Ephéméride

2 septembre
• Numericable lance une chaîne de télévision « pilote » en 3D, qui devrait offrir en novembre de la VOD 3D-HD.
Juniper Research prévoit que les jeux d’argent sur mobiles génèreront plus de 48 milliards de dollars dans le monde.
L’AFP va adresser directement le grand public via les smartphones, les tablettes et un site web, selon son PDG Emmanuel Hoog dans « Le Monde ».
MTV Networks France rejoint la régie StickyADtv.

1er septembre
• La FCC, le régulateur américain, publie une note sur les « suggestions » de Google et Verizon (lire p 4).
Apple fait chuter le prix de son boîtier « ordi-télé » Apple TV (de 229 à 99 dollars) et enrichit son offre VOD via iTunes.
Arte annonce trois projets numériques : plateforme pour la création, application pour iPhone/iPad, et partenariat avec YouTube.
Canal+ confirme discuter avec France Télécom pour un partenariat sur les chaînes de cinéma (Orange Cinéma Séries et TPS Star), révélé par « La Tribune ».

Enfance 3.0

Qu’y a-t-il aujourd’hui dans les poches de nos enfants ?
Des poches désormais largement numériques, encombrées d’équipements surpuissants, comme elles l’étaient autrefois d’objets hétéroclites, attentions alors de toutes nos convoitises : un carnet, une boussole, un canif, un baladeur nourri à la K7, symbole du premier âge de la libération mobile… Mais que cache cette course effrénée à l’armement pacifique des plus jeunes ?
Du triptyque qui organise la vie de nos enfants – vie sociale, enseignement et loisirs –, ce sont ces derniers qui ont véritablement entamé leur éducation numérique. Les jeux vidéo ont ouvert le bal dès le milieu des années 70. Il a fallu attendre les années 90 et l’Internet pour que la musique puis la vidéo envahissent leur quotidien. La bibliothèque multimédia personnelle des ados, stockés sur des merveilles électroniques miniaturisées, n’a jamais eu d’équivalent.

« C’est bien pour l’enseignement que l’évolution a été la plus lente. Alors même que les adolescents étaient devenus depuis longtemps des screenagers, pour lesquels la connaissance se façonne à l’extérieur de l’institution scolaire. »

VOD et catch up TV : vers une réglementation calquée sur celle de la télévision linéaire

Le projet de décret « SMAd » (vidéo à la demande, télévision de rattrapage, …)
et les autres projets de réglementation de ces services audiovisuels à la demande s’avèrent largement inspirés des services de télévision classiques.

Par Christophe Clarenc (photo) et Renaud Christol, avocats, cabinet Latham & Watkins

La directive européenne «Services de médias audiovisuels » du 11 décembre 2007 est le premier texte ayant qualifié juridiquement et défini les « services de médias audiovisuels
à la demande [SMAd] » (1), principalement la vidéo à la demande (VOD) et la télévision de rattrapage (catch up TV). Elle préconisait que ces services soient soumis à « une réglementation plus légère » que celle applicable aux autres services de médias, en raison du « choix, [du] contrôle que l’utilisateur peut exercer et [de] l’impact qu’ils ont sur la société » (2).

Financement du cinéma et réforme fiscale du « multi play » : dommage collatéral

Le projet d’augmentation de la TVA sur les offres multi-services Internet-
télévision-téléphone, envisagé dans la prochaine loi de Finances 2011, aurait des conséquences insoupçonnées sur le financement du Septième art français par
les fournisseurs d’accès à Internet.

Le ministre du Budget (1), François Baroin, l’a affirmé le 25 août sur Europe 1 :
« Le statut quo sur le triple play n’est pas possible. On a une injonction de Bruxelles
qui nous pousse à bouger. On va bouger suffisamment pour être en ligne sur le plan économique avec Bruxelles ». Du coup, les organisations professionnelles du cinéma (ARP, APC, SACD, …) s’inquiètent. Quel est le problème ? La Commission européenne
a envoyé le 18 mars 2010 à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, une
mise en demeure enjoignant la France de mettre la fiscalité des offres triple play des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) – quadruple play si le mobile est inclus – en conformité avec la directive TVA.

Lagardère : vers 10 % de revenus en numérique

En fait. Le 26 août, le groupe français Lagardère – premier éditeur mondial
de magazines grand public et groupe de médias audiovisuels au travers de
sa filiale Lagardère Active – a revu à la hausse des prévisions annuelles,
grâce à la croissance du marché publicitaire. La publicité sur le Net y contribue.

En clair. Quant la publicité va un peu mieux, tout va un peu mieux. Surtout pour un conglomérat qui se veut un « pure player » des médias en devenir, prêt à céder des participations minoritaires dans Canal+, EADS, Amaury et Marie Claire. En mai, malgré
la crise structurelle de la presse, le groupe dirigé par Arnaud Lagardère avait annoncé
qu’il pourrait relever ses prévisions 2010. C’est chose faite, depuis la publication fin août de ses semestriels. « Nos résultats sur les trois derniers mois confirment la reprise du marché publicitaire », constate le dirigeant (1). Cette embellie, après une année publicitaire 2009 « exécrable » (2), est notamment due aux activités numériques qui dépassent déjà 7 % du chiffre d’affaires. Lagardère Active vise les 10 %. Cette reprise est confortée par les prévisions publicitaires de ZenithOptimedia : croissance de 3,5 % cette année, dont 13 % pour la publicité sur le Net. Lagardère Active surfe. Des sites web comme Elle.fr, Parismatch.com, Europe1.fr, JDD.fr ou encore Doctissimo.fr et Boursier.com renforcent audience et rentabilité. Quant aux développements de Lagardère sur les tablettes et livres numériques, ils plaisent à la société de Bourse Exane BNP Paribas qui a relevé fin août sa recommandation sur le titre Lagardère de sousperformer à sur-performer. Dès le mois d’avril, le groupe a lancé Paris Match sur l’iPad. D’autres titres le sont et le seront aussi. Au début l’été, Lagardère Active a même nommé un Monsieur e-reader en la personne d’Olivier Boutin. Le groupe y voit non seulement un moyen d’accroître ses recettes publicitaires, mais aussi de multiplier les contenus payants comme sur l’iPhone.
Le monde d’Apple (iPad, iTunes, …) permet, selon Didier Quillot, le PDG de Lagardère Active, de « ne pas renouveler l’erreur historique commise sur l’Internet avec la gratuité des contenus » (Les Echos du 26 mai 2010). Lagardère Publishing, la branche édition
qui reste la plus rentable du groupe malgré un ralentissement, est aussi pionnière dans
le domaine de la tablette, notamment aux Etats-Unis, ainsi que dans la distribution de livres numérique avec la plateforme Numilog. @