Virgin Mobile France franchit les 2 millions de clients

En fait. Le 14 juin, le groupe britannique Carphone Warehouse a annoncé que Virgin Mobile France – dont il détient 47,5 % aux côtés de Virgin (47,5 %) et de
la société Financom (5 %) appartenant à Geoffroy Roux de Bézieux (président
de Virgin Mobile France) – est pour la première fois bénéficiaire.

En clair. Selon nos calculs, c’est au cours du premier trimestre de son nouvel exercice 2011/2012 – à savoir celui se terminant le 30 juin prochain – que Virgin Mobile France (alias Omea Telecom) va atteindre son objectif des 2 millions de clients (1). Au terme de son exercice fiscal 2010/2011 clos le 31 mars dernier, ils étaient exactement 1.917.000
si l’on additionne ceux de Virgin Mobile à proprement parler, ainsi que ceux de Tele2Mobile acquis en décembre 2009, de Casino Mobile et de Breizh Mobile. A l’occasion de la publication de ses résultats annuels, le groupe Carphone Warehouse s’est félicité de voir Virgin Mobile France générer pour la première fois des bénéfices : plus de 23 millions d’euros sur le dernier exercice, contre une perte de plus 25 millions l’année précédente (et autant l’année d’avant).
Après six années de pertes consécutives, le quatrième opérateur mobile français se
sent pousser des ailes. Premier opérateur MVNO en France, il détient ainsi 36,2 % de parts de marché dans cette catégorie d’acteurs « sans réseau », lesquels totalisent ensemble 5.294.000 de clients précisément (au 31 mars, selon l’Arcep). Bien que le poids de la quinzaine de MVNO actifs en France ne dépasse pas les 8,4 % de parts de marché du mobile sur la Métropole (laquelle compte 63 millions de clients mobile), ces opérateurs mobile alternatifs réussissent à eux seuls à compenser la diminution des clients chez les trois opérateurs de réseaux mobile historiques (2). A ce rythme, les MVNO pourraient atteindre les 10 % de parts de marché avant la fin de cette année. Virgin Mobile est en tête de cette montée en puissance de ce qui constitue une réelle concurrence qui n’a de virtuel que le nom… Alors que le quatrième opérateur de réseau mobile, Free Mobile, est attendu pour 2012, l’actuel quatrième opérateur mobile entend bien le rester grâce à son accord annoncé début juin pour utiliser les réseaux mobile et fixe de SFR – en plus de son contrat d’itinérance antérieur avec Orange. Un quatrième opérateur mobile l’an prochain pourrait donc en cacher un autre. D’autant que, contrairement à « l’autre quatrième », Omea Telecom n’aura pas à investir des centaines de millions d’euros dans des infrastructures réseaux ou dans l’acquisition d’une coûteuse licence 4G. En devenant « Full MVNO », Virgin Mobile joue le dégroupage sur les deux tableaux (3G et ADSL) pour être en mesure de lancer début 2012 une offre quadruple play s’appuyant sur sa future Virgin Box. @

Stéphane Bodier, président de l’OJD : « Nous pourrions aboutir fin 2011 à une mesure hybride avec trois instituts »

En tant que seul organisme de contrôle de la fréquentation sur Internet en France, le président de l’OJD – reconduit pour deux ans – explique à EM@ comment il se prépare à la mesure hybride (quantitative et qualitative), ainsi
qu’à la diffusion de « super procès verbaux » prenant en compte tous les supports d’une marque.

Propos recueillis par Charles de Laubier

Edition Multimédi@ : Cela fait dix ans cette année que l’OJD certifie l’audience des sites web : quel bilan faites-vous ?
Stéphane Bodier :
Nous approchons en effet les 10 ans
de certification Internet. En novembre 2001 était diffusé le premier communiqué comportant les quatre premiers sites web (1) contrôlés et certifiés sur le mois précédent. Nous sommes aujourd’hui à plus de 250 sites web majeurs certifiés tous les mois et nous continuons d’enregistrer de nouvelles adhésions. Ces dix dernières années nous ont enseigné qu’il n’est pas toujours facile de proposer à un marché jeune et en croissance de se faire contrôler par un tiers, afin de lui permettre de se professionnaliser. L’OJD a pu passer et passe encore, aux yeux de certains éditeurs, pour l’empêcheur de tourner en rond et surtout celui qui pourrait divulguer au marché les vrais chiffres de fréquentation de leurs sites web. « Je suis OJD, je n’ai rien à cacher », titrait un quotidien national en 1978. Ce slogan est toujours d’actualité et peut s’appliquer à ces nouveaux médias.

Neutralité du Net : le plus dur sera de « fixer les exigences minimales de qualité »

Afin de « prévenir la dégradation du service, le blocage des accès et le ralentissement du trafic sur les réseaux », la directive européenne « Service universel et droits des utilisateurs » prévoit que les régulateurs nationaux fixent une « qualité de service minimale ». Mais quand ?

Par Winston Maxwell*, avocat associé, Hogan Lovells

Il n’existe pas de qualité de service garantie de bout en bout sur l’Internet. Le « réseau des réseaux » fonctionne selon un mode de
« meilleurs efforts », best effort disent les Anglo-saxons. Si un point d’interconnexion est saturé, des paquets peuvent être ralentis voire supprimés. Cette perte de paquets n’est pas problématique car les paquets trouvent un autre chemin pour arriver à destination. Ce mode « meilleurs efforts » fonctionne plutôt bien dans la plupart des situations, mais la qualité de service peut cependant souffrir en cas de forte demande pour un contenu en ligne spécifique telle qu’une vidéo très populaire.

Ovi est-il soluble dans l’alliance Nokia-Microsoft ?

En fait. Le 13 février, à la veille de l’ouverture du Mobile World Congress qui s’est déroulé sur quatre jours à Barcelone, le numéro un mondial des fabricants de mobiles, Nokia, a précisé les termes de son accord avec le numéro un mondial
des logiciels, Microsoft. Mais l’avenir d’Ovi semble en suspend.

En clair. Au-delà du fait que Nokia – détenteur encore 28,9 % de parts de marché en nombre de téléphones portables vendus en 2010 dans le monde (1) – va adopter Windows Phone comme «sa principale plateforme pour sa stratégie smartphone »,
la question de l’avenir d’Ovi lancé en 2006 et de sa version Store ouverte en mai 2009
se pose. « Nokia et Microsoft sont en train de finaliser les termes de leur accord.
En combinant nos actifs complémentaires dans le “search“, la cartographie, la géolocalisation, le e-commerce, les réseaux sociaux, le divertissemrent ou encore la publicité, nous espérons créer une nouvelle offre pour les consommateurs », répond Henna Pelkola, porte-parole de Nokia, à Edition Multimédi@. Les deux numéros un
ont annoncé le 11 février un « partenariat stratégique pour construire un nouvel éco-système global ». Les PDG de Nokia et Microsoft, respectivement Stephen Elop (2)
et Steve Ballmer, ont expliqué que « la boutique de contenus et d’applications de Nokia sera intégrée au Marketplace de Micosoft. Aujourd’hui, les développeurs, les opérateurs et les consommateurs sont plus exigeants sur les terminaux mobiles, qui doivent inclure
non seulement le portable, mais aussi le logiciel, les services, les applications et l’assistance ». Est-ce la fin programmée d’Ovi Store qui avait comme objectif de générer 2 milliards d’euros de revenus din 2011 ? « Nokia n’a pas retiré le nom d’Ovi Store », a tenu à préciser Kai Oeistaemoe, vice-président du groupe finlandais, à Bloomberg. Riche en applications, musiques, vidéos et jeux, Ovi concentre les efforts de Nokia dans les contenus face à Apple et Google.
Malgré le lancement à l’automne dernier de son smarphone N8, qui offre avec Ovi de
la TV à la demande (CNN, Paramount, National Geographic, …), les usages peinent
à décoller avec moins de 100 millions d’utilisateurs recensés sur Ovi Store (3). L’arrêt d’Ovi Music Unlimited (ex-Comes with Music) – lancé deux ans plus tôt – a été annoncé en début d’année, faute de succès face à iTunes malgré 6 millions de titres. En 2009, Nokia avait déjà dû fermer son service de jeux vidéo N-Gage. Néanmoins, Ovi Store s’enrichit grâce notamment à un partenariat annoncé en mai 2010 entre Nokia et Yahoo. Le fabricant apporte cartographies et géolocalisation (Ovi Maps), le concurrent de Google sa messagerie. En septembre dernier, un autre accord a été conclu avec Orange. Ce dernier aura son espace sur Ovi où les mobinautes pourront payer des contenus directement via leur facture France Télécom. @

Le haut débit mobile concurrentiel pour tous est-il pour demain ?

Il y a dix ans, la France attribuait ses premières licences 3G. Après quatre procédures d’octroi, dont deux infructueuses et deux baisses des redevances,
les opérateurs mobiles ont ensuite eu du mal à respecter leurs obligations de couverture. La 4G devra faire mieux.

Par Katia Duhamel, avocat, cabinet Bird & Bird

Après les nouvelles applications permises par les smartphones et l’Internet mobile, les usages numériques
vont franchir un nouveau cap avec l’arrivée de la quatrième génération de téléphonie mobile (4G) basée sur le protocole
LTE (Long Term Evolution), qui se veut en effet beaucoup plus efficace que la 3G. La 4G devrait offrir des débits pouvant aller de 100 Mbits/s à 1Gbits/s pour télécharger et envoyer des données 50 à 500 fois plus rapidement qu’aujourd’hui et d’accéder à de nouveaux services utilisant du streaming pour visionner films et séries, directement depuis son téléphone portable.