SFR en vente, l’Arcep et l’Autorité de la concurrence

En fait. Le 12 mai, La Lettre de l’Expansion – qui appartenait à Altice jusqu’en 2017 avant d’être cédée en 2021, avec sa maison mère WanSquare, au groupe Les Echos-Le Parisien – a affirmé que Xavier Niel (Free) et Martin Bouygues (Bouygues Telecom) sont deux à surenchérir pour tenter de racheter SFR à Altice.

En clair. Alors que la restructuration financière d’Altice France – dont Patrick Drahi ne détient plus que 55 % – ne sera finalisée qu’en septembre 2025, la mise en vente du troisième opérateur télécoms français SFR – filiale d’Altice France – ferait déjà l’objet d’enchères de la part de deux prétendants que sont Free et de Bouygues Telecom. Le Franco-Israélo-Portugo-Marocain (il est né à Casablanca en 1963), président du groupe international Altice espèrerait obtenir jusqu’à 5 milliards d’euros de la vente de SFR, d’après La Lettre de L’Expansion (qui fit un temps partie de la galaxie Altice). Ces nouvelles rumeurs se rajoutent à celles qui courent depuis en septembre 2023, lorsque Patrick Drahi a mis en vente SFR (1).
Xavier Niel (Free) et Martin Bouygues (Bouygues Telecom), qui auraient engagé un bras de fer en surenchérissant l’un contre l’autre, détiendraient à eux deux l’avenir de SFR entre leurs mains. La cession de SFR ne serait donc qu’une question d’argent, avec le fonds américain KKR et les opérateurs télécoms STC (saoudien) et Etisalat (émirati) en embuscade. Surtout que Patrick Drahi est obligé de désendetter son groupe international Altice (après avoir atteint 60 milliards d’euros de dettes), ayant déjà réduit la dette de sa seule filiale française, passée de 24,1 milliards d’euros à 15,5 milliards d’euros en février – contre la session de 45 % du capital d’Altice France à ses créanciers. Et (suite)

d’après CFNews : « Outre un abandon de créances conséquent, Altice obtient un allongement de la maturité de sa dette avec des remboursements s’étalant entre 2028 et 2033 (contre 2025 et 2029 précédemment). En contrepartie, [le] taux d’intérêt moyen pass[e] de 5,7 % à 7,125 % » (2). Cette restructuration financière valoriserait SFR 12,8 milliards d’euros, tenant compte aussi de la perte de près de 2 millions d’abonnés en deux ans.
Mais le plus dur reste à venir, car l’Arcep et Bercy ont leur mot à dire pour les fréquences mobiles, qui, propriété de l’Etat, ne peuvent pas être cédées par Altice/SFR sans leur aval et après avis de l’Autorité de la concurrence. Cette dernière devra en outre dire, en concertation avec la Commission européenne qui dispose d’un droit de veto, si la vente de SFR à Bouygues Telecom (3) ou à Free (4) – Orange (5), déjà trop puissant, n’étant pas candidat – présente un risque ou pas de baisse de la concurrence, avec une probable hausse tarifaire. @