FT.com : les abonnés dépassons le papier dès 2012

En fait. Le 27 février, Pearson – numéro un mondial de l’édition scolaire et éditeur du Financial Times (FT) – affiche un bénéfice net de 1,11 milliard d’euros (+ 12 %) et un chiffre d’affaires de 6,9 milliards (+ 6 %). Le FT, qui réalise 503,1 millions d’euros de revenus (+ 8 %), « n’est pas à vendre ».

En clair. Kristy Jones, à la direction du « FT.com», le site web du « Financial Times », indique à Edition Multimédi@ que les abonnés en ligne au quotidien économique britannique sont au nombre de 281.512 au 1er janvier 2012 (+ 30 % sur un an). Ils représentent ainsi 46,8 % de la diffusion totale payante du « FT », qui s’établit à 601.269 exemplaires payés (papier + numérique) – la diffusion la plus élevée de l’histoire du FT. Selon nos informations, le nombre d’abonnés en ligne devrait dépasser, pour la première fois, les abonnés papier dès cette année, et non pas en 2013 comme le prévoyait Rob Grimshaw, directeur du FT.com, lors de la conférence Médias des « Echos » en décembre dernier. C’est déjà le cas aux Etats- Unis depuis fin 2011. « Les lecteurs du
FT continuent de migrer vers nos plateformes digitales », nous confirme Kristy Jones. Globalement, le site web compte plus de 4 millions d’internautes inscrits, audience en augmentation de 33 % sur un an. Les revenus numériques compensent le recul de
la publicité, d’où l’empressement de basculer dans le digital qui génère environ 30 %
du chiffre d’affaires du FT Group à fin 2011. « Le mobile sera le principal média de distribution », a affirmé Rob Grimshaw. En 2011, les mobinautes génèrent déjà près d’un quart du trafic du FT.com. L’été dernier, en désaccord avec Apple, le FT a retiré de l’App Store son « appli » mobile pour iPad et iPhone.
Malgré la crise publicitaire, le FT reprend donc le dessus grâce au numérique. Contrairement à ce qu’avait affirmé le « Guardian » le 9 février, Pearson n’est pas prêt à céder sa pépite : le « Financial Times » génère seulement 7,3 % des revenus du groupe britannique, mais lui assure la seconde plus forte croissance des résultats opérationnels par activité. « Le FT sera vendu. Mais elle ne le vendra pas », avait répondu singulièrement au Guardian une source chez Pearson, parlant de l’actuelle DG Marjorie Scardino (1). Thomson Reuters serait intéressé. Les rumeurs courent depuis des années sur une cession du quotidien économique britannique, surtout depuis que Pearson a vendu en 2007 « Les Echos » à Bernard Arnault (groupe LVMH), lequel s’était dit lui aussi intéressé. A l’époque, pourtant en difficulté, le quotidien de la City valait 1 milliard d’euros. Leader du livre scolaire, Pearson indique aussi que Penguin réalise 12 % de ses ventes sous forme d’eBook (2). @

Très haut débit : la 4G va coiffer au poteau le FTTH

En fait. Le 1er mars s’est achevé à Barcelone le 17e congrès annuel mondial de
la téléphonie mobile, le Mobile World Congress, organisé sur quatre jours par la GSM Association. La téléphonie de quatrième génération – 4G – était à l’honneur. Les réseaux LTE seront-ils des concurrents pour le FTTH ?

En clair. Le très haut débit mobile (LTE) pourrait contrarier les projets de fibre optique
à domicile. Moins coûteux, car nécessitant moins de génie civil, les réseaux 4G sont
déjà au nombre d’une cinquantaine dans le monde, selon l’UMTS Forum et Wireless Intelligence. Et, selon le DigiWorld Institute (Idate), le nombre d’abonnés 4G va exploser à 830 millions d’ici à 2016 – contre plus de 5 millions aujourd’hui. Comparé au très haut débit optique (FTTH (1) en tête), il n’y a pas photo : le nombre d’abonnés FTTx dans le monde dépassera à peine les 200 millions d’ici à 2016 également (198 millions en 2015). Il y aura donc quatre fois plus d’abonnés FTTx que d’abonnés 4G ! Prenons l’opérateur américain Verizon, qui est à ce jour le numéro un mondial en termes d’abonnés LTE, loin devant le japonais NTT Docomo, le sud-coréen SK Telecom et les suédois TeliaSonera et Tele2. Or, Verizon est aussi un pionnier de l’investissement massif en FTTH et également le numéro un mondial dans ce très haut débit fixe. Que constate-t-on ? Que ses abonnés 4G sont en passe de rattraper et de dépasser le nombre d’abonnés FTTH. Il a fallu moins de deux ans au réseau très haut débit 4G de Verizon pour parvenir à constituer un parc de clients équivalent à celui de son réseau FTTH déployé il y a huit ans ! En effet, Verizon compte, au 31 décembre 2011, quelque 4,8 millions d’abonnés Internet très haut débit (2) (service fois) via la fibre optique à domicile déployé à partir de 2004. Par ailleurs, Verizon a lancé, en décembre 2010, son réseau mobile 4G – ou LTE (3) – avec le franco-américain Alcatel-Lucent comme principal fournisseur d’infrastructure (4). Un an après son lancement, la 4G de Verizon Wireless atteint déjà 4,4 millions d’abonnés à fin 2011,
si l’on en croit le « Wall Street Journal ». Autrement dit, 5% des 87,382 millions d’abonnés mobile de l’opérateur américain ont basculé vers la 4G en douze mois.
Le Mobile World Congress, où plus de 200 terminaux compatibles 4G ont été présentés cette année (smartphones, tablettes, combinés mobile-tablette (5), appareils M2M, …), promet un engouement pour la 4G et une explosion du trafic mobile mondial – lequel devrait être, selon l’Idate, multiplié par 33 à 127 Exabits en 2020, contre moins de 5 Exabits aujourd’hui ! Plus que sur la fibre, la monétisation des données devrait déboucher sur une « différenciation des tarifs » en fonction du débit 4G. @

Le salon CES a sonné la fin de la domination d’Apple

En fait. Le 13 janvier s’est achevée à Las Vegas la grand-messe internationale de l’électronique grand public, le Consumer Electronics Show (CES). Cette industrie mondiale va dépasser pour la première fois cette année les 1.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires, selon l’association CEA organisatrice.

En clair. Un seul être vous manque – Steve Jobs (1) – et tout est dépeuplé ? Pas le moindre du monde. Apple a beau avoir brillé encore une fois par son absence au CES
de Las Vegas (2.700 exposants, 20.000 produits nouveaux, 140.000 visiteurs…), ses concurrents en ont profité pour lancer des nouveautés destinées notamment à mettre
un terme à la domination d’Apple dans les tablettes depuis avril 2010 et voler la vedette
à l’iPhone.
Lors de ce CES 2012, une cinquantaine de nouvelles tablettes ont été lancées. Apple
a déjà vendu plus de 30 millions d’exemplaires de sa tablette multifonction, selon le cabinet eMarketer, et tutoierait encore en 2011 les 80 % de parts de marché. Mais le fabricant californien est concurrencé avec succès par le sud-coréen Samsung et sa Galaxy Tab, mais aussi par Motorola et son Xoom (2), Hewlett-Packard ayant arrêté l’an dernier sa TouchPad. La bataille mondiale des brevets liés aux tablettes, engagée par Apple contre Samsung, en dit long sur la nervosité de la firme californienne. L’iPad est en outre chahuté par le lancement au CES d’ultrabooks ultrafins et ultra-légers, dont près d’une cinquantaine de modèles ont été présentés. A mi-chemin entre l’ordinateur et la tablette dont il sont des alternatives, concurrents du Macbook Air d’Apple, ces terminaux hybrides – appelés aussi laptop – ont notamment été lancés par Hewlett-Packard et Acer.
Sur le front des smartphones, Apple – qui détient à peine 4 % de parts de marché mondial, selon le cabinet Gartner, avec son iPhone lancé en 2007 – a là aussi du souci à se faire. Samsung est devenu sa bête noire avec son Galaxy S. D’autant que le fabricant sud-coréen, entré en 2010 sur le marché des smartphones, caracole désormais à près de 18 % de parts de marché mondial derrière le numéro un (depuis près de 15 ans !) qu’est le finlandais Nokia, relégué néanmoins en dessous des 25 % de parts de marché. LG Electronics, HTC, Sony Ericsson et Motorola Mobility (en cours de rachat par Google) sont eux aussi près à croquer la pomme. Résultat, l’iPhone perd du terrain et son heure de gloire semble derrière lui. Selon le cabinet d’études Kantar,
le smartphone d’Apple résiste encore dans le monde anglo-saxon (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Australie) mais décline en Europe. La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ne sont plus des « Applemaniaques ». @

Vidéo et mobile dynamisent la mesure d’audience

En fait. Le 15 décembre, Médiamétrie a publié la première mesure d’audience de la vidéo sur ordinateur. Et le 8 décembre, lors des 5e Assises de la convergence des médias, Laurent Battais, l’un de ses dirigeants, a confirmé la mensualisation de la mesure d’audience de l’Internet mobile avec WiFi.

En clair. La vidéo visionnée sur ordinateur est enfin mesurée en France, grâce à Médiametrie//NetRatings – la société commune de Médiamétrie et de Nielsen. Les premiers résultats portent sur le mois de septembre et comportent deux classements :
l’un par « player » (lecteur vidéo d’un diffuseur) et l’autre par « site-support » (pages avec vidéo sur un même site). Ces résultats mensuels de la mesure de la vidéo sur ordinateur (visiteurs uniques, vidéos vues et temps passé) prennent en compte le streaming vidéo vidéo sur sites web, plates-formes de partage vidéo (Dailymotion, YouTube, …), TV de rattrapage (1). C’est la première fois que la catch up TV, pratiquée par 14,5 millions d’adeptes sur ordinateur (19 %), est prise en compte. Cependant, selon nos informations, il faudra attendre 2012 pour qu’elle soit par ailleurs intégrée dans le différé sur 7 jours de
la mesure d’audience des chaînes (2) La vidéo à la demande (VOD), elle, n’est pas concernée par cette nouvelle mesure vidéo « hybride » (panel d’internautes et résultats des sites web ou site-centric). « Les éditeurs de sites vidéos peuvent désormais encore mieux intégrer la vidéo à leur offres publicitaires et les agences aux plans médias des annonceurs », explique Estelle Duval, directrice de Médiametrie//NetRatings. Pour les vidéos vues à partir de smartphones, elles sont incluses dans une autre mesure, celle
de l’Internet mobile lancée il y a un an (fin octobre 2010) par Médiametrie//NetRatings
et l’Association française du multimédia mobile (AFMM). « Cependant, à l’inverse de la nouvelle mesure mise en place sur le fixe, elle n’intègre pas la durée de consultation
en streaming ni la mesure du contenu consommé », précise Laurent Battais, directeur exécutif « Performance et Cross Média » de Médiamétrie, à Edition Multimédi@.
Et à partir de décembre, la périodicité de la mesure Internet mobile passe de trimestrielle à mensuelle, tout en intégrant les connexions via le WiFi (résultats publiés fin janvier 2012). « Les éditeurs et les publicitaires vont pouvoir comparer l’audience du web fixe avec celle des mobiles. L’Internet mobile est en outre déjà intégré dans l’étude annuelle Cross Média, dont la prochaine édition sera publiée en juin 2012 », indique Laurent Battais. Les tablettes, iPad d’abord, auront aussi leur mesure, disponible également en janvier 2012. @

Les éditeurs craignent de « perdre» leurs clients

En fait. Le 23 novembre, s’est tenue la 26e assemblée générale du Groupement
des éditeurs de contenus et de services en ligne (Geste). Son président, Philippe Jannet – PDG du Monde Interactif – constate que les promesses des tablettes
et de la TV connectée s’accompagnent aussi de « complexités nouvelles ».

En clair. Les quelque 120 membres du Groupement des éditeurs de contenus et de services en ligne (Geste), né avec le Minitel (1) en 1987, vont de plus en plus « au-delà des frontières du web et des mobiles ». Les nouveaux supports comme les tablettes et surtout les téléviseurs connectés « sont riches de promesses mais aussi de complexités nouvelles, tant législatives qu’économiques », a souligné Philippe Jannet, qui préside le Geste depuis 11 ans (2). Le métier d’éditeur est devenu « anxiogène ». Un besoin de clarification de la réglementation et de la régulation se fait pressant, au moment où la mission « TV connectée » rend son rapport. « A nouveau, nous allons être confrontés aux difficiles contours juridiques de supports mêlant plusieurs droits différents – notamment la télévision. Qui est responsable : le CSA ? Les opérateurs [l’Arcep] ? Les fabricants ? … », s’est inquiété Philippe Jannet. Lors d’une table-ronde, le directeur des nouveaux médias du groupe Le Figaro, Bertrand Gié (3), a abondé dans ce sens : « Faire les recommandations des éditeurs est devenu assez compliqué car à qui s’adresser ?
Avec la TV connectée, nous sommes à la croisée des chemins. Est-ce qu’elle relève des télécoms, d’Internet (IP), du CSA ? L’accord entre TF1 et Samsung, est-ce de l’audiovisuel ? ». Quant à Eric Scherer, directeur des nouveaux médias chez France Télévisions, il a mis en garde : « La TV connectée pourrait être plus disruptive que la musique ou la presse en ligne » (lire ci-dessous). Autre préoccupation : celle du risque
de « désintermédiation » des éditeurs vis-à-vis de leur lecteurs, téléspectateurs, auditeurs ou utilisateurs. « Nous allons aussi être confrontés à la multiplication des intermédiaires (fabricants, opérateurs, agrégateurs), nous éloignant de nos clients et soucieux de nous imposer leurs propres règles économiques », a prévenu le président du Geste. Apple, Amazon et Google sont cités en exemple. Les éditeurs reprochent par exemple à la marque à la pomme son refus de leur communiquer les données clients et de leur imposer sa grille tarifaire (EM@37, p. 7). L’un des objectifs pour 2012 va donc être de « préserver notre relation à nos utilisateurs » et d’avoir des « relations clarifiées avec les différents opérateurs techniques », de la tablette au cloud computing, en passant par les réseaux sociaux et les télévisions connectées. @