Microsoft lance Zune en Europe : haro sur iTunes

En fait. Le 21 septembre, Microsoft a indiqué que Zune – service de téléchargement de musique et de films – sera lancé « cet automne » dans quatre pays européens, dont la France. Il sera accessible sur PC Windows, mobiles et console de jeu Xbox. En ligne de mire : iTunes, Amazon ou encore Spotify.

En clair. Lancé en 2006 pour concurrencer l’iPod d’Apple, Zune n’a pas rencontré le succès escompté et est resté cantonné aux Etats-Unis. Il y a un an, en novembre 2009, Microsoft avait tenté de lancer en Europe une offre de films en streaming sur Zune pour les consoles de jeu Xbox 360. Cette fois, dans quelques semaines, le Zune Marketplace sera enrichi et accessible à partir de trois écrans bien identifiés : ordinateurs sous Windows, mobiles sous Windows Phone et consoles Xbox 360,
en attendant le lancement de la Kinect sans manette le 10 novembre prochain. L’interopérabilité s’arrête là puisque les autres baladeurs et terminaux (notamment iPhone) sont exclus. Les œuvres seront proposées en téléchargement ou en streaming illimités, en échange d’un abonnement via le Zune Pass proposé à 9,99 euros par mois (avec un essai de quinze jours et des engagements à un, trois ou douze mois).
Sur le Vieux Continent, Microsoft a déjà des accords de droits avec les filiales StudioCanal (Canal+) pour l’audiovisuel et Universal Music du groupe Vivendi pour la musique. En France, Canal + avait notamment annoncé en juin 2009 la signature d’un partenariat avec Microsoft pour proposer la vidéo à la demande VOD, catch up TV et matchs de football) sur la Xbox 360 via CanalPlay et Canal+ à la demande. D’autres accords existent aussi dans la musique (EMI, Warner Music, Sony Music, …) et le cinéma (EuropaCorp, Paramount Pictures, Warner Bros., …). En retard sur le marché des plateformes de musiques et de films en ligne, la firme de Steve Ballmer veut se poser ainsi en rival du dominant iTunes d’Apple et des autres : l’américain Amazon,
le suédois Spotify ou encore le nouvel entrant japonais Qriocity de Sony. Rien qu’en France, selon le rapport 2010 du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), iTunes détient 53,8 % de part de marché dans la musique en ligne et devance ainsi largement Orange, SFR, Virgin Mega et Fnac Music (1). Selon Chris Lewis, vice-président de Microsoft en charge du divertissement et de l’interactivité en Europe,
la Xbox 360 – qui compte déjà 40 millions d’utilisateurs dans le monde (2), dont 10 millions en Europe – est avec la future Kinect au cœur de la stratégie du numéro 1 mondial du logiciel grand public. Le lancement cet automne de la version Windows Phone 7 sera aussi déterminant pour conrrencer sur ce terrain l’iPhone (Apple), le Blackberry (RIM) ou l’Android (Google). @

Thierry Cammas, MTV Networks France : « La musique banalisée sur le Web renforce notre modèle exclusif »

Le PDG de MTV Networks France, filiale du géant des médias américain Viacom,
ne craint pas les sites vidéo comme YouTube. Il explique à Edition Multimédi@ comment la valeur ajoutée et l’exclusivité de ses chaînes musicales payantes
sont des gages de pérennité. Prochaine étape : la TV connectée.

Propos recueillis par Charles de Laubier

Edition Multimédi@ : YouTube, Dailymotion, MySpace, … Les sites de partage vidéo rencontrent un large succès avec leurs vidéoclips gratuits. Trente ans après sa création (en 1981), MTV craint-il l’arrivée prochaine en Europe de Hulu ou surtout de Vevo, le « MTV du Web » ? Thierry Cammas (photo) : Plus les majors de
la musique banalisent la circulation non exclusive de vidéomusiquessur le Web de façon morcelée et non contextualisée, plus la fonction historique et incontestable d’agrégation et de tri éditorial de MTV en tant que chaîne musicale devient un confort et représente une valeur ajoutée pour le public. Vevo et Hulu qui propose en streaming du contenu « à la demande » sont sur des modèles différents de celui de MTV. Ils n’altèrent pas la valeur d’utilité du média MTV. Ainsi,
face à la promesse de Vevo, nous pouvons toujours garantir l’exclusivité de l’agrégation éditorialisée et l’exhaustivité des genres sur la musique. Et face à Hulu, nous garantissons l’exclusivité de la primo-diffusion linéaire de productions de divertissement (séries, télé-réalités).

L’achronie des médias

Enfant, il fut un temps où nous avions à composer avec
une certaine forme de rareté, qui, si elle était à l’origine d’une sourde frustration, aiguisait en même temps notre désir et nourrissait nos rêves. Le dernier Disney n’était alors visible qu’à Noël au cinéma et, le reste de l’année, par de courts extraits sur nos écrans de télévision. Il nous fallut attendre l’âge adulte pour voir et revoir enfin ces films, qui perdirent en même temps une part de leur mystère. Il fallait également qu’une nouvelle économie des droits de diffusion télé puis vidéo crée une chaîne d’exploitation cohérente et très rentable. C’est en effet avec la télévision que l’idée d’une chronologie des médias s’est peu à peu mise en place. Avec l’équipement massif des ménages en postes de télé durant les années 60 et la baisse concomitante et régulière de la fréquentation des salles, les chaînes ont accepté l’usage d’un long délai après la sortie des films en salle.

« Ce n’est plus la chronologie qui structure le paysage audiovisuel mais les modes de réception. Quand un film sort, il doit être disponible partout, très vite, afin de bénéficier d’une visibilité maximale sur tous les écrans »

Vers une protection juridique de la neutralité du Net

Alors que la consultation de l’Arcep s’est achevée le 13 juillet – avec 40 contributions reçues et des « recommandations » prévues pour septembre
– et que le rapport du gouvernement va être remis au Parlement, le débat
sur la neutralité des réseaux prend une envergure européenne.

Par Hervé Castelnau (photo), avocat associé, et Thibaut Kazémi, avocat à la Cour, Norton Rose LLP

Le 30 juin dernier, la Commission européenne a lancé une consultation publique sur la neutralité de l’Internet. Il s’agit notamment pour la direction générale de Neelie Kroes de recueillir des avis sur les problématiques relatives à la gestion
du trafic qui sont liées à la neutralité des réseaux.
L’exécutif européen souhaite ainsi vérifier que les nouvelles règles applicables en matière de télécommunications seront suffisantes pour régler ces difficultés. Cette dernière initiative s’ajoute aux nombreuses réflexions qui ont été ou sont actuellement menées au niveau national, tant en France qu’à l’étranger.

Neutralité : les acteurs du Web ne veulent pas de péages sur les réseaux du Net

Les membres de l’Association des services Internet communautaires (Asic) – Google/YouTube, Dailymotion, Yahoo, Facebook, OverBlog, Microsoft, Allociné, etc. – s’opposent à l’idée de l’Arcep de faire contribuer les acteurs du Net en instaurant une sorte de « peering payant ».

L’Asic et l’Arcep ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Edition Multimédi@ s’est procuré la contribution que l’Association des services Internet communautaires a remis
le 13 juillet dernier à l’Arcep dans le cadre de la consultation publique sur la neutralité des réseaux. Réunissant une vingtaine de membres présents en France, l’Asic
« s’inquiète » de l’une des orientations du régulateur des télécoms qui consisterait à
la mise en place d’une « régulation de la terminaison d’appel data ». Cela reviendrait, selon elle, à « entériner le peering payant, c’est-à-dire la mise en place un péage pour les prestataires de services de la société de l’information (PSI) ».