En fait. Le 1er février, Pierre Louette ne sera plus PDG du groupe Les Echos-Le Parisien – contrôlé par LVMH Médias (via la holding Ufipar de Bernard Arnault) – après presque huit ans. La rumeur le donnait partant depuis plusieurs mois. S’il a réussi à équilibrer Les Echos, il a échoué sur Le Parisien.
En clair. Si le quotidien économique Les Echos s’en tire à bon compte, avec en 2025 un « retour à l’équilibre » (dixit Pierre Louette, PDG du groupe jusqu’à fin janvier), il n’en va pas de même pour le quotidien généraliste Le Parisien-Aujourd’hui en France qui est resté chroniquement déficitaire depuis des années, avec 30 millions d’euros de pertes en 2024, et plus encore en 2025 d’après des estimations qui circulent – autour de 35 millions d’euros ou plus. Et ce, malgré les aides d’Etat dont Le Parisien-Aujourd’hui en France est le premier journal à bénéficier : près de 14 millions d’euros au total sur l’année 2024, soit bien plus que les 9,9 millions d’euros empochés par Le Figaro ou les 7,8 millions d’euros perçus par Le Monde (1). Cette manne publique fait les affaires du multimilliardaire, propriétaire de non seulement Le Parisien-Aujourd’hui en France, mais aussi Les Echos (aidés par l’Etat à plus de 2 millions d’euros), Paris-Match (plus de 2 millions d’euros), de L’Opinion (plus de 1,6 million d’euros), et de Challenges (plus de 1 million d’euros). Selon les calculs de Edition Multimédi@, la galaxie du premier magnat fortuné de la presse française (2) – a touché de l’Etat un total d’aides publiques de (suite) 20,5 millions d’euros en un an (3).
Le contribuable français a donc contribué au renflouement du Parisien-Aujourd’hui en France, lequel a fait l’objet en novembre 2025 d’une recapitalisation de 150 millions d’euros via Ufipar – un refinancement record depuis l’acquisition de ce quotidien par LVMH en 2015. L’empire du luxe a déjà renfloué le pôle Les Echos-Le Parisien, à hauteur de 83 millions d’euros fin 2018, puis a injecté près de 65 millions d’euros dans Le Parisien-Aujourd’hui en France seul en août 2022.
Le départ attendu de Pierre Louette intervient aussi quatre mois après l’opposition des journalistes du Parisien à ce que ce quotidien, né en 1944, puisse être cédé à l’ultraconservateur milliardaire Vincent Bolloré (4). En outre, la rédaction a aussi été confrontée en décembre 2025 à la censure d’une interview (5). Mais pour Pierre Louette, dont le nom fait partie des prétendants à la présidence d’Orange, les problèmes étaient ailleurs : « Rien ne nous aura été épargné durant ces années, accélération de la transformation numérique, chute de la diffusion des journaux papier mais doublement du prix du papier, pandémie… », a-t-il déclaré lors de son pot de départ. @