Netflix finance des films agréés pour… les salles

En fait. Le 25 mars, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a dressé un état de la production des films français en 2023. Ce bilan montre qu’il a eu l’an dernier deux fois plus de films agréés préfinancés par les services de SVOD. Netflix semble en train de se réconcilier avec les salles de cinéma.

En clair. En France, chronologie des médias oblige, les nouveaux films agréés par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) ont l’obligation de sortir d’abord dans les salles de cinéma qui en ont l’exclusivité durant quatre mois, avant que les chaînes de télévision (payantes puis gratuites) ne s’en emparent, et avant que les plateformes de SVOD ne puissent à leur tour diffuser ces films à 30 mois en cas d’accord d’investissement (sinon à 36 mois). Attendre deux ans et demi voire trois ans, pour diffuser en streaming un film qui n’a alors plus rien de nouveau, explique en creux le peu de films français agréés par le CNC préfinancés par Netflix, Amazon Prime Vidéo, Disney+ et HBOMax (future plateforme Max qui sera lancée en France fin juin/début juillet).


Sur l’année 2023, le montant total des investissements de ces quatre plateformes de SVOD s’élève à 48,2 millions d’euros – pour 40 films, dont 39 dits d’initiative française (voir graphique ci-contre) –, contre 21 millions d’euros en 2022 (alors que c’était à peine 1 million d’euros en 2021). Certes, il y a une montée en charge des streamers dans le financement de films d’initiative française et agréés par le CNC, mais cela reste toujours très modeste par rapport aux grands financeurs-diffuseurs que sont toujours Canal+ (154,1 millions d’euros en 2023), France Télévisions (70,7 millions d’euros via France 2 et France 3) ou encore TF1 (45,3 millions d’euros). La chronologie des médias, défavorable à la SVOD, y est pour quelque chose. @