En fait. Le 11 mars, le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) a présenté le bilan 2024 du marché français de la musique enregistrée, lequel refranchit au bout de 20 ans la barre du milliard d’euros. Pour autant, les Français ne se précipitent pas pour s’abonner aux plateformes de streaming.
En clair. Les 174 maisons de disques et labels membres du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), parmi lesquels les trois majors mondiales de la musique (Universal Music, Sony Music et Warner Music), se plaignent de ne pas arriver à convaincre suffisamment d’utilisateurs à s’abonner aux plateformes de streaming musical.
Pourtant, ce n’est pas les « streamers » qui manquent sur le marché français : Spotify, Deezer, Qobuz, YouTube Music, Amazon Music, Apple Music ou encore Napster. Dans son bilan 2024 publié le 11 mars, le Snep fait état de « seulement » 12,3 millions d’abonnements (périodes d’essai comprises). Ces abonnements au streaming musical correspondent à 522,3 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, soit tout de même une hausse de 11,4 %, pour représenter plus des trois-quarts (77,5 %) du total des revenus numériques de la musique enregistrée. (suite)
Alors pourquoi tant de déception de la part des producteurs de musiques ? « Le streaming par abonnement touche seulement plus du quart de la population française (25,9 % en incluant les utilisateurs des comptes familles et duos, soit un total de 17,7 millions de personnes). Mais cette proportion est très éloignée des autres grands marchés de la musique – Royaume-Uni, Allemagne ou Etats-Unis – où le taux de pénétration demeure très largement supérieur », explique le Snep, qui parlait déjà en 2023 d’« anomalie du marché français » (1). Par exemple, aux Etats-Unis, ce taux dépasse les 30 %. Et le syndicat des majors de la musique de regretter ce particularisme français : « Le rythme auquel grandit le nombre d’utilisateurs reste trop faible : en hausse de 7,3 % sur un an. Cette évolution est 3,3 points en-deçà de la moyenne mondiale ».
Universal Music (acquéreur en 2011 d’EMI), Sony Music et Warner Music ont poussé les plateformes comme Spotify et Deezer – dont ils étaient actionnaires minoritaires (2) (*) (**) via des bons de souscription d’actions (BSA) – à basculer du gratuit (3) à l’abonnement payant (4). Quels sont les freins ? Le Snep n’évoque pas l’augmentation tarifaire des forfaits, notamment due à la taxe streaming (5), ni l’attrait du gratuit chez YouTube. En revanche, le syndicat constate que les adultes (+ 50 ans) « demeure[nt] fortement sous-représenté[s] dans le streaming payant » (29,8 %, contre 39,7 % pour les 15-34 ans), alors qu’ils représentent près de la moitié de la population française. @