Pub des médias en baisse : taxer les géants du Net ?

En fait. Le 30 janvier, l’Arcom et la DGMIC (ministère de la Culture) ont présenté une étude sur la publicité accaparée par les plateformes Google, Meta, Amazon et TikTok au détriment des médias. Pour le président de l’Arcom, il faut « anticiper une régulation au niveau européen pour un meilleur équilibre ».

En clair. Alors que la prochaine Commission européenne ne prendra ses fonctions qu’en novembre 2024, à l’issue des résultats des élections européennes qui se dérouleront du 6 au 9 juin prochains, la France lui suggère déjà de faire à nouveau évoluer la régulation des médias et du numérique dans les Vingt-sept. « Nous avons un processus d’élections européennes devant nous ; il faut d’ores et déjà anticiper et réfléchir à une voie de régulation, au niveau européen, sur un meilleur équilibre de la ressource publicitaire entre les acteurs du numérique et les acteurs de contenus », a expliqué Roch-Olivier Maistre, président de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), devant l’Association des journalistes médias (AJM) le 1er février.
Cet équilibre publicitaire doit être trouvé au niveau européen, car l’étude publiée l’avant-veille par l’Arcom – avec la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) du ministère de la Culture – montre que « les médias de contenus vont souffrir », prévient-il. Et de constater : « Sur le numérique, tout se concentre sur quatre acteurs : Amazon, Google, Meta et TikTok. Or il faut défendre le pluralisme des médias qui portent une forme de contenus ». L’étude (1) réalisée par le cabinet PMP Strategy estime qu’en 2030 la part des recettes de publicités sur les espaces numériques des médias historiques ne dépassera pas les 6 % du marché publicitaire français, lequel devrait atteindre 18,4 milliards d’euros à la fin de cette décennie. Ce taux était de 5 % en 2022 sur 15,2 milliards d’euros. Constat : malgré la croissance du marché français de la publicité (+ 2,3 % par an d’ici à 2030), les recettes publicitaires des médias créateurs de contenus vont diminuer au profit principalement des géants du Net.
Au niveau de Bruxelles, il reviendra à la prochaine Commission européenne de réexaminer le DMA (marchés numériques) et le DSA (services numériques) d’ici, respectivement, le 3 mai 2026 (2) et le 17 novembre 2027 (3). Ce serait donc l’occasion d’« équilibrer », selon Roch-Olivier Maistre. Au niveau de Paris, la DGMIC a lancé le 30 janvier dernier une consultation publique jusqu’au 25 mars 2024 (4) pour une « adaptation de la réglementation ». « Trouver un mécanisme correctif me paraît souhaitable », estime le président de l’Arcom. Comme taxer les géants du Net pour financer les médias locaux ? @