Le replay et le différé atteignent pour la première fois 10 minutes par jour sur l’audience TV totale

En 2016, la télévision de rattrapage (replay) et le visionnage en différé (time shifting) ont permis aux chaînes de télé de sauver la face. Grâce à ces deux modes de consommation délinéarisée inclus dans la mesure d’audience TV, le petit écran compense l’érosion de son audience à l’antenne (live).

Par charles de Laubier

Selon nos informations obtenues auprès de Médiamétrie, le replay et le différé ont fait gagner en 2016 aux chaînes de télévision en France 10 minutes supplémentaires de durée d’écoute par individu – en moyenne chaque jour – par rapport à la durée d’écoute classique en live à l’antenne. Ce qui permet aux chaînes d’afficher pour l’an dernier un total de 3h43 par jour en moyenne de durée d’écoute par individu, soit en un an une baisse de seulement 1 minute en moyenne par jour et par individu.
C’est la première fois que la télévision délinéarisée atteint la barre des 10 minutes en moyenne par jour et par individu, contre 8 minutes en 2015. Cette consommation délinéarisée a représenté l’an dernier 4,5 % du total de l’audience TV, alors qu’elle en représentait seulement 1,3 % il y a cinq ans (cliquez ici pour voir l’évolution).

Erosion du live et concurrence du Net
Il faut dire que depuis un an maintenant, le calcul des audiences des chaînes comprend non seulement les audiences des programmes visionnés en live (à l’antenne), mais aussi celles du différé et du replay sur un jour donné « quelle que soit la date de diffusion live initiale des programmes rattrapés ».
Auparavant, depuis janvier 2011, Médiamétrie prenait en compte, en plus de l’antenne, le différé du jour même et des sept jours suivants sur les enregistrements personnels (magnétoscope numérique, DVD ou disque dur), auquel est venue s’ajouter, à partir d’octobre 2014, la télévision de rattrapage (replay ou catch up TV). Ce que Médiamétrie appelle « le délinéaire » (replay et différé) confirme la propension du public à s’affranchir de la grille des programmes imposés à heures fixes. Même ceux qui font la télévision se détourne de l’antenne… Lors Lire la suite

Le replay et le différé atteignent pour la première fois 10 minutes par jour sur l’audience TV totale

En 2016, la télévision de rattrapage (replay) et le visionnage en différé (time shifting) ont permis aux chaînes de télé de sauver la face. Grâce à ces deux modes de consommation délinéarisée inclus dans la mesure d’audience TV,
le petit écran compense l’érosion de son audience à l’antenne (live).

Selon nos informations obtenues auprès de Médiamétrie, le replay et le différé ont fait gagner en 2016 aux chaînes de télévision en France 10 minutes supplémentaires de durée d’écoute par individu – en moyenne chaque jour – par rapport à la durée d’écoute classique en live à l’antenne. Ce qui permet aux chaînes d’afficher pour l’an dernier un total de 3h43 par jour en moyenne de durée d’écoute par individu, soit en un an une baisse de seulement 1 minute en moyenne par jour et par individu.

Erosion du live et concurrence du Net
C’est la première fois que la télévision délinéarisée atteint la barre des 10 minutes
en moyenne par jour et par individu, contre 8 minutes en 2015. Cette consommation délinéarisée a représenté l’an dernier 4,5 % du total de l’audience TV, alors qu’elle
en représentait seulement 1,3 % il y a cinq ans (voir graphique ci-dessous). Il faut dire que depuis un an maintenant, le calcul des audiences des chaînes comprend non seulement les audiences des programmes visionnés en live (à l’antenne), mais aussi celles du différé et du replay sur un jour donné « quelle que soit la date de diffusion live initiale des programmes rattrapés ». Auparavant, depuis janvier 2011, Médiamétrie prenait en compte, en plus de l’antenne, le différé du jour même et des sept jours suivants sur les enregistrements personnels (magnétoscope numérique, DVD ou disque dur), auquel est venue s’ajouter, à partir d’octobre 2014, la télévision de rattrapage (replay ou catch up TV). Ce que Médiamétrie appelle « le délinéaire » (replay et différé) confirme la propension du public à s’affranchir de la grille des programmes imposés à heures fixes. Même ceux qui font la télévision se détourne de l’antenne… Lors des Rencontres cinématographiques de Dijon, le 22 octobre dernier, Delphine Ernotte n’a-t-elle pas avoué être de ceux qui ne regardent plus la télévision ? « Je regarde tout en rattrapage. Je suis passée de l’autre côté du miroir », avaient-elle confié (1).

Autrement dit, sans l’apport de la délinéarisation au travers de la télévision de rattrapage et du visionnage en différé (ce time shifting qui permet de regarder en
décalé les programmes enregistrés sur supports numériques), la télévision en France afficherait une chute d’audience bien plus importante. D’aucuns diront cependant que
si le rattrapage et le différé n’avaient pas existé, les téléspectateurs seraient probablement restés devant leur petit écran – dont l’audience live aurait ainsi été maintenue. Rien n’est moins sûr. La télévision perd petit à petit de son aura globale
au profit d’autres médias audiovisuels en ligne (plateformes vidéo, chaînes YouTube/Dailymotion, services de VOD, SVOD, …). C’est flagrant pour les chaînes nationales. Alors que la chaîne TF1 affichait encore 26,1 % de part d’audience (2)
en 2009, elle n’affiche plus que 20,4 % en 2016. France 2, qui était à 16,7 % en 2009,
a reculé à 13,4 % en 2016. Exception qui confirme la règle : M6 a été la seule grande chaîne à voir son audience progresser l’an dernier à 10,2 %, soit à peine en dessous
de sa part d’audience 10,8 % de 2009. Cette tendance à l’érosion de la télévision s’explique aussi par la multiplication des chaînes depuis le lancement de la TNT en novembre 2011 et de six chaînes haute définition en décembre 2012. La France métropolitaine compte à ce jour 31 chaînes nationales dont 9 chaînes nationales publiques, 18 chaînes nationales privées gratuites et 5 chaînes nationales payantes.
Ce PAF (3) comprend aussi 41 chaînes locales ou régionales. @

Charles de Laubier

Delphine Ernotte veut changer le nom de Pluzz et en faire une plateforme vidéo d’œuvres françaises

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a indiqué à Edition Multimédi@ que le lancement de la future plateforme vidéo (ex-Pluzz) sera lancée en mai 2017 – non pas en mars – avec du replay et de la VOD. Quant à la SVOD, dédiées aux films et séries en français, elle devrait être intégrée à l’automne.

« Comment arrive-t-on à réconcilier notre métier traditionnel avec des nouveaux usages, ces nouvelles façons d’aborder les films, le divertissement, les documentaires ou encore les fictions ? En étant présent sur ces nouveaux supports. C’est pour cela que nous avons lancé une forte refonte de notre plateforme traditionnelle gratuite Francetv Pluzz, qui va peut-être s’appeler autrement… C’est un scoop ! Parce que “Pluzz”… Bon… Voilà… », a annoncé la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte (photo), lors d’un dîner-débat du Club audiovisuel de Paris (CAVP), dont elle était l’invitée le 7 décembre dernier.
Sans dévoiler à ce stade la nouvelle appellation du service de vidéo à la demande (VOD) et de télévision de rattrapage (replay), elle a néanmoins constaté aussitôt que l’idée d’abandonner le nom de Pluzz était accueillie par des applaudissements nourris de la part des convives. En marge de ce dîner-débat, Delphine Ernotte a indiqué à Edition Multimédi@ que la future plateforme vidéo ne sera pas lancée en mars prochain comme elle l’avait envisagé, mais en mai. Le futur ex-Pluzz continuera à proposer dans un premier du replay gratuit et de la VOD payante, avant d’être élargi à la SVOD – la vidéo à la demande par abonnement – à partir de l’automne 2017.

« Francetv Pluzz », lancé tardivement en 2010
C’est en juin 2010 qu’avait été annoncé pour la première fois le lancement, le mois suivant (1), du service gratuit de télévision de rattrapage baptisé Pluzz – contraction des mots « play », « plus » et « buzz »… Ce nom quelque peu abscons avait été imaginé par les équipes dirigeantes du président de France Télévisions de l’époque, Patrick de Carolis, juste avant que ce dernier ne soit remplacé en août 2010 par Rémy Pflimlin, le prédécesseur de Delphine Ernotte. France Télévisions était alors parti en retard (2) sur ce marché naissant de la télévision de rattrapage, qui comptait déjà M6 Replay, Canal+ à la demande, Arte+7 ou encore MyTF1. Aujourd’hui, « Francetv
Pluzz » (3) permet non seulement de regarder gratuitement en direct les programmes des… 39 chaînes du groupe France Télévisions (France 2, 3, 4, 5, Ô, Franceinfo, les
24 déclinaisons régionales de France 3 et les 9 chaînes d’Outre-Mer), mais aussi de retrouver la majorité de ces programmes en replay – généralement pendant les 7 jours suivants leur diffusion, conformément aux accords avec les ayants droit. Au-delà de
ces 7 jours, la plupart de ces programmes sont disponibles en VOD sur « Francetv Pluzz VàD ».

Aide de Yves Bigot, DG de TV5 Monde
Selon le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), d’après un sondage d’Harris Interactive et Vertigo sur septembre dernier, « Francetv Pluzz VàD », arrive
en cinquième position des plateformes de VOD en France avec 16,9 % des consommateurs de ce type de plateforme – derrière MyTF1 VOD, Orange, Netflix et CanalPlay VOD. Mais Delphine Ernotte, à la tête des chaînes de télévision publiques depuis quinze mois maintenant, est décidée à faire du futur ex-Pluzz une plateforme vidéo globale d’envergue francophone. « Il s’agit de la rendre plus ergonomique et plus facile d’accès. Nous souhaitons aussi, car c’est notre rôle au sein du service public, trouver un modèle économique qui nous permette avec l’offre par abonnement [SVOD, ndlr] d’exposer les œuvres en français. On a Netflix, avec des œuvres américaines ;
on va avoir Amazon [Amazon Prime Vidéo a été lancé le 14 décembre dernier dans le reste du monde, dont la France, en plus des cinq pays d’origine, lire p 3, ndlr]… des œuvres américaines. Il faut absolument avoir face à ces offres-là, qui sont formidables (je ne critique pas), l’équivalent avec des œuvres françaises : des documentaires français, des films français, des fictions françaises, des films d’animation français, des spectacles vivants français, … », a-t-elle exposé devant les professionnels de l’audiovisuel.
Pour l’aider à faire rayonner la future plateforme vidéo sur la francophonie, Delphine Ernotte a révélé ce soir-là avoir accepté « la proposition de service » de Yves Bigot, directeur général de TV5 Monde, lequel plaide aussi en faveur d’une plateforme de SVOD francophone (4). « Il faut déjà que l’on avance déjà sur la version de base française. Je pense que l’on va aboutir. Ce n’est pas un sujet économique car, entre nous, pour France Télévisions qui ne possède pas de catalogue, ce n’est pas cela qui va nous permettre de (nous) financer. En revanche, c’est un enjeu démocratique que l’on doit porter parce que l’on pèse 50 % du financement de la création », a-t-elle justifié. Selon nos informations, les négociations avec les organisations de producteurs cinématographiques (Bloc, Blic et ARP) n’ont pas encore eu lieu. Intervenant lors du dîner du CAVP, Frédéric Goldsmith, délégué général de l’Union des producteurs de cinéma (UPC) s’est d’ores et déjà félicité de cette initiative : « Vous avez évoqué un projet d’une audace considérable qui est un service de SVOD à dimension francophone, concurrent de Netflix et d’Amazon. Je pense que l’on a pas assez
relevé le défi que cela représente. Il faut vous soutenir totalement dans cette démarche. J’ai envie de vous dire : “Chiche, allons-y !”. Mais allons-y franchement, parlonsen concrètement, faisons cesser la frilosité sur ce sujet, et donnons une dimension ambitieuse à la marque “France Télévision” comme référence culturelle et franco-
phone », a-t-il déclaré enthousiaste.
Lors des Rencontres cinématographiques de Dijon, le 22 octobre dernier, Delphine Ernotte avait avoué être de ceux qui ne regardent plus la télévision : « Je regarde tout en rattrapage. Je suis passée de l’autre côté du miroir », tout en déplorant de ne pas trouver sur la plateforme Pluzz une rubrique cinéma dont les films ne sont pas en replay. « Cela dévalue le cinéma. Il n’existe plus et c’est un vrai problème. Je vais donc regarder les téléfilms, les séries et les documentaires où il y a aussi beaucoup de création. Il faut mettre du rattrapage sur le cinéma ». La catch up de films est donc,
à ses yeux, vitale pour le cinéma. Or les organisations du 7e Art français posent leurs conditions, comme la société civile des Auteurs-Réalisateurs- Producteurs (ARP) qui, selon son vice-président Dante Desarthe, souhaite en contrepartie une coproduction des films concernés. Quant au syndicat UPC, co-présidé par Xavier Rigault qui s’est aussi exprimé à Dijon, il se dit « assez prudent » sur le replay car il craint « la dévalorisation des films dans le non-linéaire » assimilé au gratuit.
Pas question pour l’UPC de voir des films en replay sur les chaînes gratuites de France Télévisions (sauf sur un délai très court ou 2 jours), alors que cela ne lui pose pas de problème avec les chaînes payantes Canal+ et OCS. Autant dire que pour la future plateforme de SVOD, dont Delphine Ernotte a fait son cheval de bataille depuis la présentation de ce projet devant le CSA lors de sa candidature à la présidence de France Télévisions (5), a plus de chance avec le cinéma d’aboutir que le replay .

Un « Google de la création française » ?
Si la présidente de France Télévisions évoquait pour la première fois – ce 7 décembre – l’abandon du nom Pluzz, elle avait en revanche déjà fait état de son ambition de lancer une plateforme SVOD à la française.
A défaut d’avoir réussi à convaincre les autres chaînes françaises (TF1 et M6), Delphine Ernotte se tourne vers les producteurs et les chaînes francophones d’autres pays. Il y a un peu plus d’un an, le 28 octobre 2015, elle parlait de créer un « Google
de la création française » là où Vincent Bolloré (patron de Vivendi) rêve de lancer un
« Netflix européen » et Alain Rocca (producteur de films) souhaite faire de son service de VOD/SVOD UniversCiné une plateforme paneuropéenne. @

Charles de Laubier

SFR Play proposera VOD et TVR en plus de la SVOD

En fait. Le 22 octobre, Michel Combes, président de SFR a indiqué à EM@
que SFR Play (ex-Zive) – actuellement service de SVOD – devient la « marque ombrelle » sous laquelle les autres services de VOD et de TV rattrapage seront regroupés. Il vise un catalogue de 30.000 films et séries d’ici fin 2017.

En clair. « Nous sommes en train de réunir, sous la même ombrelle SFR Play, la VOD, la SVOD et la TV de rattrapage », a indiqué Michel Combes, président du groupe SFR, interrogé par Edition Multimédi@ en marge d’un débat où il intervenait aux Rencontres cinématographiques de Dijon (RDC) le 22 octobre sur le thème de « Cinéma et diffuseur : vers un nouvel edeal? ». Jusqu’à maintenant, SFR Play est uniquement une plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD). Elle est le nouveau nom depuis cet été de Zive lancé il y a près d’un an (en novembre 2015). Le service « TV à la demande » de SFR, qui fut lancé durant l’été 2011 comme offre de la télévision de rattrapage (TVR), deviendra une partie intégrante de SFR Play. De même, le service de VOD à l’acte Club Vidéo SFR va passer lui aussi sous la marque fédératrice SFR Play. Selon nos informations, la société française VOD Factory, créée en août 2013 par d’anciens de SFR (1), a prolongé son contrat d’exclusivité avec SFR pour continuer
à opérer en background l’offre de VOD à l’acte et deux offres de SVOD (Pass Cinéma et Pass Kids). « Notre catalogue va s’enrichir et passer de 10.000 à 30.000 films et séries d’ici fin 2017. Nous partons de zéro ; il faut nous laisser le temps », nous a précisé Michel Combes. Depuis le 25 octobre dernier, SFR diffuse la saison 1 de sa toute première série originale et exclusive, « Les Médicis : Maîtres de Florence », que la nouvelle entité Altice Studios a co-préfinancée (2). SFR Play dispose d’un budget de
30 millions d’euros qui sera triplé à 90 millions d’euros (3).
Altice Studios, dirigée par Nora Melhli (ex-directrice de la fiction de la société de production Shine France et ex-Endemol Fiction), co-produira ainsi des films et des séries originales à la manière de Netflix. « Nous sommes prêts à signer des accords avec la profession », a lancé Michel Combes lors du débat aux RCD, comme peut le faire par exemple Canal+ (voir en Une) ou OCS d’Orange. La maison mère de SFR s’est en outre dotée d’une autre entité placée sous la direction cette fois de Alain Weill, Altice Channel Factory, qui créera des chaînes de télévision. « Je n’exclus rien. Nous éditons déjà des chaînes mais pas de cinéma. S’il faut éditer une chaîne de cinéma ou une chaîne premium, on éditera une chaîne de cinéma ou une chaîne premium. Je n’ai pas de souci par rapport à cela », a déclaré Michel Combes à Dijon. @

Olivier Huart, PDG de TDF, craint un « tsunami pour la télévision » et appelle les chaînes à jouer collectif

A la tête de TDF depuis maintenant plus de six ans, Olivier Huart a lancé le 14 juin dernier un appel à l’union aux éditeurs de chaînes de télévision afin de lancer en France une plateforme numérique commune – sur le modèle de Freeview en Grande-Bretagne, où toutes les chaînes sont accessibles.

« Pour la télévision de demain, il faut penser collectif – esprit collectif. Mon appel, je l’adresse à tous les acteurs de la télévision (…) : unissez-vous, unissons-nous. C’est comme ça que la vague du numérique ne se transformera pas en tsunami pour la télévision », a lancé le 14 juin Olivier Huard, le PDG de TDF (1). « La télévision de demain nécessite de basculer vers
un monde multipolaire, beaucoup plus hybride pour intégrer la TNT au cœur de l’écosystème digital. (…) Ce monde multipolaire impose également de travailler de manière beaucoup plus collaborative. Les chaînes seront encore puissantes dans vingt ans. Mais à une condition : qu’elles joignent leurs forces pour faire le saut numérique », a-t-il prévenu.

Plateforme TV commune en France ?
Le patron de TDF, qui intervenait à l’occasion d’une conférence organisée par l’institut Idate (2), a pris en exemple la plateforme TNT Freeview en Grande-Bretagne, qui, forte de ses 60 chaînes et jusqu’à 15 chaînes HD diffusées par voie hertzienne, a lancé en octobre 2015 « Freeview Play », un guide de programme en ligne permettant de voir et revoir en télévision de rattrapage (replay) tous les programmes. Et ce, gratuitement et dans un délai de sept jours, pour peu que le téléviseur ou le magnétoscope numérique soient connectés à Internet. Pour Olivier Huart, il est temps de lancer une telle plateforme TNT-replay en France. D’où son appel aux éditeurs de la télévision français, TF1, M6, France Télévisions, Canal+ et aux autres chaînes de la TNT qui en compte au total 26 gratuites. « Le modèle Freeview est très inspirant et répond à bon nombre de nos défis actuels. Freeview est une sorte de grand magasin, comme les Galeries Lafayette avec des corneurs de marques, qui vous permet d’accéder depuis un même endroit à l’ensemble des chaînes : Sky, ITV, BBC, Channel 4 et le TDF anglais Arqiva ont construit ensemble cette plateforme. Chaque chaîne garde sa marque, son style, son indépendance, son âme, dans une maison technologique commune », a-t-il expliqué. Et d’insister, avant de laisser sa place à Gilles Pélisson, PDG du groupe TF1 : « Cela concerne tout le secteur de la télévision. Et c’est cet appel que je lance pour qu’en France nous arrivions aussi à construire une plateforme similaire technologique. (…) L’immobilisme tue. L’avenir est quelque chose qui se surmonte (Bernanos). On ne suit pas l’avenir ; on le fait : alors y a plus qu’à… ».

TDF se verrait bien en fédérateur des chaînes françaises pour déployer une telle offre groupée. Par le passé, les discussions entre les chaînes privées autour d’un projet commun de télévision de rattrapage avaient abouti à une impasse. En 2009, M6, TF1
et Canal+ avaient en effet entamé des pourparlers en vue de se mettre d’accord pour le lancement d’une plateforme commune de replay. Mais ce fut sans lendemain. En mars 2013, M6 avait encore écarté toute plateforme commune avec les deux autres groupes privés de télévision (3). Pourtant, trois mois avant, il s’était montré ouvert à un partenariat SVOD avec TF1, dont le patron Nonce Paolini – le prédécesseur de Gilles Pélisson – nous avait dit que c’était « une idée intéressante ». En février 2014, Jean-François Mulliez, à l’époque directeur délégué de e-TF1, s’était dit en faveur d’un
« Hulu à la française ». De leur côté, des producteurs et des ayants droits du cinéma français avaient songé en 2013 à une plateforme commune de VOD/SVOD qui leur permettrait de maîtriser la diffusion des films en streaming à la manière d’Hulu (4) ou d’Epix (5). Pour l’heure, il n’existe qu’Universciné qui regroupe 30 à 40 producteurs (6). A noté que par ailleurs, la président de France Télévision, Delphine Ernotte, réfléchie depuis l’an dernier à un « Google de la création française » (sic), une plateforme audiovisuelle en ligne qui pourrait être lancée en 2017. « France Télévisions (…) et l’INA qui dispose de sa plateforme de SVOD devront être les moteurs de cette initiative. Mais elle sera ouverte à tous les autres diffuseurs privés. Ainsi, les Français auront un accès illimité et permanent à la création française, sur un modèle mixte payant et gratuit. Ce sera un véritable concurrent des Netflix, YouTube ou Amazon », avait-elle expliqué le 28 octobre dernier dans Le Figaro (7).

Fédérer les chaînes 4K sur un canal TNT
Dans l’immédiat, TDF voit dans l’ultra haute définition 4K une occasion d’unir les chaînes autour d’une même plateforme commune. « Sur ce sujet aussi, il serait bon
de s’unir. Nous travaillons chez TDF à un modèle d’”agrégateur 4K”. Le principe en
est simple : offrir un canal TNT dédié totalement au 4K en additionnant les contenus produits par les différentes chaînes. Cette initiative collective traduit bien les voie possibles pour que les chaînes construisent ensemble la télévision de demain ».
A suivre. @

Charles de Laubier

TF1 prévoit des acquisitions dans le numérique

En fait. Le 12 novembre, Nonce Paolini – qui ne sera plus PDG de TF1 le 19 février 2016 au soir – était l’invité de l’Association des journalistes médias (AJM). Il se félicite des performances digitales, avec notamment MyTF1. Son successeur Gilles Pélisson devra aller plus loin, y compris par acquisitions.

En clair. « Dans les contenus digitaux, s’il y a des choses à regarder (en vue de les acquérir), on continuera à le faire. Dans les systèmes de commercialisation automatisée, la publicité programmatique, on regardera aussi. Si l’on va dans ce sens, ce serait pour aller chercher des clients dans le monde entier, Internet n’ayant pas de frontières. Sur le digital, il y aura donc sans doute des mouvements à faire. C’est Gilles Pélisson qui les décidera plus tard. Mais nous sommes très prudents : mon patron [Martin Bouygues, ndlr] est Auvergnat, ce qui lui donne toute la sagesse de ne pas faire des folies ! », a indiqué Nonce Paolini, le PDG sortant du groupe TF1, le 12 novembre devant l’AJM. En marge de cette rencontre, Edition Multimédi@ lui a demandé ce qu’il envisageait dans le domaine des réseaux multi-chaînes – MCN (1) – sur YouTube ou Dailymotion : un développement en interne, comme c’est le cas avec MyTF1xtra et avec le MCN Finder Studios, ou bien par acquisition ? « Les deux mon Général ! », nous a-t-il répondu. Et d’indiquer : « Aujourd’hui, nous avons un partenaire, Finder Studios [un MCN français présent sur les thématiques « beauté », « cooking »,
« humour », « hommes » et « enfants », disponible sur YouTube, Facebook, Twitter, Snapchat ou encore MyTF1, ndlr]. Sur MyTF1xtra, des acteurs du digital peuvent aussi venir présenter ce qu’il font. Cela nous permet d’ouvrir MyTF1 à un cercle un peu plus large, notamment à des jeunes ». En revanche, il a réaffirmé que ces chaînes diffusées en ligne sur notamment YouTube, ne sont pas sous la marque de TF1 pour ne pas mélanger les genres (2) (*) (**).

Nonce Paolini a tenu devant l’AJM à démentir le « contresens » de L’Opinion affirmant le 29 octobre que TF1 avait un projet de « chaîne d’information en continu numérique » baptisé « One Info », en précisant qu’il s’agira d’un « site d’information qui va être constitué des deux forces réunies de Metronews [dont l’édition papier a été arrêtée en juillet, ndlr] et de MyTF1News, LCI continuant – on l’espère en tout cas [le CSA devant se prononcer sur le passage ou pas en gratuit, ndlr] – d’être le portedrapeau de l’information en continue du groupe ». Il s’est en outre félicité des contenus payants de MyTF1VOD qu’il dit être ex æquo avec Orange dans le e-cinéma. Pour mieux rivaliser avec Netflix, il a annoncé que « MyTF1VOD va s’enrichir de nouvelles fonctionnalités telles que la recommandation ». @

Quatre projets de loi en vue traitant du numérique

En fait. Depuis le 26 septembre, la loi « République numérique » est soumise à consultation publique. Depuis le 28 septembre, la loi « Création » est débattue à l’Assemblée nationale. Le 6 octobre, sera présentée la loi « Informations du secteur public ». En attendant la loi « Macron II » début 2016.

En clair. C’est une avalanche de projets de loi dédiés, tout ou partie, au numérique. Premier arrivé devant le Parlement sur les quatre en lice : le projet de loi « Liberté de
la création, architecture et patrimoine », dont les débats à l’Assemblée nationale ont
eu lieu du 28 septembre au 1er octobre. Ce texte un peu fourre-tout, portée par la ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, prévoit un meilleur
« partage de la valeur » et une « rémunération équitable » dans la musique en ligne à l’heure du streaming (1) et des webradios, ainsi que la mise en place d’un « médiateur de la musique » en cas de conflits (2). A la suite de la mission Schwartz, un accord sur la répartition des revenus du streaming avec une « rémunération minimale » devait être signé le 2 octobre, sans l’Adami et la Spedidam (artistes-interprètes) qui le contestent. Le projet de loi, lui, prévoit en outre de faciliter l’accès aux catalogues des producteurs de musique pour les petites plateformes numériques. Parmi les amendements, celui
du député (PS) Marcel Rogemont qui étend la taxe « copie privée » au cloud, fait polémique entre ayants droits et industriels de la high-tech. Côté cinéma, est prévu
plus de transparence des comptes de production et d’exploitation des films – y compris numériques (VOD, SVOD, replay, etc). Autre projet de loi, celui de la « République numérique » porté par la secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire. Ce texte, soumis à consultation publique des internautes jusqu’au 17 octobre (Republiquenumerique. fr) et attendu en janvier 2016 au Parlement, entend affirmer le principe de la neutralité de l’Internet, au respect duquel l’Arcep sera chargée de veiller. Sont également prévus : la portabilité de ses données numériques (e-mails, photos, contacts, …) d’un prestataire numérique à un autre, la loyauté des plateformes en lignes (dont le déréférencement), le droit à l’oubli et à la mort numérique, ou encore l’ouverture des données publiques (open data).

C’est sur cette dernière mesure qu’intervient aussi le projet de loi « Gratuité et réutilisation des informations du secteur public » de la secrétaire d’État chargée de
la Réforme de l’État, Clotilde Valter, dans le cas notamment de la numérisation des ressources culturelles.
Quant au projet de loi « Macron II », sur l’économie numérique et l’« ubérisation », il est attendu pour l’an prochain. @