Google et Facebook : le duopole caché de l’e-publicité

En fait. Le 17 mars, la directrice générale du Syndicat des régies Internet (SRI), Hélène Chartier, nous a assuré que son organisation ne connaissait pas le poids (ni une estimation) des deux plus gros acteurs en France de la publicité numérique que sont Google et Facebook – lesquels ne dévoilent aucun chiffre.

En clair. C’est l’omerta dans la publicité numérique en France sur la position dominante du duopole –Google et Facebook. Les publicités sur les moteurs de recherche (search) et sur les réseaux sociaux (social) « représentent une part prépondérante du marché, captée principalement par deux acteurs… », reconnaît tout de même le Syndicat des régies Internet (SRI) sans jamais nommer Google et Facebook, ni donner une idée du poids de ce duopole de plus en plus encombrant. Contacté par Edition Multimédi@, la directrice générale de cette organisation professionnelle, Hélène Chartier, nous répond : « Non, nous n’avons pas ces estimations », après nous avoir dit « Non, ce ne sont pas des estimations sur lesquelles nous communiquons ».
L’Observatoire de l’e-pub, réalisé par le cabinet international PwC pour le SRI, se contente de donner une vision globale des leviers du digital sans indiquer de poids acteur par acteur. « Evidemment pour certains leviers comme le search ou le social,
on sait bien sûr que deux acteurs sont très puissants », admet Hélène Chartier. Comme le duopole Google et Facebook ne jouent pas la transparence, le chiffrage du marché français de la publicité en ligne reste une estimation obtenue à partir d’une source déclarative (des régies du SRI et des agences de l’Udecam (1)), d’une source estimative (mission confiée à PwC) et d’une source qualitative (une trentaine d’entretiens professionnels menés par PwC). Or, Google et Facebook accaparent de plus en plus le marché de la publicité numérique. En effet, les e-publicités dans le search (dominé par Google) et le social (dominé par Facebook) constituent ensemble en 2016 une part prépondérante du chiffre d’affaires et de la croissance de la publicité digitale en France : 68 %, soit 2,3 milliards d’euros (+ 12 % ) sur le marché total de 3,5 milliards (2), le display (bannières) étant en recul (-3 %). Ce duopole est encore plus flagrant si l’on s’en tient aux mobiles où le poids de la m-pub sur le search et le social
– dont plus que jamais Google et de Facebook – atteint 92%! « Les autres acteurs se répartissent seulement 8 % du marché », souligne le SRI. Dans leur présentation le 17 mars des chiffres publicitaires en France pour 2016, l’Irep (3) et France Pub reprennent désormais les estimations « PwC » du SRI et de l’Udecam. On y voit donc pas plus clair… @

Pourquoi les actionnaires individuels de Solocal (ex-PagesJaunes) se rebiffent contre la direction

Robert de Metz et Jean-Pierre Rémy, respectivement président et DG du groupe Solocal, sont contestés dans leur gestion de la dette du groupe. Une association de 1.000 actionnaires individuels – « premier actionnaire » – porte l’affaire devant la justice et en appelle à Emmanuel Macron.

Le conseil d’administration de Solocal Group (ex- PagesJaunes) a décidé avec l’autorisation du Tribunal
de commerce de Nanterre de différer la tenue de son assemblée générale ordinaire, laquelle devait statuer
vers la mi-juin – comme les années précédentes – sur
les comptes de l’exercice 2015, « de telle manière que
les actionnaires puissent statuer à la fois sur les comptes 2015 et sur la restructuration ». Cette assemblée générale des actionnaires est donc reportée et se réunira « courant septembre ».

La valorisation de Yahoo est de … zéro ! A vendre ?

En fait. Le 10 décembre, le conseil d’administration de Yahoo a décidé de suspendre – sous la « menace fiscale » – le plan annoncé en janvier 2015 de cession de sa très profitable participation de 15 % dans le chinois Alibaba.
Mais une nouvelle société cotée « Yahoo » va voir le jour. Pour être vendue ?

En clair. Actuellement, le coeur d’activité de Yahoo – le portail Internet – est valorisé par les investisseurs à pas plus de zéro dollar, selon l’agence Bloomberg. Explication : la firme de Sunnyvale en Californie affiche une valorisation boursière de 32,7 milliards de dollars au 10 décembre 2015, ce qui représente moins de la somme de sa participation de 15 % dans Alibaba, de ces parts dans Yahoo Japan, et de sa trésorerie. Cela démontre que son core business ne vaut… rien. C’est pour redonner toute sa valeur à l’icône historique du Web, revendiquant plus de 1 milliard d’utilisateurs dans le monde, qu’une nouvelle société cotée va être créée pour accueillir l’activité historique de Yahoo. Pour mieux la vendre ? « Le conseil a l’obligation de discuter avec n’importe quelle personne légitime se présentant avec une bonne offre », a indiqué de manière sibylline le 9 décembre Maynard Webb, président du conseil d’administration de Yahoo. Deux jours avant, Verizon – déjà propriétaire d’AOL – s’était dit intéressé par Yahoo. Face à Google, Facebook ou Twitter, le pionnier du Net fait en attendant pâle figure,
et son chiffre d’affaires ne cesse de baisser depuis cinq ans, Bloomberg prévoyant encore cette année 2015 un recul de 8 % à 4,04 milliards de dollars. Alors que les revenus de la publicité sur mobile constituent un relais de croissance pour ses concurrents, ceux de Yahoo se contractent et, selon le cabinet d’études eMarketer,
cela devrait continuer jusqu’en 2017. A moins que sa stratégie ne soit réorientée vers des « acqui-hire » (1). C’est ce que demandent de plus en plus d’actionnaires de Yahoo, alors que sa PDG Marissa Mayer n’a pas réussi – depuis trois ans et demi (2) – à convaincre. Quant au trafic web de Yahoo, il décline lui aussi de façon continue. Le 14 décembre dernier et dans une présentation d’une centaine de pages (3), le fonds d’investissement new-yorkais SpringOwl a appelé la direction de Yahoo à supprimer… 9.000 emplois sur les 10.700 salariés à temps plein et 800 contractuels à fin septembre…., tout en demandant à ce que Marissa Mayer soit remplacée. En y ajoutant la fin de la nourriture gratuite pour les employés et des parrainages coûteux, SpringOwl estime qu’il est possible de dégager 2 milliards de dollars par an d’excédent brut d’exploitation (Ebitda). Le fonds spéculatif suggère en outre de vendre le siège de Sunnyvale et de s’endetter pour faire des acquisitions. @

Pub en ligne : ce à quoi l’on doit s’attendre pour 2014

En fait. Le 26 septembre, l’Irep et France Pub ont présenté les recettes du
marché français de la publicité sur le premier semestre 2014 : 5,6 milliards d’euros (- 2,6 %), dont 1,2 milliard pour l’e-pub (+ 5% pour le search, – 1,2 %
le display web et + 60 % le display mobile). L’année s’annonce encore en baisse.

En clair. Les recettes publicitaires des cinq médias historiques – annuaires, Internet display, mobile, courrier publicitaire et imprimés sans adresse – que mesure l’Institut de recherches et d’études publicitaires (Irep) sont complétés par les chiffres des recettes du search sur Internet provenant de l’Observatoire de l’e-pub du Syndicat des régies Internet (SRI). Après un premier semestre 2014 en recul de – 2,6 %, l’année complète s’annonce en baisse de près de -2 % (voir tableau ci-contre), contre -3,6 % l’an dernier (1). « L’environnement économique devrait rester très morose jusqu’à la fin de l’année. Les entreprises ne sont pas enclines à investir », souligne l’Irep et France Pub pour établir leur prévision de « baisse modérée des investissement » sur 2014. Internet, qui évitera encore au marché global de s’effondrer, restera le média le plus dynamique – grâce à une croissance à deux chiffres de la pub sur mobiles (2) et malgré la baisse les bannières (display hors mobile). Les chiffres de Kantar Media sur le display Internet montre aussi une baisse de la « pression publicitaire » . @

Google Search : la fausse bonne idée du « dégroupage »

En fait. Les 9 et 10 septembre se sont tenues deux conférences, à Berlin et à Bruxelles, sur le thème « Internet and Neutral Search », organisées par l’Open Internet Project (OIP) et les associations européennes des éditeurs de quotidiens (ENPA) et magazines (EMMA). Mais Google est-il un « France Télécom » ?

En clair. L’Open Internet Project (OIP), association européenne créée en mai dernier
à l’initiative franco-allemande d’Axel Springer, de Lagardère et de CCM Benchmark (1), entend dissuader la Commission européenne de clore son enquête sur Google soupçonné d’abus de position dominante avec son moteur de recherche. L’un de
ses membres fondateurs, Lagardère Active via sa filiale LeGuide.com (comparateur
de prix), avance une solution radicale : le dégroupage de Google ! C’est un ancien dirigeant de France Télécom – ancien PDG de Wanadoo, artisan du triple play et de
la Livebox – qui milite dans ce sens. Et en connaissance de cause : Olivier Sichel, aujourd’hui PDG de LeGuide.com, n’y va pas par quatre chemins : «Si l’Europe se décidait à mettre en oeuvre le dégroupage de Google en donnant accès – dans des conditions acceptables – à cette nouvelle boucle locale qu’est le moteur de recherche général, beaucoup d’entreprises européennes relèveraient le challenge, offrant aux Européens le luxe du choix », écrit-il dans une tribune passée presque inaperçue cet été (2).