A propos Charles de Laubier

Rédacteur en chef de Edition Multimédi@, directeur de la publication.

Livre contre e-book

En allumant ma lampe de chevet, m’est revenue avec une certaine nostalgie, mais sans regret, l’image déjà ancienne
de ma table de nuit qui était habituellement encombrée d’une montagne de livres, tous indispensables, comme autant de promesses de plaisirs de lecture. Je suis cependant surpris
de l’apparente facilité avec laquelle nous avons finalement basculé d’une culture ancestrale du livre en papier dans
une culture balbutiante du livre numérique. En amoureux précoce des livres, des librairies, des bibliothèques et des bouquinistes, collectionneur amateur d’éditions anciennes, je n’ai pourtant pas hésité un instant à saisir la promesse de cette révolution digitale, tout en en connaissant les vertigineuses implications : les changements de supports culturels ne sont en effet pas si fréquents.

« Une part importante du catalogue mondial est désormais accessible via de modestes abonnements ou même gratuitement. »

La fusion Comcast-NBC Universal pose la question des rapports « tuyaux/contenus »

L’intégration verticale entre le câblo-opérateur Comcast et le groupe audiovisuel NBC Universal, qui attend l’aval des autorités américaines, soulève des questions sur l’avenir de la télévision délinéarisée et sur le respect de la neutralité de l’Internet.

Par Winston Maxwell (photo), à Paris, et Daniel Brenner, à Washington DC, avocats associés de Hogan & Hartson

Au cours des dernières semaines, le Congrès a organisé des audiences pour examiner l’avenir de la télévision aux Etats- Unis, notamment en tenant compte de la fusion annoncée en décembre dernier du premier câblo-opérateur américain Comcast avec le fournisseur de programmes NBC Universal (1). Ces audiences ont mis en lumière l’ensemble des problématiques de la distribution de programmes audiovisuels face aux défis de l’Internet et de la concurrence naissante de l’IPTV (2), c’est-à-dire de toute forme de distribution télévisée sur Internet (en direct sur le Web, en vidéo à la demande ou encore en catch up TV).

Presse en ligne versus kiosques à journaux

En fait. Le 15 mars, la directrice générale de « La Tribune », Valérie Descamps,
a indiqué à l’AFP que le quotidien économique racheté en février 2008 par Alain Weill à Bernard Arnault (devenu propriétaire des « Echos ») pourrait ne plus être distribué en kiosque « d’ici la fin de l’année ».

En clair. Internet aura-t-il raison des kiosques ? Les 30.000 vendeurs de journaux, indépendants pour la plupart, rémunérés à moins de 20 % du prix de vente, seront-ils les premiers à faire les frais de la destruction créatrice numérique qui touche aussi de plein fouet la presse écrite ? « Nos ventes en kiosque représentent environ 4.000 exemplaires et, compte-tenu des coûts liés à leur diffusion, ce n’est guère intéressant », a expliqué Valérie Descamps, directrice générale de La Tribune, tout en faisant état d’une disparition possible du quotidien des kiosques « d’ici la fin de l’année » pour privilégier l’abonnement papier et la version numérique.
Bien que la direction ait ensuite « exclu de disparaître des kiosques d’ici à la fin de
l’année », cette hypothèse a marqué les esprits. Ironie de l’histoire, France-Soir a lancé
le 17 mars sa nouvelle formule de la dernière chance avec… 500.000 exemplaires mis
en kiosques. Qu’à cela ne tienne: tous les grands quotidiens nationaux, dont la diffusion payée en France a chuté en moyenne de près de 4 % en 2009 selon l’OJD, sont ou seront amenés à se poser la question de leurs ventes en kiosque au regard de la montée en puissance de leur site web à de coûts de diffusion numérique inférieurs
d’au moins 35 % par rapport au support papier. La chute des recettes publicitaires
sur l’édition imprimée (d’environ 20 % pour les quotidiens nationaux), condamne les éditeurs à plus d’économies. Le kiosque des NMPP – rebaptisées en décembre dernier Presstalis (1) – est le symbole du malaise de la presse française. De plus, à l’heure du profiling en ligne et de la publicité ciblée, voire personnalisée sur le Web, le kiosque ayant pignon sur rue ne permet pas de connaître le client-lecteur. Or les annonceurs sont de plus en plus exigeants vis-à-vis des éditeurs de journaux, notamment en matière de segmentation de clientèle et de retour sur investissement publicitaire.
Au moment où Bruno Mettling (inspecteur des Finances) rend (le 30 mars) son rapport au Premier ministre sur la réforme des NMPP, la décision d’Alain Weill, propriétaire de La Tribune et PDG du groupe NextRadioTV, est un signal négatif pour les kiosquiers. Le concurrent des Echos a déjà supprimé son édition papier du samedi pour la vendre uniquement sur le Web. Depuis le début de l’année, Alain Weill table sur le potentiel offert par l’iPhone . En attendant, l’arrivée de l’iPad en avril… @

Presse et édition tablent trop sur… la tablette

En fait. Le 12 mars, Apple a commencé à engranger les premières commandes pour sa tablette multimédia iPad, laquelle sera livrée aux Etats-Unis à partir du 3 avril et dans huit autre pays courant avril – notamment en France – au lieu de fin mars initialement annoncé par Steve Jobs.

En clair. Après l’iPhone lancé il y a moins de trois ans (juin 2007), avec une couverture médiatique mondiale sans précédent, Apple est en passe de réussir à nouveau l’exploit
de lancer l’iPad avec le même engouement des journalistes et des blogeurs. C’est particulièrement frappant dans la presse écrite, qui, après avoir fait du smartphone d’Apple son mobile fétiche, semble trouver d’emblée dans la tablette multimédia de la firme à la pomme sa nouvelle planche de salut. Lors du “2010 Media Summit”, qui s’est déroulé à New York les 10 et 11 mars derniers, les journaux américains – New York Times et Wall Street Journal en tête – étaient déjà sur les starting-blocks. Au même moment, outre-Atlantique, l’iPad était également attendu de pied ferme par des patrons de presse lors du “Abu Dhabi Media Summit”. Avec l’iPhone et l’iPad, jamais l’industrie de la presse en souffrance n’avait fondé autant d’espoirs sur des terminaux multimédias. Comme si sa survie en dépendait. La plupart des éditeurs de journaux
y voient un moyen de compenser le déclin du papier (lectorat et publicité) et de tenter de remonétiser ses articles. « Faire payer les internautes et les mobinautes » : tel est désormais le credo des journaux qui voient dans les smartphones, tablettes et liseuses des solutions pour remettre la main sur des lecteurs en ligne trop longtemps habitués – à leurs yeux – au gratuit sur le Web. Dernier candidat en date à l’iPad : Le Monde, dont la nouvelle formule web-papier est lancée ce 29 mars (1). Mais à trop embrasser, les médias papier risquent de mal étreindre et de perdre leur âme et le contact direct avec leur lectorat. Après Google, Apple est en passe de devenir l’un des grands intermédiaires entre la presse et son public. Cette désintermédiation, menée concomitamment au démantèlement de l’« oeuvre collective » qui caractérisait jusqu’alors les journaux (une Une et une quatrième de couverture),
fait entrer la presse sur des plateformes de syndication de contenus numériques : App Store, iTunes et iBook chez Apple, qui songe aussi à un “Mag Store” pour les journaux
et magazines, Kindle Store chez Amazon ou encore Google News du géant du Net.
Le marché du livre numérique lui emboîte le pas, comme l’illustre – au Salon du livre
de Paris, du 26 au 31 mars – l’engouement de certaines maisons d’édition pour des liseuses comme le Reader de Sony. Aux Etats-Unis, Hachette Livre sera présent sur l’iPad. @

J’ai la fibre… optique

Immobile, assis au bureau que j’ai installé chez moi dans
un village en plein cœur des Cévennes, à plus de 600 kilomètres de Paris, je surfe à la vitesse de la lumière sur
un flot d’informations qui va et qui vient à un débit de près
de 100 mégabits. Mon retour cévenole n’a donc que peu
de chose à voir avec la recherche idéale de mes grands prédécesseurs des lointaines, mais toujours fantasmées, Seventies. Loin d’une rupture radicale, je m’inscris bien plutôt dans un confortable compromis. Voyez plutôt : travail à domicile et cadre champêtre, mais avec tous les services à très haut débit à portée de clic. Sans revenir aux Grecs anciens, pour lesquels le phénomène du transport de la lumière dans des cylindres de verre était déjà connu, il a fallu attendre 1854 pour que la possibilité de guider la lumière dans un milieu courbe soit scientifiquement démontrée.
Et 1880, pour que Graham Bell invente son photophone, premier appareil de communication sans fil utilisant la transmission optique qu’il considérait d’ailleurs comme sa plus grande invention – même si elle n’eut aucun succès. C’est la combinaison de ces avancées, avec la production des premières fibres de verre en 1930 et l’invention du laser en 1960 permettant la transmission du signal sur de longues distances, qui aboutira en 1970 – grâce à trois scientifiques de la compagnie Corning – à la production de la première fibre optique capable de transporter des informations utilisables pour les télécommunications.

« Les nouveaux usages, très gourmands en bande passante, ont finalement justifié les investissements consentis »