A propos Charles de Laubier

Rédacteur en chef de Edition Multimédi@, directeur de la publication.

CES : télés et consoles élargissent leurs contenus

En fait. Le 10 janvier s’est achevée à Las Vegas la grand-messe internationale de l’électronique grand public, le Consumer Electronics Show (CES). Cette industrie mondiale, qui a dépassé pour la première fois les 1.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2012, va reculer cette année en valeur.

En clair. Les fabricants de téléviseurs et de consoles tentent tant bien que mal à résister à la spirale de la baisse des prix qui rogne les marges, comme cela s’observe chez leurs homologues des smartphones et tablettes (lorsque ce ne sont pas les mêmes fabricants). Sony et Microsoft en tête se livrent dans le salon à une bataille des contenus qui va s’intensifier au cours de l’année 2014 : les consoles élargissent leur périmètre au-delà
des jeux vidéo ; les téléviseurs ne veulent plus se contenter de rediffuser des chaînes. Microsoft s’est associé à Netflix pour sa Xbox One et Sony va lancer « PlayStation Now » pour faire de la TV sur sa PS4. Quant à la télévision en ultra haute définition, appelée ultra HD ou 4K (1), elle pourrait permettre aux fabricants de réussir à renouer avec la croissance – là où la 3D a échoué – et à nouer des accords sur des films et séries comme LG avec Netflix ou Samsung avec Amazon. Et l’arrivée des écrans TV géants
– ultra HD et incurvés – de 105 pouces, soit 2,6 mètres de diagonale pour transformer
une pièce en une salle de cinéma privée, pourrait accroître la valeur.

Timeline

10 janvier 2014
• Le CES ferme ses portes à Las Vegas : les Google Glass sont toujours
réservées aux développeurs qui les ont achetées 1.500 dollars !
 •DNXcorp rachète Quintonic.fr, réseau social des seniors.

9 janvier
• L’Arcep : les revenus des opérateurs télécoms ont reculé de 8,2%
au T3 2013, à 9,3 Mds d’€.
•Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition (SNE),
lors de ses vœux: « Les acteurs [du livre] doivent investir pour prendre
leur part d’un marché numérique encore embryonnaire, mais menacé
de captation par de grands acteurs d’Internet ».
• Aurélie Filippetti se félicite de l’adoption au Sénat du projet de
loi en faveur du livre (loi dite « anti-Amazon »).
• L’Asic demande aux sénateurs de modifier le projet de loi
« Géolocalisation ».
• Orange et SFR affirment chacun atteindre 1 million d’abonnés 4G.
• Orange devient actionnaire minoritaire de Gcluster (jeux en streaming).
• Audiens lance la 1re édition du Prix de l’initiative numérique.

Google dénonce «la violence» de l’exception culturelle

En fait. Le 2 décembre, Carlo d’Asaro Biondo, président de Google pour le Sud
et l’Est de l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique (Seemea), est intervenu au grand débat de la 6e édition annuelle de l’Assemblée des médias (soutenue notamment par la SACD et le CNC) pour dénoncer une certaine « violence ».

En clair. « L’importance de la diversité culturelle est fondamentale. Mais je n’aime pas le terme ‘’exception’’ car il a une connotation de violence. La diversité, c’est la représentation d’intégration et le respect des différentes manières de voir. Je préfère. On est exceptionnel par rapport à un autre, et on est différent avec plus l’idée d’intégration », a déclaré Carlo d’Asaro Biondo, président de Google pour les régions
« Seemea », une semaine avant l’ouverture à Paris du « Lab de l’Institut Culturel ». Il estime que la France brandit l’exception culturelle (1) (*) (**) et la fiscalité numérique avec violence.
« La seule solution n’est pas le fisc, mais de définir des règles claires sur la répartition des revenus et trouver des équilibres pour que cela fonctionne. Tout cela, il faut le voir dans les détails et y réfléchir en faisant deux changements fondamentaux en France. Premièrement : arrêter la violence ! L’escalade de violence que nous vivons depuis quelques mois, voire quelques années, est grave, violence que l’on voit, manière dont on s’exprime, … Au lieu de discuter des faits, on fait de la démagogie. (…) Je trouve que l’on est en France dans un pays qui devient violent… Ne faites pas de caricature de ce que je dis [en s’adressant à Pascal Rogard, DG de la SACD, lequel estime qu’il n’en est rien, ndlr] », s’est insurgé Carlo d’Asaro Biondo. Deuxièmement, la France doit parler cercle vertueux plutôt que fiscalité restrictive. « Qui protège-t-on ? Si ce sont les grands groupes parce qu’ils sont grands et établis, alors on fait un discours d’un certain genre. (…) Donc, nous sommes obligés de nous asseoir, de parler tranquillement et de réfléchir en évitant l’escalade de violence », a-t-il insisté sous les applaudissements de la salle.

La décision « Allostreaming » ne fait pas l’unanimité

En fait. Le 2 décembre, la FFTélécoms a dénoncé « les risques de surblocage ou d’incitation au développement du ‘’dark web’’ » que pourrait provoquer le décision « Allostreaming » du TGI de Paris. Le Parti Pirate et La Quadratude du Net, eux, mettent en garde contre « la censure privée au nom du droit d’auteur ».

En clair. L’Association des producteurs de cinéma (APC), la Fédération nationale des distributeurs de films (FNDF), le Syndicat de l’édition vidéo numérique (SEVN), l’Union des producteurs de films (UPF), le Syndicat des producteurs indépendants (SPI) ont
beau se féliciter de la décision du TGI de Paris rendue le 28 novembre dernier dans l’affaire « Allostreaming », ce jugement ne fait pas l’unanimité. Loin de là.
En permettant au juge d’enjoindre les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) Orange, Bouygues Telecom, Numericable, Free, SFR et Darty Télécom de bloquer seize sites de streaming (1), et aux moteurs de recherche Google, Microsoft, Yahoo et le portail Orange de les déréférencer, la lutte contre la contrefaçon vient de franchir une étape importante – bien que limitée (lire Juridique p 8 et 9).
Les FAI et moteurs doivent obtempérer « au plus tard dans les quinze jours à la compter de la signification de la présente décision et pendant une durée de douze
mois ». Et même si des acteurs du Net font appelle – « ce qui est fort probable d’ici février 2014 », confie à EM@ un ayant droit –, il y a exécution provisoire. Bien que la Fédération française des télécoms (FFTélécoms) relève que les coûts de mise en place des mesures de blocage seront à la charge des demandeurs, elle réaffirme néanmoins « son opposition de principe à l’égard de ce type de mesures » qui présentent « des risques de surblocage ou d’incitation au développement du ‘’dark web’’ ».

Newsroom

13 décembre
• Le Journal Officiel publie un arrêté du 03-12 : les FAI doivent
informer sur les débits réels offerts en (très) haut débit filaire.
• Lagardère contrôle de Mondocteur.fr via Doctissimo (Les Echos).

12 décembre
• L’Arcep lance jusqu’au 13-01-14 une consultation publique sur
la collecte d’informations semestrielle pour la neutralité du Net.
• Copie privée : parution au J.O. du décret pour informer les
consommateurs sur la taxe.
 •Le CSA fixe au 20-06-14 les émissions RNT à Marseille, Nice et Paris.
• Fleur Pellerin lance une mission sur les bandes de fréquences.
• Arnaud Montebourg affirme que l’article 13 de la loi « militaire »
(LPM) est « valide sur le plan de la protection des droits individuels ».
• La CJUE (avocat général) : la directive 2006/24/CE sur la conservation
des données « constitue une ingérence caractérisée dans
le droit fondamental des citoyens ».
• Le SEVN, la FNDF et des majors du cinéma, sur plainte de l’Alpa
et de la Sacem, réclament aux deux ex-gérants du site pirate
Undeadlink près de 3 millions d’€.
• YouTube devrait réaliser 5,6 Mds de $ en 2013 (+ 65,5 %) avec
1milliard de visiteurs uniques par mois, selon eMarketer.
• Europe Créative lance ses 1ers appels à propositions : http://lc.cx/EC