Le sort des récepteurs de radio FM et DAB+ dans les véhicules neufs vendus en Europe dépend du futur Digital Networks Act (DNA), en cours d’examen au Parlement européen. Des constructeurs automobiles ont déjà remplacé les autoradios par des systèmes CarPlay, Android Auto ou autres.
« Les artistes-interprètes, les producteurs, les auteurs-compositeurs et éditeurs de musique appellent les autorités européennes, dans le cadre de l’examen du Digital Networks Act et de la révision du code européen des communications électroniques, à garantir la présence d’un récepteur radio FM et DAB+ dans tous les véhicules commercialisés dans l’Union européenne. Ils appellent également les autorités françaises à soutenir activement cette démarche », a déclaré l’industrie de la musique en France.
Tesla, Renault, Citroën, Fiat, …
Dans leur communiqué commun, daté du 17 mars, les syndicats français de producteurs de musique enregistrées Snep et Upfi, d’une part, et les organismes de gestions collective des droits d’auteur et droits voisins Adami, SPPF, Sacem et Spedidam, d’autre part, alertent sur le risque de voir disparaître les autoradios des voitures. « Le maintien de la radio dans les véhicules n’est pas seulement une question technologique : il en va de la préservation d’un média accessible à tous, qui est essentiel à la diversité musicale européenne et au pluralisme » (1).
Parmi les constructeurs automobiles qui ont décidé de retirer les récepteurs radio des nouvelles gammes de véhicules, au profit exclusif d’équipements connectés de type Apple CarPlay, Android Auto de Google, ou d’applications connectées comme Spotify, TuneIn, YouTube Music, ou liaisons Bluetooth avec les smartphones, l’américain Tesla est
Lors de la Journée mondiale de la radio (2), le 13 février 2026, Romain Laleix (photo ci-dessus), membre de l’Arcom et président du groupe de travail « radios et audio numérique », s’est inquiété que les autoradios soient supprimés des voitures. « Ce choix des constructeurs équivaudrait à condamner la radio », a-t-il lancé dans une tribune publiée dans Les Echos (3). Avec le président de l’Arcom, Martin Ajdari, Romain Laleix avait annoncé – lors des Rencontres annuelles du DAB+ le 18 décembre 2025 – la création d’un « groupe de travail d’experts consacré à la place de la radio en voiture ». Mais celui-ci se fait attendre.
DNA européen, sauveur de l’autoradio ?
La balle est plus dans le camp de l’Union européenne, dont le projet de Digital Networks Act (DNA) reprend et maintient les dispositions du code européen des communications électroniques de 2018, lequel prévoit de maintenir (et non de supprimer) l’obligation pour les constructeurs automobiles d’équiper les véhicules neufs de catégorie M (voitures particulières) de récepteurs radio. Mais le lobby des constructeurs automobiles, soucieux de réduire les coûts et de nouer des partenariats avec les Gafam, pourrait avoir raison de l’autoradio. @
Charles de Laubier