En fait. Le 12 novembre, lors du vote solennel, les députés ont rejeté (362 contre, 192 pour) la première partie du projet de loi de finances 2025, laquelle portait sur les recettes fiscales de l’année prochaine. Le Sénat remettra-t-il à son tour les taxes TSN (augmentée) et TOCE (étendue) pour les Gafam ?
En clair. L’Assemblée nationale a rejeté le volet « recettes fiscales » du projet de loi de finances (PLF) pour 2025. Le Sénat, qui examinera le texte initial du gouvernement Barnier, réintroduira-t-il les « taxes Gafam » adoptés par des députés ? Il y a eu d’abord le rehaussement de la taxe sur les services numériques (TSN), appelée « taxe Gafam », pour qu’elle rapporte 500 millions d’euros de plus que les 774 millions d’euros prévus dans le PLF initial, soit 1,2 milliard d’euros. Cette initiative provenait de l’union de la gauche (NFP) mais aussi de la droite et de l’extrême droite. Au moins trois amendements avaient été adoptés le 8 novembre pour aller dans le même sens, à savoir : faire passer la taxe sur les services numériques (TSN), instaurée en 2019, de 3 % à 5 %.
« Etant donné que le rendement prévisionnel de la taxe [TSN] pour 2025 est de [près de] 800 millions d’euros, on peut estimer que le présent amendement créerait plus de 500 millions d’euros de recettes nouvelles pour le budget de l’Etat », expliquaient à l’unisson deux des trois amendements, respectivement de la gauche socialiste (1) et de la droite républicaine (2).
L’extrême droite, qui avait fait adopter le troisième amendement « 3 % à 5 % » (3), en avait rajouté une couche avec un autre amendement pour, cette fois, étendre aux Gafam l’application de la taxe TOCE, dite « taxe Copé ». Cette ponction fiscale sur le chiffre d’affaires des « opérateurs de communications électroniques », adoptée en 2009 (4), est versée par les opérateurs télécoms pour financer France Télévisions après la suppression de la publicité sur les chaînes publiques à partir de 20 h. Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR règlent plus ou moins 200 millions d’euros par an de TOCE, d’après la FFTélécoms. « Les Gafam génèrent d’importants bénéfices en France, utilisant les infrastructures des opérateurs sans pour autant payer à la hauteur de cette utilisation. […] L’inclusion des Gafam dans la TOCE est un premier pas pour corriger cette distorsion », justifiait l’amendement (5).
Un autre amendement, déposé par LFI (NFP) et adopté le 6 novembre (6), prévoyait, lui, le remplacement de la TSN par une « taxe Gafam » de 15 %. Les Gafam étaient donc mis à contribution pour réduire le déficit public de la France qui est proche des 6 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que la dette l’Etat français s’élève à 3.200 milliards d’euros. @
