A propos Charles de Laubier

Rédacteur en chef de Edition Multimédi@, directeur de la publication.

« Exception culturelle » : circulez, il y a tout à voir !

En fait. Le 29 novembre, s’est tenu le 18e colloque NPA-Le Figaro (avec Edition Multimédi@ parmi les partenaires médias) sur le thème « Les défis de l’univers multi-écrans ». La première table ronde intitulée « Quel cadre pour quels équilibres pour l’Acte II de l’exception culturelle ? » a donné le ton.

En clair. Entre le rapport Phéline, post-Lescure, portant sur la rémunération des créateurs, et le rapport Vallet (1) sur les relations entre producteurs et diffuseurs (2),
la question de la circulation des films et séries à l’ère du numérique se retrouve au cœur du débat. Les producteurs freinent-ils leur circulation à l’heure de la dé-linéarisation ? En tout cas, les chaînes de l’ancien monde analogique de l’audiovisuel et les plates-formes vidéo du nouveau monde numérique se retrouvent à demander ensemble plus d’accès aux œuvres pour tous les réseaux et écrans. « Je vois notre capacité à avoir une partie de ces droits comme un élément central de la capacité demain à négocier dans le monde du numérique (…) avec ceux qui demain seront les acteurs principaux – dont mon voisin de droite [YouTube] – et avec un rapport de force suffisant », a déclaré Rémy Pflimlin, PDG de France Télévisions.

L’interopérabilité des ebooks pose un vrai problème

En fait. Le 15 novembre, à l’Assemblée nationale (PLF 2014), le gouvernement
a fait supprimer tard le soir en « seconde délibération » (sans aucun débat) l’amendement de la députée Isabelle Attard – pourtant adopté peu avant pour réserver la TVA réduite aux seuls ebooks à « formats ouverts ».

En clair. On aurait pu en rester là après cet enterrement de première classe si la détermination de l’auteur de l’amendement, la députée écologique Isabelle Attard, n’était pas restée intacte. « Même si mon amendement est rejeté aujourd’hui, mes collègues
du groupe écologiste au Sénat le déposeront lors du passage du projet de loi de finances 2014 », a-t-elle prévenu sur son blog. Kindle d’Amazon, iBook d’Apple ou encore Play Livres de Google sont dans le collimateur de parlementaires écologiques. Il est reproché
à ces géants du Net leurs formats verrouillés respectifs, lesquels ne favorisent pas l’interopérabilité des livres numériques. Pour y remédier, Isabelle Attard (1), a proposé
« que seuls les livres électroniques vendus en format électronique ouvert puissent bénéficier de la TVA à taux réduit » (2). Bien qu’elle n’ait pu être présente à l’Assemblée nationale pour défendre son texte le 14 novembre, la députée avait confié à son collègue Eric Alauzet le soin de le soutenir. « Alors que la majorité des acteurs concernés (auteurs, éditeurs, bibliothécaires, responsables politiques) appellent à un plus grand respect des droits des lecteurs, notamment en essayant de promouvoir l’interopérabilité des livres en format électronique, il nous paraît important de favoriser les vendeurs qui respectent ce principe », explique l’amendement.

Newsroom

29 novembre
• L’APC, la FNDF, le SEVN, l’UPF et le SPI se félicitent de la décision
du TGI de Paris dans l’affaire « AlloStreaming » (voir 28/11),
« consacrant ainsi la place du juge » dans la lutte contre le piratage
des films sur Internet.
• Sony lance la PlayStation 4 (PS4) en Europe.

28 novembre
• Pierre Lescure, invité du Club audiovisuel de Paris : « La commission
des dérogations [de la chronologie des médias] désignera les
films pouvant être en VOD à 2 mois et demi ou trois après la salle ».
• L’APC, la FNDF, le SEVN, l’UPF et le SPI obtiennent du TGI de
Paris que Orange, Bouygues Telecom, Numericable, Free, SFR et
Darty Télécom, ainsi que Google, Microsoft, Yahoo bloquent des
sites de streaming (affaire « AlloStreaming »).
• La FFTélécoms appelle à un « New Deal numérique » (lire p. 7).
• Le CNL lance un fonds d’aides à la création d’œuvres numériques.
• RTL envisage une ou deux acquisitions de sites web d’ici fin 2013.

Newsroom

15 novembre
• Sony lance sa nouvelle console PS4.

14 novembre
• La Commission européenne publie sa nouvelle communication
sur les aides d’Etat au cinéma : le projet d’« encourager les titulaires
de droits à céder à des tiers les droits en ligne » n’y figure plus.
• Google obtient gain de cause aux Etats-Unis contre la Authors
Guild qui l’accuse de numériser des livres sans autorisation.
• Amazon et son format fermé de ebook ne bénéficiera pas de la
TVA réduite, réservée au formats ouverts, votent les députés.
• La Cepic porte plainte contre Google pour piratage de photos.
• Le Snep : 93,8 millions € de ventes de musique en ligne en
9 mois, soit + 4,9 sur un an (lire p. 3).
• Images&Réseaux étudie la commercialisation de Zewall
(Orange/Le Télégramme), diffusion vidéo en direct produites par
des smartphones.
• La Correspondance de la Presse montre une chute de la diffusion
des quotidiens en France, de – 7,1 % sur 9 mois, malgré les
éditions numériques.

Euro Telco Blues

Aujourd’hui nous ne faisons quasiment plus attention à nos fournisseurs de connectivité. Non qu’ils aient disparu, bien au contraire, mais nos terminaux sont désormais suffisamment autonomes pour nous épargner la corvée de savoir sur quel réseau ils ont préféré se connecter pour nous permettre de poursuivre notre « visio-conversation », notre émission vidéo ou notre partie de jeux en ligne. Que je sois chez moi en train de changer de pièce, en déplacement d’un lieu à un autre, ou en voyage au-delà les frontières, je n’ai plus besoin de bidouiller mes équipements ou de surveiller mes factures, comme nous
le faisions tous il y a encore dix ans à peine. Ce n’est pas la fin de l’histoire des télécommunications pour autant. Mais il faut reconnaître qu’avec la maturité, ce secteur
a gagné en simplicité d’usage. J’ai désormais un seul abonnement qui couvre l’ensemble de mes terminaux connectés. Cet abonnement m’offre un accès illimité en connexion fixe, y compris à partir de mes terminaux mobiles chez moi – avec un basculement automatique en mode WiFi. Ce forfait d’abondance est partagé entre mes différents usages en mobilité, indépendamment de l’heure, du terminal ou du lieu, en incluant de nombreux pays étrangers. Sur chaque terminal, ma page d’accueil personnalisée s’adapte à mes activités en se mettant à jour régulièrement en fonction de la fréquence de mes dernières consultations. La plupart des programmes ou des communications sont gratuits ou inclus dans mon forfait avec l’accès, de sorte que je maîtrise ma facture. Et pour éviter tout problème technique, j’ai souscrit auprès d’un second opérateur un abonnement mobile complémentaire, low-cost pour des fonctions basiques immédiatement activées sans que je le sache. La simplicité s’est imposée face à l’explosion des usages en termes de temps passé, de diversités d’applications disponibles et d’interactivité généralisée.

« La plupart des opérateurs ont abandonné
l’intégration de services de type IPTV et restent
en marge du Cloud et du Big Data. »