 mars aux délégués syndicaux. A savoir : la création de neuf entités indépendantes, dont un pôle « News » présidé par Arnaud Lagardère lui-même et constitué de la radio généraliste Europe 1, des radios musicales RFM et Virgin Radio, ainsi que des hebdomadaires JDD (Journal du dimanche) et Paris Match. Tous les autres titres de presse sont en vente, y compris le magazine hebdomadaire féminin Elle, jusque-là préservé, qui rejoint ainsi – avec ses déclinaisons « décoration » et « à table » – Télé 7 Jours, Télé 7 jeux, France Dimanche, Ici Paris, Public et Webuzz au sein d’un pôle « Presse » en sursis. Les trois autres pôles sont « Télévision » (Gulli, TiJi, MCM, Mezzo, …), dont les chaînes sont aussi à vendre, Lagardère Studios (production et distribution audiovisuelles), et « Pur numérique et BtoB » (Doctissimo.fr, MonDocteur.fr, Doctipharma.fr, Boursier.com, BilletReduc.com, etc.). Ce morcellement de Lagardère Active, qui se recentre ainsi sur la production audiovisuelle et le numérique, n’est pas du goût des salariés. Ils ont voté – « à l’unanimité » de 600 d’entre eux réunis le 16 mars dernier – une motion de défiance à la fois contre la direction de Lagardère Active et contre la direction du groupe Lagardère, et leur projet censé être mené au pas de charge en trois mois.
Choqués et inquiets pour leur avenir, les salariés dénoncent « la brutalité de cet “habillage de la mariée” » et « le montage financier qui doit être réalisé en trois mois afin de pouvoir trouver preneur de l’ensemble de ces nouvelles sociétés (sauf le pôle News) dans le même laps de temps ». Les quelque 3.200 salariés de Lagardère
Active – dont 77 % situés en France – sont échaudés par les plans sociaux successifs. Denis Olivennes a engagé fin 2011 cette mue « médiatique » dans le cadre du projet
« Réinventer Lagardère Active », qui a vu le groupe sortie de la presse magazine à l’international (plus de 100 titres vendus à Hearst) – tout en vendant par ailleurs en 2013 ses participations dans Canal+ et dans le groupe Amaury. Les effectifs de Lagardère Active ont été réduits de 1.000 personnes, auxquels se sont ajoutés plus
de 220 départs volontaires en 2017 chez Télé 7 Jours, Ici Paris et France Dimanche. Auparavant, en avril 2014, Lagardère Active avait déjà cédé dix de ses magazines,
dont huit au français de presse en ligne Reworld Media éditeur de Marie-France (Be, Maison & Travaux, Le Journal de la Maison, Campagne Décoration, Mon Jardin Ma Maison, Auto Moto, Pariscope, Union) et deux au groupe belge Rossel éditeur du Soir (Psychologies Magazine, Première). Le patron de Reworld Media, Pascal Chevalier,
a fait savoir mi-mars (2) qu’il était intéressé à la reprise de titres non seulement de Lagardère mais aussi du groupe italien Mondadori en France (Sciences et Vie, Biba, Grazia, Top Santé). A bon entendeur…
Ces dernières semaines, Lagardère, Mondadori et le groupe Marie Claire (GMC) ont été en discussion en vue d’un éventuel mariage à trois. Mais Arnaud de Contades, directeur général de GMC et arrière-petit-fils de Jean Prouvost, lequel avait créé le magazine Marie Claire en 1937, a fait savoir le 22 mars que son groupe ne participait plus aux discussions avec Lagardère et Mondadori. Et ce, indépendamment du fait que Lagardère détient 42 % de GMC (racheté en 2001 à l’époque à L’Oréal), sans y être impliqué opérationnellement.
Quoi qu’il advienne dans les semaines et mois à venir, les salariés de Lagardère Active ont décidé de se réunir cette année tous les quinze jours en assemblée générale afin d’être tenus au courant des avancées des négociations de ventes ou de fusions. La dernière AG a eu lieu le 27 mars. « L’une des conséquences de cet éclatement est l’éparpillement des élus ; certaines sociétés compteront moins de 50 salariés, sans aucun représentant syndiqué pour les représenter. Une autre conséquence : la dénonciation des accords d’entreprise ; il restera aux élus de réclamer la constitution d’une représentation en unité économique et sociale (UES) », indique le syndicat de journalistes CFDT.

Devenir un leader européen de l’audiovisuel
En purgeant son activité historique dans la presse, héritée de son père Jean-Luc et démarrée avec Hachette Filipacchi (Paris Match, Elle, …) via Matra, Arnaud Lagardère entend se renforcer dans l’audiovisuel (production et distribution), où il compte
« transformer le champion français en leader européen » (dixit Olivennes), ainsi que dans le numérique et la data (3). Après avoir racheté Boomerang TV en Espagne (mai 2015) et de Aito Media en Finlande (octobre 2017), Lagardère Active a annoncé le 12 mars la prise de contrôle de Skyhigh TV aux Pays-Bas. @

Charles de Laubier

En fêtant les 10 ans de Mediapart, son cofondateur Edwy Plenel (65 ans) se prépare à passer la main

Ancien directeur de la rédaction du Monde où il a été journaliste durant 25 ans (1980-2005), Edwy Plenel célèbre les dix ans de Mediapart qu’il veut quitter « avant [ses] 70 ans ». Le site de presse en ligne entame une seconde décennie, après s’être imposé avec succès – et indépendance – dans le paysage médiatique français.

Par Charles de Laubier

Qui va succéder à Edwy Plenel (photo) à la présidence de Mediapart ? Cette question taraude le microcosme médiatique depuis des mois, voire des années. Du moins depuis que le cofondateur de ce site de presse en ligne à part avait annoncé
en 2014 qu’il prendrait sa retraite à l’horizon 2017. Or, au moment où il fête les 10 ans de la mise en ligne – le 16 mars 2008 précisément – de Mediapart.fr, Edwy Plenel est toujours là !
A 65 ans, il a repoussé l’âge de sa retraite… En marge de la conférence de presse annuelle de Mediapart, qui s’est tenue le 6 mars dernier pour présenter le bilan de 2017 et, cette fois, des dix ans écoulés, Edition Multimédi@ lui
a demandé quand il envisageait de passer la main puisqu’il venait de rappeler l’engagement des cofondateurs à transmettre le contrôle économique de Mediapart
à son équipe. « On verra quand ce sera prêt. De toute façon les cofondateurs partiront ensemble. Je ne sais pas si ce sera avant les 70 ans », nous a-t- il répondu.

Vers un fonds de dotation ou d’une scop, versus « la presse d’industrie »
Il y a un an presque jour pour jours, l’ancien directeur de la rédaction du Monde faisait part de sa volonté de se retirer de la présidence de Mediapart avant ses 70 ans qu’il atteindra en août 2022 : « Ce sera dans un an ? Dans trois ans ? Quatre ou cinq ans ? Je dirais, à la louche, pas au-delà de mes 70 ans. C’est donc dans cinq ans [quatre ans maintenant, ndlr], voilà : à la prochaine présidentielle [au printemps de 2022, ndlr], mais où je ne serai pas candidat ! ». Edwy Plenel – Hervé Plenel à l’état civil – avait fait cette réponse lors des 10èmes Assises du journalisme à Tours (1), en mars 2017, interviewé par un Youtuber.
Il y précisait alors les conditions de son prochain départ à la retraite, sans qu’il ne soit plus question d’exercer ce droit avant fin 2017 : « Je prendrai vraiment ma retraite quand l’on pourra transmettre à l’équipe le capital Mediapart que nous les fondateurs, après s’être endettés pour faire vivre Mediapart, ne voulons pas vendre – ce n’est pas spéculatif – ni léguer à des enfants ». Les quatre cofondateurs – que sont Edwy Plenel (président), Marie-Hélène Smiejan (directrice générale), François Bonnet (lequel vient de céder sa fonction de directeur éditorial à Carine Fouteau et à Stéphane Alliès), et Laurent Mauduit – détiennent ensemble 42,08 % du capital de Mediapart.

Alternative à « la presse d’industrie »
En y ajoutant la « Société des Amis et amis individuels » (16,79 % du capital), des investisseurs individuels (1,54 %) et la Société des salariés (1,46 %), ce que Mediapart appelle « le pôle d’indépendance » atteint près de 62 % du capital (3). Et ce, depuis
un an maintenant. Tout l’enjeu de l’année 2018 : finaliser dans les meilleures conditions le passage de témoin – plus délicat financièrement à réaliser que prévu – entre les fondateurs de Mediapart et son équipe. « Nous voulons inventer une solution qui permette de sanctuariser le capital, qui soit non cessible, non achetable, non spéculable. Nous travaillons pour cela sur deux pistes qui permettraient de le transmettre à l’équipe », a expliqué le 6 mars Marie-Hélène Smiejan, tout en regrettant de ne pouvoir en faire l’annonce à l’occasion du dixième anniversaire de Mediapart.
Et Edwy Plenel de poursuivre : « La transmission du capital prendra quelques années et doit se faire dans la continuité de notre histoire, sans rupture ni déchirure. Notre modèle est The Guardian qui est contrôlé par un trustee garantissant l’indépendance
du quotidien britannique » (4). Mais ce modèle d’indépendance n’existe pas en France. Aussi, le président cofondateur de Mediapart attend d’ici fin avril de l’administration fiscale le rescrit fiscal – à savoir la réponse, ou la non réponse qui vaudrait acceptation, sinon le refus – à sa demande, posée fin octobre 2017 par cabinet d’avocats interposé – de pouvoir recevoir des dons défiscalisés dans le cadre d’une structure juridique qui s’inspire du statut de fonds de dotation créé dans la culture par la loi de 2008 sur la modernisation de l’économie (5). « Le fonds de dotation a la souplesse juridique des associations et financière des fondations. Il s’agit de créer un fonds pour la presse libre, dont le but est d’intérêt général. Cela permettra de sanctuariser 100 % du capital de Mediapart, d’une part, et de pouvoir recevoir des dons défiscalisés qui aiderait non
pas Mediapart mais – comme nous l’avons fait avec Mediacités et Marsactu – l’indépendance et le pluralisme de la presse, sans logique de domination (prises de participation minoritaire, subventions, prêts bonifiés, …) », a expliqué Edwy Plenel. Cette structure originale a pour but aussi de créer un modèle alternatif à ce qui existe déjà partout en France : d’une part, le mécène industriel qui ne vient pas des médias (6) – tels que Serge Dassault/Le Figaro. Matthieu Pigasse/Xavier Niel/Le Monde/Le Nouvel Observateur, Bernard Arnault/Le Parisien/Les Echos, Arnaud Lagardère/Europe 1/Paris Match/Le Journal du dimanche, Patrick Drahi/Libération/L’Express, François Pinault/Le Point ou encore Vincent Bolloré/CNews/Canal+ – et, d’autre part, les subventions de l’Etat. Dans le cas où le fonds de dotation ne fonctionnerait pas, Mediapart étudie comme « plan B » le statut de Scop – société coopérative et participative. Lorsque cette structure et sa gouvernance sera prête, Edwy Plenel tirera alors sa révérence.
Il y a un an, lors des Assises du journalisme déjà évoquée, Edwy Plenel justifiait la démarche : « Le jour où ce sera prêt, je laisserai mon poste de président, de tête de gondole, de crieur de journal de Mediapart, mais je ne serai jamais loin car c’est notre histoire et l’équipe le souhaite ». Mediapart joue la transparence jusque dans ses comptes (https://lc.cx/AH6H) : avec un effectif de 45 journalistes et de 37 personnes dans ses autres services opérationnels, Société éditrice de Mediapart a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 13,6 millions d’euros et atteint au 31 décembre 140.426 abonnés. Bénéficiaire depuis 2011, elle a dégagé l’an dernier un bénéfice net proche
de 2,2 millions d’euros. @

Charles de Laubier

FOCUS

Edwy Plenel a imposé le nom « Mediapart » envers et contre tous
« Le nom de Mediapart, c’est ma seule décision autoritaire dans l’histoire de Mediapart. Tout le monde trouvait ça effroyable. Personne ne voulait de ce nom ! Il fallait trouver
un nom de domaine disponible dans plusieurs déclinaisons. J’aurais bien aimé appeler Mediapart : “La Presse”, “La Démocratie” ou encore “Le Journal”. Mais c’était déjà pris. Internet, c’est sans frontières – autre que la langue. Si vous créez un journal, il faut qu’il soit en .fr, en .ch, en .be, mais aussi en .com, en .uk, .us. et ainsi de suite. Il faut acheter l’ensemble de ces domaines. Il faut donc inventer un nom, et je me suis dit pourquoi pas “Mediapart” », a raconté en mars 2017 Edwy Plenel, le cofondateur de
ce pure player de la presse en ligne, lors des 10es Assises du Journalisme. Pourquoi «Mediapart » ? « Car on n’allait pas être seulement un journal, mais un média avec le multimédia – du son, de l’image, de la vidéo, de la radio, etc. – et participatif. Mediapart, pour “média participatif”, avec un journal et un club, mais aussi de façon sous-jacente un média à part. Ce nom est compréhensible dans plusieurs langues ». Et l’ancien directeur de la rédaction du Monde de se rappeler : « Toute l’équipe disait que c’était lai comme nom et pas beau du tout. Or le plus vieux journal en France est Le Figaro – un personnage de Beaumarchais ! Appeler un journal “Le Figaro”, ça a dû paraître bizarre au début ; aujourd’hui, cela ne gêne personne. On a donc imposé ce nom “Mediapart” et depuis Mediapart s’est imposé ». @