L’avenir des autoradios dans les voitures neuves est entre les mains de l’Union européenne

Le sort des récepteurs de radio FM et DAB+ dans les véhicules neufs vendus en Europe dépend du futur Digital Networks Act (DNA), en cours d’examen au Parlement européen. Des constructeurs automobiles ont déjà remplacé les autoradios par des systèmes CarPlay, Android Auto ou autres.

« Les artistes-interprètes, les producteurs, les auteurs-compositeurs et éditeurs de musique appellent les autorités européennes, dans le cadre de l’examen du Digital Networks Act et de la révision du code européen des communications électroniques, à garantir la présence d’un récepteur radio FM et DAB+ dans tous les véhicules commercialisés dans l’Union européenne. Ils appellent également les autorités françaises à soutenir activement cette démarche », a déclaré l’industrie de la musique en France.

Tesla, Renault, Citroën, Fiat, …
Dans leur communiqué commun, daté du 17 mars, les syndicats français de producteurs de musique enregistrées Snep et Upfi, d’une part, et les organismes de gestions collective des droits d’auteur et droits voisins Adami, SPPF, Sacem et Spedidam, d’autre part, alertent sur le risque de voir disparaître les autoradios des voitures. « Le maintien de la radio dans les véhicules n’est pas seulement une question technologique : il en va de la préservation d’un média accessible à tous, qui est essentiel à la diversité musicale européenne et au pluralisme » (1).
Parmi les constructeurs automobiles qui ont décidé de retirer les récepteurs radio des nouvelles gammes de véhicules, au profit exclusif d’équipements connectés de type Apple CarPlay, Android Auto de Google, ou d’applications connectées comme Spotify, TuneIn, YouTube Music, ou liaisons Bluetooth avec les smartphones, l’américain Tesla est Continuer la lecture

Avec son copilote CarPlay, la marque à la pomme veut faire oublier son projet mort-né d’Apple Car

Huit mois après l’abandon de son projet Apple Car, la firme de Cupertino promet « en 2024 » une nouvelle génération de son « copilote » CarPlay, lequel a déjà séduit en dix ans plus de 800 modèles de voitures. Lancement de « CarPlay 2 » au Mondial de l’Auto avec Aston Martin et Porsche ?

Si elle n’était pas présentée à la 90e édition du Mondial de l’Auto, qui se tient du 14 au 20 octobre 2024 à Paris Porte de Versailles, ce serait une belle occasion manquée pour Apple. Il s’agit de la « nouvelle génération » tant attendue de CarPlay, le « copilote » qui fête ses 10 ans cette année. C’est la version embarquée du système d’exploitation iOS et fonctionnant à ce jour sur plus de 800 modèles de voitures dans le monde (1). Héritier d’« iOS in the Car », CarPlay avait été lancé en mars 2014 lors du Salon international de l’automobile de Genève. Apple en promet une « nouvelle génération » avec – « dès cette année » – les premiers modèles de voitures compatibles.

« CarPlay 2 » sur Aston Martin et Porsche
« Avec la nouvelle version de CarPlay, retrouvez le meilleur de l’expérience iPhone, directement dans votre voiture », promet la firme de Cupertino dirigée depuis treize ans par Tim Cook (photo). Apple promet même pour cette « nouvelle génération » de CarPlay les « premiers modèles dès cette année » (2). Dix ans après Genève, le Mondial de l’Auto à Paris pourrait montrer les premières voitures dotées de cette nouvelle version du copilote boosté cette fois à l’intelligence artificielle. La marque à la pomme, qui n’a jamais été présente sur un salon de l’automobile dans le monde, ne le sera pas plus cette fois-ci. En revanche, deux marques automobiles emblématiques – ayant prévu dès l’an dernier d’intégrer dans de prochains modèles le futur CarPlay « nouvelle génération » (surnommé aussi « CarPlay 2 ») – seront bien à Paris pour le Mondial de l’Auto : le britannique Aston Martin et l’allemand Porsche. Ce que confirme à Edition Multimédi@ Serge Gachot, directeur du Mondial de l’Auto : « Oui. Et il y aura notamment trois modèles d’Aston Martin exposés par le groupe BPM [distributeur automobile, ndlr] ».

Les deux constructeurs de voitures de luxe avaient présenté, en décembre 2023 (3), leurs premiers tableaux de bord de véhicules prenant en charge la nouvelle génération de CarPlay annoncée pour 2024. Dix mois ont passé et le Mondial de l’Auto pourrait enfin faire la lumière sur le tant annoncé CarPlay 2, et pourquoi pas à commencer par les modèles Vanquish d’Aston Martin et Macan de Porsche. Le moment est venu pour la « NextGen » de CarPlay, qui avait fait l’objet d’une session spéciale à la conférence des développeurs (WWDC24) d’Apple en juin (4). Le succès relativement discret de CarPlay fera-t-il oublier l’échec de dix ans de recherche autour du projet « Titan » alias Apple Car que pilotait Kevin Lynch jusqu’à son abandon pur et simple en février et malgré « plusieurs milliards de dollars » investis (5) par la Pomme ? L’américain Tesla a tué dans l’oeuf l’« iCar » et le chinois Xiaomi (6), qui n’est pas présent cette année au Mondial de l’Auto avec sa voiture électrique SU7 (pas encore en Europe), est en train de réaliser le rêve de la firme de Cupertino, laquelle a préféré réorienter son budget R&D vers l’IA, notamment vers Apple Intelligence qui va profiter à iOS 18 et à… CarPlay 2.
Qu’apportera au juste cette nouvelle génération du copilote à la Pomme pour le conducteur, à part obtenir des indications routières, passer des appels, envoyer et recevoir des messages ou encore écouter sa musique préférée ? « Lorsque vous êtes au volant, votre véhicule et votre iPhone ne font plus qu’un, assure Apple, et vous profitez d’une interface cohérente sur tous les écrans, y compris sur le tableau de bord, avec des designs adaptés à chaque constructeur […]. Vous pouvez contrôler différentes fonctions comme la radio et la température, directement depuis CarPlay. Et avec les multiples options de personnalisation, comme les widgets ou toute une sélection de compteurs et de jauges, l’expérience au volant est vraiment unique ». CarPlay propose aussi de nombreuses applications, dont des applis de navigation tierces telles que Google Maps, Sygic Navigation, TomTom Go ou encore Waze, et des fonds d’écran personnalisés pour le tableau de bord, ainsi qu’une cartographie plus détaillée, des itinéraires guidés à voix haute et des expériences en 3D immersives. Une fois à destination, CarPlay peut trouver ce qu’il y a à voir et à faire sur place : points d’intérêt, bons restaurants ou stations essence à proximité.

Le nouveau CarPlay, plus intelligent (IA)
Il suffit de le demander à l’assistant vocal Siri, qui intègre l’IA « Apple Intelligence » et qui prend désormais en compte les différents « scénarios de conduite », d’après Auto Illustrierte (7). « Envoyez des messages audio avec Siri sur iOS et CarPlay, et ne regardez plus jamais votre iPhone pendant que vous conduisez. Si vous utilisez Apple Maps, vous pouvez aussi demander à Siri d’envoyer votre heure d’arrivée estimée aux personnes que vous souhaitez tenir informées », indique Apple. Si « CarPlay 1 » a réussi à conquérir plus de 800 modèles de véhicules, le CarPlay 2 devrait continuer sur cette lancée. @

Charles de Laubier

Xiaomi, qui a détrôné Apple dans les smartphones, étend son écosystème à sa berline connectée

L’américain Apple en a rêvé ; le chinois Xiaomi l’a fait. L’empire que Lei Jun a fondé il y a à peine 15 ans a non seulement ravi en août à Apple la deuxième place mondiale des fabricants de smartphones, mais il est aussi en passe de réussir le pari d’un « Apple Car » – là où la Pomme a abandonné son projet.

Depuis que le chinois Xiaomi a lancé il y a six mois la commercialisation de sa berline électrique « intelligente » baptisée SU7 (Speed Ultra 7), produite par sa filiale Xiaomi Motors, plus de 27.300 exemplaires ont été livrés durant le second trimestre. « Les attentes sont largement dépassées », s’est félicitée la jeune firme basée à Pékin, dont c’est la toute première voiture, lors de la présentation le 21 août dernier de ses résultats trimestriels.
Ayant dépassé les 10.000 véhicules livrés par mois, son fondateur et président Lei Jun (photo) a décidé d’accélérer la cadence de production, à « 100.000 livraisons d’ici novembre 2024 », en avance sur le calendrier. Sur l’ensemble de cette année, Xiaomi compte avoir livré 120.000 voitures. Mais pas question de s’endormir sur ses lauriers : le « X » de BATX (les GAFAM chinois) finalise un prototype de la SU7 Ultra qui sera lancée en octobre sur le mythique circuit automobile de Nürburgring, en Allemagne. Objectif : « Devenir le véhicule électrique à quatre portes le plus rapide du circuit au cours de la prochaine décennie ». Alors que fin février l’agence Bloomberg révélait l’abandon par la marque à la pomme de son projet de voiture lancé une décennie auparavant (1), l’« Apple Car » de Xiaomi existe, elle, et fait même partie du nouvel écosystème « Human x Car x Home » où les équipements peuvent interagir intelligemment grâce à l’IA.

« Mi » mise sur son écosystème IA unifié
Lancé en février, l’écosystème intelligent « Human x Car x Home » de Xiaomi vise en effet à englober sous son nouveau système d’exploitation HyperOS – successeur de Miui – aussi bien les smartphones ou tout appareils personnels que les objets connectés de la maison (assistants, montre connectée, téléviseur, …), et même désormais la voiture (2). L’intégration de tous ces usages de la vie quotidienne et de l’Internet des objets est rendue possible et fluide par une sorte de moteur IA appelé HyperMind.

Grâce à lui, tous les équipements qui en dépendront vont apprendre des usages de l’utilisateur afin de lui suggérer des actions pertinentes à exécuter. « Nous offrons une expérience intelligente et transparente, qui répond à vos besoins de façon proactive et qui fonctionne comme vous le souhaitez », assure le groupe chinois, dont Lei Jun – 113e fortune mondiale et 20e chinoise (16,8 milliards de dollars, selon Forbes) – détient 24 % du capital. HyperOS est basé sur Linux et utilise des briques Android, tout en intégrant le système « temps réel » Vela que Xiaomi a créé à partir du système d’exploitation real-time et open source NuttX d’Apache.

Smartphones : Xiaomi passe devant Apple
La marque « mi » – abréviation de « Mobile Internet » qui lui fait office de logo – se sent pousser des ailes. Sur le marché mondial des smartphones, Xiaomi peut se targuer d’avoir délogé Apple de la seconde place. Selon Counterpoint Research, c’est au mois d’août que la firme de Pékin s’est hissée sur la deuxième marche du podium mondial des fabricants de smartphones.
Ce n’est pas la première fois que « mi » relègue la firme de Cupertino en troisième position, puisque cela avait déjà été le cas en août 2021. « Xiaomi a remporté en août 2024 la deuxième place en termes de volumes de vente de smartphones à l’échelle mondiale, même si ses volumes de ventes sont restés stables au cours de ce mois, par rapport au déclin saisonnier d’Apple pendant la même période », précise le cabinet d’études hong-kongais le 14 septembre dernier. Et d’après lui, « mi » a été l’une des marques de smartphones à la croissance la plus rapide en 2024, aidant le marché mondial – qu’elle a « surperformé » – à se placer sur la voie de la reprise. « Xiaomi est particulièrement fort dans les fourchettes de prix inférieures, c’est-à-dire à moins de 200 dollars, plus encore après le lancement de ses appareils 5G à prix compétitif Redmi 13 et Note 13. Les appareils Redmi ont été extrêmement populaires, aidant Xiaomi à gagner des parts de marché, en particulier en Inde, en Amérique latine, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient et en Afrique », constate Tarun Pathak, directeur de recherche chez Counterpoint Research (3).
Mais la baisse saisonnière d’Apple, qui a profit à Xiaomi en août, ne devrait sans doute pas se prolonger au mois de septembre dans la mesure où la marque à la pomme a dévoilé le 9 septembre deux versions de son nouvel iPhone 16, conçus avec le « système d’intelligence personnel » Apple Intelligence et d’autres innovations (4). La Pomme devrait donc retrouver sa deuxième position et « mi » sa troisième. Mais le chinois n’a pas dit son dernier mot face au californien. « Si les smartphones de niveau d’entrée à milieu de gamme continuent de présenter de bonnes performances pour Xiaomi, [le fabricant] a également fait des percées dans le segment haut de gamme avec des appareils pliables [comme le Mix Flip, ndlr] et ultra [comme le Mi 11 Ultra, ndlr] », souligne Tarun Pathak. Et le 26 septembre, de Berlin, Xiaomi a lancé la série 14T à photographies haut de gamme avec optique Leica et IA avancée (5). Repasser devant Apple : mission impossible ? (en référence au logo « mi » qui peut signifier « mission impossible » justement). Une chose est sûre : la concurrence sur le marché mondial des smartphones ne s’est jamais autant intensifiée, avec l’arrivée des modèles IA et la montée en charge des pliables en deux popularisés par Samsung (Galaxy Z Fold), voire en trois lancés par Huawei en septembre (Mate XT). Dans cette course aux « tri-fold », Xiaomi a déposé son brevet auprès de la China National Intellectual Property Administration (Cnipa), d’après plusieurs sources (6). En attendant, le PDG de Xiaomi a annoncé le 19 septembre sur X que le « bi-fold » haut de gamme Mix Flip va être lancé sur les marchés mondiaux en cette fin septembre (7).
Entre ses smartphones à succès capables de coiffer au poteau la marque à la pomme et sa première voiture électrique ayant démarré sur les chapeaux de roues, le tout dans un écosystème intelligent et unifié à tous ses produits, Lei Jun a convaincu le magazine Time.
Dans son Top 100 publié le 30 mai dernier, l’hebdomadaire américain a désigné Xiaomi comme étant « l’une des entreprises les plus influentes en 2024 » : « La berline électrique SU7 de Xiaomi, lancée en mars, peut être [considérée comme] la première voiture fabriquée par une entreprise de téléphonie. Le géant chinois de l’électronique – qui fabrique des ordinateurs, des appareils portables, des aspirateurs robotisés, des scooters et des téléphones (il était numéro 3 dans le monde en 2023, après Apple et Samsung) ne voit rien d’étrange à cela. Au contraire, il considère le SU-7 comme une extension des écosystèmes électroniques des clients » (8). Lei Jun réussit à concurrencer frontalement à la fois Apple et Tesla. Mais la route sera longue avant de détrôner éventuellement le constructeur automobile d’Elon Musk, comme il l’a fait par deux fois pour le fabricant dirigé par Tim Cook.

Vers les 50 milliards de dollars en 2024
Si Xiaomi enchaîne les records de chiffre d’affaires trimestriels, comme au second trimestre 2024 présenté le 21 août avec une croissance de plus de 30 % sur un an, alors le groupe chinois pourrait terminer l’année avec un total de près de 50 milliards de dollars (contre 37,3 milliards en 2023), et une rentabilité nette de près de 3 milliards de dollars (contre 2,6 milliards en 2023), d’après les estimations des analyses. Pour l’heure, la capitalisation boursière de « mi » – société cotées depuis juin 2018 à la Bourse de Hong Kong – s’élève à 62,8 milliards de dollars (9) (au 27-09-24) – certes, encore bien loin des près des 3.459 milliards de dollars d’Apple et des 812,1 milliards de Tesla. @

Charles de Laubier