Numérique : entre Donald et Ursula, rien ne va plus

En fait. Le 21 février, le 47e président des Etats-Unis, Donald Trump, s’en est pris aux « taxes GAFA » mises en place par plusieurs pays européens, France en tête. Il menace l’Europe de représailles avec des droits de douane. Tandis que le Congrès américain dénonce, lui, les règlements DMA et DSA.

En clair. Après MAGA (« Make America Great Again »), slogan initié durant l’ère « Trump I » (« Rendre à l’Amérique sa grandeur »), voici en plus « SASOIE » (« Safeguarding America’s Sovereignty Over Its Economy ») que le locataire de la MaisonBlanche scande désormais (« Préserver la souveraineté de l’Amérique sur son économie »). Le 47e président des EtatsUnis, Donald Trump, a signé le 21 février un memorandum « pour défendre les entreprises et les innovateurs américains contre l’extorsion à l’étranger ».
Extorsion ? Le mot est provocateur et suggère une infraction. Il cible en premier lieu la « taxe GAFA », cette taxe sur les services numériques (TSN) qu’une demi-douzaine de pays européens – la France en premier, en 2019, sous l’administration « Trump I » – ont instauré pour prélever un pourcentage (3 % en France) du chiffre d’affaires des géants du numérique au-delà d’un seuil de revenu annuel généré dans le pays concerné (750 millions d’euros en France). Mais la TSN (ou DST pour Digital Service Taxes), n’est pas la seule règle européenne à être dans le collimateur de l’administration « Trump II ». « Cette administration étudiera les mesures à prendre pour lutter contre les DST, les amendes, les pratiques et les politiques que les gouvernements étrangers imposent aux entreprises américaines », prévient Donald Trump dans son memorandum (1). (suite)


Autre grief de Washington : « L’administration [« Trump II », ndlr] examinera si une loi, une politique ou une pratique de l’Union européenne ou du Royaume-Uni incitent les entreprises américaines à développer ou à utiliser des produits et des technologies qui portent atteinte à la liberté d’expression ou favorisent la censure », ciblant nommément le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA). Et de menacer l’Europe et d’autres pays de « mesures punitives comme les tarifs douaniers ».
Du côté du Congrès américain cette fois, deux républicains – Jim Jordan et Scott Fitzgerald – ont écrit le 23 février une lettre (2) à Teresa Ribera, vice-présidente de la commissaire européenne, en charge de la concurrence, pour demander des explications sur les mesures du DMA « qui peuvent cibler les entreprises américaines ». Jim Jordan avait une première fois écrit le 31 janvier (3), cette fois à Henna Virkkunen, à propos du DSA. La visite de Macron à Trump le 25 février n’a pas permis du tout d’enterrer la hache de guerre. @